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Rue des Pas-Perdus
Trouillot Lyonel
ACTES SUD
15,20 €
Épuisé
EAN :9782742718511
Ils sont trois à raconter " la nuit de l'Abomination " - nuit mi-fictive, mi-réelle - lors de laquelle l'histoire récente d'Haïti revêt des allures d'apocalypse. C'est la vieillissante tenancière d'un bordel qui la première prend la parole : véhémente, ironique, désespérée, elle mêle à sa chronique imprécations et prophéties, dénonçant la corruption, citant les noms des acteurs et des victimes de la boucherie permanente dont l'île est depuis trop longtemps le théâtre. A la fois mémoire et oracle, elle tient le registre et l'état civil de la catastrophe. Dans une maison retirée, chez un intellectuel, on écoute la radio, on s'inquiète, on débat encore. Mais cette nuit-là, le jeu des controverses politiques - et amoureuses - risque bien de ne plus faire le poids. La troisième voix est celle d'un chauffeur de taxi, heureux possesseur d'une Toyota - sa raison de vivre et sa fierté. Cette nuit-là, il va perdre son client, sa voiture et sa jambe gauche... Avec rue des Pas-Perdus, Lyonel Trouillot a, dit-il, écrit un " livre d'humeur ". S'élevant contre la lutte sans merci que se livrent les derniers représentants de la dictature et les tenants d'un nouveau populisme rivalisant pour exploiter à leur seul profit la " rage " des laissés-pour-compte, l'écrivain donne à entendre, à voir, à ressentir - et à comprendre - ce qu'il en est d'un pays laminé par l'irresponsabilité criminelle de ceux qui reconduisent sans trêve la logique de la violence. Généreuse, libre et sûre, dotée d'un souffle impressionnant, la langue de Lyonel Trouillot ébranle, surprend et bouleverse dans sa manière saisissante de substituer à une information prédatrice un lyrisme radical seul à même de rendre justice à l'infini de la souffrance.
Pour Lyonel Trouillot, on ne peut connaître de l'autre "que des moments". Délaissant le roman le temps d'un recueil, l'écrivain se fait novelliste et déploie sa prose, superbe et étonnante de maîtrise, pour décrire autant de fragments de vie où, sur quelques pages, saisissant tel événement crucial, il vrille jusqu'au tréfonds d'une âme ou encore, exaltant tel détail, il dévoile brusquement la réalité d'un être.
À Port-au-Prince, Ti Tony vit dans une seule pièce qu'il partage avec son frère Franky et leur mère Antoinette. Alors que Franky aime les mots et les histoires, il se lance dans l'écriture d'un livre sur Antoine des Gommiers, cet incomparable devin que les Haïtiens portent aux nues. Mais la popularité de ce chamane n'est pas l'unique raison d'un tel projet littéraire, Antoine des Gommiers serait le grand-oncle d'Antoinette, une filiation qui change tout même si Ti Tony, lui, ne saura jamais s'emparer de la fiction pour voir la vie en bleu.Un livre magnifique, où l'amour filial transcende la misère.4e de couverture : De ces deux frères, Franky et Ti Tony, l'un est attaché aux mots et aux figures de style quand l'autre, pragmatique, se fie à la magouille pour les faire vivre dans ce corridor des quartiers pauvres et souvent violents de Port-au-Prince. Et le fait que leur mère leur dise depuis toujours qu'ils sont les descendants d'Antoine des Gommiers, ce devin magnifié par des générations d'Haïtiens, n'adoucit pas leur misère mais pourrait peut-être en modifier les contours et les lointains. Car c'est de cela qu'il s'agit, de cette parentèle qui ne change rien pour l'un et tout pour l'autre ; de la vie de ces deux garçons, de l'amour qu'ils portent à leur mère, de leur regard sur ses voeux et ses tourments.La réalité de leur existence, c'est Ti Tony qui la décrit. Franky, lui, préfère reconstituer le passé. Aux Gommiers il est allé un jour sur les traces de l'ancêtre supposé pour se documenter, et depuis il écrit ou revisite la vie de cet Antoine extraordinaire, cet homme en son coeur aussi salvateur qu'une ample métaphore.Mais quelle est l'essence des récits d'une vie quand elle n'a pas d'avenir ? Avec quelle arme ou quelle faiblesse se construit-on une intériorité, dans les corridors comme ailleurs ? Et quelle est la couleur de la beauté, celle de l'amour, si ce n'est celle que les conteurs et autres rêveurs portent à l'infini ?Ce roman est l'un des plus beaux, l'un des plus poétiques de Lyonel Trouillot.Notes Biographiques : Romancier et poète, intellectuel engagé, acteur passionné de la scène francophone mondiale, Lyonel Trouillot est né en 1956 dans la capitale haïtienne, Port-au-Prince, où il vit toujours aujourd'hui. Il est jouraliste et professeur de littératures française et créole. Il dirige depuis plusieurs années une atelier d'écriture intitulé L'Atelier du jeudi.Toute l'oeuvre romanesque de Lyonel Trouillot est publiée ches Actes Sud. Antoine des Gommiers est son treizième livre aux éditions Actes Sud.
