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Les ravisseurs
Veinstein Alain
GRASSET
21,30 €
Épuisé
EAN :9782246802648
Les ravisseurs sont légion autour des lecteurs. Ce sont tous ces livres découverts au fil des ans avec lesquels se nouent des liens d'étroite proximité. On leur doit l'expérience de la fascination, qui est une sorte de rapt, une façon de prendre possession de nous avec ou sans notre consentement. Ceux dont il est question dans ce volume m'ont ravi le coeur. Je les garde à portée de main, car ils ont pris une place durable dans ma vie sans jamais rien perdre de ce qui m'a saisi en première lecture. J'ai beau sans cesse les relire, c'est toujours la première fois. Leurs auteurs, je les ai rencontrés sur le terrain de l'amitié. J'aurais d'ailleurs pu intituler ces pages L'Amitié si Maurice Blanchot n'en avait pas eu l'idée bien avant moi. Ainsi apparaissent quelques grands noms de la poésie de la seconde moitié du 20ème siècle. En particulier, ceux regroupés autour de la revue L'Ephémère, publiée de 1967 à 1972 par la Fondation Maeght. Avec eux, Yves Bonnefoy, André du Bouchet, Jacques Dupin, Louis-René des Forêts et, plus tard, Pascal Quignard (on voit que je prends le mot "poésie" au sens le plus large), je me suis à proprement parler "constitué". La partie centrale évoque Anne-Marie Albiach et Claude Royet Journoud, deux figures emblématiques de la poésie des années 70, qui ont bouleversé, au début de ces années-là, ma lecture et ma pratique de la poésie. La troisième partie réunit des auteurs qui ne se ressemblent en rien, rencontrés isolément, et dont l'intensité de la présence et de l'écriture a alimenté mes réserves d'énergie. Certains sont trop méconnus aujourd'hui, tels Jean Tortel et Danielle Mémoire, malgré une ouvre dont l'importance n'est plus à démontrer ; d'autres ont été repérés depuis longtemps par des passionnés de littérature : Henri Thomas, Michel Deguy, Antonio Tabucchi, Michel Cournot, Jacqueline Risset." A V.
« Arrivé par hasard sur Twitter, j'ai vite cherché à en faire une voie d'écriture. En m'impliquant à visage découvert, tel que je crois être: un écrivain, auteur de romans et de poèmes, intervieweur d'écrivains à la radio depuis longtemps, arrivé à l'âge où la porte du royaume des souvenirs reste grande ouverte, habitant Malakoff, au sud de Paris, travaillant ou faisant semblant de travailler, aux heures ouvrables, rue de Tournon, dans le sixième arrondissement de la capitale, promeneur de chien à ses heures, homme de la rue, donc, l'?il et l'oreille aux aguets dans les paysages urbains, usager des transports en commun, voyageur à l'occasion, dormeur, également, se laissant surprendre par ses rêves... Il en est résulté une suite de tweets sautant chaque jour du coq à l'âne jusqu'à ce que se dégagent des motifs, souvent fictionnels, dont je me suis efforcé de tirer les fils quand l'idée du livre ? et la tentative d'unification qu'elle exige ? s'est imposée. L'autoportrait en miettes a alors cédé le pas à une sorte de roman par tweets où la vie vécue et la vie rêvée du narrateur sont amenées à se rencontrer. » A. V.
Mais qu'espère-t-il donc cet homme qui passe ses jours à attendre le client en broyant du noir dans sa galerie d'art contemporain ? La crise est partout. Dans les têtes, sans doute, plus encore que dans le commerce d'art... Un jour, pourtant, par la grâce d'un orage, un visiteur franchit sa porte et la vie du galeriste va basculer. " Et, à présent, je ne peux plus imaginer mes jours sans son attention et ses silences ; sans sa lucidité, surtout, qui porte chacune de ses paroles. De ce qu'il est, je me sens de plus en plus proche, et, si je n'ai pas complètement sombré ces derniers jours, c'est à sa présence que je le dois. IL m'aide à oublier ce que j'ai si mal appris, à faire place nette pour commencer à essayer d'âtre moi-même. "
Résumé : Comme je venais lui tenir compagnie dans la cour poussiéreuse, pour la première fois j'ai parlé avec ma mère. Elle me disait la force de son désir d'enfant, quand un orage inattendu nous a obligés à rentrer. La conversation a tourné court. Une fois de plus je devrai repartir de zéro alors que nous étions si près du but. Encore faudra-t-il que mon audace d'aujourd'hui ne la dissuade pas de me rouvrir sa porte. J'ai d'autant plus de questions à lui poser que rien ne bouge dans la maison. Rien n'a jamais bougé. A.V.
