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LETTRES DU GRENIER DE WILNO
TSVETAEVA MARINA
DES SYRTES
16,00 €
Épuisé
EAN :9782845450912
En 2001, au cours d'un voyage à Vilnius, Wladyslaw Zawistowski, poète et dramaturge polonais, trouve dans le grenier de sa grand-mère, Natalia Hajdukiewicz, douze longues lettres de Marina Tsvetaeva écrites entre 1934 et 1935. Le plus étonnant dans cette découverte est la figure de la destinataire Natalia, une petite enseignante de Wilno, étrangère au monde littéraire, inconnue à Moscou comme à Paris et qui, pourtant, a occupé une place indéniable dans la vie de la poétesse. Outre l'histoire de cette découverte miraculeuse, non moins touchante est la teneur de ces lettres. 1934 représente un moment de crise dans la vie de Marina Tsvetaeva, peut-être même l'année déterminante de son suicide sept ans plus tard. Or cette correspondance projette dans la lumière tout son être et son mal-être. Marina Tsvetaeva y fait fi de toute pudeur : le c?ur, l'âme, la politique, la famille, mais aussi ses préoccupations terre à terre et domestiques - tout peut se dire à une amie lointaine, inconnue, et tout ce qui se dit est bouleversant.
Comme la grande histoire de la Russie où elle voit le jour en 1892, l'histoire de la vie de Marina Tsvetaeva est en son fond terriblement tragique ; une vie d'exil à travers l'Europe, Berlin, Prague et Paris, avant de retrouver la Russie, ou plutôt l'URSS, en 1939, et de s'y donner la mort, en se pendant, deux ans plus tard. Une vie faite de privations, de pauvreté et d'isolements, mais celle aussi d'une oeuvre écrite hors du commun, qui se compose de cycles poétiques, de récits et d'essais et d'une correspondance avec des écrivains de premier plan, comme Boris Pasternak ou Rainer Maria Rilke. Une oeuvre où se trouve aussi ce bien étrange récit épistolaire, rédigé en 1933, en français, à partir d'une matière première dans laquelle elle puise : neuf lettres réellement adressées à l'éditeur Abraham Vichniak dix années auparavant, auxquelles est ajoutée une lettre de ce dernier. Une matière première qu'elle réécrit, transpose, et à laquelle elle ajoute une postface ainsi que le récit d'une dernière rencontre avec Vichniak au cours d'un réveillon quelques années plus tard. Un récit singulier qui se fait au moins le témoin des passions amoureuses qui ont bouleversé l'existence de Marina Tsvetaeva. Ce récit, au cours des années parisiennes, ne trouvera pas alors preneur auprès de l'édition française. Il ne paraîtra pour la première fois qu'en 1983, en Italie, sous le titre Le Notti fiorentine. Puis il faudra attendre le remarquable travail des éditions Clémence Hiver pour le voir paraître, enfin, en France, en 1985, sous ce titre : Neuf lettres avec une dixième retenue et une onzième reçue.
Résumé : " J'ai lu votre livre. Vous m'êtes proche comme toutes les femmes qui écrivent. Ne vous offusquer pas de ce "toutes", - toutes n'écrivent pas : écrivent celles entre toutes. Donc, vous m'êtes proche comme tout être unique et, surtout, comme tout être unique féminin. " En réponse aux Pensées d'une amazone (1920) de Natalie Clifford Barney (1876-1972), Marina Tsvetaeva écrit en 1932 une longue lettre où elle s'attache, en particulier, à définir les inquiétudes de deux femmes qui s'aiment et sont privées de la possibilité d'avoir un enfant. Dans une langue éblouissante, Marina Tsvetaeva livre dans ces pages une réflexion profonde et poétique sur l'amour des femmes entre elles.
Résumé : Boris Pasternak (1890-1960) et Marina Tsvetaeva (18921941) s'étaient rencontrés à Moscou en 1918. Ce n'est qu'en 1922 qu'ils se sont véritablement découverts au travers de leurs écrits respectifs. Pendant quatorze années, ils ont entretenu une correspondance d'une densité et d'une intensité rares dans laquelle se tissent, étroitement mêlées, passion sentimentale et poésie, sur fond d'époque historique et d'histoire littéraire. Il faut lire les lettres de Tsvetaeva et de Pasternak comme leur poésie, comme une oeuvre à part entière. Loin d'être en marge de leur destin littéraire, les lettres étaient, au coeur même de celui-ci, laboratoire de l'écriture - mais également laboratoire de la vie, car c'est au gré de ces lettres que se façonnent les événements majeurs de leur biographie.
