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Kant
Vaysse Jean-Marie ; Benoist Jocelyn ; Bouton Chris
CERF
29,70 €
Épuisé
EAN :9782204085090
Il est, au sein de la philosophie moderne, un commencement spécifiquement kantien : en mettant fin à la métaphysique scolaire, Kant ouvre le dispositif critique qui sera déterminant pour toute pensée ultérieure. L'idée critique est alors le fil conducteur qui permet de reprendre les divers champs de la métaphysique, de la science de la nature, de l'histoire, du droit, de la politique, constituant la philosophie comme une tâche ordonnée au primat de l'agir. Si donc l'on n'apprend pas la philosophie, mais seulement à philosopher, la méthode philosophique étant essentiellement recherche, c'est parce que la pensée ne peut s'épuiser en un livre définitif et que nul philosophe ne peut se présenter comme maître de la sagesse. Kant inaugure ainsi, comme le note H. Birault, cette génération de penseurs qui ne sont plus les auteurs d'un seul livre, l'œuvre philosophique devenant " œuvre ouverte ". C'est également ce qui explique que toute la pensée ultérieure soit vouée à une explication avec Kant, qu'il s'agisse de le dépasser, de le radicaliser, de le rejeter ou d'en saisir l'impensé. Il est, en effet, aussi bien celui qui regarde en arrière vers l'initialité grecque que celui qui fait signe vers les ultimes conséquences à venir. Les études rassemblées ici s'efforcent de déployer les multiples facettes d'une pensée qui n'a jamais cessé de nous solliciter.
Résumé : Le temps relevant chez Hegel de la nature et de l'esprit, on ne peut se borner à dire que tout advient et passe dans le temps, car il est lui-même ce surgissement et ce passage. Si la mobilité est le concept fondamental d'une logique permettant de penser la nature et l'esprit, la question de la temporalité traverse ces deux règnes et met fini la rupture entre nature et histoire. Forme de l'extériorité du vrai appelant sa suppression, le temps ouvre une histoire par laquelle l'éternité vit dans un temps effectif auquel elle donne sens. Hegel a compris en quoi l'être procède du temps, qui est expression de la mobilité infinie du devenir, extériorisation d'une négativité advenant dans le monde comme histoire. La pensée du temps est pensée du présent et non métaphysique de la présence : tel est le sens de ce que l'on peut appeler le hégélianisme.
Il est impossible de systématiser une pensée qui récuse par principe le système et se donne en des "chemins" et des "fugues". Le vocabulaire de Heidegger est une langue, non point la langue d'avant Babel visant à dire l'Origine dans une ultime méta-philosophie, mais ce tour que nous permet de jouer la babélisation en nous autorisant à faire scintiller un "jeu de passe" entre le grec et l'allemand, entre un premier commencement et un autre. S'il est vrai que toute grande pensée suppose un travail à même la langue, en devant affronter son épaisseur, plus que toute autre la pensée de Heidegger s'enracine doublement dans le corps de la langue allemande et dans celui de la tradition métaphysique telle qu'elle s'est déposée à partir de la langue grecque, pour porter à la parole l'impensé de ces langues, les faisant balbutier en leur initialité et faisant dire à chacune l'inouï d'un futur antérieur où le crépuscule se fait anamnèse du matin. Il n'en reste pas moins vrai que la langue de Heidegger, même si elle est foncièrement un dialogue, implique aussi un lexique, comprenant ce qu'il aimait lui-même appeler des "concepts fondamentaux" que le présent ouvrage s'efforce de cerner.
Si je pouvais faire en sorte que tout le monde eût de nouvelles raisons pour aimer ses devoirs, son prince, sa patrie, ses lois ; qu'on pût mieux sentir son bonheur dans chaque pays, dans chaque gouvernement, dans chaque poste où l'on se trouve ; je me croirais le plus heureux des mortels. Si je pouvais faire en sorte que ceux qui commandent augmentassent leurs connaissances sur ce qu'ils doivent prescrire, et que ceux qui obéissent trouvassent un nouveau plaisir à obéir, je me croirais le plus heureux des mortels, si je pouvais faire que les hommes pussent se guérir de leurs préjugés. J'appelle ici préjugés, non pas ce qui fait qu'on ignore de certaines choses, mais ce qui fait qu'on s'ignore soi-même. C'est en cherchant à instruire les hommes, que l'on peut pratiquer cette vertu générale qui comprend l'amour de tous. L'homme, cet être flexible, se pliant dans la société aux pensées et aux impressions des autres, est également capable de connaître sa propre nature lorsqu'on la lui montre, et d'en perdre jusqu'au sentiment lorsqu'on la lui dérobe.
