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TOTALITE ET SUBJECTIVITE SPINOZA DANS L'IDEALISME ALLEMAND
VAYSSE
VRIN
36,00 €
Épuisé
EAN :9782711612017
De la Querelle du Panthéisme qui scandera le cours de l'idéalisme allemand, Dilthey dit qu'elle est le moment où Spinoza sembla se lever de sa tombe face à l'idéalisme transcendantal. Au coeur de l'absolutisation de la subjectivité moderne confrontée à l'exigence de la totalité et tenue de lever l'antinomie dogmatisme-idéalisme, le philosophe maudit devient incontournable car, pour dépasser Kant, il faut passer par lui. Du Sturm und Drang au Romantisme en passant par Goethe et Hölderlin, penseurs et poètes font de l'"athée de système" le "philosophe ivre de Dieu". Permettant à Fichte de conclure à l'impossibilité de l'ontologie et à Schelling de produire une fracture au sein de l'Absolu, qui fait venir l'Etre comme digne de question, le spinozisme sera pour Hegel condition de la philosophie. Les interprétations de Spinoza au fil de l'idéalisme spéculatif sont les métamorphoses du destin de la métaphysique et la conduisent à la problématisation de ses fondements. Une fois dissipés les prestiges des parthénogénèses spéculatives, il reste à savoir si Spinoza, mettant en abîme toutes les fondations, ne continue pas à résister à son intégration dans l'Histoire de l'Etre, en un lieu d'articulation de la totalité et de la finitude, où Heidegger se retrouverait malgré lui.
En février 1927 Heidegger publie Être et Temps. Lors du semestre d'été de la même année, il professe à Marbourg un cours intitulé Les problèmes fondamentaux de la phénoménologie. Heidegger précise qu'il s'agit d'une "nouvelle élaboration de la troisième section de la première partie d'Être et Temps" dont le titre annoncé est "Temps et être". Il s'agit d'abord d'une suite du livre, précisant des questions qui n'avaient été qu'ébauchées: la destruction de l'histoire de l'ontologie, le rapport du concept vulgaire du temps et de la temporalité originaire, la différence ontologique. Toutefois, entre le livre et le cours, on assiste aussi à un approfondissement de la question de la temporalité de l'Être en tant que tel, qui annonce les développements ultérieurs de la pensée heideggérienne: le problème de la vérité et du retrait de l'Être, celui de l'histoire de l'Être et celui du passage du plan du Dasein au plan de l'Être.
Résumé : Le temps relevant chez Hegel de la nature et de l'esprit, on ne peut se borner à dire que tout advient et passe dans le temps, car il est lui-même ce surgissement et ce passage. Si la mobilité est le concept fondamental d'une logique permettant de penser la nature et l'esprit, la question de la temporalité traverse ces deux règnes et met fini la rupture entre nature et histoire. Forme de l'extériorité du vrai appelant sa suppression, le temps ouvre une histoire par laquelle l'éternité vit dans un temps effectif auquel elle donne sens. Hegel a compris en quoi l'être procède du temps, qui est expression de la mobilité infinie du devenir, extériorisation d'une négativité advenant dans le monde comme histoire. La pensée du temps est pensée du présent et non métaphysique de la présence : tel est le sens de ce que l'on peut appeler le hégélianisme.
Il est impossible de systématiser une pensée qui récuse par principe le système et se donne en des "chemins" et des "fugues". Le vocabulaire de Heidegger est une langue, non point la langue d'avant Babel visant à dire l'Origine dans une ultime méta-philosophie, mais ce tour que nous permet de jouer la babélisation en nous autorisant à faire scintiller un "jeu de passe" entre le grec et l'allemand, entre un premier commencement et un autre. S'il est vrai que toute grande pensée suppose un travail à même la langue, en devant affronter son épaisseur, plus que toute autre la pensée de Heidegger s'enracine doublement dans le corps de la langue allemande et dans celui de la tradition métaphysique telle qu'elle s'est déposée à partir de la langue grecque, pour porter à la parole l'impensé de ces langues, les faisant balbutier en leur initialité et faisant dire à chacune l'inouï d'un futur antérieur où le crépuscule se fait anamnèse du matin. Il n'en reste pas moins vrai que la langue de Heidegger, même si elle est foncièrement un dialogue, implique aussi un lexique, comprenant ce qu'il aimait lui-même appeler des "concepts fondamentaux" que le présent ouvrage s'efforce de cerner.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.