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Langue maternelle
Winkler Josef
VERDIER
16,03 €
Épuisé
EAN :9782864325482
Rien ne destinait Josef Winkler, fils de paysans autrichiens, né dans une ferme des Alpes de Carinthie en 1953, à devenir l'un des grands écrivains de sa génération. Rien, sinon une secrète et farouche volonté de témoigner de la cruauté du monde dans lequel il a grandi, de l'asservissement des êtres aux codes de la religion. Pour résister à la violence du monde qui l'entoure, le jeune écrivain s'est cherché et a trouvé très tôt des alliés: Jean Genet, Kafka, Dostoïevski, Julien Green sont quelques-uns des écrivains sous l'invocation desquels il a placé son oeuvre. En Autriche, et surtout en Allemagne où il publie tous ses livres, Josef Winkler s'est d'abord fait connaître par une suite de romans d'inspiration autobiographique, qui ont rendu célèbre le village dans lequel il a grandi, incendié par des enfants au dix-neuvième siècle et rebâti en forme de croix, en signe d'expiation. Révélé en France par la traduction de son cinquième roman, Le Serf, il a montré depuis qu'il était capable de décrire avec la même force baroque et visionnaire la misère et la splendeur des rues de Naples (Cimetière des oranges amères) ou les bûchers funèbres de l'Inde (Sur la rive du Gange). Il était temps de faire découvrir au public français le livre qui, quelques années avant Le Serf a marqué le sommet de la première période de l'oeuvre de Josef Winkler. Paru en 1982, Langue maternelle reste à ce jour le plus symphonique de ses livres: une symphonie où les principaux thèmes devenus familiers à ses lecteurs (le sexe, la mort et les rituels funéraires, la souffrance animale, le poids de culpabilité que le catholicisme fait peser sur les hommes) atteignent, par la vertu incantatoire de l'écriture, à une intensité proche de l'hallucination. Avec Langue maternelle, l'auteur a donné à la langue allemande une forme nouvelle de "saison en enfer". Après de nombreuses distinctions, dont le prix Alfred Dôblin, Josef Winkler vient de se voir décerner en 2008 le prix Büchner, la plus haute distinction des lettres allemandes, pour l'ensemble de son oeuvre.
Résumé : Pendant qu'il écrit son troisième roman, Langue maternelle, qui paraîtra en 1982, Josef Winkler loue une chambre dans une ferme de montagne en Carinthie. Il noue alors une relation de confiance avec sa logeuse, qui se met à lui raconter sa vie : née en 1928 en Ukraine, elle est arrivée en Autriche à l'âge de quinze ans, amenée de force avec sa soeur par l'armée allemande pour travailler dans une exploitation agricole. C'est à Nietotchka Vassilievna Iliachenko que l'écrivain donne la parole dans la plus grande partie de ce livre. Le lecteur suivra ainsi le destin douloureux de la jeune paysanne dont la famille fut éprouvée par les expropriations massives, puis par l'Holodomor, " l'extermination par la faim " infligée à l'Ukraine par le pouvoir soviétique. Une figure, celle de la mère qu'elle n'a jamais revue, domine cette autobiographie d'une intensité bouleversante et dont Josef Winkler a tenu à préfacer la traduction française. Elle est accompagnée de documents authentiques : les lettres de la mère à ses deux filles.
Dans Cimetière des oranges amères, Josef Winkler partait pour l'Italie, non sans emporter avec lui les souvenirs de son pays natal, la Carinthie. C'est là, dans le village en forme de croix déjà familier des lecteurs du Serf, qu'il revient pour ce récit. Les paysans carinthiens avaient coutume, pour éloigner les insectes, de badigeonner leurs chevaux d'un liquide à l'odeur nauséabonde fabriqué à partir d'ossements d'animaux. Maximilien, le narrateur, s'inspire de cette étrange coutume pour définir sa tâche d'écrivain : ramasser les ossements des morts que le village voudrait oublier, et rendre justice à leurs vies sacrifiées. A leur mémoire, il compose en faisant appel à ses propres souvenirs et à ceux de son père nonagénaire, une symphonie funèbre dont les thèmes sont les récits de trente-six destins au dénouement tragique, jusqu'à la scène finale où trois vieillards échangent avec nostalgie leurs souvenirs de guerre au cours d'un repas de la Toussaint. Cet épilogue donne au livre une portée politique (d'autant plus forte quand on sait que la Carinthie est la base électorale de l'extrême-droite autrichienne) mais les citations des Litanies de Satan de Baudelaire qui ponctuent le récit attestent que la question du Mal est ici posée, aussi bien, sur un plan métaphysique. Ecrit dans une langue flamboyante, traversé de scènes hallucinées, Quand l'heure viendra est l'un des sommets de l'?uvre de Josef Winkler : un triomphe de la mort qui saisit tout le tragique du vingtième siècle à travers le microcosme d'un village carinthien.
