La chute de Québec provoquée par la bataille des Plaines d'Abraham en 1759 et la capitulation de Montréal l'année suivante signèrent la conclusion d'un long conflit et la fin de la Nouvelle-France. Si le souvenir de la guerre de la Conquête reste très vif au Québec, comme l'ont récemment montré les débats suscités par la commémoration des événements, la guerre de Sept Ans, davantage connue sur le Vieux Continent pour les brillantes campagnes de Frédéric II et les défaites subies par la France sur les champs de bataille européens, n'y a guère marqué les mémoires. C'est en effet en Amérique du Nord que le conflit a commencé et qu'il a provoqué les bouleversements décisifs entérinés par le traité de Paris de 1763, portant un coup fatal au premier empire colonial français. Derrière les enjeux diplomatiques auxquels on réduit trop souvent ce qui fut l'une des premières guerres mondiales de l'histoire, des hommes ont combattu pour défendre ou conquérir un territoire sur lequel se livra une guerre différente de celle pratiquée en Europe. La rudesse du climat, l'immensité du théâtre d'opérations, la guerre à la canadienne et les alliances amérindiennes forcèrent les troupes venues d'Europe à s'adapter, avec plus ou moins de réticence et de succès. Au-delà des interrogations qui subsistent sur la responsabilité d'un Montcalm ou les mérites d'un Wolfe, ces combats et les hommes qui les livrèrent méritaient qu'on porte sur eux un nouveau regard. Cet ouvrage collectif, réunissant les contributions d'historiens et de conservateurs français, anglais, canadiens et américains, explore toutes les facettes du conflit et étudie à nouveaux frais tant la stratégie des belligérants et l'expérience vécue par les combattants que l'évolution du contexte mémoriel hérité de la guerre de la Conquête. S'appuyant sur les recherches les plus récentes et tentant de répondre aux ambitions de l'histoire totale du fait militaire, il se veut enfin un bilan historiographique sur la guerre de Sept Ans en Nouvelle-France.
Le livre Les officiers des troupes de la Marine au Canada 1683-1760 est une uvre majeure qui permettra une meilleure connaissance de l'histoire militaire du Canada sous le Régime français. Le lecteur trouvera dans ce livre plusieurs textes rédigés par des auteurs chevronnés sur différentes facettes de leur participation au corps des officiers des troupes de la Marine au Canada entre les années 1683 et 1760. Ces textes concernent l'exploration, la conquête et la défense des intérêts de la France en Amérique du Nord. De plus, les données sociodémographiques présentées dans cet ouvrage sont pour la plupart inédites puisqu'elles sont le résultat de recherches menées dans le cadre du projet. Elles apportent de nouvelles indications qui n'avaient pas été mises à jour depuis les recherches de l'historien Jay Cassel en 1987.
Manfrin Frédéric ; Veyssière Laurent ; Le Drian Je
Résumé : Eté 14. En réaction à l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand par un nationaliste serbe de Bosnie à Sarajevo, le 28 juin 1914, l'Autriche adresse, le 23 juillet, un ultimatum à la Serbie. Pour les hommes politiques, les diplomates et les opinions publiques, c'est une crise régionale, qui doit se régler par une conférence de paix. Cependant, une semaine plus tard, la Russie mobilise. La machine de la guerre s'ébranle, il ne sera plus possible de l'arrêter. En treize jours, l'Europe, qui "oscillait au bord de l'abîme" selon la formule de Jean Jaurès, bascule dans l'horreur. Mais pourquoi ? Comment ? Les collections de la Bibliothèque nationale de France et du ministère de la Défense, associées à celles de plusieurs institutions prestigieuses, permettent de comprendre combien, dans une Europe qui s'est attardée aux tables de la Belle Epoque, le déclenchement de la guerre a pris la figure d'un surgissement. Qui étaient les hommes partis se battre un matin d'août 1914 ? Quel était leur univers ? Comment étaient-ils préparés à la guerre ? Sur 14-18 et ses causes tout semblait avoir été dit, et pourtant les questions subsistent. Regroupant des essais signés par les plus grands spécialistes français et étrangers de la période, ce volume apporte un regard critique et novateur sur la "première catastrophe du XXe siècle". Dans le vertige des origines de la guerre, chacun ressaisira une part essentielle de notre identité collective.
