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Revue Stendhal N° 2/2021 : Milanese
Vanoosthuyse François ; Parmentier Marie ; Bourden
SORBONNE PSN
24,99 €
Épuisé
EAN :9782379060595
Pour son deuxième numéro, la Revue Stendhal propose deux dossiers : "Milanese" et "Stendhal en Chine". Le premier dossier interroge l'évidence imposée par Stendhal dans son épitaphe : Henri Beyle, "Milanese"? Historiens, spécialistes de littérature italienne et de Stendhal sont réunis pour comprendre ce qu'est "Milan" au début du XIXe siècle et son rôle dans le parcours intellectuel et la construction identitaire de Stendhal. Capitale culturelle où émerge de façon décisive le débat romantique, témoin et enjeu essentiel d'une géopolitique européenne marquée par l'essor puis le reflux de l'impérialisme napoléonien, par l'émergence de la question "italienne" et du libéralisme sous la Restauration autrichienne, lieu de la découverte, aussi, du sexe, des arts et de l'engagement sérieux dans l'écriture, Milan est pour Stendhal comme un laboratoire de soi dans l'histoire, qui laisse une empreinte forte dans l'ensemble de son oeuvre. Le second dossier aborde les questions idéologiques, culturelles et traductologiques qui ont suscité le débat en Chine, depuis les premières traductions et adaptations de Stendhal en mandarin jusqu'à nos jours, soit avant, pendant et après la période maoïste.
Un grand seigneur est tombé dans des difficultés conformes à l'air du temps et se trouve contraint d'abandonner son train de maison habituel. Avec deux compagnons, qui ne sont pas mieux lotis que lui, il mène la vie d'un pauvre diable, passe par un grand nombre de villes, dont nous ne nommerons que Bagdad, Constantinople et Pans, pour signaler l'ampleur de leurs efforts et des résistances auxquelles ils se heurtent. En chemin, ils rencontrent bien des obstacles, liés à l'amour, à la boisson, au mensonge, auxquels ils n'avaient été exposés jusqu'ici ni de près ni de loin. Lentement, juché sur les épaules des deux autres, le grand seigneur réussit à prendre pied. La paix dans l'âme, il tient. Lui qui ne s'était pas soumis volontairement aux fatigues du voyage, il doit à la fin reconnaître qu'il fut long, mais que cela valait la peine. Accessoirement, c'est l'histoire d'un Adam qui rencontre beaucoup d'Eves, mais non le péché, et qui a du mal à quitter le paradis. Accessoirement, l'histoire d'un tyran qui se croit pareil à Dieu, se trouve précipité dans les plaisirs et les misères de notre existence, et c'est son ascension à la pauvre humanité . C est ainsi qu'Alfred Döblin résume son Voyage babylonien, grand livre comique qui se veut une suite de choses burlesques, gaies, graves, ironiques, etc. La question que pose ce texte est la suivante : comment survivre dans un monde où l'inhumanité triomphe, sans être tenté par la fuite et sans devenir cynique. D'une verve exceptionnelle, le roman révèle, à travers cette immense et jouissive déambulation, le goût des chemins de traverse, de la légèreté et de la dérision, et surtout une liberté totale d'invention.
Ce récit revient sur les prétendues vacances allemandes des prisonniers français en Allemagne. Incarcérés de l'autre côté de la frontière, alors que la France est occupée, ces soldats eurent durant longtemps une image de déserteurs. En les traitant de lâches et de dégonflés, la propagande vichyste a mis sous le tapis un ensemble de trajectoires et de paramètres que l'auteur de cet ouvrage s'emploie à réhabiliter.
Homère était assurément aveugle, mais seulement au moment de chanter; auparavant, il avait eu un regard tranchant et incorruptible, il connaissait sur le bout des doigts la société et la terre grecques et troyennes. Les écrivains et les poètes constituent une espèce particulière de savants et c'est pourquoi ils tiennent fermement sur la terre. La littérature n'est pas une forme d'idiotie. C'est seulement dans les Etats libéraux modernes, ceux qui se sont voués au commerce, à la banque et à l'industrie, au capital et à l'armée, que pouvait s'implanter cette parole de mépris: "L'art est libre", c'est-à-dire complètement inoffensif. Ces messieurs et mesdames les artistes peuvent bien écrire et peindre ce qu'ils veulent; nous relions cela en cuir, y jetons un oeil ou l'accrochons au mur, nous fumons là-dessous nos cigarettes, les tableaux intéressent aussi éventuellement le commerce de l'art. L'artiste aujourd'hui doit se créer lui-même sa liberté. L'art agit et il a des tâches à accomplir.
