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Collection. Suivi de L'avarice
Wajcman Gérard
NOUS
12,00 €
Épuisé
EAN :9782913549951
Le collectionneur et l'avare. Ils semblent les négatifs l'un de l'autre. D'un côté la dépense en pure perte, de l'autre la rétention parcimonieuse. Jadis la magnificence de l'un brillait de l'éclat de la vertu, quand la cupidité de l'autre avait toutes les laideurs du péché. Le capitalisme a redistribué les cartes de la vertu et du péché. Le collectionneur traîne aujourd'hui un parfum de scandale, et le caractère économe et regardant a été élevé en mérite. En même temps, la tentation semble grande d'accoler collection et accumulation, de marier le collectionneur au thésaurisateur. Il est urgent de les disjoindre. Quelque chose pousse l'un au sans compter et l'autre au compte scrupuleux. Quoi ? Pour le comprendre, on propose ici d'examiner de près les mécanismes intimes qui animent ces figures opposées du désir, la collection et l'avarice.
La série Les Experts annonce que nous sommes entrés dans l'âge des experts. Dans le monde des experts, on dit qu'on peut tout savoir, qu'on peut faire la lumière sur tout, arracher son secret à toute chose, à la mort elle-même. Ce monde-laboratoire où nul crime ne reste jamais opaque, ce monde de transparence et de vérité, c'est le nôtre. Plus exactement, c'est le monde de la grande promesse de la science. Prêtres de la religion du chiffre, les experts ne travaillent que sur le certain. Mais la seule chose vraiment certaine en ce monde, c'est la mort. C'est pourquoi cette série sur la police scientifique qui fait parler les choses et va chercher la vérité au fond des cadavres montre la vérité de toute expertise: elle n'opère que sur un monde enfin froid. Pour ce qui est du monde chaud, du monde des vivants, du monde réel secoué de crises financières et de tsunami, c'est plutôt l'impuissance des experts qu'on y a mesurée...
Désuète, la nature morte ? Genre mineur, la nature morte ? Gérard Wajcman montre et démontre le contraire. Il propose une analyse novatrice de cet " art du portrait d'objet ", à travers une enquête passionnante qui s'appuie sur de multiples oeuvres, des plus anciennes aux plus contemporaines et inattendues. On dit " natures mortes ". Ce nom après tout est plutôt joli, mais il est nul. La nature morte ne raconte pas des histoires de nature, elle raconte l'histoire des corps. Pourtant le corps est absent, le grand absent de la nature morte. Pas de nature morte avec des corps, par définition. Alors ? La nature morte raconte le corps parce qu'elle raconte l'histoire des objets qui font jouir le corps, autant dire qui le font vivre. Parce que la vie, c'est le corps qui jouit. Un art de la vie matérielle. Ni nature ni mort, voilà la nature morte. La nature morte raconte la vie du corps vivant. En un mot, la nature morte, c'est la vie. "IIIIII9121,11,11II 35 euros
Voix est le tout premier livre de Gérard Wajcman. Publié pour la première fois en Suisse en 1979 avec le titre "Voix-le face à la chute des sons nus", il devint vite indisponible. Cette nouvelle édition souhaite rendre à ce bref essai la visibilité qu'il n'a jamais eue. Le point de départ pour cette réflexion sur la voix, "objet petit a" lacanien, est l'expérience, troublante et saisissante, de l'écoute des rares enregistrements des voix de castrats. À partir de cette figure paradoxale et étrange qu'est le castrat, l'analyse de Wajcman se confronte non seulement à l'agencement de la voix à la musique - notamment dans l'opéra - mais d'une manière générale à la "corporalité" de la voix, à la voix comme "signe" d'un corps sexué, au rapport entre voix et image et, finalement, à l'affect autant puissant qu'énigmatique qu'une voix produit sur son auditeur.
