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Après l'amour
Vannouvong Agnès
MERCURE DE FRAN
16,50 €
Épuisé
EAN :9782715234185
SéparéesÇa se passe très vite. Paola me quitte. Je bascule hors d'une zone de sécurité. Je glisse et, déjà, je construis ma défaite. D'avance, je connais le prix de la séparation. L'absence de la peau, du rire, du parfum. Alors j'anticipe et accomplis les gestes de premiers secours. Vite, je me relève, je respire dans la vague, je me rassemble.Tu claques la porte, tu me regardes comme si c'était la dernière fois. On ne se reverra que chez le notaire. Tu vends tout, dans une apnée convulsive. Tu m'informes par courrier électronique de ta stratégie d'évidement. Tu construis un espace vide où l'air se raréfie. Les meubles seront bientôt trop grands pour nos deux petits appartements de solitude. Ils disparaissent les uns après les autres et déposent sur le parquet une légère trace de poussière. C'est bien connu, la séparation fait fondre les graisses et appauvrit économiquement. Elle dépossède des biens acquis et déprogramme la mémoire affective. Elle laisse sur le carreau, avec une boule d'angoisse plantée bien droit, dans chaque muscle. Tu ne tergiverses pas. Je ne résiste pas. Je suis surprise par la force de ta détermination. Dans ce bras de fer sans corps et sans parole, le royaume de l'af-fect est banni. Il est un antidote à la douleur. Paola a l'élégance d'attendre la fin de ma thèse pour passer à l'action.- Je te préviens, j'organise le pot de soutenance. Pour les courses, le ménage et le reste, tu te débrouilleras.Elle avait tenu sa promesse. Malgré le titre de docteur es lettres qui m'avait coûté une vie de rat de bibliothèque, Paola m'avait quittée pour la bouchère du coin. Dix ans de moins au compteur. Le teint rougi par les chairs animales découpées au petit matin. Derrière les vitres réfrigérées, les doigts sont sanglés de bagues plaquées or. Je m'aperçois de leur liaison un dimanche. La jeune bouchère double le reçu de la carte bancaire d'un billet doux. J'intercepte le message, au milieu d'un nuage de carottes, oignons nouveaux, topinambours, roquette, magret de canard et bouchées à la reine. Le quartier entier se marre, dans la lumière âpre du matin sale. Je suis horrifiée. Dans la boucherie, boulevard Voltaire, les petites vieilles temporisent. Il faut que jeunesse se passe! Les vieux rient et s'en vont finir leur ballon au bistrot. Je regarde Paola, rougeaude comme la bouchère aux joues rôties.Paola part sans préavis. Me revient en tête la plaisanterie préférée de mon amie Maggie qui vit à Park Slope, l'extension américaine de Lesbos. Que font deux lesbiennes lorsqu'elles se rencontrent pour la seconde fois? Silence interrogateur. Elles emménagent ensemble. Maggie m'avait rapporté cette blague à l'époque où je partageais sa maison à Brooklyn. Le week-end, on assistait aux matchs de base-ball des équipes féminines. On admirait les prouesses sportives de la Fem's team, Suprem Dyke ou TrannyPussy ball. Dans le public jappait une horde de chiens, au milieu de poussettes d'où sortaient les têtes de bébés inséminés nés sans drame et sans père.
Résumé : Deux amies romancières tentent d'apaiser leurs angoisses existentielles en consultant des voyants et autres pratiquants des sciences divinatoires. Agnès, malheureuse en amour, se demande continuellement : vais-je trouver la femme de ma vie ? Julie, quant à elle, voudrait résoudre l'énigme familiale autour de son oncle et de sa tante qui se sont donné la mort. La quête de soi de ces Thelma et Louise de l'invisible, qui nous entraîne dans l'univers trouble et troublant des extralucides, se transforme peu à peu en une émouvante odyssée humaine. Ode à la sororité, mal-être générationnel, secrets de famille sont au coeur de situations et de dialogues à l'humour omniprésent, à l'autodérision salvatrice. Julie Estève est née à Paris en 1979. Diplômée en droit et en histoire de l'art, elle est critique d'art. Elle a publié chez Stock Moro-sphinx (2016), Simple (2018) et Presque le silence (2022). Agnès Vannouvong est née à Bangkok en 1977. Elle enseigne les Gender Studies à l'Université de Genève. Elle a publié quatre livres au Mercure de France : Après l'amour (2013), Gabrielle (2015), Dans la jungle (2016) et La Collectionneuse (2019).
Détective privée, Frédérique est chargée d'enquêter sur une double disparition : celle de l'énigmatique Victoria, figure people du monde de l'art contemporain et grande collectionneuse ; et celle d'un tableau de Francis Bacon inestimable, L'homme au lavabo. De galeries en foires d'art internationales, de Paris à Hong Kong, en passant par Bruxelles, Pattaya, Bâle et Miami, Frédérique découvre un monde dont elle ignore tout. Elle qui n'assume guère sa féminité et qui, depuis plus de deux ans, vit dans la chasteté va se trouver confrontée à des créatures de toutes les tentations. Dans cette incroyable quête, Frédérique retrouvera-t-elle aussi le goût du désir ? Avec La collectionneuse, Agnès Vannouvong explore les rapports de l'argent et de la beauté, de l'art et de la sexualité.
Loin d'être une idéologie, le genre est un champ de recherches, un outil théorique et méthodologique qui traverse la littérature, la philosophie, la sociologie, l'histoire des idées ou encore l'art. Puissant levier conceptuel, il pose des questions existentielles et universelles qui nous renvoient à nous-mêmes?: qu'est-ce qu'une femme, un homme, un(e) intersexe ? Qu'est-ce que la féminité, la masculinité ? Quelle est l'importance du corps, de l'identité et de la sexualité dans la construction et le devenir de soi ? Dans cet ouvrage, Agnès Vannouvong fait le point sur l'exploration des identités sexuelles, sociales et imaginaires à travers la littérature et l'art.Une analyse fine et passionnante, marquant une volonté d'éclairer ces questions afin de les rendre lisibles et accessibles.Agnès Vannouvong enseigne les Études Genre à l'université de Genève. Elle est l'auteure de nombreux travaux sur la littérature française et l'art contemporain. Elle est également romancière.4e de couverture : Loin d'être une idéologie, le genre est un champ de recherches, un outil théorique et méthodologique qui traverse la littérature, la philosophie, la sociologie, l'histoire des idées ou encore l'art. Puissant levier conceptuel, il pose des questions existentielles et universelles qui nous renvoient à nous-mêmes?: qu'est-ce qu'une femme, un homme, un(e) intersexe ? Qu'est-ce que la féminité, la masculinité ? Quelle est l'importance du corps, de l'identité et de la sexualité dans la construction et le devenir de soi ? Dans cet ouvrage, Agnès Vannouvong fait le point sur l'exploration des identités sexuelles, sociales et imaginaires à travers la littérature et l'art.Une analyse fine et passionnante, marquant une volonté d'éclairer ces questions afin de les rendre lisibles et accessibles.Agnès Vannouvong enseigne les Études Genre à l'université de Genève. Elle est l'auteure de nombreux travaux sur la littérature française et l'art contemporain. Elle est également romancière.
Résumé : Le jour baisse déjà lorsqu'ils franchissent un mur de pierres sèches pour se frayer un chemin en direction d'une petite baie. "Ferme les yeux, Martha, et attends que je te dise de les rouvrir". Puis au détour d'un rivage, il dit : "Maintenant". Devant eux, le ciel est en feu, rouge sang et or. Peu à peu il s'assombrit, devenant violet, puis noir, avant que la grande boule de feu ne tombe dans la mer. C'est sur la côte ouest de l'Irlande, au sein d'une nature sauvage, âpre et magnifique à la fois, que Martha, qui vit et enseigne à Londres, est venue faire le point sur sa vie. Son mari, irlandais, brutalement décédé, possédait là-bas un cottage, dans son village natal, face à l'océan et aux inquiétantes îles Skellig. Il y allait souvent - seul ? - et elle plus rarement. Il y a la pluie, les embruns, les feux de tourbe, d'incroyables couchers de soleil, les pubs enfumés où tout le monde chante de vieilles balades. Et des rencontres, souvent inattendues.
Johnston Reginald F. ; Thimonier Christian ; Peyre
C'est en 1919 que Johnston devint le tuteur de P'u-Yi, le dernier Empereur de la dynastie Ch'ing qui, sans aucun pouvoir politique, vivait encore dans la Cité interdite avec une cour, des serviteurs et toutes les préséances qui étaient dues à son rang. Johnston bénéficiait d'un traitement de faveur particulier auprès de l'Empereur : lorsqu'il entrait dans une pièce où se trouvait l'Empereur, ce dernier devait se lever et attendre qu'il se fût assis. Ce professeur anglais raconte ses journées d'enseignement avec P'u-Yi, certains de ses traits de caractère, son intelligence et son intérêt pour la politique de la toute nouvelle République. Johnston décrit également le mariage de l'Empereur, et d'autres scènes privées auxquelles il lui fut donné d'assister ou de participer. Il nous donne une vision très intéressante de la vie de cour à l'intérieur de la Cité interdite, toujours avec un souci d'historien de la pensée philosophique ou politique chinoise. C'est de la Cité interdite - où arrivaient jounaux et messagers de toute la Chine - que Johnston voyait se mettre en place les rivalités entre partis, factions, et personnalités diverses, jusqu'à la chute de l'Empereur.
Mae découvrit à son réveil que Peter avait disparu. Elle s'assit, tendit l'oreille et se heurta au silence qui enveloppe un espace lorsque la personne que l'on attend n'est pas rentrée. Parfois les gens sortent et ne reviennent pas. Parfois les malheurs surviennent. Mae le sait depuis qu'elle a six ans. Peter. Son compagnon... L'homme qu'elle était sur le point d'épouser. Mae va vite découvrir que son "fiancé" est en réalité un redoutable escroc qui a la police à ses trousses. Eplorée, elle retourne chez ses grands-parents, qui l'ont élevée et tiennent une auberge sur les bords du Saint-Laurent. Au sein d'une nature magnifique, mais qui peut se révéler dangereuse quand le fleuve se déchaîne, elle va retrouver et affronter ses souvenirs : la mort inexpliquée de ses parents dans la fonte des glaces, la disparition brutale de son inséparable ami d'enfance, Gabe, les silences de sa grand-mère... Et tenter de trouver des réponses.
Nos manuels d'histoire ne nous en citaient qu'une réplique, de loin en loin. On brûlait alors d'en savoir davantage, d'entendre toute la séance, d'y être. Nous y sommes : voici les procès-verbaux authentiques, officiels et intégraux des grandes audiences du Tribunal révolutionnaire. Documents inestimables, ils restituent toute une époque, dans son tragique presque quotidien, dans ses peurs et ses faiblesses, dans sa grandeur aussi. Ils redonnent également vie aux hommes et aux femmes de premier plan de ce temps : Robespierre et Danton, les Girondins et Madame Roland, Marie-Antoinette, Charlotte Corday et d'autres encore. Rien de plus pathétique ici que la froideur sèche du compte rendu : elle nous installe, si l'on peut dire, en direct avec les accusés, comme à la lecture du reportage d'un envoyé spécial sous la Terreur.
Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron.Non non non non, rassurez-vous, ce n'est pas Le Petit Poucet ! Pas du tout. Moi-même, tout comme vous, je déteste cette histoire ridicule. Où et quand a-t-on vu des parents abandonner leurs enfants faute de pouvoir les nourrir ? Allons...Dans ce grand bois donc, régnaient grande faim et grand froid. Surtout en hiver. En été une chaleur accablante s'abattait sur ce bois et chassait le grand froid. La faim, elle, par contre, était constante, surtout en ces temps où sévissait, autour de ce bois, la guerre mondiale.La guerre mondiale, oui oui oui oui oui.J.-Cl. G.Prix spécial du jury du prix des Libraires 2019.Prix des lecteurs L'Express/BFMTV 2019.
Résumé : Après avoir donné naissance à une petite fille, Cora Salme reprend son travail chez Borélia. La compagnie d'assurances vient de quitter les mains de ses fondateurs, rachetée par un groupe qui promet de la moderniser. Cora aurait aimé devenir photographe. Faute d'avoir percé, elle occupe désormais un poste en marketing qui lui semble un bon compromis pour construire une famille et se projeter dans l'avenir. C'est sans compter qu'en 2010, la crise dont les médias s'inquiètent depuis deux ans rattrape brutalement l'entreprise. Quand les couloirs se mettent à bruire des mots de restructuration et d'optimisation, tout pour elle commence à se détraquer, dans son travail comme dans le couple qu'elle forme avec Pierre. Prise dans la pénombre du métro, pressant le pas dans les gares, dérivant avec les nuages qui filent devant les fenêtres de son bureau à La Défense, Cora se demande quel répit le quotidien lui laisse pour ne pas perdre le contact avec ses rêves. A travers le portrait d'une femme prête à multiplier les risques pour se sentir vivante, Vincent Message scrute les métamorphoses du capitalisme contemporain, dans un roman tour à tour réaliste et poétique, qui affirme aussi toute la force de notre désir de liberté.