Résumé : Cinq jeunes gens à l'orée de l'âge adulte rêvent en vain d'avenir dans le misérable quartier de la rue de l'Enterrement, proche du grand cimetière où même les morts doivent lutter pour se trouver une place. Confrontés à la violence des rapports sociaux et aux dégâts causés par des décennies d'occupation militaro-humanitaire dans leur pays placé sous contrôle de la communauté internationale, ils n'ont pour viatique que le fantasme d'improbables révolutions, les enseignements du "petit professeur" et de sa vaste bibliothèque, ou les injonctions de man Jeanne, farouche gardienne des règles d'humanité élémentaires - règles que bafouent allègrement les nantis et les représentants interchangeables des ONG planétaires. Ces derniers, le soir venu, aiment à s'encanailler au "Kannjawou", un bar local aussi pittoresque qu'authentique aux yeux de visiteurs décomplexés et surentraînés à détourner résolument le regard de l'enfer ordinaire que vit un peuple simplement occupé à ne pas mourir. Dans la culture populaire d'Haïti, le mot kannjawou désigne, à l'origine, la fête, le partage. Mais à quelles réjouissances songer quand la souffrance, qui fait vieillir trop vite, accule à la résignation jusqu'à détruire la solidarité des communautés premières ? En convoquant avec éclat la dimension combative dont toute son oeuvre porte la trace ardente, Lyonel Trouillot met ici en scène la tragédie d'un pays qui, sous la férule d'enjeux qui ne sont pas les siens, pris en otage par les inégalités, les jeux de pouvoir et la précarité, dérive dans sa propre histoire, privé de tout projet collectif rédempteur.
Port-au-Prince, début 2004 - année du bicentenaire de l'indépendance d'Haïti. En cette matinée dominicale, un jeune homme, Lucien, quitte à pied les quartiers pauvres pour rejoindre la manifestation organisée en ville par les étudiants. Le roman est le récit de sa journée - de sa descente vers la ville, au petit matin, jusqu'à l'ultime charge de la police lors de laquelle la mort va le surprendre... Au fil de sa marche, Lucien refait en esprit le trajet qui l'a conduit du village de l'enfance vers la ville à l'improbable avenir. Les voix aimées et irréconciliables résonnent dans sa tête : celle de sa mère, vieille paysanne "exilée" dans sa province reculée ; celle de son frère cadet qui a mal tourné au contact de la ville ; celle de "l'Etrangère", la femme que Lucien aime sans vraiment la connaître, une journaliste avec qui il a sympathisé un soir ; les voix, enfin, de ses camarades étudiants ou de voisins. De rue en rue, s'élève le chant empêché et inaltérable d'un peuple que l'histoire a voulu crucifier. Dédié à "celles et ceux qui sont descendus dans la rue" en Haïti en 2003-2004, ce bref et incandescent roman est né de la nécessité profonde et urgente, pour son auteur, de rendre compte, en écrivain, d'un drame dont, comme tant d'autres Haïtiens, il a, au fil des mois qui précédèrent la chute d'Aristide au printemps 2004, éprouvé la violence. Pareille entreprise affirme une nouvelle fois que la littérature, transcendant le commentaire, est sans doute l'un des plus puissants antidotes au chaos qui, partout, menace.
La Hague? Ici on dit que le vent est parfois tellement fort qu?il arrache les ailes des papillons. C?est sur cette terre âpre, ce bout du monde en pointe du Cotentin, que la narratrice en deuil de son compagnon est venue se réfugier depuis l?automne. Employée par le Centre ornithologique, elle arpente les landes, observe les falaises et leurs oiseaux migrateurs. La première fois qu?elle voit Lambert, c?est un jour de grande tempête. Sur la plage dévastée, la vieille Nan, que tout le monde craint et dit à moitié folle, croit reconnaître en lui le visage d?un certain Michel. D?autres, au village, ont pour lui des regards étranges. Comme Lili, au comptoir de son bar, ou son père, l?ancien gardien de phare. Une photo disparaît, de vieux jouets réapparaissent. L?histoire de Lambert intrigue la narratrice et l?homme l?attire. En veut-il à la mer ou à ses semblables? Dans les lamentations obsédantes du vent, chacun semble avoir quelque chose à taire.
Aurélien est nouveau dans son lycée. Il a déménagé. Ce n?est pas la première fois qu?il déménage. Pas facile de se faire des amis dans ces conditions. Mais justement, des amis, Aurélien semble ne pas en vouloir. Il est du genre solitaire; parfois il voudrait juste pouvoir se fondre dans le décor pour qu?on lui fche la paix. Pourtant, un garçon de sa classe, Thibaud, semble s?intéresser particulièrement à lui; il parvient même à convaincre Aurélien de participer à une soirée slam. Dans la pulsation des mots, dans la chaleur de cette amitié naissante, Aurélien arrive enfn à faire craquer la glace qui l?enserre et commence à se libérer du poids du secret, celui du deuil.
Après avoir perdu un procès en diffamation, Mikael Blomkvist, brillant journaliste d'investigation, démissionne de la revue Millénium et ressasse son dépit. Il est contacté par un magnat de l'industrie qui lui confie une enquête vieille de quarante ans: sur l'île abritant l'imposante propriété familiale, sa nièce, Harriet Vanger, a naguère disparu, et il reste persuadé qu'elle a été assassinée. Si ce n'est pas exactement le hasard qui réunit Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander, réchappée des services sociaux et génie de l'informatique, c'est une vraie chance, car la jeune femme va bien vite s'imposer comme le meilleur atour du journaliste pour élucider l'affaire. L'intolérance, l'hypocrisie, la violence et le cynisme de notre monde contemporain - aux niveaux politique, économique, social, familial - sont les ressorts de ce polar addictif, au suspense insoutenable, qui a enthousiasmé des millions de lecteurs.