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TOTALITE ET FINITUDE
VAYSSE
VRIN
36,00 €
Épuisé
EAN :9782711616602
Spinoza est le penseur de la totalité qui, allant de l'être au connaître, fait, contre la tradition métaphysique, de l'Absolu le principe d'affirmation d'une finitude essentielle et montre que l'homme, tout en n'étant pas "comme un empire dans un empire", peut cependant accéder au savoir de son appartenance à la totalité comme cause prochaine, en une intuition intellectuelle que la tradition réservait à Dieu. Heidegger est le penseur de la finitude ontologique, pour qui la pensée de l'Être est ancrée dans l'analytique du Dasein comme cet étant dont la seule essence est l'existence finie. Là où Spinoza propose une éthique excédant la logique de la métaphysique, Heidegger entreprend un travail de déconstruction de celle-ci, visant à sa métamorphose en une autre pensée permettant de rejouer le logos, la mort, le divin. Heidegger parle peu de Spinoza qui semble court-circuiter le fil historial de sa lecture de la métaphysique. Comment comprendre ce quasi-silence, si ce n'est en admettant que l'éthique fait retour dans l'ontologie fondamentale? L'ethos doit alors se penser comme un séjour, qui est tout à la fois un habiter et une manière d'exister ordonnés à une vérité de l'Être. Celui-ci n'est le transcendant absolu qu'en tant qu'il n'est pas une transcendance ontique, mais l'immanence de ce fond abyssal duquel tout ek-sister doit s'arracher et à partir duquel il trouve sa tenue. Joie active, la béatitude est l'affect ontologique par excellence, et elle est aussi l'angoisse comme sérénité. Le mutisme de Heidegger pourrait ainsi signifier un accord impensé avec la seule pensée qui ne se laisse pas intégrer dans une histoire de l'Être et qui demeure comme une "anomalie sauvage". S'il est vrai que tout penseur a deux philosophies, la sienne et celle de Spinoza, on est en droit de se demander si la philosophie de Spinoza ne fut pas la philosophie silencieuse et sans cesse indicible de Heidegger Biographie de l'auteur Jean-Marie Vaysse est professeur de philosophie à l'Université de Toulouse II le Mirail
L'art et le mythe sont au centre de la pensée de Schelling. Le séminariste de Tübingen envisage une nouvelle mythologie et le philosophe de l'Identité voit en l'art une effigie de la philosophie: manifestant l'Absolu, il est mythologie, représentation et histoire des dieux construisant idéalement ce que la nature produit réellement. Rompant avec le projet systématique de l'idéalisme spéculatif, la dernière philosophie substitue à la philosophie de l'art une philosophie de la mythologie, décrivant l'odyssée de la conscience aux prises avec un processus théogonique débouchant sur la Révélation: la mythologie trouve ainsi en elle-même le principe immanent de son explication. Schelling n'accomplit alors l'idéalisme allemand qu'au prix d'une rupture avec la métaphysique moderne, oscillant entre un tournant théologique et une déconstruction du logocentrisme. Cette persistance de la mythologie fait la singularité de Schelling dans l'idéalisme allemand. La continuité entre mythologie et Révélation le rattache secrètement à Hölderlin, à la manière dont le poète relie le Christ à Héraklès et Dionysos. S'ouvrent ainsi la possibilité d'une phénoménologie du divin et des problématiques contemporaines du mythe, ainsi que l'irruption des questions conjointes de l'existence, de l'être et de l'événement, qui ne cessent de hanter la pensée après la métaphysique accomplie.
Résumé : Cela passe aujourd'hui pour une évidence : Freud a découvert l'inconscient ; à la psychanalyse revient le privilège d'avoir su en explorer les mécanismes de manière inédite. La révolution psychanalytique aurait ainsi inauguré un nouvel âge, tels autrefois Copernic bouleversant la hiérarchie des astres et Darwin redessinant l'ascendance de l'homme. Or la psychanalyse plonge ses racines dans la métaphysique moderne qui, de Descartes à Husserl, entreprend de penser la subjectivité du sujet comme l'instance fondatrice du savoir et de l'agir. Car l'inconscient, ce mot que la métaphysique impliquait mais qu'elle ne prononça jamais, est la hantise de la philosophie, depuis Descartes et son cogito : Spinoza, Leibniz, Kant, Fichte, Schelling, Schopenhauer, Nietzsche, Husserl ou Heidegger ont tous buté sur la part nocturne ou secrète de l'homme dès lors, que celui-ci se pose comme sujet souverain. L'inconscient, c'est, pour la métaphysique, toute cette nuit du monde que l'on perçoit, au dire de Hegel, lorsque l'on regarde un homme au fond des yeux. Il n'est en définitive rien d'autre que ce non-dit de la métaphysique moderne qui ne devient explicite dans la psychanalyse qu'au prix du refoulement de son origine métaphysique. C'est sans doute ce qui explique le rapport ambigu - particulièrement patent chez Lacan - de la psychanalyse à la philosophie, qu'elle rejette et revendique à la fois. Si la philosophie moderne a parlé de l'inconscient sans le savoir, la psychanalyse a fait de la philosophie sans le vouloir. Là où était le sujet moderne, l'inconscient devait advenir; là où est advenu l'inconscient, la philosophie doit revenir.
Résumé : Le temps relevant chez Hegel de la nature et de l'esprit, on ne peut se borner à dire que tout advient et passe dans le temps, car il est lui-même ce surgissement et ce passage. Si la mobilité est le concept fondamental d'une logique permettant de penser la nature et l'esprit, la question de la temporalité traverse ces deux règnes et met fini la rupture entre nature et histoire. Forme de l'extériorité du vrai appelant sa suppression, le temps ouvre une histoire par laquelle l'éternité vit dans un temps effectif auquel elle donne sens. Hegel a compris en quoi l'être procède du temps, qui est expression de la mobilité infinie du devenir, extériorisation d'une négativité advenant dans le monde comme histoire. La pensée du temps est pensée du présent et non métaphysique de la présence : tel est le sens de ce que l'on peut appeler le hégélianisme.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.