Ce qui est terrible chez un enfant, ce n'est pas tellement de savoir qu'il n'est pas aimé, et pourtant c'est important, mais c'est de ne pas pouvoir aimer parce que ce noble sentiment est rejeté des autres." Ces mots bouleversants sont ceux de Daniel, un de ces "fils de Boches", de ces "enfants de la honte", ou de la "collaboration horizontale", comme les qualifiaient les patriotes zélés de 1945, les premiers à prendre la tondeuse pour stigmatiser le comportement des mères qui, aujourd'hui encore, se terrent dans la souffrance. Ces enfants maudits, niés avant même leur naissance, mis au ban la société, seraient aujourd'hui 200 000, estime-t-on à l'Institut d'histoire du temps présent. Nés de liaisons clandestines entre des jeunes appelés de la Wehrmacht, l'ennemi, et des femmes d'un pays qui les accueillait malgré lui, ces petits êtres indésirables ont grandi dans la honte, portant au plus profond de leur âme une double filiation qui a laissé chez nombre d'entre eux une plaie jamais refermée. Mis au rancard de l'Histoire, les enfants oubliés du pacte d'amitié et de réconciliation franco-allemand veulent rompre le silence. Soixante ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, ils témoignent ici pour la première fois. Beaucoup se sont lancés sur les traces du père disparu. Certains ont retrouvé leur famille allemande en recourant aux services d'information des Archives de la Wehrmacht à Berlin, la WASt, qui submergée de demandes, a décidé d'apporter son aide en éditant un petit formulaire que nous avons encarté dans cet ouvrage. D'autres "enfants" poursuivent inlassablement leur quête. Ce livre est pour eux un espoir. Puisse-t-il trouver un écho... et leur permettre de vivre leur singularité avec plus de sérénité.
Leontiev Konstantin ; Lepekhine Mikhaïl ; Roure Ne
En retraçant le parcours mystique du père Clément Zederholm, protestant allemand converti à l'orthodoxie et tardivement consacré moine, Constantin Leontiev nous fait découvrir le célèbre monastère d'Optino, près de Moscou, où Zederholm s'était retiré, et nous conduit jusqu'au mont Athos en Grèce, haut lieu de la spiritualité orthodoxe universelle. À travers la monographie de son grand ami et interlocuteur, l'auteur nous livre le portrait complexe et passionné d'un intellectuel brûlant d'une foi exigeante jusqu'à l'excès, rompu au débat théologique et nourri de ses contacts avec les célèbres personnalités orthodoxes, grecques et slaves, de la seconde moitié du XIXe siècle. Quiconque s'intéresse à l'expérience humaine, à la question slavophile ou au débat dogmatique, trouvera ici matière à enrichir ses connaissances du monde orthodoxe, du monachisme et de ses starets, et des pères de l'Église. Leontiev rédigera cet ouvrage après avoir lui-même pris ardemment part au débat philosophique, politique et religieux qui a marqué la Russie de son époque. Libre-penseur, visionnaire, convaincu du rôle messianique de la Russie orthodoxe, il mènera une vie agitée avant de finir ses jours au monastère de la Trinité-Saint-Serge, près de Moscou. C'est là qu'il prendra lui aussi l'habit monacal sous le nom de Clément, ultime hommage à celui qui fut son guide spirituel. Foi et raison, Orient et Occident, temporel et éternel, personnel et universel... Autant d'interrogations auxquelles cette biographie permettra de donner réponse.
Le livre qu'on va lire opère une double résurrection : celle d'une femme russe du XXe siècle hors du commun et celle d'une oeuvre méconnue", selon Etienne Fouilloux, le préfacier. Petite-nièce du témoin du duel de Pouchkine, née à Athènes en 1879, demoiselle d'honneur de la dernière impératrice de Russie, sous-officier d'un escadron de Cosaques pendant la guerre, bibliothécaire et moniale catholique dans le Petrograd révolutionnaire ; collaboratrice de Gorki, arrêtée en 1923 pour ses activités religieuses, condamnée à dix ans de camp (Irkoutsk, Solovki), libérée en 1932 grâce à Gorki et sa femme, rachetée au gouvernement soviétique par son frère pour pouvoir émigrer en France ; tertiaire dominicaine et cheville ouvrière de la revue Russie et Chrétienté (Istina), Julia Danzas part en 1939 pour Rome, où elle meurt en 1942 : en vérité, elle connut, selon son expression, une "existence extraordinairement mouvementée". Julia Danzas laisse une oeuvre philosophique méconnue, un témoignage unique (le premier d'une détenue) sur ses années de Goulag (Bagne rouge, 1935), des études sur l'histoire du christianisme et la pensée religieuse russe. Plusieurs importants écrits inédits sont publiés dans cet ouvrage pionnier : deux journaux intimes (1914-1922) relatant une expérience mystique sans équivalent dans la littérature russe, des autobiographies, une étude sur Raspoutine et l'impératrice. Comparable sur bien des points à ceux d'Etty Hillesum, de Margarete Buber-Neumann ou d'Edith Stein, l'itinéraire de Julia Danzas éclaire non seulement l'histoire de la Russie entre tsarisme et communisme, mais aussi et surtout des trésors inconnus de la vie intellectuelle et spirituelle russes.
Chiriaev Boris ; Kichilov Anne ; Lepekhine Mikhaïl
Biographie de l'auteur Boris Nikolaïevitch Chiriaev est né en 1889 à Moscou dans une famille aisée. Après avoir poursuivi des études de lettres à Moscou et en Allemagne, il s'inscrit à l Académie militaire. Arrêté et condamné à mort en 1918 pour avoir tenté de quitter la Russie, il réussit à s'évader. Condamné une nouvelle fois à la peine capitale, il sera finalement déporté aux Solovki en 1923 où il restera pendant sept ans. Envoyé ensuite en relégation à Tachkent, puis à Statvropol, il quitte l'URSS en 1944 pour l'Allemagne, puis l'Italie où il meurt en 1959.