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LE CONCEPT DE NATURE
WHITEHEAD
VRIN
11,00 €
Épuisé
EAN :9782711617777
Recourir à la métaphysique est comme lancer une allumette dans une poudrière. Cela fait exploser la scène entière. C'est exactement ce que font les philosophes de la science quand ils sont conduits dans une impasse et convaincus d'incohérence. Aussitôt ils font entrer de force l'esprit et parlent d'entités qui sont selon le cas dans l'esprit ou hors de l'esprit. Pour la philosophie naturelle, toute chose perçue est dans la nature. Nous ne pouvons pas faire le difficile. Pour nous, la lueur rouge du crépuscule est autant une partie de la nature que les molécules ou les ondes électriques par lesquelles les hommes de science expliqueraient le phénomène. Il appartient à la philosophie naturelle d'analyser comment les éléments variés de la nature sont liés". Whitehead
Colson Whitehead est né en 1969 à New York, où il vit toujours. Ses trois romans L?Intuitionniste, Ballades pour John Henry et Apex ou Le cache-blessure ont été unanimement salués par la critique et lui ont valu de multiples distinctions. Il est également l?auteur d?un recueil d?évocations urbaines, Le Colosse de New York, et d?un récit, Sag Harbor. Toute son ?uvre est publiée aux Éditions Gallimard.
Résumé : Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d'avant la guerre de Sécession. Abandonnée par sa mère lorsqu'elle était enfant, elle survit tant bien que mal à la violence de sa condition. Lorsque Caesar, un esclave récemment arrivé de Virginie, lui propose de s'enfuir, elle accepte et tente, au péril de sa vie, de gagner avec lui les Etats libres du Nord. De la Caroline du Sud à l'Indiana en passant par le Tennessee, Cora va vivre une incroyable odyssée. Traquée comme une bête par un impitoyable chasseur d'esclaves qui l'oblige à fuir, sans cesse, elle fera tout pour conquérir sa liberté. L'une des prouesses de Colson Whitehead est de matérialiser l'"Underground Railroad", le célèbre réseau clandestin d'aide aux esclaves en fuite qui devient ici une véritable voie ferrée souterraine, pour explorer, avec une originalité et une maîtrise époustouflantes, les fondements et la mécanique du racisme. A la fois récit d'un combat poignant et réflexion saisissante sur la lecture de l'Histoire, ce roman est une oeuvre politique aujourd'hui plus que jamais nécessaire.
L'ouvrage de Whitehead, Le concept de nature (Cambridge, 1920), l'un "des plus profonds qu'on ait écrits sur la philosophie de la nature" selon Bergson, vise à donner à la physique moderne et à la théorie de la relativité ses fondements philosophiques propres : la nature n'est pas un système d'objets simultanés, elle est événement, elle est un procès. Whitehead rompt avec ce qu'il nomme le "matérialisme" constant de la science et de la philosophie moderne, matérialisme hérité d'Aristote, selon lequel la réalité est une substance dont nous percevons les attributs. Une telle conception mène fatalement à la "bifurcation", à la séparation entre le réel (la substance) que nous ne percevons pas et ce que nous percevons (les attributs) qui n'est pas réel. Einstein lui-même n'a pas échappé à ces présupposés. C'est donc une philosophie alternative que propose Whitehead, dans un livre d'une extrême hardiesse spéculative qui, en dépôt de son aridité apparente, est à prendre comme un traité de "Philosophie Naturelle" préludant à l'imposante cosmologie de Process and Reality.
Modes de pensée (1938) est le point final de l'évolution de Whitehead vers la métaphysique. La philosophie de l'organisme élaborée d'abord dans Science and the Modern World (1925) puis la cosmologie monumentale de Process and Reality (1929) répondaient à la volonté de replacer la philosophie de la nature dans un système métaphysique où rien n'est substance et tout est événement. Le présent ouvrage comprend, réparties en quatre parties, neuf conférences données aux Etats-Unis devant un public étudiant. On y trouve les thèmes majeurs de Procès et réalité : la critique de la logique aristotélicienne, de la substance première, du matérialisme scientifique, du dualisme cartésien de l'esprit et de la matière ; et aussi la pensée positive du procès, présentée comme une activité unificatrice et individuante, appelée ici perspective et procès d'appropriation ; la théorie de l'actualité et de la potentialité ; la recherche de formes mathématiques dynamiques et non plus statiques. Cet ouvrage, accessible, constitue la meilleure introduction à l'oeuvre de Whitehead.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.
Ce livre n'est pas un exposé de la métaphysique cartésienne, mais s'attache à la pensée qui l'anime et qui cherche en elle son expression. Ce mot "expression" introduit un premier postulat : une philosophie n'a de sens que par référence à une certaine vision du monde dont précisément elle veut être l'expression. A l'origine il y a un esprit qui regarde l'univers, l'homme, Dieu et qui s'étonne de les voir comme on ne les a encore jamais vus. Qui dit "expression" dit donc volonté de communication. La vision du monde - c'est le second postulat - n'est en aucune façon une sorte d'essence intemporelle et elle ne peut être séparée de son "environnement" historique. Ainsi tout texte a deux contexte : l'ensemble ordonné d'idées duquel il tient son sens et un certain dialogue qu'il doit rendre propice à la transmission de ce sens.