Que dire aujourd'hui du développement durable ? Qu'en disent les géographes ? C'est une réflexion stimulante, une analyse scientifique distanciée qui se garde des idées reçues, des "prêt à penser" que nous livrent Yvette Veyret et Gérard Granier. Partant d'une indispensable mise en perspective historique, ils nous montrent comment le développement durable a acquis une dimension planétaire dont il est nécessaire de souligner l'intérêt comme les contradictions. Ils éclairent les difficultés de le mettre en œuvre et d'en évaluer les résultats, en particulier dans les pays du Sud. Cette nouvelle façon de "penser et de gérer le monde" mobilise les communautés scientifiques et de multiples acteurs aux intérêts et aux positions parfois contradictoires. La parole est donnée ici aux géographes. Si les auteurs rappellent que les diagnostics géographiques s'appuient sur les travaux d'autres spécialistes (économistes, biologistes, physiciens...), ils mettent en évidence les spécificités et l'intérêt d'une démarche qui ancre les problématiques du développement durable dans le développement et l'aménagement des territoires, à toutes les échelles spatiales.
Veyret Yvette ; Le Goix Renaud ; Lussault Michel ;
Cités-jardins au XIXe siècle, villes nouvelles au XXe: les villes européennes sont depuis longtemps l'objet d'expérimentations. Aujourd'hui, elles se veulent "vertes". Berlin aménage le Tiergarten, Lyon plante des arbres, Paris s'équipe de tramways. On met en place l'évacuation souterraine des déchets à Barcelone, les cheminements piétonniers à Genève, la sécurisation de l'approvisionnement en eau à Stockholm... Ces villes sont-elles pour autant "durables"? Signataires de la charte d'Aalborg (Danemark) de 1994, plus de 2 000 villes s'engagent à respecter de nouvelles normes en matière d'aménagements environnementaux, mais aussi d'équilibre économique et de justice sociale et spatiale. Les inégalités persistent cependant, et parfois s'amplifient. En Ile-de-France, par exemple, les classes moyennes se trouvent rejetées vers la périphérie en raison des prix du foncier. De Madrid à Bruxelles, en passant par Naples, Lille ou Amsterdam, vingt-sept géographes proposent des études de cas, accompagnées de plus de 100 cartes originales, sur les réalisations en cours, les outils de planification disponibles, les acteurs concernés. Pour ces spécialistes, la ville durable est en marche mais il n'existe pas de modèle. La durabilité ressemble à une utopie indispensable à tous ceux qui visent le bien vivre en ville.
Nouvelle manière de penser le monde, le développement durable est au plein sens du terme un objet politique. Il n'est en rien une solution ou des solutions toutes faites qui répondraient aux grands problèmes de la planète. C'est une sorte d'utopie porteuse d'idéal, dont l'ambition est d'établir un meilleur ajustement entre trois pôles, économique, écologique et social. Telle est la conviction des auteures qui viennent ici nous dispenser 12 leçons de développement durable. Analysant les grandes questions d'aujourd'hui comme la croissance de la population, les grandes catastrophes, la pauvreté grandissante, la crise de l'énergie, la pollution, etc., à l'aune de ce concept, Yvette Veyret et Jacqueline Jalta démontrent avec vigueur la pertinence de cette notion et la nécessité d'agir à différents niveaux. Les exemples qu'elles donnent de mise en oeuvre d'actions de développement durable en sont preuves éclairantes tant au plan local comme l'aménagement de la Côte d'Opale dans le nord de la France que dans le cadre d'un Etat comme la question de l'utilisation de la nappe phréatique pour approvisionner en eau la Libye. 12 exemples sont ainsi analysés de manière détaillée. Voici donc un ouvrage indispensable pour "entrer en développement durable", comme le dit dans sa préface Michel Hagnerelle, inspecteur général d'histoire et de géographie, chargé par le ministère de l'Education nationale de la généralisation de l'éducation au développement durable.
La gestion des risques naturels s'organise autour de trois notions: prévision, protection et prévention. A travers de multiples exemples, la géographe Yvette Veyret analyse l'aléa et sa gestion dans le cadre du développement durable. Des résumés introductifs en début de chapitre, de nombreuses cartes et schémas en font un outil facile à utiliser. Un index en fin d'ouvrage permet de retrouver les principaux événements ou notions.
Résumé : Cet ouvrage propose une géographie physique globale de la France métropolitaine sous ses aspects morphologiques, climatiques, biogéographiques et hydrologiques, composantes essentielles à l'étude de l'ossature des paysages et des ambiances climatiques. Cette analyse permet également de préciser l'importance des risques naturels pour les populations, de révéler l'impact des aménagements humains sur l'environnement et de comprendre le fonctionnement des milieux qui composent notre territoire et leur variété.
