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Droit et cultures N° 60-2010/2 : Expertise psychiatrique et sexualité 1850-1930
Guillorel Hervé
L'HARMATTAN
24,00 €
Épuisé
EAN :9782296137752
À partir du milieu du XIXe siècle, la psychiatrie occidentale a nosographié par le menu les déviances sexuelles dont certaines entamèrent leur lente démédicalisation après les Années folles, notamment sous l'influence de la littérature et suivant les évolutions d'un système juridique imprégné de censure morale. La pathologisation de certains comportements sexuels coïncida avec la reprise en main de l'ordre moral par le Pouvoir et l'Église. A compter des années 1850, les délits et crimes liés à la sexualité occupèrent couramment l'activité judiciaire ; les psychiatres, pour la plupart experts auprès des tribunaux, exploitèrent donc leur nosographie contestable des perversions sexuelles dans leurs rapports d'expertise légale. Ces experts n'ont pas échappé à la fureur polygraphique qui caractérise l'époque. L'accessibilité de ces textes, études et rapports, naguère confidentiels, favorise le regard pluridisciplinaire nécessaire pour répondre aux questionnements suscités par ce corpus étonnant. Les contributions présentées dans ce numéro de Droit et Cultures essaient ainsi, en éclairant certains aspects de la problématique sur le plan juridique, médical, littéraire et, plus globalement, sociétal, d'en relever quelques-uns. Outre le constat de la pathologisation outrancière des comportements sexuels hors la norme, elles conduisent à s'interroger sur la scientificité des expertises comme sur la juridicité des solutions données. L'étude de la psychiatrie légale de ces années-là, à la fois si lointaine et si proche, permettrait-elle alors de comprendre les enjeux et les limites de celle d'aujourd'hui ?
Les révoltes populaires de l'époque moderne sont difficiles à documenter car la culture des insurgés est principalement orale et laisse peu de traces écrites. Mais la mémoire de tels événements a parfois été conservée sous forme de traditions orales (chansons, récits, légendes, prophéties...) qui, au cours de leur transmission dans le temps, ont pu influencer des sensibilités et des comportements. Ces productions culturelles sont connues lorsqu'elle ont été consignées par écrit au cours de la période moderne ou, plus souvent, recueillies lors d'enquêtes ethnographiques à partir du XIXe siècle. Depuis les révoltes urbaines des Pays-Bas au XVe siècle jusqu'aux soulèvements révolutionnaires des années 1790, en passant par la guerre des Paysans de 1525 ou les soulèvements cosaques dans la Russie des XVIIe et XVIIIe siècles, la prise en compte des traditions orales permet une lecture renouvelée des révoltes européennes de l'époque moderne et des mécanismes de constitution des mémoires sociales qui les accompagnent.
Ce livre est issu d'une thèse "exceptionnelle" (Peter Burke) qui "force l'admiration" (Philippe Jarnoux) et "s'apparente aux grandes thèses d'autrefois" (Joël Cornette). Mais il est bien plus que cela. En croisant 2200 chansons en langue bretonne et près de 600 dossiers d'affaires criminelles du XVIe au XVIIIe siècle, l'auteur brosse un tableau inédit de la société et de la culture d'un peuple. Inédit bien sûr par un travail historique aussi vaste sur la littérature orale. Inédit plus encore parce qu'il associe le regard des magistrats et celui des simples gens qui témoignent devant eux, le regard des chanteurs et chanteuses et celui des lettrés qui, parfois, mettent en forme un texte. En ce domaine, personne n'avait jamais tenté une démarche aussi ambitieuse par son ampleur autant que par les talents qu'elle exige: l'histoire, l'ethnologie, la langue bretonne et, plus encore peut-être, la résolution de très grandes difficultés méthodologiques. C'est évidemment un monument à la Bretagne et à son histoire, mais aussi le guide incontournable pour étudier toutes les sociétés dans lesquelles une tradition orale existe ou a existé.
A 28 ans, Karen Guillorel décide de rallier Jérusalem depuis Paris, via Istanbul, seule et à pied. Son aventure risquée se transforme en un voyage intérieur bouleversant. Les interrogations qui naissent, vastes et intimes à la fois, jaillissent au fur et à mesure du chemin, modifiant profondément sa perception de la vie. Partie à la rencontre de l'autre, c'est elle qu'elle découvre. Un récit inattendu, écrit avec une grande vérité, sur la solitude et la découverte de la féminité. "Partir en voyage à pied, cela raconte quoi? En voyageant en tant que femme seule, qu'est-ce que je signifie? La prise de conscience de mon propre corps comme médium a pris plus d'acuité en chemin. Ce que raconte le corps est une part de notre discours. Par notre seule présence, nous signifions quelque chose. Il est essentiel de prendre en compte cette particularité du voyage: nous sommes des êtres sensuels. Voyagera quelque chose de l'acte d'amour avec le monde. Notre corps a des mots pour le dire, parfois à notre insu, ce qui peut nous mettre en danger. En me confrontant au masculin de manière si violente, je me suis désintégrée puis reconstruite en devenant"autre'. Ma transformation aurait pu s'arrêter à une haine des hommes - par chance, cela n'a pas été. Je suis partie pour voir par mes propres yeux. Je veux bien dire ma joie ou ma colère, souvent les deux. Mais entrer dans un jugement de valeur est insupportable. J'ai changé, le monde m'a changée. Dans un mouvement paradoxal, j'ai à la fois grandi à l'intérieur de moi-même, et rétréci dans le monde. Je suis mon propre creuset... Quand finira donc ce voyage?" Biographie de l'auteur Karen Guillorel a travaillé dans l'audiovisuel, l'édition, le jeu vidéo, etc., guidée par son goût pour la découverte et l'aventure. Aujourd'hui, elle écrit dessine, conçoit des installations plastiques, réalise des films, voyage et rêve de nouveaux espaces. De son équipée de Paris à Jérusalem, elle a tiré un carnet de voyage audiovisuel mêlant graphisme, vidéo et photographies."
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
Cette recherche part d'un intérêt pour la schizophrénie et des processus évolutifs qui peuvent être repérés. C G Jung a consacré sa vie à la description de ces dynamiques psychiques transformatrices. Ces potentiels s'animent lors de processus de crise psychique, de métamorphoses, ou lors d'épisodes psychopathologiques. Cette vision est de plus en plus partagée parmi les chercheurs en psychologie, en psychanalyse, en neurobiologie et dans les sciences du chaos.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.