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Alors, la Chine
Wang Bing ; Burdeau Emmanuel ; Renzi Eugenio
AMSTERDAM
17,00 €
Épuisé
EAN :9782350960876
En 2003, Wang Bing réalise A l'Ouest des rails, documentaire de neuf heures consacré à la fin d'une immense zone industrielle de la Chine. Ce film est aujourd'hui considéré à la fois comme un chef-d'oeuvre et comme un emblème des possibilités offertes par l'avènement du numérique. Wang Bing n'a cessé ensuite de travailler de la même façon, clandestinement et en s'attachant à des sujets pour le moins difficiles : la répression " antidroitière " (Fengming, chronique d'une femme chinoise et Le Fossé), l'extrême pauvreté (L'Homme sans nom et Les Trois Soeurs du Yunnan), la vie au sein d'un hôpital psychiatrique ('Til Madness Do Us Part). Dans cet entretien, le cinéaste chinois raconte son enfance, sa découverte de la politique au moment des événements de Tian'anmen, ses études, l'aventure d'A l'Ouest des rails, sa rencontre avec Fengming, les difficultés du Fossé... Il parle longuement de sa conception du cinéma, de sa méthode et des expériences partagées auprès de ceux qu'il filme. Publié à l'occasion de la rétrospective intégrale que lui consacre le Centre Pompidou, Alors, la Chine livre un témoignage incomparable sur la vie et le travail d'un cinéaste majeur. Il comporte également un essai critique d'Eugenio Renzi.
Celle qui a célébré Shanghai avec tant de maîtrise et d'opulence dans son roman Le Chant des regrets éternels part ici à la recherche de son histoire, "qui a pour moi, dit-elle, quelque chose de secret, tant mes impressions de Shanghai, ma ville, se mêlent aux herbes folles de ma vie personnelle". Elle compare Shanghai et Pékin, essaie de définir le goût des deux villes, leur langue, leurs personnages, leur manière de vivre le vent, le soleil et le manège des saisons, leur idéal et leur trace dans l'histoire. Enfin, elle conte les récits de hasard et de fortune qui ont fait la légende et la prospérité de ce qui était encore il n'y a pas si longtemps, à l'aune de l'histoire de Chine, un simple village de pêcheurs. "Précieux guide que ce petit livre vert sur le hasard et l'intuition, qualités indispensables au voyage réussi."
Cher lecteur, Un matin en me réveillant, je me suis dit : " J'aimerais avoir une correspondance avec quelqu'un. " Une vraie de vrai, avec des mots griffonnés sur des couches de papier, le stylo grattant l'encre et le bonheur de sentir le froissement de la feuille que l'on plie. Alors je me suis lancée. J'ai rédigé trente et une lettres pour les trente et un élèves de ma classe de terminale. J'ignore s'ils me répondront, mais je suis fière d'avoir fait le premier pas. Ce livre, c'est une autre lettre. Une lettre que je t'adresse, lecteur.
Un père, Ma Linsheng, divorcé, modeste employé de librairie, tout à la fois autoritaire et timoré. Un fils, Ma Rui, surdoué et rebelle. Deux générations qui se heurtent et s'apprivoisent, deux êtres qui tentent de reconquérir la confiance perdue après le drame sanglant de Tian'anmen. Ma Linsheng, dérouté par tant de désillusions, cache son amertume. Mais comment freiner l'impétuosité de Ma Rui ? Au fil des jours, tandis que Pékin s'adonne aux Jeux panasiatiques, une complicité émouvante s'installe entre le père et le fils. A la fois réaliste, cruel et sensible, Je suis ton papa exprime avec force le désastre moral qui étreint la jeunesse chinoise. Usant de la dérision, Wang Shuo parodie la langue de bois, réinvente l'argot, confirmant l'époustouflante modernité de son style. Dans ce portrait à vif de son pays, l'insolent Pékinois se fait le porte-parole de la génération à venir.
Le lycée est en effervescence. Depuis ce matin, on ne parle que de Saul, le nouveau. Il est blond, rayonnant, fascinant : impossible de ne pas l'apprécier. Son arrivée produit l'effet d'un tourbillon de fraîcheur parmi les élèves. Saul se greffe à tous les groupes, bouscule les quotidiens. En particulier ceux de Jade, si discrète dans la foule, et de Gabriel, qui ne sourit jamais. Quand ils sont tous les trois, plus rien n'existe autour d'eux. Les familles détruites, les pensées moroses, le futur incertain, tout disparaît, laissant place à des smiles bridés qui brillent jusque dans leurs yeux.