Ni récit autobiographique, ni essai critique, ce livre est un témoignage de reconnaissance de Josef Winkler à l'égard de Jean Genet pour le rôle fondamental qu'il a joué dans sa création. C'est une percée sensible dans le monde imaginaire qui les rapproche. La lecture de Genet fut pour le jeune écrivain autrichien une révélation et une planche de salut "la hache pour briser la mer gelée qui est en nous" dont parle Kafka dans une célèbre lettre. Au fil des chapitres, Winkler évoque les puissants effets de la lecture et ce qu'il y a trouvé de lui-même : la marque funeste du catholicisme, le goût de la théâtralité, la marginalité, la violence des métaphores, la prédilection pour les proscrits et les réprouvés. Les phrases entrelacées des deux écrivains composent un récit d'initiation qui donne aux deux oeuvres un tranchant que rien ne saurait émousser.
Josef Winkler, né en 1953, est l'un des grands écrivains de l'Autriche contemporaine. Il a reçu en 2oo8 le Prix Büchner, la principale distinction littéraire allemande, pour l'ensemble de son oeuvre.
Dans un pays dont on ignore le nom, où se succèdent des dictateurs qui tentent de le moderniser, une soeur et son frère jumeau vivent à la ferme de leurs parents, au milieu des plaines. Marcio travaille aux champs avec le père, un homme violent, tandis que Léonora s'occupe de la maison avec sa mère. Ils ont douze ans à peine et leur complicité semble totale, leurs jeux interdits irrépressibles. Mais un soir, alors que leurs corps se rapprochent doucement dans le fenil, le père surgit et voit se confirmer ce qu'il a toujours suspecté. Tandis qu'un nouveau coup d'Etat vient de se produire, les parents décident de séparer les jumeaux. Commence alors un combat long et incertain, celui de la réinvention de soi et de la quête obstinée de liberté.
Qu'est-ce qu'un grand peintre, au-delà des hasards du talent personnel ? C'est quelqu'un sans doute dont le trop violent appétit d'élévation sociale s'est fourvoyé dans une pratique qui outrepasse les distinctions sociales, et que dès lors nulle renommée ne pourra combler : telle est l'aventure du peintre qui dans ces pages porte le nom de Goya. Ce peut être aussi un homme qui a cru assouvir par la maîtrise des arts la toute-puissance du désir, à ce divertissement noir a voué son oeuvre, jusqu'à ce que son oeuvre, jusqu'à ce que son oeuvre, ou sa propre conscience, lui dise que l'art est là justement où n'est pas la toute-puissance : j'ai appelé cet homme par commodité Watteau. C'est encore quelqu'un qui tôt ou tard doit faire son deuil des maîtres, de l'art et de son histoire, et apprendre que tout artiste pour sa part est de nouveau seul, face à un commanditaire écrasant et peu définissable, dans ces régions arides où l'art confine à la métaphysique, sa pratique à la prière : et j'ai voulu qu'un obscur disciple de Piero della Francesca soit confronté à cela.
Car nous sommes dans un temps où les vents soulevés charrient de la poussière des confins du désert, car nous sommes dans des villes où nos pas hésitants arpentent nos faillites, détaillent nos abandons, où nos regards brouillés par le sable d'Afrique semé par les grands vents ne discernent plus rien du chemin à tracer, des directions à prendre, car nous sommes en passe de devenir fantômes, frères de déréliction de ceux à qui hier nous tendions des aumônes, fantômes vivants pourtant, tributaires de nos tripes, de nos muscles, de nos désirs éteints, nos regrets murmurés, suspendus aux rumeurs nous n'avons plus de lieux où poser nos fardeaux." M. R. Nous avons souhaité accompagner la publication posthume du dernier livre de Mathieu Riboulet, Les Portes de Thèbes, Eclats de l'année deux mille quinze, d'un ensemble de textes d'écrivains que nous savons particulièrement sensibles à son oeuvre. Mathieu Riboulet est né en 1960 dans la région parisienne. Après des études de cinéma et de lettres, il a réalisé des films de fiction et des documentaires avant de se consacrer à l'écriture. Il est mort à Bordeaux le 5 février 2018. Suivi de A contretemps, décidément de Mathieu Riboulet.
Vite, des cabanes. Pas pour s'isoler, vivre de peu, ou tourner le dos à notre monde abîmé ; mais pour braver ce monde, l'habiter autrement : l'élargir. Marielle Macé les explore, les traverse, en invente à son tour. Cabanes élevées sur les ZAD, les places, les rives, cabanes de pratiques, de pensées, de poèmes. Cabanes bâties dans l'écoute renouvelée de la nature - des oiseaux qui tombent ou des eaux qui débordent -, dans l'élargissement résolu du " parlement des vivants ", dans l'imagination d'autres façons de dire nous.