Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
ARNOUL DE LISIEUX (1105/1109-1184) - LETTRES D'UN EVEQUE DE COUR DANS L'EMBARRAS
TURK EGBERT
BREPOLS PUBLISH
61,32 €
Épuisé
EAN :9782503551135
Si la cour d'Henri II d'Angleterre (1154-1189) a connu des évêques partisans du roi ou, comme le montre le cas de Thomas Becket, des adversaires farouches, Arnoul de Lisieux a été un homme de compromis, convaincu de la nécessaire collaboration du regnum et du sacerdotium. Voué aux gémonies par le parti de Becket, Arnoul n'a pas su gagner pour autant la sympathie indéfectible d'Henri II. Sa carrière d'évêque de cour fut pour lui jusqu'à la fin une source d'inquiétude et d'insatisfaction, comme le montrent ses lettres. Harmonieux au début du règne, les rapports avec le roi se sont rapidement refroidis, et si Arnoul comptait, entre 1164 et 1172, parmi les curiales influents, à la suite de la révolte des princes royaux (1173-1175) contre leur père, il a perdu la confiance du monarque. Sachant que le roi ne pardonnerait pas s'il avait conçu de la haine pour quelqu'un, l'évêque dut assister, impuissant et endetté, à la perte de ses revenus. Poussé vers la sortie par Henri II, il se retira, en 1181, à Saint-Victor, où il mourut (1184). Sous Henri II, vouloir être à la fois l'ami du pape et du roi fut une erreur lourde de conséquences pour qui avait des ambitions politiques.
L'essor des villes au XIIe siècle s'accompagne de l'apparition d'un nouveau groupe social, les intellectuels. Ces magistri qui écrivent, enseignent et se déplacent à travers l'Europe naissante commencent de peupler, à partir du règne d'Henri II Plantagenêt, les cours des puissants à la recherche d'un personnel qualifié pour structurer une administration en gestation, ce qui offre aux ambitieux l'occasion de faire carrière, même s'ils sont d'origine modeste. Pierre de Blois, issu de la petite noblesse bretonne, appartient à ce groupe émergeant. Maître ès arts et poète célèbre, il se laisse emporter par la perspective d'un rôle de premier plan et se retrouve d'abord à la cour royale de Palerme, précepteur du jeune Guillaume II et garde des sceaux. Revenu en France après l'échec politique de l'équipe qu'il avait suivie en Sicile, il est appelé par Henri II en Angleterre. Cependant, au sortir d'une grave maladie, rongé de remords, il quitte ses fonctions auprès du roi pour offrir ses services aux deux successeurs de Thomas Becket à Cantorbéry. Véritable cas d'espèce, Pierre de Blois n'a pas voulu profiter des avantages que lui réservait sa position privilégiée pour rejoindre le cercle dirigeant de son temps. Pris dans un conflit devenu pour lui presqu'existentiel au fil des ans, il condamne finalement, au nom de sa déontologie, son ambition de vouloir jouer un rôle prééminent: diacre, il ne doit pas s'engager dans les affaires du monde. La peur des compromis, voire des compromissions, l'a donc fait renoncer au but ultime de nombreux magistri, l'épiscopat, et à l'exercice d'un pouvoir spirituel et temporel. S'il s'est contenté du rang d'archidiacre, il ne s'est pas lassé d'encourager les décideurs de l'époque à résoudre son propre problème: accorder action publique et préceptes chrétiens.
Les commissions permanentes, instruments du renouveau du Parlement sous la Ve République: cette affirmation peut sembler paradoxale, si l'on considère que, depuis 1958, les commissions permanentes, organes internes d'un Parlement lui-même très affaibli, sont parmi les premières cibles du parlementarisme rationalisé. Pourtant, en tant qu'organes de travail, elles sont au coeur d'une rénovation des modes de délibération et des conditions du fonctionnement interne des assemblées. Et en tant que bras armés du Parlement, elles contribuent activement à la revalorisation de son rôle dans les institutions, bénéficiant d'une série de réformes et d'évolutions de grande ampleur, en matière de contrôle budgétaire, de suivi des activités européennes, d'évaluation de la législation et des politiques publiques, ou même de "diplomatie parlementaire". Face à l'évolution des enjeux et des conditions de l'action parlementaire, la question de l'autonomie de ces organes spécialisés, affirmant leur identité au sein du système parlementaire s'avère déterminante en vue, notamment, de la rénovation des fonctions du Parlement, d'une amélioration du statut de l'opposition et de la légitimation du bicamérisme. Cette thèse a reçu le Prix de thèse 2003 de la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Lille.
Si l'on ne sait toujours pas qui se cache sous le pseudonyme de l'auteur du Livre du royaume de Sicile, son texte nous trace un tableau saisissant des soubresauts qu'a connus le royaume après la mort de Roger II (1154).La personnalité éminente du premier roi de Sicile disparue, on voit les forces centrifuges affronter les forces centripètes dans une lutte acharnée, entre rébellions, complots, assassinats et répression. Représentées d'abord par l'aristocratie des différentes provinces, les forces centrifuges subissent finalement un cuisant échec dans leur combat contre Guillaume Ier (1154-1166), ce qui consolide le pouvoir central et permet au roi d'exclure de la gestion des affaires les membres de la noblesse.Par des décisions malhabiles, la régente, Marguerite de Navarre, ranime cependant l'opposition et les rancoeurs des grands écartés par le roi défunt et se tourne alors vers les Transalpins, Français ou Normands, membres de sa famille. C'est l'expulsion systématique de ces étrangers, au moyen d'intrigues, de complots et de révoltes, que l'auteur, souvent témoin oculaire, nous fait vivre dans la deuxième partie de son ouvrage, avec la victoire finale des forces centripètes : le règne de Guillaume II (1166-1189) pourra se dérouler sous le signe de la stabilité politique dans un royaume dirigé, à partir de Palerme, par un cercle étroit de natifs du royaume fidèles au monarque. Quinze années de troubles politiques ont favorisé l'émergence d'une prise de conscience identitaire susceptible de transformer les régions hétéroclites de l'Italie du sud, conquises ou héritées par Roger II, en un tout au destin commun.