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Guerres, société et mentalités. L'Italie au premier XXe siècle
Vial Eric
SELI ARSLAN
23,40 €
Épuisé
EAN :9782842760960
Bien plus que la France, au moins autant que l'Allemagne, l'Italie est le prototype du pays " brutalisé " par la guerre de 1914-1918, même si la violence y est très présente auparavant. La violence des expéditions punitives fascistes procède de celle des commandos de choc des tranchées ; pourtant, une fois installée, la dictature est plus répressive que sanglante et paraît vouloir reproduire l'ordre des casernes plutôt que la violence des combats. La conquête de l'Éthiopie, résultat des rodomontades mussoliniennes, pourrait éloigner d'Europe les périls mais en bouleverse les équilibres, et fait le lit du racisme colonial et de l'antisémitisme. Elle est par ailleurs un point de départ de la radicalisation du régime et sans doute de la deuxième guerre mondiale. Celle-ci, pas vraiment préparée par un régime pourtant peu avare de discours guerriers, entraîne un effondrement total, la répudiation du nationalisme pour quelques décennies, voire une " mort de la nation ", là où le souvenir de la Résistance renforce le nationalisme en France. Les recherches et synthèses multipliées dans la dernière décennie permettent de présenter aux lecteurs francophones les évolutions et les contradictions qui font de l'Italie un modèle et un cas particulier, face aux traumatismes du premier XXe siècle, entre recompositions sociales et conséquences sur les mentalités, discours bellicistes et pratiques fort différentes, culture de guerre et rejet de la violence.
Selon les néolibéraux, l'utopie mène à la tyrannie, et toute législation sociale est l'ennemie de la liberté. De Hayek à Furet en passant par Aron, ils se sont souvent référés à Elie Halévy et à ses travaux. Or les "Papiers Halévy" déposés à la bibliothèque de l'Ecole normale supérieure permettent de montrer que l'auteur de L'Ere des tyrannies n'a, lui, jamais exclu la possibilité d'associer le socialisme et la liberté. Ils fournissent ainsi les pistes d'une exploration aux sources du mouvement ouvrier, mettant en lumière l'opposition entre un autoritarisme nostalgique de corporations, proche de Bonald, et la volonté d'étendre les libertés des modernes jusque dans le domaine du travail. Ils permettent de reparcourir les oeuvres de John Stuart Mill, Saint-Simon, Marx, Proudhon, de confronter le souci de justice sociale à la pensée de Mauss ou de Polanyi, de renvoyer aux lectures de Machiavel et de Rousseau, à Tocqueville et à Arendt, ainsi qu'à la réflexion des classiques - à commencer par Xénophon - sur la nature de la tyrannie.
Jean Moulin, tel un météore, traverse le ciel noir de l'une des périodes les plus tragiques de l'histoire de France et l'illumine. Il suffit de trois années - 1940-1943 - pour peser de manière décisive sur le destin de la nation. En 1940, à 41 ans, il n'est que le jeune et brillant préfet de l'Eure-et-Loir. C'est un radical tendance jeune-turque, tendance qui regroupe les plus déterminés du Parti radical, tels Pierre Mendès France ou Jean Zay. Ils sont proches de Pierre Cot, ministre du Front populaire ; Moulin a été membre de son cabinet. Il est farouchement républicain et antifasciste, adversaire de l'accord de Munich. " Il est le chef du peuple de la nuit, dira Malraux, le pauvre roi supplicié des ombres. " Il est de ces héros qui modifient le cours de l'histoire par une action fulgurante et deviennent, par cette seule mission, les personnages clés de l'histoire et de la mémoire nationale. " Homme de foi et de calcul, écrit de Gaulle, ne doutant de rien et se défiant de tout, apôtre en même temps que ministre, Moulin devait en dix-huit mois accomplir une tâche capitale. " Cependant, le rôle de Moulin est si décisif, sa réussite si déterminante et les conditions de son arrestation sont si mystérieuses encore - aucun coupable vraisemblable ni probable n'a jamais été trouvé - que cet épisode central de l'histoire de France reste enveloppé d'une ombre inquiétante. Jean Moulin a payé de sa vie sa réussite.
Y a-t-il eu un Etat fasciste en Italie ? Le fascisme se proclama totalitaire et corporatiste, mais fut-il véritablement l'un et l'autre ? Il prétendit construire un Etat nouveau, mais réutilisa en abondance des éléments - de l'Etat libéral. Autoritaire et dictatorial, il concentra les pouvoirs publics, mais accepta aussi leur relative pluralisation. Il intégra les organisations de défense des intérêts économiques et sociaux, supprima les élections libres, créa un ersatz de représentation politique, utilisa des organisations satellites, mais eut recours à des administrations parallèles pour gérer la crise économique. Dans ce livre qui constitue à la fois une histoire des institutions fascistes et une étude de l'Etat césariste, Sabino Cassese bouscule des idées reçues, sur l'existence même d'un Etat spécifiquement fasciste, sur les liens entre cet Etat et l'Etat libéral, sur ses héritages dans l'Etat démocratique, sur les réalités et les conséquences du corporatisme mussolinien, souvent escamotées. Les faits qu'il met au jour prendront à contre-pied bien des certitudes et des représentations idéologiques touchant au fascisme, au totalitarisme et à la nature même de l'Etat, pouvant susciter en France comme en Italie le débat, au-delà des polémiques.
