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Révérends Pères
Turine Jean-Marc
ESPERLUETE
16,00 €
Épuisé
EAN :9782359841503
J'écris, pour la première fois, sur des comportements ou des agissements qui se sont produits il y a près de soixante ans pendant lesquels les eaux glacées de la souffrance ont coulé sous les cieux illisibles et pourtant d'une évidence à crever les yeux. Il s'agit de raconter une nuit, une longue nuit de plusieurs années, une éclipse de joie de vivre, un brouillage certain dans le cheminement d'une vie véritablement éclose avec un retard considérable. Jean Marc Turine remonte le fil de sa mémoire et raconte ce qu'il a tant voulu oublier : les agressions sexuelles répétées, lorsqu'il était jeune garçon, par des membres du clergé. Il déroule les faits et navigue entre le récit factuel, cru, et l'émotion intense ; il réussit à garder cet équilibre précaire, entre le recul nécessaire à l'écriture et la répugnance des souvenirs évoqués. Ecoeurement, dégoût, colère, les émotions remontent. Depuis toujours, la force du travail de Jean Marc Turine réside dans sa capacité à dénoncer sans relâche les injustices, de donner la parole aux sans-voix, aux opprimés de la société. Après trente-cinq ans de travail acharné, de créations radiophoniques, de livres de résistance, il prend la parole pour lui-même et l'enfant qu'il était et permet à son enfance meurtrie de trouver les mots de sa blessure. L'importance de ce texte réside dans son honnêteté, il n'occulte rien, ni la part d'ombre, ni le déni, ni la difficile construction en tant qu'homme adulte. Au-delà de l'horreur, il éclaire également l'oeuvre littéraire d'un homme épris de justice.
Résumé : Jean Marc Turine n'a pas cherché à écrire une nouvelle biographie de Marguerite Duras, ni un journal de bord relatant vingt-cinq ans d'amitié avec l'une des figures les plus emblématiques de la littérature et du cinéma de la deuxième partie du XXème siècle. Il s'agit d'un texte intimiste, d'un regard de complicité posé sur une amie qu'il sait fort bien distinguer de la Duras, personnage public, mondain, bientôt "mondial" , et dont les indiscutables défauts sont évoqués avec une indéfectible tendresse. C'est ainsi que Marguerite nous devient presque familière et que nous lui découvrons d'étonnantes couleurs : d'une avarice devenue légendaire chez ses proches à une folle générosité, de la douleur d'une solitude grandissante à l'humour et aux rires partagés, de ses absences à l'autre de plus en plus fréquentes dans ses dernières années à la plus rayonnante intensité de présence. A travers toutes ces sautes d'humeur et jusque dans l'épreuve de la maladie voire d'accès de folie, Jean Marc Turine restera d'une fidélité qu'aucun vent ne saura plier, d'une amitié "inoxydable" , pour le meilleur et pour le pire. Jean Marc Turine n'a que vingt-quatre ans et toutes les audaces quand il écrit pour la première fois à Marguerite Duras, en 1971. Elle refusera sa proposition de tourner Le Ravissement de Lol V. Stein, l'une de ses grandes oeuvres, mais l'invitera à participer au tournage de Jaune le Soleil. De cette première rencontre naîtra leur amitié. Au fil des récits et des ans, nous faisons connaissance avec le groupe d'amis autour du 5 rue Saint-Benoît, 3ème étage gauche. Edgar Morin, Elio Vittorini, Robert Antelme, François Mitterrand... - des personnalités qui ont fait le XXème siècle. Pour la première édition (2006), l'auteur a attendu dix ans après la mort de la romancière-cinéaste avant de publier ses souvenirs. Il les complète ici par les événements marquants qui ont entouré la mémoire de Marguerite Duras jusqu'en 2023.
Jean Marc Turine nous plonge dans la sauvagerie de la Première Guerre mondiale. Georges Parment, médecin de campagne, se trouve entraîne à exercer sur le front. Il y deviendra Foudrol, cet homme qui, ayant choisi "la part d'ombre" de son art, donne la mort lorsque l'espoir n'est plus ; et qui, par là, devient fou. Abandonnant femme et enfants, il se lance dans une errance qui devient au fil du récit une véritable quête intérieure, loin de toute convention ou idée reçue. Une folie que l'on qualifierait volontiers de lucide face aux errements de ses contemporains et à l'absurdité de la guerre. Un roman à l'écriture vive et nécessaire qui entraîne le lecteur au fond des questions de vie et de mort, de paix et de guerre, et qui le confronte à un personnage attachant, dont la guerre interne trouve une résonance frappante dans notre propre actualité. Bernard Villers pointe à la fois la structure du roman - il met en avant l'involontaire coïncidence des quatorze chapitres du livre avec les quatorze stations du Christ en croix - et la constance du roman par la répétition d'un noir sans fond.