Auteur de Berlin Alexanderplatz, Alfred Döblin (1878-1957) met une nouvelle fois sa prose au service d'une vision du politique: le portrait baroque de la guerre de Trente Ans (1618-1648), véritable sujet de Wallenstein. Ce roman, jusqu'ici inédit en français, suit les avatars d'un condottiere déjà moderne, prenant l'histoire en cours de route, dans une Europe ensanglantée que l'auteur livre dans son quotidien foisonnant de personnages et de scènes de bataille, d'intrigues diplomatiques et de banquets fastueux.
Entre le XVIIIe et le début du XXe siècles, la presse, les éditeurs et les salons parisiens lancent des auteurs russes en Europe et rehaussent leur réputation dans leur patrie. Les succès des lettres propagent l'image positive de l'Empire. Quelles stratégies politiques, éditoriales, mais aussi mondaines doivent déployer écrivains, intellectuels et diplomates russes en France afin de conquérir l'opinion publique française ? Sont analysées, plutôt que la réception des oeuvres, les manoeuvres qui contribuent à programmer une fortune littéraire, et la part respective qu'y prennent écrivains, éditeurs, traducteurs, journalistes et diplomates. En contribuant à repenser les mécanismes de la sociologie littéraire, c'est un volet inédit des relations littéraires franco-russes que l'ouvrage révèle.
Linguistique anglaise et oralité : vers une approche intégrée émane du travail collectif du réseau informel OSLiA (Oral spontané et linguistique anglaise). L'ouvrage fédère les approches de linguistes oralistes animés par un même questionnement : selon quelles modalités appréhender l'oral pour l'analyser ? Ce n'est pas un intérêt pour le matériau sonore analysé pour lui-même (réalisations phonétiques fines) qui rassemble les auteurs, mais plutôt une réflexion sur la composante phonique comme partie intégrante de la construction du sens et de la structuration du discours en oral spontané. L'ouvrage s'inscrit tout d'abord dans une filiation méthodologique issue de la linguistique énonciative. Dans un second temps, il rend compte de la structuration et de l'agencement discursifs à l'oral comme enjeux pour faire sens du flot continu de la langue. Enfin, l'ouvrage met en lumière l'interface entre construction du sens et prosodie.
Ce livre ouvre une réflexion, dans le champ de l'esthétique, sur les ressources de l'écriture pour mener une analyse de film. Il s'agit moins d'exposer une méthode que d'étudier les conditions et les processus permettant de rendre compte de l'expérience sensible des oeuvres dès lors que style, composition, fonction poétique du langage ne sont pas apparat ou ornement, mais, simultanément, conduite, pratique et manifestation de la pensée. D'autres écritures analytiques, qui mobilisent des outils sonores et visuels, sont également abordées. Essai filmique, expérimentation numérique ou carte interactive, leurs formes multiples et suggestives continuent de s'inventer, comme autant de propositions performatives et de cheminements à même la matière des sons et des images. C'est l'ensemble de ces gestes d'écriture de l'analyse que cet ouvrage explore.
Indexée sur l'expérience d'un lieu, l'écriture de Jean Rolin se situe au coeur des renouvellements thématiques et esthétiques de la littérature de ces trente dernières années : à partir d'une immersion dans un espace concret - visite réitérée, incursion, séjour prolongé - elle définit une forme littéraire située au croisement du documentaire et du romanesque, en prise sur les espaces contemporains, tentant d'élaborer les conditions d'un possible témoignage. Selon quelles modalités s'opère la saisie incarnée et située d'un territoire ? Comment l'expérience vécue est-elle recomposée par l'écriture, en marge des catégories génériques du reportage ou du récit de voyage ? Comment s'actualise la situation de l'écrivain dés lors que son rapport au monde prend soin d'écarter toute prétention didactique ? C'est à toutes ces interrogations que ce volume s'efforce de répondre à travers des lectures croisées, qui font dialoguer entre elles les différentes oeuvres de Jean Rotin pour mieux en cerner les constances, les récurrences et les évolutions.