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Pierre Loti, portraits. Les fantaisies changeantes
Vercier Bruno
FLAMMARION
15,00 €
Épuisé
EAN :9782841101597
Quatrième de couverture Si Pierre Loti, aujourd'hui, nous fascine, c'est sans doute moins par ses livres que par l'image qu'il a laissée de lui-même. Rarement écrivain célèbre a-t-il autant joué avec sa propre apparence, s'est-il autant "exposé". Au gré de ses voyages, des fêtes qu'il donne dans sa maison de Rochefort, transformée en un théâtre fantastique aux surprenants décors, ou tout simplement de ses « fantaisies changeantes», il revêt uniformes, costumes, déguisements de toutes sortes - et puis il pose -, un peu pour les peintres, beaucoup pour les photographes. À chaque fois surgit, phénix insaisissable, un nouveau Loti, plus inattendu que le précédent. Aucun pourtant n'est le vrai Loti, multiple, contradictoire, «infiniment divers», et dont la vérité est dans le changement même. L'ensemble de ces images construit l'autoportrait d'un sujet qui jamais « ne se ressemble», et qui, l'un des premiers, a saisi que l'artiste pouvait être à lui-même son propre matériau, soumis aux jeux du drapé, de la lumière et du temps.
Extrait Loti a en haine les touristes Cook ou Baedeker qui restent à l'extérieur des gens et des choses, qui font tache. Lui, surtout dans les pays d'Islam, veut passer inaperçu, se fondre dans le décor et dans la foule (il a la chance de ne pas être grand et blond...). Il devient ce «Quatrième Voyageur» dont parle Jean-Didier Urbain, chez qui se mêlent, dans le goût du déguisement, plaisir et nécessité. Aziyadé propose le modèle de ces séjours parallèles : à Salonique, ce sont d'abord les nuits furtives avec la jeune Circassienne, mais à l'aube, Loti revient à son bord; à Istanbul, il commence par s'installer à Péra, dans le quartier européen, puis à Eyoub, au coeur de la ville islamique; lorsqu'il quitte le navire, il change d'identité et de costume. Devenu Arif Effendi, il s'habille à la turque ou à l'albanaise. Dès le début du livre, on avait assisté à une telle transformation; trois vieilles juives «se dépêchent de lui enlever ses vêtements d'officier et se mettent à l'habiller à la turque, en s'agenouillant pour commencer par les guêtres dorées et les jarretières. |... ] il passe inaperçu dans des foules bariolées, vêtues de ces couleurs éclatantes qu'on affectionne en Turquie; quelques femmes voilées de blanc se disent seulement sur son passage : "Voici un Albanais qui est bien mis, et ses armes sont belles."». Au Japon, en revanche, pays avec lequel il entretient des rapports beaucoup moins fusionnels, Loti ne se déguise pas. Il admire les costumes, ceux des femmes, mais il ne les porte pas. «Ces dames ont des robes adorablement nuancées, qui passent du bleu cendré de la nuit au rose de l'aube et que traversent de grandes fleurs imaginaires, ou bien des vols de cigognes au plumage d'or.» On croirait les robes de Peau d'Âne... Les hommes, eux, dans la vie ordinaire, ont abandonné le costume traditionnel, crime impardonnable, et pour une dérisoire copie des moeurs occidentales : «Entrée de M. Kangourou. Complet en drap gris, de la Belle-Jardinière ou du Pont-Neuf, chapeau melon, gants de filoselle blancs.»
Résumé : Bubu de Montparnasse, c'est une histoire de filles et de souteneurs dans le Paris de 1900 : les boulevards et les prisons, l'anisette et la vérole, le désenchantement des lendemains de 14 Juillet, les prisons et les trottoirs à la lumière des arcs voltaïques... On avait souvent décrit le "milieu" , mais jamais avec cette précision, cette vérité crue qui, en son temps, choqua. Charles-Louis Philippe ne s'arrête pas au pittoresque : il radiographie la société en portant sur elle un regard insolite, celui d'un pauvre dont les idées généreuses sont bafouées par les forces de l'argent et par la violence. Mais Bubu de Montparnasse, c'est aussi un roman d'amour, celui de Pierre, un jeune homme de vingt ans, de Berthe, une prostituée sans défense, et de Bubu, son protecteur, "petit mais costaud" . Histoire terrible et dérisoire, pleine de tendresse et de poésie, mais aussi d'humour, car Philippe, s'il s'émeut et sait émouvoir, ne s'apitoie jamais.
Résumé : On sait que, contre la mauvaise fortune, un coeur bon peut accomplir des merveilles. Celui de Philippe l'était et en abondance. Pas assez sans doute pour triompher de tous les obstacles que le temps s'est ingénié à dresser sur sa route. Mais capricieuse est cette fortune, alors pourquoi n'accomplirait-elle pas un autre demi-tour, qui remettrait cette oeuvre à sa juste place, celle d'un écrivain qui - et c'est là pour beaucoup un paradoxe inacceptable - n'a pas essayé de dire le peuple, son univers, avec une voix du peuple convenue, attendue, mais avec sa voix à lui, unique ? Le style de Philippe qui n'est celui d'aucun autre.
Loti est en somme un hippy dandy ; comme lui, les hippies ont le goût de l'expatriation et du travestissement. Cette forme de refus ou de soustraction hors de l'Occident n'est ni violente, ni ascétique, ni politique : c'est très exactement une dérive : Aziyadé est le roman de la Dérive".