Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Aux Etats-Unis d'Afrique
Waberi Abdourahman A.
ZULMA
9,95 €
Épuisé
EAN :9791038702806
Rarement fiction sur l'Afrique aura aussi bien parlé de l'Europe. Et pour cause : dans Aux Etats-Unis d'Afrique, Abdourahman A. Waberi fait du continent noir le centre économique et intellectuel du monde, tandis que les damnés de la terre se concentrent dans une Euramérique miséreuse ; partant, il tend un miroir à l'Occident - celui du monde réel. Réversibilité de l'Histoire : dans le roman, l'Afrique est une fédération d'Etats dont le coeur bat à Asmara - Erythrée - la capitale fédérale, un continent de cocagne à la prospérité insolente avec ses centres d'affaires aux sols de marbre, ses mégalopoles modernes et leurs McDiop à chaque coin de rue, ses artistes en vue et ses scientifiques de renommée mondiale. Un continent indifférent au sort des millions de réfugiés qui se pressent à ses frontières depuis les favelas de Zurich, Milan ou Chicago, les quatre coins de cette Euramérique ravagée par les guerres ethniques et les maladies endémiques, et qui ne survit que grâce à l'aide humanitaire africaine... Et puis, fil conducteur du roman, il y a Maya, née dans un bidonville de la banlieue de Rouen et adoptée par une riche famille érythréenne, qui part en quête de ses origines... Entre politique-fiction et conte voltairien, Aux Etats-Unis d'Afrique illustre de manière éclatante, malicieuse, grave, l'injustice ordinaire à l'échelle du monde. " C'est un roman puissant, courageux, inventif que ce Aux Etats-Unis d'Afrique porté par une langue qui ne craint pas les images, le lyrisme et l'ironie. " Thierry Guichard, Le Matricule des Anges
Après la décolonisation, Djibouti, « confetti de l'Empire français », ancien comptoir pris en étau entre Éthiopie, Somalie et Érythrée, à l'embouchure de la mer Rouge, tâtonne à la recherche de son identité. À Balbala, banlieue de Djibouti, pendant la guerre civile de 19911993, quatre personnages vont devenir l'emblème d'une jeunesse qui incarne une nouvelle identité djiboutienne: Waïs, marathonien de renommée internationale, Yonis, le médecin, Dilleyta, fonctionnaire en rupture de ban et poète, et Anab, compagne de Yonis et sueur de Waïs. Ensemble, ils éprouveront dans leur chair les limites de la liberté. Construit comme une polyphonie, ce roman fait surgir une nouvelle conscience africaine.
Avec les policiers, Moussa il m'a confirmé de faire l'idiot. Surtout pas montrer qu'on sait parler français. Pas trop gâter l'affaire, donc fermer sa bouche. Ou pleurer pour pêcher la pitié des Français. Les Français de France sont plus gentils que les Français de là-bas, ça c'est pas Moussa qui l'a dit, je connais tout seul. J'ai stocké l'espérience. Bon je dis rien pace que Roissy c'est danger, on risque de dire ça c'est des emmerdements africains. J'ai regardé à droite à gauche encore, je suivis le grand Moussa. Fermer sa bouche. Dire oui ou non en bougeant la tête, ça suffit hein? Fermer sa bouche, bouger la tête-là ou pleurer beaucoup pour pêcher la pitié. C'est tout. Point final. J'avance un peu pour suivre Moussa. Ah, j'ai laissé tomber mon vrai nom, Bachir Assoweh. Je m'appelle depuis six mois Benladen, Moussa il a avalé de travers son café donné dans un verre en plastique. Ne répète jamais ça ici, il m'a dit. Ça attire la farouche des Français, des Anglais, des Américains et même des gentils Norvégiens qui paient les ONG pour nous et ferment leur gueule. Moi j'aime ça, Benladen qu'on dit et tout le monde est mort de panique comme si j'étais vrai kamikaze stoppé net devant barbelés et sacs de sable de l'ambassade américaine à Djibouti." Après Balbala, Waberi nous livre une chronique universelle de la guerre et de l'exil en une langue savoureuse et drolatique où les drames des damnés de notre époque se jouent dans l'ironie et l'humour.
