Le Tourisme est mort, Vive le tourisme ? Avions cloués au sol, frontières fermées, départements "balnéarisés" restés exsangues, baisse du pouvoir d'achat, risques sanitaires... Le tourisme connaît sa plus grave crise depuis la Seconde Guerre mondiale. Faut-il rédiger son acte de décès ? Rien n'est moins certain, si l'on en croit les déclarations des pouvoirs publics qui multiplient les plans de relance et les sauvetages financiers, tandis que les populations tout juste déconfinées rêvent de s'évader. Cette crise n'en est pas moins une opportunité pour refonder notre rapport au tourisme et penser à quoi devrait ressembler "l'après" . Tourisme éthique ou de proximité, cyclotours et woofing, trains de nuit et décroissance aéronautique, diversifier l'activité des territoires et stratégies de résilience, "résonner" avec le monde et sortir du syndrome du safari... les alternatives ne manquent pas pour voyager sans tout dégrader.
Des courants identitaires au municipalisme libertaire et écolo en passant par le branding territorial, l'invocation d'un "retour au local" est devenue omniprésente. Quelle signification donner à ce mot d'ordre ? Comment articuler les pouvoirs entre commune et Etat ? Alors qu'une nouvelle échéance électorale approche, marquées par une multiplication des listes citoyennes et l'enracinement des discours écologiques dans les programmes politiques, Socialter consacre son numéro aux enjeux des municipales et son dossier aux tentatives de transformations politiques par le local d'hier et d'aujourd'hui.
Longtemps considéré comme une pure abstraction, le bonheur s'est sécularisé et diffusé au sein de la société au point de s'ériger en nouvelle norme. Par la grâce de la psychologie positive, il est même devenu un fait mesurable et accessible à tous, à condition de respecter les méthodes enseignées par les apôtres du développement personnel. En devenant l'objectif par défaut de tout individu vivant dans un pays développé, le bonheur s'est offert une légitimité dans le champ universitaire. Les économistes, notamment, tentent depuis l'après-guerre de le mesurer, et d'en décomposer les sources. Depuis l'Antiquité, les penseurs ont élaboré différentes doctrines se rejoignant sur la nécessaire quête du bonheur terrestre, perçue tantôt comme recherche des plaisirs, tantôt comme évitement des douleurs. Individualiste, notre quête de bien-être ? Les chercheurs en psychologie positive ont multiplié les expérimentations étudiant les corrélations entre épanouissement personnel et comportements altruistes. Avec des résultats plus ou moins probants. Dans la vie privée comme au travail, la quête du bonheur peut vite devenir une obsession... Jusqu'à nous pousser, paradoxalement, à la déprime.
Fin du monde, fin du mois, même combat ? Comment allier écologie et justice sociale. L'écologie et le social sont souvent renvoyés dos à dos dans le débat public. Dans les classes aisées, on reproches aux catégories populaires de s'accrocher à la bagnole. Chez les moins bien lotis, on accuse les plus riches de leur faire la morale entre deux vols Paris-New-York. Une transition écologique qui ne soit pas synonyme de privations et de creusement des inégalités est-elle envisageable ? Notre mode de vie est-il négociable ? Comment rendre l'écologie populaire ? Défrichons ensemble ces questions pour remettre fin du monde et fin du mois sur la même page de notre agenda collectif.
Cachés dans nos poubelles, oubliés, méprisés, les déchets nont cessé depuis deux siècles de se multiplier, de saccumuler, sexportant maintenant aux quatre coins du globe pour répondre aux logiques de la mondialisation. La démarche "zéro déchet" est symptomatique dune prise de conscience collective. Mais elle ne se limite pas pour autant à la réduction ou au recyclage de nos déchets : elle questionne la société qui les génère. Ce hors-série, réalisé en partenariat avec Zero Waste France, décrypte les enjeux et problématiques globales liées aux déchets dans la première partie ("Vie dordure"), puis met en lumière toutes les initiatives collectives visant à mettre un frein à la surconsommation dans la deuxième partie ("La réduction sorganise"), avant de livrer quelques clefs pour que chacun puisse franchir le cap dans la troisième partie "Se jeter à leau".