En bref A l'heure où les islams se déchirent, et où les frontières d'Orient volent en éclat, une plongée dans l'histoire de la Question d'Orient. Le livre Depuis le XVIIIe siècle et jusqu'à aujourd'hui, la zone qui s'étend des Balkans à l'Afghanistan cristallise des tensions aussi bien internationales que propres à l'"Orient". Ce sont ces tensions que Jacques Frémeaux analyse dans cette synthèse innovante, en les replaçant dans le temps long. De la volonté de contrôle de la route des Indes à la convoitise des hydrocarbures qu'elle recèle, cette région n'a en effet cessé de faire l'objet d'affrontements entre les grandes puissances. Ce vaste espace a ainsi constitué, depuis l'entrée des flottes de la tsarine Catherine II en Méditerranée (1770), un champ disputé par la Russie et l'Angleterre, avant de se retrouver, après 1945, au cour du conflit opposant la Russie et les Etats-Unis. Mais, d'ouest en est, ce sont surtout des peuples qui se succèdent, qui se cherchent et se déchirent entre les séductions de la modernité et le refus que lui oppose la tradition. L'"Orient", qui s'affirme toujours plus comme exclusivement musulman, devient alors un objet de fascination et de peur pour un "Occident" dominateur et manipulateur. Après le temps des empires (ottoman, persan et moghol des Indes) est venu celui des Etats-nations, souvent nés dans la douleur. Mais aucun changement n'a mis fin au "grand jeu" géopolitique, jalonné d'épisodes majeurs, de l'occupation de l'Egypte par Bonaparte à la dernière guerre du Golfe, et dont de nouveaux chapitres s'écrivent sous nos yeux. Auteur Jacques Frémeaux, professeur à l'université Paris-Sorbonne (Paris-IV) est membre de l'Institut universitaire de France et de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer. Il a notamment publié, parmi une vingtaine de titres, De quoi fut fait l'Empire. Les guerres coloniales au XIXe siècle (CNRS Editions, coll. Biblis, 2014) et La conquête de l'Algérie (2016). Arguments - Programme de l'agrégation en histoire contemporaine. - Clés pour décrypter les crises du Moyen Orient.
Pour nos contemporains les pirates et les corsaires se résument aux aventures flamboyantes de marins dans la mer des Caraïbes ou aux attaques de farouches brigands au large de la Somalie. Moins réductrice, la réalité est à la fois multiple, passionnante et souvent plus riche que la fiction. L'Histoire des corsaires et des pirates propose un tableau de ces phénomènes maritimes sur la longue durée, jalonnée de figures mythiques comme Drake, Surcouf, Duguay-Trouin, Dragut, Barberousse, Koxinga. Elle est un voyage dans le temps, des raids maritimes vikings au Moyen Age à la piraterie pratiquée en Asie de Sud-Est de nos jours. Elle est aussi un voyage dans l'espace à travers les mers et les océans, de la Méditerranée aux Antilles, en passant par la mer de Chine et les rives de l'océan Indien, sans omettre le continent américain. Un intérêt est également accordé à l'ancrage de la piraterie dans nos mémoires, à l'élaboration de mythes et à leurs prolongements dans les mondes virtuels du cinéma, de la BD et des jeux électroniques.
Les écrans numériques nous sont aujourd'hui devenus indispensables. Disponibles, rapides, ils répondent infailliblement. Leur omniprésence, leur usage coutumier, ne permettent pas, au-delà des rituelles proclamations de risques d'addiction, d'apprendre à discerner les métamorphoses de nos vies qui se produisent par eux. Cet ouvrage nous invite à quitter notre position d'utilisateur et à chercher des éléments de compréhension de la transformation digitale dans les théories de l'écriture. A l'heure où le traitement par le signal, la rationalité technique et l'automatisation investissent de plus en plus nos interactions sociales, l'art de lire et de déchiffrer les signes, le travail d'appropriation du sens, fournissent un antidote, offrent des ressources insoupçonnées pour nous aider à développer une intelligence des contextes. Nos petits écrans du quotidien sont ainsi interrogés par Pierre-Antoine Chardel comme des expériences existentielles à part entière, engageant notre condition d'être interprétant, tout autant que l'avenir de nos sociétés démocratiques. Il est encore temps d'intervenir sur l'évolution de nos sociétés hyper-connectées en favorisant l'épanouissement des subjectivités créatives, dont l'avenir demeure à écrire, par-delà l'empire du signal qui croît.
L'annexion de la Crimée par la Russie, son intervention en Syrie, l'affaire Skripal ont propulsé Moscou sur le devant de la scène. Elles ont aussi contribué à bouleverser le système international et le rôle que la Russie joue en son sein. L'annexion de la Crimée par la Russie, son intervention en Syrie, l'affaire Skripal ont propulsé Moscou sur le devant de la scène. Elles ont aussi contribué à bouleverser le système international et le rôle que la Russie joue en son sein. Du fait de sa politique, la Russie a perdu l'Ukraine et fragmenté l'espace postsoviétique qu'elle considère comme sa sphère d'influence, elle s'est aliénée une bonne partie de l'Occident, elle s'est engagée dans un incertain virage vers l'Asie, etc. Près de vingt ans après l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, ces événements relancent les interrogations sur les objectifs poursuivis par la Russie. Quels sont les facteurs qui déterminent ses actions extérieures ? Quelle est sa capacité à se remettre des bouleversements qu'elle a connus depuis 1991 ? Cet ouvrage se penche sur ces questions en accordant une attention particulière aux perceptions et aux représentations. Il explore la vision que la Russie a de l'étranger en la confrontant à la réalité de la place qu'elle tient sur la scène internationale ainsi qu'aux regards portés sur elle par le monde extérieur. En croisant ces différents regards, il a pour but de contribuer à la compréhension de la trajectoire russe.