Et s'il venait à l'esprit de désigner parmi tous les objets du monde celui qui serait l'Objet du XXe siècle? L'Objet Moderne? Que dans ce siècle de triomphe des objets on se tourne d'abord vers l'art, ce n'est pas pour faire joli, mais parce que les oeuvres d'art sont des objets un peu spéciaux: des objets qui pensent et qui font voir - spécialement ce que c'est qu'un objet. Un genre de lunettes intelligentes. Et ce que des oeuvres inaugurales de l'art de ce siècle nous découvrent - merci Duchamp! vive Malevitch! c'est une chose assez curieuse, des objets tout tissés d'absence, au point qu'objet et absence d'objet ce serait presque tout un. On dira que l'absence ce n'est pas vraiment un objet, pas comme une chaise ou un ours en peluche. Objet subtil, mal visible, peut-être, mais qui niera qu'on s'y cogne parfois durement? Et comment ne pas buter contre le fait qu'au coeur même de ce siècle se sont dressées des usines à absence, conçues pour fabriquer de l'absence comme des savonnettes? Auschwitz & Co. Que le siècle de l'objet aura autant été le siècle de l'absence, voilà l'idée. Que l'art nous montre ça, voilà le soupçon. Nos sociétés font tout pour nous distraire. C'est gentil. Fermez les yeux, telle est l'invitation au sommeil dont elles nous bercent. Je tiens que l'art de ce temps convie à autre chose: à ouvrir l'oeil, et regarder le siècle. C'est dur, mais juste.
Les Journaux de Kafka : voici, enfin, la première traduction intégrale en français des 12 cahiers, écrits de 1910 à 1922, que cette édition reproduit à l'identique, sans coupes et sans censure, en rétablissant l'ordre chronologique original. La traduction de Robert Kahn se tient au plus près de l'écriture de Kafka, de sa rythmique, de sa précision et sécheresse, laissant "résonner dans la langue d'arrivée l'écho de l'original". Elle s'inscrit à la suite de ses autres retraductions de Kafka publiées aux éditions Nous, A Milena (2015) et Derniers cahiers (2017). Les Journaux de Kafka, toujours surprenants, sont le lieu d'une écriture lucide et inquiète où se mêlent intime et dehors, humour et noirceur, visions du jour et scènes de rêves, où se succèdent notes autobiographiques, récits de voyages et de rencontres, énoncés lapidaires, ainsi qu'esquisses et fragments narratifs plus longs. Dans ce battement entre vie écrite par éclats et soudaines amorces fictionnelles, les Journaux se révèlent être le coeur de l'oeuvre de Kafka : le lieu où les frontières entre la vie et l'oeuvre s'évanouissent. Il est plus clair que n'importe quoi d'autre que, attaqué sur la droite et sur la gauche par de très puissants ennemis, je ne puisse m'échapper ni à droite ni à gauche, seulement en avant animal affamé le chemin mène à une nourriture mangeable, à de l'air respirable, à une vie libre, même si c'est derrière la vie.
Demande au muet est une série de dialogues courts où un maître, d'une intelligence relative, répond à son disciple, guère plus malin. Néanmoins, de temps à autres, tout comme une montre arrêtée finit par donner l'heure exacte, un jaillissement du sens, une fulgurance de la pensée ne sont pas impossibles. Oscillant entre nonsense et sagesse, ils traitent du monde avec l'absolu sérieux et la distance ironique qui conviennent.
Aspe Bernard ; Atzei Patrizia ; Balaud Léna ; Casa
Occupation, hégémonie, féminisme, poésie... Cet exemple numéro 4 peut apparaître comme un hétéroclite assemblage. Nous ne renonçons pas à l'hétéroclite, nous voulons seulement qu'il nourrisse les certitudes les plus tranchées. Celles qui permettent de tisser une alliance. Y voir clair : telle est la première exigence. Et le premier obstacle : notre embarras, notre habitude à nous éprouver ainsi : encombrés de nous-mêmes. Englués dans une réflexion" plus ou moins esseulée, qui nous a donné ce pli : sur tout ce qui peut concerner l'existence, et l'existence politique, il faut tout d'abord hésiter, ne pas savoir, avouer que l'on ne comprend pas tout, que l'on n'est pas à la hauteur. Nous voulons en finir avec cette modestie. Revient le temps des manifestes. Le temps des affirmations, des prises de parti, le temps où il nous faut tirer les conséquences. Nous ne voulons plus de ce monde de tiédeur douceâtre, qui régente même nos manières d'être ensemble. Nous voulons le retour de l'incandescence. Nous voulons que brûlent des feux nouveaux.