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Philosophie N° 79 - 1er septembre 2003 : Phénoménologie japonaise
Watsuji Tetsurô ; Stevens Bernard ; Isaac Sylvain
MINUIT
10,00 €
Épuisé
EAN :9782707318473
La phénoménologie s'est développée au japon dans la première moitié du XXe siècle autour de l'Ecole de Kyôto, influencée par Husserl, Scheler et Heidegger mais aussi par la pensée japonaise traditionnelle. Traduite pour la première fois en français, la première section du grand livre de Watsuji, Rinrigaku, présente les lignes directrices de la pensée éthique de l'auteur dans une confrontation avec l'herméneutique phénoménologique de Heidegger. A travers une méditation sur la richesse sémantique des mots japonais aïda (entre) et ningen (homme), dont il déploie les implications conceptuelles, Watsuji prône un autre point de départ que la subjectivité isolée d'inspiration cartésienne - qu'il voit percer encore derrière le Dasein heideggérien -, pour aborder les questions de l'action, du devoir, de la responsabilité, du lien humain. Dans une étude synthétique et récapitulative consacrée aux penseurs japonais inspirés par la phénoménologie, Bernard Stevens replace dans leur contexte historique les débats de l'Ecole de Kyôto, sans dissimuler certains de leurs partis pris idéologiques, et explore les rapports qu'ils entretiennent avec la phénoménologie allemande. L'article de Sylvain Isaac se consacre, quant à lui, à la personnalité philosophique sans doute la plus marquante de ce mouvement, qui en est aussi le fondateur, Nishida Kitarô. Il examine la manière dont celui-ci transforme en profondeur l'intentionnalité husserlienne dans le cadre d'une phénoménologie non-égologique de " l'expérience pure ".
Résumé : Watsuji Tetsurô (1889-1960) est l'un des plus grands noms de la philosophie japonaise contemporaine. Fûdo, son oeuvre phare, analyse la relation spécifique entre cultures et environnement... Watsuji Tetsurô (1889-1960) est l'un des plus grands noms de la philosophie japonaise contemporaine. Fûdo, son oeuvre phare, analyse la relation spécifique entre cultures et environnement. Le point de vue de Watsuji est radicalement neuf. Ecartant le déterminisme environnemental, qui considère de l'extérieur le rapport entre nature et culture, il se place au contraire d'un point de vue herméneutique : c'est de l'intérieur qu'il saisit la manière dont les hommes vivent leur environnement et comment leurs créations expriment cette relation. Watsuji fait là oeuvre de pionnier. Outre sa construction théorique, que cristallise le concept révolutionnaire de fûdosei (médiance), le texte de Watsuji est une extraordinaire plongée intuitive dans le vécu des milieux humains, des fraîches matinées du printemps japonais aux mornes journées d'hiver de l'Europe occidentale, en passant par les plaines immenses de la Chine du Nord, la moiteur des nuits de Singapour, les montagnes décharnées du désert arabique, les eaux trop "? arides ? " de la Méditerranée...
L'Histoire ne bascule pas toute seule. Il y a, de tout temps, des hommes pour la faire avancer et d'autres qui essaieront de la contenir. Kenshin lui, est un héros sombre à la croisée des chemins, perdu entre deux époques, tiraillé entre bien et mal...Battôsai l'assassin! Un homme dont le nom a marqué l'imaginaire collectif pendant la période de troubles qui accompagna l'ouverture d'une nouvelle ère... Certes, nombreux furent ceux qui périrent par sa lame... Mais Battosaï se battait pour un idéal de paix et de justice. À la fin, quand il vit s'ouvrir l'ère nouvelle, si différente de ce dont il avait rêvé, il fut certainement le plus blessé de tous. Car il réalisa alors que cette ère n'était pas aussi parfaite que dans ses rêves. Tous ces efforts ont-ils donc été menés en vain?Kenshin a maintenant abandonné son sabre tueur, mais l'assassin qu'il était reste profondément ancré en lui. Malgré son désir de l'effacer complètement de cette ère, il lui est impossible, en tant que vagabond, de se battre avec la puissance de Battôsai. Contre la volonté du vagabond, la personnalité de Battôsai réapparaît à plusieurs reprises lors de combats difficiles. Kenshin pourra-t-il suivre la voie qu'il a choisie ou son passé d'assassin l'engloutira-t-il à jamais dans les ténèbres?Découvrez les secrets du vagabond qui fut jadis assassin, et de son univers froid et dangereux comme l'acier...Double actualité ce mois-ci pour Kenshin, puisqu'en plus du tome 26 de ses aventures, paraît le Kenshin Guide Book. Grâce à lui, vous découvrirez une multitude de dessins et croquis inédits et vous saurez absolument tout de ce héros adulé par tous les nombreux fans de manga.