La Fédération des Etats-Unis d'Afrique prospère avec ses centres d'affaires, ses mégalopoles, ses savants et ses artistes réputés, indifférente au sort des millions de réfugiés, pauvres rebus de l'humanité qui se pressent à ses frontières. Les sans-terre, les sans-pain, les sans-espoir fuient la désolée et sanglante Euramérique et viennent s'échouer sur les plages d'Alger ou de Djerba. Le chemin qui mène vers cette terre promise africaine, Maya l'a déjà empruntée, il y a bien longtemps. Enfant, elle a été arrachée à la misère et à la faim par un homme providentiel, Docteur Papa, alors en mission humanitaire en Normandie. Il l'adopte et l'emmène à Asmara en Erythrée. Mais même dans ce pays de cocagne, la mort et le malheur peuvent s'abattre. Maya doit partir, revenir, retrouver l'Europe et ses maux, se rapprocher des siens. Elle entame un long et douloureux périple loin de la douceur des côtes africaines, vers les terres sombres et désolées qui l'ont vu naître.
Résumé : "Ma mère voulait un bel enfant, vigoureux et sain. Papa la Tige voulait un garçon formidable pour ouvrir le bal de la lignée. Je n'ai assouvi ni le désir de l'un, ni le voeu de l'autre. J'étais une énigme". Un matin, sur le chemin de l'école, une petite fille interroge son père : "Dis papa, pourquoi tu danses quand tu marches ? " Ce dernier lui raconte alors ce qui est arrivé à sa jambe, à Djibouti, pendant son enfance. De ce pays de lumière et de poussière, Abdourahman Waberi se souvient du désert, de la mer Rouge, de sa solitude immense et des figures qui l'ont marqué à jamais. Il raconte le drame qui a bouleversé son destin et lui a enseigné le prix de la vie, faisant de lui un homme qui danse toujours.
Les Jango sont décidément impayables. On les reconnaît à leur élégance tape-à-l'oeil et à leur sens de la fête. Et ce sont les femmes qui mènent la danse, dans la Maison de la Mère, au coeur de toutes les rumeurs. Les histoires les plus folles courent d'ailleurs sur Safia, élevée au lait de hyène, Alam Gishi l'Ethiopienne experte en amour, ou l'inénarrable Wad Amouna. Lorsque soudain souffle le vent de la révolte... Dans les effluves de café grillé, de chicha parfumée et de gomme arabique, se joue une comédie humaine dont les Jango, "sages à la saison sèche et fous à la saison des pluies" sont les héros.
À fréquenter les mots croisés de Michel Laclos à travers les fenêtres à petits carreaux blancs et noirs (surtout blancs), on se prend d'amitié pour cette forme d'esprit inimitable qu'il partage si généreusement avec nous. Ce verbicruciste de haut style cache à demi ses inventions pour donner le sentiment à ses lecteurs d'en être pour l'autre moitié les auteurs. Dans ce faux duel, partie d'échecs sur damier de lettres, le vainqueur applaudit la sagacité toujours renouvelée du maître caché. Entre-temps, on s'attache, grille après grille, case après case, aux astuces cryptées. On partage les méandres de sa pensée, le fonds inépuisable d'une culture encyclopédique, sa malice ingénieuse, tout simplement ses goûts et ses couleurs. On retrouvera donc avec jubilation dans cette anthologie de 120 grandes grilles tout l'art de ce natif de Troyes, par ailleurs pataphysicien émérite, ancien journaliste à Combat et éditeur de la revue Bizarre, auteur d'opuscules insolites tels que les Nouveaux trucs et machins. Avec Michel Laclos, pour reprendre le mot d'André Gide, il n'y a pas de problème, il n'y a que des solutions "..."
Résumé : Mangalam Shubam ! Que le bonheur vous sourie. C'est ainsi que Basheer ponctue ses histoires, petits contes philosophiques murmurés à l'oreille du lecteur. Toujours bienveillant même quand il lève sur l'absurdité du monde un sourcil ironique, Basheer le sage charme la réalité comme d'autres font danser les serpents. Dans "Les Murs", le narrateur s'enchante d'une voix derrière l'infranchissable mur qui le sépare de la prison des femmes. Il y a des bastonnades et des humiliations, les dernières heures d'un condamné et un directeur de prison amateur de roses, mais de tout cela, Basheer fait un hymne à l'amour, à l'espoir, une leçon de bonheur et de sagesse.