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EROS EN SON ABSENCE
WILLEMS SANDRINE
IMPRESSIONS NOU
17,00 €
Épuisé
EAN :9782874490644
Tenter de dire l'émotion érotique, ses crues et ses tarissements, c'est tenter de dire l'indicible. Or cet indicible-là, pour moi, se lie inextricablement à deux autres champs où les mots manquent: la mystique et la musique. Dans la première, une extase et une transformation des sens voisines de l'expérience érotique; dans la seconde, une fluidité et un accord des rythmes si proches de l'harmonie des corps. Aussi ai-je essayé ici de pousser à bout de tels parallèles, en incarnant les métaphores pour que le verbe se fasse chair. En disciple de Sade, la narratrice découvre que rien n'a sur elle tant d'effet que les mots. Passant d'un homme à une femme avant de revenir au premier, elle traverse une initiation à un Kama Sutra verlainien, qui en appelle à "de la musique avant toute chose", sans rien en elle "qui pèse ou qui pose". Par-là se rejoint l'esthétique des musiciens baroques, où la nuance a plus de puissance que la force, et où l'ornement devient l'essentiel. Un livre, donc, visant à transcrire une cantate de Bach en caresses.
Résumé : Le texte commence au moment où l'auteur décide de mettre fin à sa carrière de psychothérapeute. Elle doit apprendre à faire le deuil de ses patients, du sens qu'elle avait donné à sa vie ainsi que de la ville où elle a longtemps vécu : Nice. Ces décisions interviennent au moment de l'attentat du 14 juillet, ce qu'elle ne peut s'empêcher de voir comme un signe... Un texte délibérément inclassable, passant avec désinvolture du récit à la poésie, de l'intime à la métaphysique, et de Deleuze aux penseurs de l'Inde ancienne.
Il put donc reprendre sa monture, Matteo, et le chemin de sa Camargue, puis se remettre à surveiller ses taureaux et ses chevaux - comme là-haut, dans le Luberon, son ami, fût-ce en rêve, épiait cette femme, qui épiait un homme, qui épiait des cerfs - sous le regard du Seigneur, et plus haut encore du Mourre Nègre, qui les embrassait tous."Autant de solitudes que d'êtres", songeait Mahieu, suivant des yeux son ami qui s'éloignait, chacun retournant à son silence."Mais par-delà, comme sur des vignes, Dieu ne veille-t-Il sur nous?"Car avec le Ciel, du moins, il tentait d'être en paix, le vigneron, laissant son Maître, en son Fort de Morias, à ses impiétés, le braconnier à ses angoisses, et Mauve à son adoration. Et comme celle-ci, à se brûler les yeux, contemplait le soleil levant, il alla regarder, afin d'y voir plus clair, entre son rosier, ses arbres et sa chèvre, l'astre qui se couchait."
Résumé : A plus d'un siècle de distance, deux vies s'entrelacent, celle de Schubert et celle d'une dentellière, qu'envahit peu à peu la musique du premier. Tous deux sont conduits par un amour impossible, et la plus profonde mélancolie. Tous deux tentent de sonder leur âme en écoutant celle du monde. Tous deux se demandent à quoi ils croient, ce qui les fait tenir, et s'interrogent sur le pouvoir, ou l'impuissance, de la musique et des mots. Ce faisant l'écriture tend à se fondre dans celle de Schubert, allant de la candeur au dénuement. Sandrine Willems, née en 1968 à Bruxelles, est écrivain, psychologue et philosophe. D'abord comédienne puis réalisatrice, c'est par la parole vive qu'elle est arrivée à la littérature. Son écriture en garde une dimension très sonore. Dans ses romans et récits, la question biographique est centrale - portant sur des personnages mythiques ou historiques, ou sa propre vie. D'un texte à l'autre se poursuit une interrogation sur les différentes formes de l'amour. Elle explore aussi, en particulier dans ses essais, nos relations au non-humain - des animaux aux "dieux" .
Résumé : Il y eut même parfois entre nous une sorte de complicité. Celle-ci nous vint surtout de ses chiens ; avec eux seuls le professeur s'abandonnait. Il en avait deux, absolument pareils, comme trahissant son regret de n'avoir pas rencontré son double. Leurs caractères, cependant, différaient. L'un aimait jouer, et Freud le retrouvait, quand il sortait de son cabinet, pour se distraire un peu. Mais l'autre était son éminence grise. Pendant les séances d'analyse, il se tenait aux pieds du professeur, réagissant à tout ce qu'il entendait. Et s'il dressait l'oreille, Freud était averti que le propos devenait crucial ; s'il gémissait, que la souffrance du patient se faisait insupportable. Quand j'étais là, il reniflait fréquemment le tapis - diagnostiquant ainsi une névrose obsessionnelle. Pour les hystériques, je suppose qu'il remuait la queue, et grognait pour les paranoïaques. Quoi qu'il en fût, le professeur se fiait à son jugement. Il savait trop que le talent du plus grand praticien jamais n'égalerait le flair d'un chien.
