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Lecture à Ténérife
Valente José-Angel
UNES
15,00 €
Épuisé
EAN :9782877040150
José Angel Valente appartient par son âge à ce qu'il est convenu d'appeler la génération de l'après-guerre civile - la troisième, pour être précis ; autrement dit cette génération de poètes qui publient leurs premiers livres dans les année 50 au moment où naissent les "novisimos", les "tout nouveaux", qui arrivent à maturité aujourd'hui. C'est dire sa position charnière dans le panorama de la poésie espagnole de ce siècle." Jacques Ancet..."Situé au carrefour de la philosophie et de l'histoire, de la poésie et de la prose, très à l'écoute des voies ouvertes par la musique et la peinture, l'écriture de José Ángel Valente est une des plus vastes et des plus profondes de la littérature estpagnole contemporaine." G. de Cortanze..."José Ángel Valente, un des grands poètes du siècle, mystique, mystique de l'immanence, héritier de la tradition espagnole, nous conduit en ces chemins de l'indicible, il nous rapproche du vide, du rien (...), il ouvre ces chambres d'une interminable clarté voilée." Gaspard Hons
Pour être, la parole poétique doit devenir semblable à la matière, connaître la même liberté, le même déconditionnement. "Peut-être que tout ce que nous appelons esprit est le mouvement de la matière", écrivait Malevitch en 1922. Une telle spiritualité de la matière est, à la fois, le secret et la transparence de l'oeuvre d'Antoni Tàpies. Sa leçon la plus pure.
Parler de Dieu est impossible - mais nécessaire... Les maîtres des écoles de théologie du XIIe siècle ont affronté cette question en utilisant des instruments logico-linguistiques élaborés par les arts du discours de l'époque, mais aussi en menant une réflexion originale, fondée sur des éléments qu'ils trouvaient dans la patristique, le Pseudo-Denys, Augustin, Boèce. En quel sens le discours sur Dieu - le Dieu ineffable - est-il énonçable? Les énoncés du langage ordinaire sont-ils radicalement impropres à parler de Dieu, en raison de leur nature même, leur caractère composé, leurs implications temporelles, la division même en sujet et prédicat? Il fallait alors penser les conditions du "transfert" de ces énoncés à la divinité et l'écart existant entre le discours ordinaire et le discours sur Dieu. Sont-ils dans une équivocité totale, ce qui mine toute possibilité de connaissance, ou dans une univocité supposant un minimum de sens partagé? L'analyse des énoncés théologiques a également conduit à distinguer la "signification" d'un terme de sa "référence" (suppositio). Cette distinction médiévale, dont on savait qu'elle se développait à la même époque dans la logique terministe, avec la même attention à la variation en contexte, s'est aussi construite au sein de la théologie trinitaire, dans le but de justifier et d'engendrer les énoncés orthodoxes. L'étude, qui part des sources antiques pour parcourir les grandes élaborations des théologiens du XIIe siècle, aboutit à une cartographie nouvelle mettant l'accent sur l'apport de l'école de Gilbert de Poitiers. Le caractère novateur et sophistiqué des notions et analyses menées dans les écoles du XIIe siècle se voit ainsi mis en lumière, à la fois pour lui-même et en tant qu'héritage pour la scolastique du XIIIe siècle, qui partagera les mêmes interrogations sur la véracité et la possibilité d'un discours sur Dieu, condition même de la théologie. Biographie de l'auteur Luisa Valente est chercheur en histoire de la philosophie médiévale à l'université de Rome La Sapienza depuis 1999. Elle a étudié les théories du raisonnement sophistique dans l'exégèse biblique chez Pierre le Chantre et est l'auteur de plusieurs articles sur l'école de Gilbert de Poitiers.
Ecoute, mère, me revoici. Je suis dans le narthex où ce jour-là on avait déposé le grand corps de mon aïeul. Les pleurs je les entends encore. Me revoici. Jamais je n'étais parti. M'éloigner ne fut qu'une manière de rester pour toujours.
Voici venir le temps de l'incertitude. Je veux dire que ce qui n'était encore que spectre aimable a pris soudain des contours flous, cotonneux (comme on dit il file un mauvais coton). Est-ce que je m'enfonce ? Je l'ignore pour le moment.
Patiente figure entre l'orgue et l'oranger. Quand ils s'étranglent, chaîne et trame, le fil de la lumière et le fil de la mort tissent l'espace éblouissant.
Sharif Solmaz ; Hanea Raluca Maria ; Heusbourg Fra
Pour ceux qui l'ont vécue, une guerre n'est jamais terminée, toute image mentale lui doit quelque chose, sans elle les images des êtres n'ont pas d'ancrage. Solmaz Sharif embrasse l'histoire récente : la guerre Iran-Iraq, les attaques américaines au Moyen-Orient, Guantanamo... , parce que c'est avant tout son histoire. Née en exil, elle cherche à la fois sa mémoire et son foyer et la guerre est comme un lien naturel au monde. "Mire" est un tableau virtuose de poèmes, de listes, de fragments et de séquences, Sharif rassemble les récits éparpillés de sa famille plongée dans des conflits qui la dépassent mais la plongent dans la destruction. Livre en errance, en migration permanente, en quête d'abri, d'une femme qui n'est chez elle nulle part, qui mesure la distance qui la sépare des êtres perdus. Dialogue morcelé avec des images, Solmaz Sharif nous force à regarder les morts en face, les cadavres d'écoliers, les civils bombardés, les mosquées détruites, le poids de chaque homme. Elle nous force à identifier les corps inertes de notre histoire. "Mire" est saturé par la violation constante de l'intimité, les fouilles au corps, les intrusions policières, les mises sur écoute, les ségrégations. En sécurité nulle part, que ce soit dans le présent ou dans les souvenirs, le rêve américain est une solitude et une déception, avec des uniformes prêts à enfoncer votre porte à chaque instant. Sharif montre aussi comment la violence s'exerce contre le langage. Elle injecte dans son livre des mots tirés du Dictionnaire Militaire Américain ; qui viennent faire exploser le rapport à l'autre, elle expose les euphémismes dévastateurs utilisés pour stériliser la langue, contrôler ses effets et influencer notre résolution collective. Il s'agit de vivre avec "le langage qu'ils ont fait de notre langage", dans l'abîme qui sépare les individus que nous sommes des histoires racontées. Que faut-il tirer de l'abîme pour faire exister son histoire, ses proches emprisonnés et disparus ? Où peut-on porter son histoire dangereuse car sensible comme un champ de mines, précise comme un dictionnaire de termes qui désignent des mises à mort dans l'intervalle de la mire à l'écran, l'ordre de tirer et l'impact. Mais Un élan de survie, une sensualité limpide nous signalent la présence d'une conscience lumineuse, un étonnant apaisement.