Connaître son propre nom n'est pas un grand exploit. En connaître la signification est une autre affaire, car les plus transparents ont leurs secrets, leur histoire et, souvent, leurs origines lointaines. Quelque 5 000 noms de familles sont étudiés ici, certains articles étant agrémentés d'une courte biographie d'un personnage illustre, porteur de ce nom. Ces notices tissent, entre l'histoire de notre pays et celle de ses familles, un réseau remarquable de correspondances à travers les siècles. De même, chaque nom de commune a sa signification, d'apparence parfois trompeuse : non, Bordeaux n'est pas la ville du bord de l'eau, Lille n'évoque aucune île, et Oreilla n'a rien à voir avec l'ouïe. Ce livre donne la clef de plus de 4000 noms de villes ou villages. Il montre comment s'est construite notre toponymie et nous fait revivre, à travers les noms qui en portent la marque, les moments décisifs de l'histoire de la France
La société se transforme et avec elle l?hôpital, qui est un lieu où se côtoient des populations diverses, aux différences multiples, notamment culturelles. Cette pluralité rejaillit sur les phénomènes communicationnels et les relations entre personnes soignées et soignantes, mais aussi entre les professionnels eux-mêmes. L?hôpital est également une organisation contraignante, marquée par les normes et la standardisation ainsi que par une logique économique toujours plus prégnante. Quelle influence la diversité culturelle a-t-elle sur la communication au sein des équipes soignantes et comment le travail collectif s?élabore-t-il dans ce contexte général ? Pour répondre à cette question qui impacte la qualité du travail, ce livre se centre sur les interactions au sein des équipes soignantes, qui sont mises en exergue lors des moments de relève interéquipe. Ces moments sont indispensables pour l?organisation du travail, la continuité des soins et la régulation des actions mises en oeuvre. Les relèves rassemblent des infirmières, des aides-soignantes et des cadres de santé, qui réalisent en coopération ou en collaboration les soins directs aux patients. Les moments d?échanges ou de points entre infirmières et médecins sont aussi abordés. Les nombreuses observations de telles relèves et les nombreux entretiens menés ont montré des difficultés certaines à échanger mais aussi à travailler ensemble pour ces équipes marquées par la pluralité des cultures et origines. L?étude révèle ainsi que des formes de discrimination tacites ou manifestes, plus ou moins assumées, portant sur l?appartenance professionnelle ou l?origine, existent au sein des équipes comme entre patients et professionnels. Les relations ne sont pas exemptes de non-dits et de préjugés qui peuvent nuire au travail collectif. Il est ici du ressort des cadres de santé de favoriser l?harmonie au sein des équipes, car prendre soin de la communication entre professionnels, c?est veiller à ce qu?ils puissent prendre soin au mieux des patients. La diversité culturelle et l?hétérogénéité des membres d?une équipe de soins constituent une source d?enrichissement des pratiques, à condition que les échanges entre chacun soient de qualité et respectueux et que des dérives ne puissent pas s?installer : le moment de la relève interéquipe est l?un des plus favorables à l?exercice de cette veille. Ce livre s?adresse à l?ensemble des équipes soignantes soucieuses d?organiser et de construire ensemble le sens de leurs actions.
Tout soignant peut être conduit à s'occuper d'un collègue malade, ou lui-même se retrouver atteint d'une maladie. Tout professionnel peut également se demander : et si c'était moi ? Moi à la place de ce soignant malade, moi à la place de ce patient dont je prends soin ? Que faire dans ces situations qui peuvent exacerber les souffrances, les émotions et les difficultés ? L'auteur aborde cette thématique rarement traitée dans la littérature professionnelle ou scientifique en s'appuyant sur son expérience de psychologue dans les services de cancérologie, ayant elle-même accompagné des soignants malades ou des professionnels s'occupant de collègues malades. La question est envisagée en alternant les nombreux témoignages recueillis auprès de professionnels de la santé de tout statut et l'analyse relevant de l'approche psychologique de ces situations complexes, émotionnellement éprouvantes. Sont particulièrement abordées les notions d'attachement et de perte, de représentations de la maladie, d'identité professionnelle, de confidentialité, de distance professionnelle, d'équité des soins, de mécanismes de défense, de reprise du travail après l'événement de santé, etc. Cet ouvrage fournit des repères aux professionnels qui accompagnent des collègues malades ou vivent une maladie. Il établit aussi des propositions pour renforcer le soutien des équipes confrontées à cette réalité. Il importe notamment de leur accorder de l'attention durant ces épreuves et d'instaurer des espaces de paroles en face à face avec un psychologue ou dans le cadre de réunions collectives favorisant l'échange autour de ces situations professionnelles délicates.