Tout se passe comme si marque d'abord, après plus de dix ans de retrait, le retour de l'auteur à la poésie. Mais la démarche est très exactement l'inverse de celle mise en oeuvre avec L'Accordeur (1996). Cette fois, ce sont l'expérience de la prose et les tentatives narratives qui sont à l'origine de l'écriture poétique. La fiction met en place et tient le dispositif. Elle produit la tension nécessaire à l'émergence d'une parole aux prises avec la vérité. L'expérience de la prose a également complètement modifié le langage des poèmes. Là où les recueils précédents étaient volontairement fermés sur une poignée de mots récurrents chargés de définir un univers pour ainsi dire monochrome, la couleur fait ici son apparition grâce au renouvellement du lexique, désormais ouvert à tous les mots (qu'ils soient ou non considérés a priori comme "poétiques") capables de donner corps à des figures censées porter angoisses, passions ou émotions, quand, dans des situations limites, l'intensité s'en prend à l'ordre des choses. En même temps, le livre se situe dans l'univers de la représentation. Son monde est celui du faux-semblant, de la scène. Les personnages sont des acteurs qui évoluent dans des décors. Dominées par les mensonges de la fiction, les paroles qui se risquent voudraient au moins être jouées justes afin de ne pas renoncer à la chance d'apparaître plus vraies que celles qui sont prétendument authentifiées par le réel.
En 2016, Alain Mabanckou a occupé la Chaire de création artistique du Collège de France. C?était la première fois qu?un écrivain africain était amené à y enseigner la littérature et la culture si souvent dédaignées du « continent noir ».Alain Mabanckou est l?héritier de l?histoire littéraire et intellectuelle de l?Afrique, qu?il retrace dans ces Huit leçons sur l?Afrique données au Collège de France. Croisant la stylistique et la vision politique, envisageant la littérature mais aussi le cinéma et la peinture, les Leçons d?Alain Mabanckou sont une nouvelle façon de visiter la francophonie, matière moins conventionnelle que son nom ne pourrait l?évoquer. La France n?est pas le seul centre de gravité de ce monde-langue. De « Y?a bon » à Aimé Césaire, la lutte a été longue pour passer « des ténèbres à la lumière », et c?est une vision apaisée des rapports de la culture africaine au monde que ces Huit leçons proposent.Loin d?être en concurrence avec la culture française, la culture noire, d?Afrique, de Haïti ou d?Amérique, l?enrichit. « La négritude n?est pas essentiellement une affaire de Noirs entre les Noirs, mais une façon de reconsidérer notre humanisme. »Le livre est enrichi d?un avant-propos inédit et de deux interventions d?Alain Mabanckou sur l?Afrique, dont sa fameuse lettre ouverte au président de la République sur la francophonie.Notes Biographiques : Finaliste du Man Booker International Prize, prix Renaudot 2006 pour Mémoires de porc-épic (Le Seuil), Alain Mabanckou est l'auteur de plusieurs romans à succès traduits dans le monde entier, dont Verre Cassé (Le Seuil, 2005), et d?essais comme Le monde est mon langage (Grasset, 2016). Depuis une quinzaine d?années il réside à Los Angeles où il est professeur titulaire de littérature d'expression française à l'Université de Californie -Los Angeles (UCLA).
L'éducation d'Alphonse se fait de 1946 à 1947 entre une librairie d'ouvrages anciens, le Carillon des Siècles, et la prison de Fresnes : bien difficile de rester honnête lorsqu'on est jeune, qu'on a un très maigre bagage culturel et un sacré appétit sexuel en ces années d'après-guerre où le moindre paquet de cigarettes se paie son pesant d'or. Au Carillon débarque, un jour, le Professeur, curieux pédagogue porté sur la dive bouteille et les spéculations les plus hasardeuses de l'esprit. Alphonse, ébloui, va lui filer le train en ses pérégrinations bistrotières, dans les rues d'un Paris qui s'éveille après la nuit de l'Occupation. On va y rencontrer, bien sûr, toutes sortes de rêveurs, de poètes, de mythomanes, de loquedus, d'escrocs, et même Louis Aragon. Un roman dans la suite du {Café du pauvre} et du {Banquet des Léopards}. Drôle, toujours émouvant, croustillant... écrit au fil des métaphores les plus inattendues.
