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De la stratégie judiciaire
Vergès Jacques
MINUIT
19,50 €
Épuisé
EAN :9782707305459
En matière de défense politique, il y a toujours eu deux méthodes : les procès de connivence (Dreyfus, Challe) ou les procès de rupture (Socrate, Jésus). Les premiers sauvaient leur tête, les seconds gagnaient leur cause; la nouveauté, c'est qu'aujourd'hui ils peuvent en outre sauver leur tête. Limité autrefois à l'enceinte du tribunal, le procès s'est en effet ouvert aux yeux et aux oreilles du monde. Ce qui se joue au procès Dimitrov, aux procès des militants du F. L. N. dont Vergès assura la défense, c'est le sort d'un parti ou d'un peuple. Au regard de la lutte qui oppose deux mondes, combien peuvent paraître dérisoires certains conflits internes des nations d'Europe et d'Amérique du Nord! Assurés de leur niveau de vie et de leur puissance de mort, les nantis, qu'ils soient conservateurs ou libéraux, ne comprennent pas toujours que la Justice, que leur Justice, est en train de perdre sa majuscule et qu'ils n'ont déjà plus le droit de s'en croire les porte-parole exclusifs.
Résumé : L'auteur raconte ici, en chroniqueur engagé, l'histoire de quelques injustices criantes. Sa connaissance des rouages de l'institution judiciaire lui permet aussi d'expliquer comment de telles erreurs ont pu sembler passer pour des vérités. Il plaide pour une véritable réforme de la justice avec un pouvoir tempéré des juges et un rôle plus actif des avocats de la défense.
Ton prochain traiteras comme un chien. Un goulag américain construiras. Hommes, femmes, enfants, violeras également. La mémoire de l'humanité brûleras. Au peuple américain et autres mentiras pareillement... Tel est le vrai catéchisme de George W. Bush. Telle est la vérité que révèlent l'occupation de l'Irak et les tortures d'Abou Ghraib. Tel est le réquisitoire que dresse ici Jacques Vergès contre la démocratie à visage obscène. Un livre indispensable pour en finir avec l'humiliation, la manipulation, la barbarie...
Essayons d'imaginer ce que sera l'avocat du futur. Jacques Vergès s'y est essayé. Laissons-lui la parole:« J'aimerais faire l'éloge de l'avocat du futur, capable de comprendre tous les hommes, les nomades du grand désert et les paysans des collines, les chasseurs de la brousse et les pêcheurs des lagunes, l'animiste, le chrétien, le bouddhiste et l'islamiste, l'athée et le taoïste. La victime et l'assassin, la dupe et l'escroc, la femme adultère et l'époux jaloux, l'aborigène et le colon, le terroriste et le légionnaire, le capitaliste et le prolétaire, le puritain et le débauché.Loup des steppes, renard des sables, à la fois numide, romain et grec capable de toutes les métamorphoses, homme et bête, magicien et poète, faisant de ses procès une création permanente et d'une tragédie individuelle celle de tous, toujours en mouvement et assumant mieux que personne l'humanité tout entière. »
Je suis dans la chambre de ma mère". Ainsi commençait la première page d'un roman publié à Paris en janvier 1951. L'auteur était un Irlandais inconnu qui écrivait en français. La presse saluait aussitôt l'apparition d'un grand écrivain : "Si l'on peut parler d'événement en littérature, voilà sans conteste un livre événement" L'avenir allait confirmer ce jugement. Dès l'année suivante paraissait, du même auteur. En attendant Godot, une pièce qui allait faire le tour du monde et même éclipser quelquefois ce premier roman. Et pourtant, Molloy reste un livre majeur dans l'oeuvre de Samuel Beckett. Jean-Jacques Mayoux, trente et un ans plus tard, nous en offre une lecture encore enrichie par le temps.
Dans Fin de partie il y a déjà cette notion d'immobilité, cette notion d'enfouissement. Le personnage principal est dans un fauteuil, il est infirme et aveugle, et tous les mouvements qu'il peut faire c'est sur son fauteuil roulant, poussé par un domestique, peut-être un fils adoptif, qui est lui-même assez malade, mal en point, qui marche difficilement. Et ce vieillard a ses parents encore, qui sont dans des poubelles, son père et sa mère qu'on voit de temps en temps apparaître et qui ont un très charmant dialogue d'amour. Nous voyons deux êtres qui se déchirent, qui jouent une partie comme une partie d'échecs et ils marquent des points, l'un après l'autre, mais celui qui peut bouger a peut-être une plus grande chance de s'en tirer, seulement ils sont liés, organiquement, par une espèce de tendresse qui s'exprime avec beaucoup de haine, de sarcasme, et par tout un jeu. Par conséquent, il y a dans cette pièce - qui est à un niveau théâtral absolument direct, où il n'y a pas d'immense symbole à cher-cher, où le style est d'une absolue simplicité -, il y a cette espèce de jeu qu'ils se font l'un à l'autre, et qui se termine aussi d'une façon ambiguë parce que le suspense dérisoire de la pièce, s'il y a suspense, c'est ce fils Clov, partira-t-il ou non? Et on ne le sait pas jusqu'à la fin. Je dois dire aussi que c'est une pièce comique. Les exégètes de Beckett parlent d'un "message", d'une espèce de chose comme ça. Ils oublient de dire le principal, c'est que c'est une chose qui est une découverte du langage, de faire exploser un langage très quotidien. Il n'y a pas de littérature plaquée, absolument pas. Faire exploser un langage quotidien où chaque chose est à la fois comique et tragique.
Si l'école aime à proclamer sa fonction d'instrument démocratique de la mobilité sociale, elle a aussi pour fonction de légitimer - et donc, dans une certaine mesure, de perpétuer - les inégalités de chances devant la culture en transmuant par les critères de jugement qu'elle emploie, les privilèges socialement conditionnés en mérites ou en "dons" personnels. A partir des statistiques qui mesurent l'inégalité des chances d'accès à l'enseignement supérieur selon l'origine sociale et le sexe et en s'appuyant sur l'étude empirique des attitudes des étudiants et de professeurs ainsi que sur l'analyse des règles - souvent non écrites - du jeu universitaire, on peut mettre en évidence, par-delà l'influence des inégalités économiques, le rôle de l'héritage culturel, capital subtil fait de savoirs, de savoir-faire et de savoir-dire, que les enfants des classes favorisées doivent à leur milieu familial et qui constitue un patrimoine d'autant plus rentable que professeurs et étudiants répugnent à le percevoir comme un produit social.
Qu'est-ce que ça veut dire, moderato cantabile ? - Je ne sais pas. " Une leçon de piano, un enfant obstiné, une mère aimante, pas de plus simple expression de la vie tranquille d'une ville de province. Mais un cri soudain vient déchirer la trame, révélant sous la retenue de ce récit d'apparence classique une tension qui va croissant dans le silence jusqu'au paroxysme final. " Quand même, dit Anne Desbarèdes, tu pourrais t'en souvenir une fois pour toutes. Moderato, ça veut dire modéré, et cantabile, ça veut dire chantant, c'est facile. "