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Les architectes et Mai 81
Violeau Jean-Louis
RECHERCHES
30,00 €
Épuisé
EAN :9782862220703
C'est une époque, un style, une histoire. Les années 1980, le postmodernisme architectural, la Gauche au pouvoir. Les Grands Projets et Banlieues 89. Le Syndicat de l'architecture et un mouvement en faveur des Ateliers Publics d'Architecture et d'Urbanisme. Les uns en appelaient déjà à la raison, tandis que les autres exaltaient encore la révolution. Le Mai 81 des architectes aura balancé durant au moins deux années entre l'appel au projet et à la construction au sein d'un exercice libéral canonique, et l'attente inassouvie d'un grand chamboulement de la fabrique de la ville qu'auraient probablement suscité la généralisation d'ateliers publics municipaux rassemblant des architectes fonctionnaires. Faire grève contre les fonctions officielles aura été l'un des privilèges de ceux qui étaient jeunes en mai 68 ; 81 sonnera déjà la redistribution des cartes et des positions. Mais si 68 fut une période de remises en question, Mai 81 ne le fut pas moins. Et nous nous serions trompés à nous être laissés aller à penser que les débats et polémiques de l'époque se seraient éteints pour de bon. Comme un symptôme, tous les lauréats français d'un grand projet mitterrandien se sont trouvés engagés d'une manière ou d'une autre en 2008 dans le Grand Paris de Nicolas Sarkozy. Ce nouvel essai s'inscrit dans le prolongement des Architectes et Mai 68 paru il y a six ans. Il cherche à réactiver et revisiter Mai 81 pour clore peut-être cet entre-deux-Mai qui nous aura tous intensément marqués et aura si profondément redessiné les contours de notre quotidien.
Drôle d'époque ces années 68 où vices et vertus nocèrent dans la ferveur des Trente Glorieuses, avant de se figer dans l'opportunisme médiatique et comptable des années 80 d'hiver. Et pour une fois l'architecture en était, de ce vaste Mouvement dont la majuscule traduisait l'effervescence autant que la diffusion des idées de Mai. Entre mémoire et histoire, à l'écoute des acteurs à défaut d'avoir pu rassembler ses propres souvenirs, l'auteur met à nu les racines de la scène architecturale française contemporaine en retraçant les dernières années de l'École des Beaux-Arts. S'y croisent les univers et les réseaux, les affiliations politiques et les jeux d'acteurs, entre une administration d'abord conciliante puis dépassée par les événements et des architectes en herbe aux allures de " jeunes turcs ", au moment où les méthodes deviennent des méthodologies ; la forme, un signe ; l'architecture, une syntaxe ; et un courant architectural, un code. Alors que l'enseignement de l'architecture se sépare brutalement de la profession sans gagner tout à fait les rivages de l'Université, alors que s'effondre le système des Beaux-Arts remplacé bientôt par celui des concours, l'élite encore fragile des architectes français emboîte le pas du vaste mouvement de libéralisation et de décentralisation qui allait si profondément modifier la société française.