Fûdo est l?oeuvre la plus connue de Watsuji Tetsurô. Publié en 1935, sans cesse réédité au Japon,traduit dans les grandes langues occidentales (anglais, espagnol, allemand?) ainsi qu?en Chine eten Corée, ce livre magistral était jusqu?alors inconnu du public français. Fûdo est un essai sur la relation des cultures avec leur cadre géographique, envisagé notamment sous l?angle du climat. Si, à première vue, on peut ainsi le rattacher à la théorie de l?influence des climats, le point de vue de Watsuji est radicalement neuf. Ecartant d?emblée le déterminisme environnemental, qui considère en principe de l?extérieur le rapport entre nature et culture, il veut saisir de l?intérieur la manière dont les sujets humains vivent leur environnement, et comment ils expriment cette relation. Une plongée sensible et intuitive dans le vécu des milieux humains, des fraîches matinées du printemps japonais aux sombres journées d?hiver de l?Europe occidentale, en passant par les plaines immenses de la Chine du Nord, la moiteur des nuits de Singapour, les montagnes décharnées du désert arabique, les eaux trop « arides » de la Méditerranée...
À l'aube de la restauration de Meiji, bravant la règle interdisant le port du sabre, un vagabond solitaire jadis assassin se lave de ses crimes en portant secours aux plus démunis, et en se jurant qu'il ne tuera plus jamais personne... Kenshin reste aujourd'hui encore la référence du manga de sabre pour nombre de lecteurs de manga, et ce, alors que la série s'est achevée depuis plusieurs années. Cette édition Perfect, à l'instar de celle de Dragon Ball, remet au goût du jour ce manga culte avec à la clef de nombreux avantages: un format plus grand, de nouvelles illustrations de couverture signées Nobuhiro Watsuki lui-même, toutes les pages couleurs d'origine (100 % inédites en France), une traduction améliorée, la conservation des onomatopées japonaises? Un véritable bain de jouvence pour ce manga qui compte des milliers de fans en France et qui attendent impatiemment la sortie de cette édition!
Dès la première phrase, vous entrez dans le livre, ce livre que vous écrivez en le lisant et que vous finirez par ramasser sur la banquette du train qui vous a conduit de Paris à Rome, non sans de multiples arrêts et détours. Le troisième roman de Michel Butor, paru en 1957, la même année que La jalousie d'Alain Robbe-Grillet, Le vent de Claude Simon et Tropismes de Nathalie Sarraute, reçut d'emblée un excellent accueil de la critique. Couronné par le prix Renaudot, traduit dans vingt langues, c'est encore aujourd'hui le plus lu des ouvrages du Nouveau Roman.