Ce livre répond à la demande née de la refonte des référentiels de formation, accentuant la réflexivité sur l'action. Propose des études de textes sociologiques portant sur les concepts et situations à étudier en formation et des questions d'entraînement. Ce livre s'inscrit dans la réponse aux nouveaux besoins pédagogiques nés de la refonte des référentiels de formation de cinq métiers du travail social (assistant de service social, éducateur spécialisé, éducateur technique spécialisé, éducateur de jeunes enfants, conseiller en économie sociale et familiale). Les professionnels doivent être formés à la réflexivité sur l'action, au sens des politiques publiques, à la conduite de projets de développement social et sensibilisés aux évolutions de la société. Dans cet objectif, les auteurs proposent un recueil d'extraits de textes issus du champ de la sociologie. Cette discipline se donne pour objet de rompre avec les prénotions et de comprendre le social, qu'il s'agisse, entre autres, des pratiques sociales ou des modes de vie des individus. En lien avec les exigences des nouveaux référentiels, les textes ont été regroupés en grands thèmes : la connaissance de la société contemporaine, celle des publics, les politiques publiques et sociales, les pratiques professionnelles, le fonctionnement des organisations, la méthodologie et la démarche de recherche. Les études citées se penchent sur les concepts et situations devant être traités durant la formation (représentations sociales, parentalité, handicap, délinquance, immigration, conduites à risque, projet, évaluation, etc.). Un index permet au lecteur un accès aisé aux définitions données dans l'ouvrage. Pour faciliter les apprentissages théoriques et pratiques, les extraits sont suivis de questions de compréhension des textes et de questions en lien avec les situations de travail. Il s'agit ainsi d'aiguiser la réflexion individuelle et en groupe de formation, ainsi que les réflexes en stage. Cet ouvrage bénéficiera autant aux formateurs en travail social, disposant ainsi d'un support pédagogique, qu'aux étudiants qui y trouveront des repères. Il répond à l'objectif de l'universitarisation de la formation et de la professionnalisation. Pouvoir mobiliser des savoirs en contexte est essentiel, mais il importe aussi de renforcer les dispositions à agir en vertu de certaines valeurs, au service des personnes accueillies et accompagnées.
Ce livre présente la réalité des soins palliatifs en conjuguant les apports philosophiques et la pratique clinique. Il tient compte du contexte sociétal (entre rejet de la mort et admiration), et fait part des ressentis des professionnels et des personnes. Plusieurs décennies après leur émergence, les soins palliatifs semblent avoir acquis leur place dans l'univers sanitaire et social. Cependant, il existe encore des freins à leur pleine reconnaissance. Cette réalité est surtout liée à leur objet même : la mort, dans une société où la performance et la rentabilité restent centrales. Dans ce contexte, comment valoriser une discipline qui affronte le corps abîmé, la dépendance à autrui, la souffrance, l'agonie ? Ce livre aborde cette question en s'arrêtant particulièrement sur l'affect de la honte, présent aussi bien chez les patients que chez les professionnels. Il y a en effet de la honte dans cette clinique des franges, cette médecine particulière qui soigne sans guérir. Elle constituerait même, avec la douleur, un des enjeux majeurs de ce champ. Le sentiment d'indignité vécu par les personnes en fin de vie est un autre enjeu essentiel, car il implique une détresse qui peut faire préférer la mort. L'auteure aborde cette réalité des soins palliatifs en mettant en avant l'importance de la réflexion éthique, philosophique et psychanalytique pour parvenir à appréhender la souffrance humaine face à l'approche de la mort. A ces repères réflexifs s'ajoutent des repères cliniques, avec la présentation de nombreuses situations rencontrées, qui permettent de mieux comprendre ce que vit la personne lors de sa dernière expérience de vie. Les soins palliatifs sont aussi inscrits dans une réalité sociétale et connaissent le paradoxe de constituer une part honteuse de celle-ci, tout en suscitant l'admiration. Ainsi perdurent de la confusion et des conflits, parfois au sein même de la profession, tiraillée entre la médecine technoscientifique et la nécessité de prendre soin de la personne dans sa globalité. Ce livre s'adresse aux professionnels de soins palliatifs, qui y trouveront une voie pour considérer leur discipline avec le recul éthique propice à l'ouverture à soi et à autrui. Ils y verront aussi des pistes de réflexion pour oeuvrer à sa reconnaissance, avec des luttes toujours à mener, d'ordre clinique, politique et sociétal. Cet ouvrage s'adresse également à toute personne attentive à la question de la fin de vie qui soulève sans cesse des débats publics. Chacun est concerné par cette question car nous partageons une commune finitude.