Un livre à quatre voix et peut-être un livre pour quatre voies Quatre voix qui s'entrechoquent, s'entremêlent Quatre voies qui se tissent pour se perdre Quatre voix qui s'étreignent et s'éteignent Chaque voix trace sa voie. Chaque voie porte une voix Chaque voix vibre à l'écoute des vents, des nuages, des pluies Chaque voie s'égare dans la nuit des souvenirs C'est ainsi que l'auteur ébaucherait une présentation de son roman. Comme à bout de souffle devant l'incommensurable silence qui se dégage de son propre ouvrage. Autour du viol d'un enfant, David, à sauver, à aimer. Quatre personnages nous parlent de son histoire. Axel, l'homme qui, le recueillant, va le sauver, au-delà de sa vie. La fille de cet homme, Claire, elle-même survivante, qui, le recueillant, va l'aimer au-delà de sa vie. La meilleure amie de Claire, Palmyre, celle qui est faite pour l'amour, pour la vie, et qui reste, elle, et témoigne. Et lui, David, il l'écrit dans son cahier, son histoire, et peu à peu, on ouvre ce cahier. Toute sa vie, David la dit avec ses mots, avec son orthographe et sa grammaire de dyslexique, à l'encre de ses peurs, de ses incompréhensions, de ses émerveillements, de ses curiosités, de ses joies, de sa détresse d'orphelin, de sa douleur insurmontable, de sa colère aussi. Une sourde colère. Et un amour immense. Mais une immense colère.
Un homme s'adresse à une petite fille de Mê Linh, une ville du nord du Viêt Nam. Il l'a rencontrée chez elle. Elle s'appelle Liên et le temps n'est rien pour elle. Elle vit une existence saccagée. Son père contaminé par l'Agent Orange pendant la guerre américaine lui a transmis la maladie. Jean Marc Turine a rencontré ces familles victimes de la dioxine. Il leur adresse une longue supplique étayée de données factuelles. Il y déverse sa colère et sa révolte mais aussi son incompréhension, son amour et son impuissance. Il lui reste les mots pour éloigner les larmes. Un témoignage, comme une mélopée criée, qui réveille nos consciences.
Ecrire une histoire ou un scénario de film d'animation, ce n'est pas si facile. On connaît l'angoisse de la page blanche, mais imagine-t-on la multitude de questions qui se posent à l'illustrateur lorsqu'il commence un projet ? Faut-il commencer par créer les personnages ? Travailler sur les recherches graphiques ? ou bien se plonger dans des lectures en quête de références ? Quels outils utiliser ? Mon idée convient-elle à un film d'animation ou vaut-il mieux imaginer un livre ? Quelles sont les différentes étapes pour mettre une histoire en images ? Nicolas Bianco-Levrin est auteur, illustrateur, réalisateur de films d'animation. Il a travaillé pour différents journaux et institutions, ce qui lui a permis d'appréhender le processus créatif de diverses manières. Au fil de ses parutions, il a forgé des outils, développé une méthode, mis des mots sur les Etapes préparatoires à son travail. Etayé de nombreux exemples concrets, le livre présente de manière très complète les procédés d'élaboration et de fabrication d'une histoire et propose des pistes de réflexion à ceux qui souhaitent se lancer dans l'écriture d'une histoire en images, qu'elles soient fixes ou animées. Certaines étapes sont communes à tous, comme l'élaboration d'un storyboard, les crayonnés, les recherches documentaires ; d'autres sont propres à chacun, selon ses envies, habitudes et mode de fonctionnement. Ce manuel est un outil très concret qui aidera les auteurs et illustrateurs en herbe à se lancer, mais aussi tout un chacun à mieux comprendre les étapes qui précèdent l'élaboration et la réalisation d'un album ou d'un film d'animation.
Faire ses blancs pains, au Pays des Collines, c'est pétrir le drap du lit comme pour préparer une offrande pour l'au-delà. Ce geste annonce alors que la mort est proche et que le mourant, doucement, se prépare. En trois textes qui s'enchaînent, Françoise Lison-Leroy interroge la place prise par chacun dans sa famille, les présents comme les absents, ceux à la longue vie ou les enfants partis trop tôt. Comme cette tante de deux ans, emportée par la fièvre dans un temps où la vie des enfants était plus fragile. Au cimetière du village, sa tombe côtoie celles d'autres enfants ; un respect sacré, partagé, inné, entoure ce petit coin du cimetière. Sa présence habite les pensées et les promenades de l'auteur. Evocations légères, souvenirs, bribes glanées au fil des pérégrinations, mémoire de la famille... ce qui reste de vie pour ceux qui grandissent. Précédée par cet enfant, l'auteure se sent aussi portée par celle qui lui offre alors une bienveillante attention. Elle tisse un monde où les sentiments se transmettent par delà les mots. Diane Delafontaine accompagne ce texte d'images qui, elles aussi, s'ancrent au passé comme au présent. Une manière de faire le lien et de donner au texte une tonalité faite de photos anciennes et de retouches à l'encre.
Un livre dans lequel on apprend qu'Une rose est une rose est une rose est une rose et où Gertrude Stein donne la pleine mesure de son écriture - répétitive, musicale et poétique. Mécène et porte-parole du cubisme, elle en a assimilé l'esprit dans ce livre destiné à l'origine aux enfants qui devint rapidement un des textes majeurs de l'avant-garde.