Il y a le stigmate d'infamie, tel la fleur de lys gravée au fer rouge sur l'épaule des galériens. Il y a les stigmates sacrés qui frappent les mystiques. Il y a les stigmates que laissent la maladie ou l'accident. Il y a les stigmates de l'alcoolisme et ceux qu'inflige l'emploi des drogues. Il y a la peau du Noir, l'étoile du Juif, les façons de l'homosexuel. Il y a enfin le dossier de police du militant et, plus généralement, ce que l'on sait de quelqu'un qui a fait ou été quelque chose, et "ces gens-là, vous savez..." Le point commun de tout cela ? Marquer une différence et assigner une place : une différence entre ceux qui se disent "normaux" et les hommes qui ne le sont pas tout à fait (ou, plus exactement, les anormaux qui ne sont pas tout à fait des hommes) ; une place dans un jeu qui, mené selon les règles, permet aux uns de se sentir à bon compte supérieurs devant le Noir, virils devant l'homosexuel, etc., et donne aux autres l'assurance, fragile, qu'à tout le moins on ne les lynchera pas, et aussi l'espoir tranquillisant que, peut-être, un jour, ils passeront de l'autre côté de la barrière.
Classeurs classés par leurs classements, les sujets sociaux se distinguent par les distinctions qu'ils opèrent - entre le savoureux et l'insipide, le beau et le laid, le chic et le chiqué, le distingué et le vulgaire - et où s'exprime ou se trahit leur position dans les classements objectifs. L'analyse des relations entre les systèmes de classement (le goût) et les conditions d'existence (la classe sociale) qu'ils retraduisent sous une forme transfigurée dans des choix objectivement systématiques ("la classe") conduit ainsi à une critique sociale du jugement qui est inséparablement un tableau des classes sociale du jugement qui est inséparablement un tableau des classes sociales et des styles de vie. On pourrait, à titre d'hygiène critique, commencer la lecture par le chapitre final, intitulé Eléments pour une critique "vulgaire" des critiques "pures", qui porte au jour les catégories sociales de perception et d'appréciation que Kant met en oeuvre dans son analyse du jugement de goût. Mais l'essentiel est dans la recherche qui, au prix d'un énorme travail d'enquête empirique et de critique théorique, conduit à une reformulation de toutes les interrogations traditionnelles sur le beau, l'art, le goût, la culture. L'art est un des lieux par excellence de la dénégation du monde social. La rupture, que suppose et accomplit le travail scientifique, avec tout ce que le discours a pour fonction ordinaire de célébrer, supposait que l'on ait recours, dans l'exposition des résultats, à un langage nouveau, juxtaposant la construction théorique et les faits qu'elle porte au jour, mêlant le graphique et la photographie, l'analyse conceptuelle et l'interview, le modèle et le document. Contre le discours ni vrai ni faux, ni véritable ni falsifiable, ni théorique ni empirique qui, comme Racine ne parlait pas de vaches mais de génisses, ne peut parler du Smig ou des maillots de corps de la classe ouvrière mais seulement du "mode de production" et du "prolétariat" ou des "rôles" et des "attitudes" de la "lower middle class", il ne suffit pas de démontrer ; il faut montrer, des objets et même des personnes, faire toucher du doigt - ce qui ne veut pas dire montrer du doigt, mettre à l'index - et tâcher ainsi de forcer le retour du refoulé en niant la dénégation sous toutes ses formes, dont la moindre n'est pas le radicalisme hyperbolique de certain discours révolutionnaire.
La vie sociale est un théâtre, mais un théâtre particulièrement dangereux. A ne pas marquer la déférence qu'exige son rôle, à se tenir mal, à trop se détacher des autres comédiens, l'acteur, ici, court de grands risques. Celui, d'abord, de perdre la face ; et peut-être même la liberté : les hôpitaux psychiatriques sont là pour accueillir ceux qui s'écartent du texte. Il arrive ainsi que la pièce prenne l'allure d'un drame plein de fatalité et d'action, où l'acteur-acrobate - sportif, flambeur ou criminel - se doit et nous doit de travailler sans filet. Et les spectateurs d'applaudir, puis de retourner à leurs comédies quotidiennes, satisfaits d'avoir vu incarnée un instant, resplendissant dans sa rareté, la morale toujours sauve qui les soutient.