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Jean Duvignaud, de la Tunisie au Brésil. A la rencontre des cultures du monde
Vidal Laurent
PU RENNES
24,00 €
Épuisé
EAN :9782753597990
Entre la Tunisie et le Brésil s'est joué l'ouverture au monde de l'écrivain et intellectuel Jean Duvignaud (1921-2007). Son oeuvre-monde où se font écho les voix de la littérature et de la philosophie, du théâtre et de l'anthropologie, de l'histoire et de la sociologie, de la psychanalyse et de la poésie, de la peinture et de l'architecture, met au défi commentateurs et biographes. Bondissant d'une ligne de crête à l'autre, "béant aux choses futures" comme il aimait à le dire avec les mots de Montaigne, il a toujours préféré guetter l'inattendu plutôt que se résoudre à l'étude des certitudes bien rangées des structures. Dans ces lieux de révélation, demeurant pour toujours les pôles magnétiques de sa pensée, Jean Duvignaud a pu donner libre cours à une intuition qui, depuis longtemps, le travaille au corps - celle de la véhémence des pratiques imaginaires. A l'occasion du centenaire de sa naissance, élèves, compagnons de route et amis, se sont donnés rendez-vous au Centre Intermondes de La Rochelle qu'il avait contribué à créer en 2003, sous la forme d'une Maison des Humanités afin de donner de nouvelles lectures d'une pensée foisonnante et toujours stimulante lorsqu'il s'agit d'interroger la fête et la subversion, l'anomie et l'insurrection du possible, la création artistique et l'imaginaire.
Les associations de lutte contre le sida sont à la croisée des chemins : reconnues comme importantes pour faire avancer des causes (accès au traitement, lutte contre les discriminations), elles sont sommées de se professionnaliser ; encouragées à mener des actions, elles souffrent de financements en baisse ; incitées à se regrouper, elles se caractérisent par leur grande hétérogénéité. Les associations au Cameroun n'échappent pas à ces paradoxes. Quelles sont, dans ce pays, les activités de ces collectifs, comment sont-ils perçus par les institutions de lutte contre le sida, comment conçoivent-ils leur rôle ? Autant de questions auxquelles répond cet ouvrage à partir d'une étude menée conjointement par des chercheurs et par des militants associatifs. Se dévoilent alors des militants et des associations qui, dans des contextes difficiles, réinventent leurs activités, expriment des attentes différentes d'il y a dix ou vingt ans, en somme, incarnent de nouvelles militances.
Critiquée, objets de stéréotypes, l'anthropologie doit se pencher sur l'image d'elle-même qu'elle renvoie. Cet ouvrage se consacre à ces discours sur l'anthropologie, comme aux pratiques et théories qu'elle défend. En montrant le caractère à la fois réducteur des critiques qui lui sont adressées (sur son rapport au collectif, aux publications, à l'écriture, à la méthode) et limité des réponses qu'elle leur apporte, il est impératif de proposer des voies qui permettent d'expliciter les choix de l'anthropologie. L'enjeu est de taille : éviter que les singularités de l'anthropologie ne la marginalisent.
Qu'est-ce que "faire de l'anthropologie", comment "être anthropologue", aujourd'hui? Pour répondre à ces questions, cet ouvrage s'intéresse à la "fabrique" de l'anthropologie: à partir de recherches menées dans le champ de la santé en Afrique, il invite en effet le lecteur à comprendre comment une recherche est imaginée, mise en place, suivie mois après et mois et conclue, cela en se penchant sur les discussions et négociations engagées avec ses différents acteurs (collègues, populations "enquêtées", décideurs...). Partant de là, sont alors progressivement interrogées des préoccupations qui sont finalement au coeur de la pratique de toute anthropologie: la collaboration avec d'autres disciplines, la négociation de sa place dans le "monde de l'intervention" - ici la santé -, la dimension scientifique de sa démarche, soucieuse de comprendre l'existant mais aussi d'agir sur lui. Le sida, la tuberculose, le paludisme ou la santé maternelle, tout comme les rapports à la maladie et les pratiques des soignants qui sont au coeur des recherches décryptées, permettent alors de dessiner une anthropologie critique des projets de recherche qui rend indissociables le regard sur l'autre (qu'il soit médecin, malade, décideur ou chercheur) et une attention à ses propres choix de chercheur (en matière de méthode, d'objet et de terrain). C'est à cette tentation-là - difficile à atteindre, jamais définitivement acquise - que l'anthropologie est invitée à céder.
Résumé : Ils sont tisserands, chaudronniers, fabricants de chandelles, vanniers, horlogers, machinistes, bûcherons, savonniers...: à partir de 1841, des centaines d'artisans et d'ouvriers s'embarquent pour le Brésil avec femmes et enfants, laissant tout derrière eux. Las de la répression permanente qui pèse en France sur les classes populaires, et nourris des théories de Charles Fourier. ils rêvent de fonder outre-Atlantique une société idéale et harmonieuse, en pionniers d'un nouvel âge d'or. Que deviendra l'élan utopique, le rêve communautaire de ces familles ? Résistera-t-il à l'attente interminable qui précède le départ, à l'éprouvante traversée de l'Atlantique, aux difficultés financières, à la réalité de la vie en exil, aux heurts des ambitions individuelles? C'est l'histoire, pleine de bruit et de fureur, que raconte ce livre. Avec un vrai talent d'enquêteur, Laurent Vidal y tisse les traces et les indices glanés dans les archives en une épopée migratoire empreinte de suspense et de poésie.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni