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Contre-courant
Valtinos Thanassis ; Ortlieb Gilles
FARIO
17,00 €
Épuisé
EAN :9791091902243
Je préférerais connaître trois cents mots et qu'ils me suffisent pour vivre. Ne pas avoir besoin d'autres mots. Car, au bout du compte, la langue, c'est quoi ? Un esclavage dont on ne s'affranchit pas..." fait dire, dans l'un de ses récits. Thanassis Valtinos à l'un de ses personnages. Ainsi doit s'expliquer pour partie le ton très direct, dru, ce style sans drapé ni fioritures qui le distinguent d'un grand nombre de ses contemporains. C'est que la force et l'efficacité de cette écriture sont ici proportionnelles à son économie, à son dépouillement, à sa précision. Pour l'auteur, il s'agit seulement, au fil d'une conversation avec une étudiante venue l'interroger sur la genèse d'un de ses livres, de cerner la vérité d'aussi près que possible, de la nommer quelquefois. En restant par là fidèle à la perception que chacun peut avoir, au sortir de l'enfance ou longtemps après elle, du paradis et de l'enfer que ressuscite le souvenir de ces années-là : celles des premières lectures, des premières expériences érotiques, des premières tentatives littéraires, bref le creuset d'un certain nombre de premières fois appelées à conditionner pour chacun, on le sait, la plupart des fois suivantes. Dans l'ombre, ici, d'une guerre civile qui aura laissé des traces indélébiles sur la trajectoire d'une vie et l'histoire d'un pays.
En forme de "vie mode d'emploi" à l'échelle de tout un peuple sur dix ans de son existence (de 1960 à 1970), un roman-mosaïque où Valtinos donne une image de la Grèce dominée par les deux grands problèmes de la condition féminine et de l'émigration.
Le dernier Varlamis parcourt, à travers l'histoire d'une famille, celle de la Grèce moderne tout entière, de sa naissance en 1821 aux épisodes scabreux de l'Occupation et de la guerre civile qui lacéra le pays après la Libération. Ce récit, qui constitue également une subtile approche des relations entre histoire et fiction, fut lu par son auteur en guise de discours de réception à l'Académie d'Athènes, en avril 2010.
Ausländer Rose ; Blum Klara ; Celan Paul ; Mathieu
Aux confins de l’empire austro-hongrois, Czernowitz fut au début du vingtième siècle un foyer exceptionnel d’activités et échanges culturels, mêlant des communautés linguistiques et religieuses très diverses et cultivées, comme d’une autre façon a pu le faire Sarajevo ; c’est dans cette ville de Bucovine que naquirent Paul Celan, Röse Auslander ou Aharon Appelfeld. Occupée par la Roumanie après la première guerre mondiale, la ville fut ensuite envahie par les troupes russes puis, à partir de 1941, à nouveau reprise par les Roumains alliés à l’Allemagne. Aux déportations vers l’Est et la Sibérie succèdent alors la violence d’un ghetto, les exécutions massives et la déportation vers les camps sous contrôle nazi. Ce livre est une création originale, constitué de proses, de lettres, de fragments de journaux intimes, de poèmes, écrits entre 1941 et 1944 par des écrivains et artistes juifs de langue allemande originaires de Czernowitz. La chronique de ces années relate à la fois la déportation et la vie dans le ghetto. Les textes, hantés par la tentative de survie par et dans l’écriture, se succèdent pour tisser une série de témoignages croisés dont émergent des fragments poétiques d’une grande intensité, d’une certaine façon rendus à la matrice des jours dont ils sont tout ensemble le fruit et la transfiguration. Cet ensemble constitue un témoignage inédit sur ce que les historiens ont appelé la « Shoah par balles ». François Mathieu avait déjà entrepris un premier travail de traduction de poètes de Czernowitz (Poèmes de Czernowitz. Douze poètes juifs de langue allemande, éditions Laurence Teper, 2008). Les sources en sont ici multipliées, débordant le cadre de la seule écriture poétique et faisant appel à des textes témoignages de prosateurs et d’artistes. Des cartes et une introduction en précisent le cadre historique et géographique.Les textes assemblés puisent dans un très grand nombre d’ouvrages publiés en allemand et pour la plupart jamais traduits. Parmi les auteurs assemblés ici, citons Rose Ausländer, Paul Celan, Alfred Gong, Alfred Kittner, Jacob Meltzer, Ilana Shmueli, Immanuel et Isaac Weissglas, ou le peintre Arnold Daghani.