TOME I. Des premiers Écrits à la « Critique de la raison pure » : Les Premiers écrits (1747-1762) - Les Écrits de 1763 - Des observations sur le beau et le sublime à l'étude des rêves d'un visionnaire (1764-1766) - La Position du problème critique (1767-1780) - La Critique de la raison pure (1781-1787). Édition publiée sous la direction de Ferdinand Alquié avec la collaboration de Claude Berry, Jean Ferrari, Bernard Lortholary, François Marty, Jacques Rivelaygue et Sylvain Zac, 1840 pages, rel. peau, 105 x 170 mm.
«Je me suis moins proposé de t'instruire que de t'exercer.» L'aveu liminaire des Pensées sur l'interprétation de la nature dévoile en partie le projet philosophique de Diderot, en même temps que sa relation au lecteur. Son propos n'est pas d'ordonner le monde, mais d'en refléter le caractère ondoyant, insaisissable. Si le réel, «cet immense océan de matière» où les formes apparaissent et se défont sans cesse, échappe à l'emprise de la raison, alors il faut, pour l'approcher au plus près, inventer une écriture capable de saisir la diversité de l'être. Diderot écarte l'idée même d'un savoir achevé, qui impliquerait l'existence d'un entendement divin. Il récuse tour à tour l'abstraction métaphysique et la philosophie rationnelle, qui méconnaît la sensation. Sa démarche est fondée sur l'observation des faits et l'enchaînement des conjectures. Vouée à l'incertitude, elle n'en poursuit pas moins sa quête interminable : elle «ne sait ni ce qui lui viendra, ni ce qui ne lui viendra pas de son travail ; mais elle travaille sans relâche». Le sens se dérobe sous «la multitude infinie des phénomènes de la nature». Comprendre, c'est encore interpréter. Le sujet lui-même se démultiplie - «naître, vivre et penser, c'est changer de forme» -, au point de disparaître - «Je suis transparent», déclare le Philosophe à la Maréchale - sous la superposition des discours : traductions, lettres, essais, dialogues, réfutations... Pas plus que Diderot ne se reconnaît dans son portrait par Van Loo, les
4e de couverture : "Le premier problème qui se pose à l'éditeur des Romans et contes de Voltaire est de savoir quelles limites donner à son entreprise, c'est-à-dire quels ouvrages ou morceaux il doit retenir, et quels exclure. De la réponse qu'il donne à cette question dépend non seulement le contenu de l'ouvrage qu'il présente au public, mais aussi la conception qu'il propose implicitement du roman et du conte voltairiens. La question ne se poserait pas si cet éditeur n'avait qu'à suivre les intentions de l'écrivain. Mais Voltaire n'a jamais donné la liste des ouvrages de lui qu'il considère comme contes ou romans. Il n'a jamais non plus donné, en ce qui le concerne personnellement, une définition de ces genres qui permettrait de retenir les oeuvres répondant aux critères énoncés et de rejeter les autres. À vrai dire, il ne lui arrive à peu près jamais de prononcer ces mots pour les appliquer à ses productions. "Petits ouvrages", "petits morceaux" sont les termes qu'on trouve sous sa plume, mais, même lorsqu'il les emploie, il est à peu près impossible de dire ce qu'il met dessous. Le problème serait résolu en pratique, si les premiers éditeurs de Voltaire avaient toujours rangé sous la rubrique en queftion une certaine liste ne varietur de ses ouvrages : on pourrait alors estimer que l'auteur leur aurait donné au moins un accord implicite sur la liste en question. Mais ils ne s'accordent nullement sur le détail du choix des pièces. Et si Voltaire aborde le sujet dans quelque lettre à tel ou tel de ses éditeurs, c'est seulement pour critiquer - de façon d'ailleurs vague - un choix déjà fait par cet éditeur et sur lequel il n'y a plus guère moyen de revenir. Il est donc indispensable de considérer les données du problème avant d'expliquer les raisons du parti auquel nous nous sommes finalement rangés. [...]" Frédéric Deloffre.