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Chris Marker et l'imprimerie du regard
Habib André ; Paci Viva
L'HARMATTAN
32,00 €
Épuisé
EAN :9782296066328
Ce livre offre un parcours stimulant à travers l'oeuvre de Chris Marker. De ses premières poésies, critiques et nouvelles, publiées dans la revue Esprit à la fin des années quarante, jusqu'à ses récentes expositions (Staring Back, A Farewell to Movies), Chris Marker a été et demeure un témoin, inquiet et rieur, désemparé et enthousiaste, de plus d'un demi-siècle d'histoire qu'il a su, comme peu d'artistes, faire résonner dans son propre "présent". Héritier de Medvedkine et des artisans du "ciné- train" inventeurs de l'"imprimerie du regard", Marker s'est toujours accordé le privilège d'un "droit de regard" dans l'après-coup. Son oeuvre opère ainsi un jeu de balancier, fait d'incessants allers-retours, entre le passé et le futur, par quoi se constituent sa mémoire et une archéologie sensible et unique des techniques. La force et la liberté de son regard consistent aussi à fonder une mémoire, jamais close, toujours en mouvement, à partir de ce qui n'était qu'une simple "impression". Et c'est en cela, aussi, qu'il parvient à imprimer son regard sur les choses du monde - les villes, les visages, les pages arrachées de l'Histoire -, en nous mettant dans l'intimité de celui qui a vu, qui revoit, et qui fait que notre regard en reste profondément marqué. Les textes de ce collectif déplacent le regard de l'observateur sur des "détails" des oeuvres de Marker, partant d'un support ou d'une pensée de la technique, tout en témoignant du nouage de relations qui compose chacune d'elles. Les auteurs réunis ont aussi tenté de rendre compte du tressage complexe qui habite ces oeuvres ou qu'elles nous invitent à tisser, à la croisée de plusieurs disciplines, médiums et champs d'investigation.
Ecrire "il y a... l'antisémitisme", c'est immédiatement faire entendre que ce livre n'est pas une explication de plus, une description de plus ou encore l'écriture d'une histoire de la haine des juifs. C'est un rapport de forces. "Il y a" pour ce qui arrive et se répète. "Il y a" pour la persistance. "Il y a" pour la rémanence. Et, précisément, il y a une structure de l'antisémitisme. Donc un langage de l'antisémitisme. Il ressasse, remâche et ressert toujours la même chose : tuer des juives et des juifs. La mort de corps "délirés" ou "hallucinés" juifs. Ce livre est une lutte politique. L'antisémitisme est politique. A ne pas le qualifier politiquement, les chances sont peut-être nulles de le fragiliser, de lui tenir tête, d'établir avec lui un rapport de forces. Or répondre inlassablement à l'antisémitisme est ce que cherche à faire chaque phrase du livre. Il n'y a pas d'autre antisémitisme que celui qui dit, demande et continue de mettre à mort des corps juifs. Y répondre, c'est d'abord, non sans urgence, le faire savoir.
Tous les totalitarismes, à réduire l'impossible au possible, l'inconnu au connu, s'installent ainsi et toujours au nom de mots bouchons, de signifiants maîtres si l'on veut, de tension vers l'Un, l'Un de l'unien, l'un de l'ennui dirait Lacan, l'Un du tout est possible. Nous reprendrons cette formule en ce sens qu'elle est lourde d'implications politiques, mais comment ne pas y entendre déjà que c'est justement le Tout qui s'y présente comme possible et donc qui s'y promet. Les totalitarismes n'avancent presque jamais masqués. " Stéphane Habib
Née au XVIIe siècle, la tolérance est devenue notre vertu centrale, au point de se confondre avec la démocratie. Mais ses conditions d'exercice ont changé : le schisme protestant mettait au défi de faire coexister des versions différentes du christianisme. Notre situation est tout autre. Les revendications de droits subjectifs, d'une part, et les migrations, d'autre part, ont bouleversé les thèmes, puis l'exercice de cette vertu : nous devons accepter les orientations sexuelles les plus diverses tout en accueillant les croyances et les moeurs de populations d'origines variées.Le basculement d'une partie des opinions en Europe et aux États-Unis indique que la tolérance n'est pas acquise. Elle exige de chacun un effort permanent pour surmonter ses propres aversions. Détachée des aversions, la tolérance est creuse. Dégagées de la tolérance, les aversions peuvent devenir criminelles. Il faut donc penser ensemble ces deux notions. C'est au jugement politique et moral qu'il incombe de réviser nos manières de vivre, voire de réprouver certaines coutumes. Car tolérer, ce n'est pas pérenniser les appartenances. C'est empêcher l'humiliation de l'homme par l'homme.Claude Habib est une ancienne élève de l'École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses. Elle a enseigné la littérature du XVIIIe siècle à l'université Charles-de-Gaulle à Lille, puis à la Sorbonne-Nouvelle, où elle a dirigé le Centre Rousseau. Elle a publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels: Le Consentement amoureux. Rousseau, les femmes et la cité (1997); Galanterie française (2006) ; Un Sauveur (roman, 2008) ; Le Goût de la vie commune (2014) ; Deux ou trois nouvelles du Diable (roman, 2016).
La question de la conservation, de la restauration et de la diffusion du patrimoine cinématographique et audiovisuel devient de plus en plus cruciale. Des pans entiers de l'histoire du cinéma demeurent toujours difficiles d'accès et sont souvent menacés de disparition. Que faire de ces gisements de films et de documents audiovisuels que les archives ont de moins en moins les ressources et la possibilité de faire connaître ? Où commence et où s'arrête la notion de patrimoine ? Quels sont les critères de pertinence qui mènent une cinémathèque à favoriser la restauration de telle oeuvre plutôt que de telle autre ? Comment la redécouverte de certains corpus de films contribue à modifier notre connaissance de l'histoire du cinéma ? Quelle influence la conservation du cinéma a eue sur les créateurs de cinéma ? Comment certaines oeuvres de réemploi participent-elles d'une forme de valorisation singulière du patrimoine filmique ? Quels sont les nouveaux défis des cinémathèques et des archives à l'ère du "tout-numérique" et quels rôles peuvent jouer les "nouveaux supports" dans la conservation et la diffusion de certaines zones oubliées du patrimoine cinématographique ? Sans avoir la prétention d'épuiser les multiples ramifications de ces questions pressantes, vastes et complexes, cet ouvrage voudrait poser quelques jalons d'une réflexion plus que jamais nécessaire sur l'avenir de la mémoire des archives cinématographiques et audiovisuelles.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.