Être pleinement de son époque empêche de fixer son regard sur elle pour mieux la saisir. Le présent est devenu si envahissant...La crise que nous traversons ne s'accompagne d'aucune alternative. Comment la raconter, cette crise!Elle ne porte pas de nom. Instrument de gouvernance et de normalisation en même temps que principe dialectique, la crise cherche toujours à instaurer sa raison supérieure. On fait semblant d'adhérer au présent, mais une naïveté sincère et grave, une candeur extrêmement sérieuse ont disparu. Et pourtant, au fond (a résiste encore un peu. Au vent de l'éventuel, l'utopie reste un sentiment plus partagé qu'on ne pourrait le croire. Il en va de même de tout ce lexique médiatique de l'altérité ou de l'alternative, d'un autre monde à la politique autrement, en passant par une autre Europe... Les hommes font l'Histoire parce qu'ils ne cessent de se raconter des histoires face aux injures que le monde comme il va ne cesse de lancer à ce qui y a été rêvé.Depuis la chute des utopies, l'architecture se développe, incertaine et contradictoire, dans toutes les directions. Elle est éblouie par la lumière des projets produits à la chaîne par des "starchitectes" dessinant une ville globalement faite d'exceptions au point d'en devenir homogène. Et cette grande bousculade d'idées approximatives de dessiner une métropole froide gouvernée souterrainement par le chiffre et les statistiques.Jean-Louis Violeau est sociologue, professeur à l'École d'architecture de Paris-Malaquais (ENSAPM). Directeur du laboratoire ACS, ENSA de Paris-Malaquais (depuis juin 2012).Avoir eu vingt ans en 1989 n'y inclinait pas vraiment, et pourtant l'Utopie et l'architecture auront depuis plus d'une vingtaine d'années rythmé son temps et ses lectures. Il a fait paraître sa thèse, Les architectes et mai 68 (2005), puis Les architectes et mai 81 (2011) aux éditions Recherches. Il s'est aussi intéressé aux logiques des avant-gardes à travers l'Internationale situationniste et la revue Utopie dont il a édité, avec Craig Buckley, une anthologie parue chez Semiotexte / MIT Press en 2011. Il collabore régulièrement avec les revues AMC-Le Moniteur architecture, D'architectures, Urbanisme, Place Publique et Esprit.
Résumé : Ce livre propose de découvrir (ou redécouvrir) - depuis ses coulisses - la scène française de l'architecture contemporaine de 1965 à aujourd'hui. Pour chaque date, il propose un éclairage original sur un événement marquant (Mai 68, Mai 81, Banlieues 89...), une personnalité influente (Michel Foucault, Henri Lefebvre, Michel Houellebecq, Jean Nouvel...) ou une réalisation phare (les Halles, centre George Pompidou, tour Montparnasse, pyramide du Louvre, parc de la Villette, Institut du monde arabe...), tout en analysant ses répercussions dans le champ de l'architecture et de la ville. Ce panorama ludique invite ainsi le lecteur à voyager dans le temps et dans l'espace, à partir de points d'ancrage qui lui sont familiers. Les textes qui composent cet ouvrage, issus en partie de chroniques publiées dans la revue AMC, peuvent se lire, à l'instar de récits ou de "petites histoires", de manière autonome et sans ordre prédéterminé.
Cet ouvrage - augmenté pour cette réédition d'un avant-propos de l'auteur -, porte sur l'Internationale situationniste mise en perspective avec l'Internationale lettriste et les mouvements artistiques et architecturaux anglais. Autant que le cinéma, l'architecture et la Ville furent longtemps au coeur de la pensée et des activités des situationnistes. Situations construites dessine à grands traits le panorama des idées architecturales et urbaines qui accompagnèrent l'idée de "situation construite", coeur actif de la pensée de l'Internationale situationniste.
La transformation de la psychanalyse en composante essentielle de l'ordre social ne justifie pas le renoncement à toute analyse de l'inconscient ; non plus que les impasses des mouvements révolutionnaires la désertion généralisée du politique. En finir avec la dictature du cogito, accepter que des agencements matériels, biologiques, sociaux, soient capables de " machiner " leur propre sort et de créer des univers complexes hétérogènes : telles sont les conditions qui devraient permettre de comprendre comment le désir le plus intime peut communiquer avec le champ social.
Marie-Louise Roth présente dans ce volume la genèse des textes des ?uvres pré-posthumes et analyse le processus d'évolution créatrice de Musil ; elle retrace le cheminement progressif de l'écrivain vers l'abstraction et la typisation. Les nombreux textes sur lesquels Marie-Louise Roth appuie sa démonstration sont ici présentés en édition bilingue (traduction de Annie Brignonne), accompagnée d'un commentaire littéraire.