Résumé : "J'ai longtemps cru qu'il suffisait d'être deux pour faire un enfant. Eve, Adam ; un instant d'éternité. La vie s'est chargée de me détromper : à 27 ans, comme de plus en plus de femmes, j'ai dû demander l'aide de la médecine pour tenter d'être mère. A l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul, j'ai rencontré une gynécologue obstétricienne, Sylvie Epelboin. Elle a suivi ce long chemin avec moi. Un chemin qui a duré des années, qui a eu la peau de mon mariage, mais qui a créé un lien unique entre le docteur Epelboin et moi, entre la soignante et la patiente". "Et moi, Elise, je me souviens de ce premier jour, de votre entrée avec Simon, dans mon cabinet. Vos regards, votre jeunesse, cette envie, et devant vous, la médecine, le temps... ". Vingt-cinq ans plus tard, Elise propose à Sylvie de croiser leurs regards sur cette aventure, de mêler l'intime à la médecine. D'un côté, Elise, jeune adulte, jeune mariée, confrontée à une épreuve à laquelle elle n'était pas du tout préparée, hantée par les réminiscences d'épisodes très douloureux de son histoire. De l'autre côté, Sylvie, passionnée, engagée, féministe et mère, à l'origine d'un des premiers centres de fécondation in vitro en France, aussi attentive aux progrès de la Science qu'aux questions éthiques qui les traversent. "Nous avons écrit toutes les deux, soucieuses de raconter au plus juste cette histoire d'intimité médicalement assistée. Peuvent s'y reconnaître les femmes à qui l'enfant se refuse, celles qui ont enfin mené à terme ces grossesses rêvées, et, bien sûr, les médecins, chercheurs, biologistes, qui, d'une manière ou d'une autre, ont leur place dans cette épopée inouïe qu'est l'Assistance Médicale à la Procréation".
Résumé : Après " La pensée post-nazie " et " L'autre pensée 68 " , tous deux publiés au printemps 2018, voici le dernier volume de l'extraordinaire chantier de Michel Onfray : écrire une " contre-histoire " de la philosophie, cheminant le long de la philosophie officielle, majoritaire, face à elle, et envisager une contre-philosophie embrassant tous les domaines, métaphysiques, esthétiques, politiques, phénoménologiques, poétiques, sociaux. Et proposant des oeuvres, des lectures, des philosophes inconnus. Voici donc " La résistance au nihilisme " . " Les promesses de Mai n'ont pas été tenues. La révolution politique n'a pas eu lieu, quelle qu'aient pu être ses formes. En revanche la révolution métaphysique a eu lieu, elle a été libertaire. Le meilleur fut la fin d'un monde tout entier construit sur la hiérarchie qui, étymologiquement, suppose le pouvoir du sacré. Le patriarcat associé au monothéisme chrétien avait fait son temp. Pour autant, la fin des valeurs judéo-chrétiennes n'a pas été suivi par l'avènement de nouvelles valeurs postchrétiennes. Dès lors, l'abolition de la domination du supérieur par l'inférieur a accompagné une transvaluation des valeurs de sorte que l'inférieur s'est mis à dominer le supérieur. Jadis, le patron faisait la loi sur les ouvriers, les enseignants sur leurs élèves, les parents sur leurs enfants. Après Mai ce fut l'inverse. Révolte des esclaves aurait dit Nietzsche : le nihilisme comme symptôme de ce que les déshérités n'ont plus aucune consolation " . Après une longue introduction sur la construction du nihilisme (le " gauchisme culturel " , l'antifascisme et l'antiracisme revisités, le structuralisme, Deleuze, les nouveaux philosophes, Foucault, les libéraux libertaires, la " gauche libertaire " de Bourdieu...), Michel Onfray s'arrête longuement sur trois figures : Vladimir Jankélévitch ; Mikel Dufrenne et " l'affirmation joyeuse " ; enfin Robert Misrahi et " les actes de la joie " . Avant de conclure sur la vie philosophique...