Au premier abord, tout semble opposer le monde créé par Brassens à travers quelque 300 chansons et celui où évoluent Tintin et ses compagnons au long des 24 albums. L'univers des chansons est rèvé, légendaire, celui des Aventures est concret, comme une copie du réel. La poésie et la folie planent sur l'oeuvre du premier tandis que le petit reporter est immergé dans l'action. Brassens est un spectateur distancié, Tintin un aventurier engagé. L'un, amoureux des femmes, parle cru, l'autre, asexué, ignore le désir. Anticonformisme et anticléricalisme d'un côté, valeurs boy-scouts chrétiennes de l'autre. Et pourtant... Ces deux créations majeures du XXe siècle séduisent des publics communs. Est-ce seulement dù à l'immense talent de leurs démiurges ou à leur contemporanéité - 1921-1981 pour Brassens, 1907-1983 pour Hergé - qui suffirait à engendrer une connivence générationnelle et culturelle ? Ce livre démontre qu'une telle explication ne suffit pas : il existe des analogies, voire des affinités entre ces oeuvres apparemment si dissemblables. Contrairement à ce que pourrait laisser penser une approche superficielle, les "philosophies de vie" des personnages mis en scène par Georges Brassens et Georges Remi sont loin d'ètre incompatibles. Grâce à une analyse approfondie des récits du poète sétois et du dessinateur belge, Renaud Nattiez met en évidence des correspondances surprenantes, des similitudes insoupçonnées. Deux mondes parallèles, au double sens du mot : ils ne se confondent pas, ils ne se rejoignent pas, mais ils évoluent dans la mèmc direction comme si, au fil des ans1 Brassens s'était rapproché de Tintin et Tintin de Brassens. Renaud Nattiez est né entre Mouhnsart et Sète, lorsque Tintin s'apprétait a marcher sur la Lune et Brassens à enregistrer son premier disque. Le premier lui a donne le gout de l'ailleurs, le second celui du jeu avec les mot, de la langue française. L'auteur a publié Le Mystère Tintin (2016), Le Dictionnaire Tintin (2017), Les Femmes dans le monde de Tintin (2018). Ancien élève de l'ENA, ex-diplomate, il est docteur en économie.
Peeters Benoît ; Schuiten François ; Rosset Franço
La Maison d'Ailleurs, musée de la science-fiction, de l'utopie et des voyages extraordinaires d'Yverdon-les-Bains (Suisse), présente une grande exposition : "MONDES imPARFAITS. Autour des Cités obscures de Schuiten et Peeters", du 17 novembre 2019 au 25 octobre 2020. Ce livre en est le prolongement et l'approfondissement, autour des notions d'utopie et de dystopie. L'acte de naissance officiel de l'utopie est la publication en 1516 du récit Utopia de l'humaniste anglais Thomas More. Il y met en scène un monde autre dans lequel les êtres humains sont postulés comme heureux, en raison d'une organisation socio-politigue novatrice. Mais la dernière phrase d'Utopia laisse entendre que cette cité devrait rester au rang de "souhait", c'est-à-dire de modèle à ne surtout pas réaliser. En effet, dès que l'on se met a raconter, de l'intérieur, ce qui se passe en utopie, la cité supposée parfaite exprime sa dimension aliénante et se transforme en dystopie. Du Meilleur des mondes et 1984 à Blade Runner, La Servante écarlate et Black Minor, les dernières décennies ont vu se multiplier de tels récits, en littérature, au cinéma et ailleurs. "MONDES imPARFAITS" propose une synthèse solide sur le sujet, agrémentée de nombreux documents et de dessins rares ou inédits des Cités obscures de François Schuiten et Benoît Peeters.
Gotlib nous a quittés le 4 décembre 2016. Sa disparition a suscité une cascade d'articles dans la presse, montrant bien l'impact que son oeuvre a eu sur au moins deux générations de lecteurs. Le fait que tous ses livres soient disponibles et constamment réédités en est un autre témoignage sûr. Cependant la littérature secondaire disponible sur Gotlib n'est pas à la hauteur de l'immense humoriste et rénovateur de la bande dessinée qu'il a été. On trouve surtout des recueils d'hommages, des écrits de circonstance et des approches biographiques, mais finalement peu de travail critique. La forme de l'Abécédaire est particulièrement appropriée pour tenter d'embrasser la totalité d'une oeuvre très dispersée, qui a connu des périodes très différentes, des supports de publication multiples, et qui comprend plusieurs collaborations importantes - sans oublier que Gotlib n'a pas été seulement un auteur, mais aussi un directeur de magazine, mentor de toute une génération de dessinateurs. Richement illustré, cet Abécédaire composé de soixante-neuf articles décrit l'oeuvre de Gotlib en étendue, en retraçant la généalogie et le caractère propre de tous ses personnages importants, et l'interroge dans ses dimensions narrative, comique, graphique, sociologique, transgressive, autobiographique, psychanalytique, voire politique.