A partir des années 1980, l'idée s'est peu à peu imposée : le clivage politique fondamental ne serait pas de nature idéologique - opposant le capitalisme au socialisme - mais civilisationnel. Cette conception, formulée notamment par Samuel Huntington, divise le champ politique entre d'un côté les tenants d'une vision sécularisée des rapports entre les hommes et les sociétés - "l'Occident" -, et de l'autre les défenseurs d'une conception religieuse ou "indigène" . Or de manière paradoxale, elle semble également s'être imposée au sein de courants intellectuels et politiques qui, considérant que l'accroissement de la domination de l'homme sur la nature est indissociable de celle de l'homme sur l'homme, érigent la pratique indigène en figure principale de l'opposition à la logique du capitalisme. Mais la perpétuation de la guerre et de la servitude dans l'histoire de l'humanité procède-t-elle vraiment de la diffusion des appareils conceptuels produits par l'Occident ? Etudiant les déterminants des trois mouvements historiques que sont le développement du capitalisme, la colonisation des Amériques et la traite atlantique, Ivan Segré montre qu'il n'en est rien, et que seul le recours à des facteurs d'un autre ordre - les comportements économiques prédateurs et la xénophobie - rend intelligible le cours de l'histoire.
Bâtonner (verbe) : action de copier-coller une dépêche fournie par une agence de presse en la remaniant à la marge. Pratique ordinaire, le bâtonnage résume à lui seul ce que le productivisme fait aux médias. C'est ce que montre le livre de Sophie Eustache, fruit d'une longue enquête, en nous immergeant dans les rédactions, web notamment. Mises en concurrence, celles-ci sont sommées de produire des contenus par les patrons de presse. Pendant que les sommités du journalisme pontifient, les ouvriers spécialisés de l'information, rivés à leur desk, travaillent à la chaîne. Dépossédés de leur savoir-faire par une organisation du travail taylorisée, leurs cadences s'accélèrent, leurs gestes s'automatisent. L'information, paramétrée par les algorithmes, est usinée en série dans les open spaces. Et dans cette course à la productivité, la fusion du néolibéralisme et du numérique détériore les conditions de travail et le travail lui-même. Dès lors, comment se fait-il que les travailleurs de l'information continuent de consentir à ce qu'ils font ? Si Bâtonner décrit la transformation des pratiques professionnelles, il interroge aussi les mécanismes de l'aliénation. Déqualifiée et disqualifiée, la profession proteste mais continue de se croire indispensable à la vertu publique. Toujours prompte à "checker" et "décoder" les fake news des autres, elle en oublie souvent que, réduit à une marchandise, le journalisme n'est pas l'ami du peuple, mais un vice qui corrompt la langue, la pensée et, avec elles, la possibilité de la démocratie.
En ce début de XXIe siècle, vingt ans après la chute des vieilles bastilles, à Berlin puis en Afrique du Sud, des murs sont construits frénétiquement aux quatre coins du monde: en Palestine, entre le Mexique et les Etats-Unis, l'Inde et le Pakistan, l'Arabie Saoudite et l'Irak, l'Afrique du Sud et le Zimbabwe, la Thaïlande et la Malaisie, l'Ouzbékistan et la Kirghizie... Sans compter tous les murs intérieurs, gated communities et autres checkpoints qui partitionnent et régulent les espaces nationaux. Alors que le XXe siècle avait prétendu se clore sur la promesse d'une ère d'échanges et de prospérité, des tensions nouvelles sont apparues, entre la fermeture et l'ouverture, l'universalisation et la stratification. Et ce monde qui se pensait en termes de flux et de circulations n'a depuis cessé de mettre en place des filtres et des dispositifs, largement dématérialisés, de surveillance et de contrôle. Dans ce contexte, que peuvent bien signifier ces murs terriblement concrets, d'acier et de béton, grillagés ou couverts de barbelés, sortes de survivances d'un autre âge? S'ils se révèlent largement inefficaces sur le plan fonctionnel, leur pouvoir discursif, symbolique et théâtral est incontestable: ils fonctionnent comme les icônes d'un pouvoir souverain et d'une nation préservée. Mais là où l'interprétation dominante en déduit que ces murs sont les symptômes d'États-nations renforcés, Wendy Brown y décèle au contraire un déclin avancé de la souveraineté étatique. Et selon elle, celle-ci se redistribue au profit d'autres entités désormais plus puissantes: le capital et la religion.
La quatrième vague du féminisme a commencé : venue d'Amérique latine, portée par les combats contre les féminicides et pour la liberté des femmes à disposer de leur corps, amplifiée par le moment Metoo, elle constitue aussi-surtout-un mouvement qui s'attaque à l'inégalité des rapports de production et de reproduction sous le capitalisme. Qui dépasse, sans les exclure, les revendications juridiques ou paritaires et repense l'ensemble de l'organisation sociale à partir des oppressions subies par les femmes et les minorités de genre. Le féminisme est révolutionnaire ou il n'est pas : voilà la thèse soutenue par Aurore Koechlin, qui se propose d'abord de guider ses lectrices et lecteurs à travers l'histoire trop méconnue des différentes vagues féministes. Du MLF à l'inter-sectionnalité, de l'émergence d'un "féminisme d'Etat" au féminisme de la reproduction sociale, ce petit livre tire le bilan politique et intellectuel d'une quarantaine d'années de combats, repère leurs impasses, souligne leurs forces, pour contribuer aux luttes actuelles et à venir.