Ce livre propose une traversée des pratiques sportives militaires durant la Première Guerre mondiale, et tout particulièrement des sports collectifs. Le football tient naturellement une place capitale dans cette histoire méconnue, qui rend à la discipline physique son importance sociologique, historique, presque anthropologique. En contrepoint de la violence et de l'horreur des combats dans les tranchées, c'est une vision intime de la vie des poilus qui nous est offerte à travers les archives photographiques et cinématographiques des armées françaises. L'enthousiasme contemporain pour la coupe du monde de football plonge ses racines dans ces premières expériences sportives des poilus en ce qu'elles transgressent toutes limitations de classe, de milieu ou de catégorie sociale. Plus qu'un simple examen sportif, c'est bien une nouvelle histoire de la Première Guerre mondiale que cet album se propose d'inaugurer. Un livre essentiel qui rend à l'histoire son épaisseur et sa vitalité.
Résumé : "Si l'homme ne retient pas les sons dans sa mémoire, ils périssent, car ils ne peuvent être écrits", déplore Isidore de Séville. Par définition, les bruits et les sons s'envolent, et de fait, à première écoute, les sociétés anciennes - le monde d'avant Edison - apparaissent désespérément silencieuses. Comment étudier les bruits, les rumeurs, les clameurs qui animent le monde médiéval ? Peut-on même se représenter ces centaines de cloches qui, dans une ville comme Paris, sonnent à la volée les heures de la journée ? Peut-on imaginer les embarras de rues étroites où se côtoient hommes et bêtes, où hurlent du matin au soir crieurs et colporteurs ? C'est cet ensemble qui constitue un paysage sonore. Depuis les travaux pionniers de R Murray Schafer et d'Alain Corbin, l'histoire du sensible a suscité un intérêt qui ne s'est jamais démenti, et qui a donné lieu à un grand nombre de travaux pour les XIXe et XXe siècles. Or, le Moyen Age est moins silencieux qu'on pourrait le croire, et une partie au moins des sons quotidiens et familiers se retrouve transcrite dans des chroniques, des chansonniers, des romans, voire dans des actes judiciaires. Il s'agit de les retrouver, de les analyser et de les donner à entendre de nouveau, dans une sorte d'extraordinaire essai d'archéologie sonore. Partageant le même intérêt pour la perception sensible de l'univers médiéval, Laurent Vissière et Laurent Hablot se sont attachés à réunir autour du thème des paysages sonores des historiens, des musicologues et des littéraires dans une perspective résolument interdisciplinaire. Rassemblant leurs savoirs, ces spécialistes du Moyen Age et de la Renaissance nous font entendre ici le bruissement oublié du quotidien des femmes et des hommes de jadis.
Le premier 19e siècle, dans l'immédiat héritage, problématique, de la Révolution française, est un moment décisif où se reconfigurent les rapports de la littérature et de la morale. Préparée en cela par le rationalisme des Lumières, la Révolution a mis à bas un système social et moral hiérarchisé ; désormais l'individu, promu sujet raisonnable et responsable, se voit imposer de redéfinir son identité, sa place et sa fonction. L'ouvrage se propose de brosser un panorama de la reconfiguration de la question morale dans cette période charnière, particulièrement riche et complexe.
Alors que l'Amérique s'interroge sur l'héritage de la révolution fondatrice, et doit faire face à de grandes questions telles que l'expansion territoriale vers l'Ouest, l'industrialisation naissante, l'afflux massif d'immigrants ou encore la question de l'esclavage, les Américains manifestent un vif intérêt pour les deux révolutions qui secouent la France en 1830 et 1848. Ces événements font l'objet de multiples célébrations officielles et populaires aux Etats-Unis et donnent lieu à des débats passionnés dans la presse américaine, au Congrès et dans les milieux contestataires tels que les premiers mouvements ouvriers, les abolitionnistes ou encore le féminisme naissant. L'approche transnationale de Yohanna Alimi-Levy se démarque de l'historiographie traditionnelle et invite à penser autrement la démocratie américaine en soulignant la circulation d'idées entre les deux rives de l'Atlantique.