Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Folie et littérature dans l'Espagne des XVIe et XVIIe siècles
Tropé Hélène
L'HARMATTAN
32,50 €
Épuisé
EAN :9782336007212
A l'aube du XVe siècle, la même année (1410), furent fondées en Europe deux institutions pionnières : l'hôpital des fous de Bedlam à Londres et l'hôpital des Innocents à Valence (Espagne). Bientôt la Péninsule se couvrit d'un réseau serré d'asiles. Les temps avaient changé : désormais on n'expulsait plus les fous hors de la cité, on les intégrait à l'intérieur de ses murs mais dans des espaces de ségrégation. Parallèlement, dans les systèmes de représentation, les médiévales nefs de fous de Brant, Bade et Bosch, dérivant vers Narragonia, l'île des insensés, cédèrent la place, en Espagne d'abord, puis en Italie et en France, à la "littérature de l'hôpital des insensés", propice à la satire des péchés, des travers et des vices. C'est l'époque où la folie s'immobilise et où la représentation cinétique des fous, favorisée par le thème de la nef, est relayée par d'autres images, statiques, que le présent essai s'attache à faire connaître. On y verra le parti comique, moral, philosophique ou didactique que les auteurs espagnols ont su tirer de ces étranges et fascinants microcosmes. L'ouvrage inclut notamment une édition critique de Maison des fous d'amour (Casa de locos de amor), parue en 1627 dans une édition des Songes (Suefios) de Quevedo, et une adaptation en français de la pièce du grand dramaturge espagnol Lope de Vega, Les fous de Valence (Los locos de Valencia), jamais traduite auparavant dans cette langue, bien que certains auteurs français de l'époque s'en soient très probablement inspirés. A l'heure où la découverte récente, à Amsterdam, d'une traduction espagnole datant du XVIIe siècle de l'Eloge de la folie d'Erasme, mis à l'Index dès 1559 en Espagne, relance l'intérêt pour cet ouvrage, on aura plaisir à découvrir les visages que les Espagnols d'alors prêtaient à la folie, cette énigme qui est de tous les temps, sur la définition de laquelle on peine tant à s'accorder, et qui est en permanente mutation au coeur de l'être humain.
Cet entretien se déroule à Saint Paul de Vence, un mois avant le décès de James Baldwin. Ce sont les derniers mots publiés de l'écrivain. Quincy Troupe connaissait l'état avancé du cancer de son ami. Ce contexte rend leur échange encore plus profond et essentiel. L'un et l'autre n'avait rien à perdre et ils le savaient. Quincy Troupe a su, peut- être, mieux que quiconque rendre compte du lien entre écriture et engagement, si cher à James Baldwin. Troupe interroge Baldwin sur sa relation à Miles Davis. Il confie ressentir avec le mu- sicien une fraternité, un sentiment qui s'inscrit presque dans l'histoire des afro-améri- cains. Baldwin s'exprime aussi sur le travail de Le Roi Jones, Toni Morrison et Ralph Ellison. Ils abordent également la relation de l'auteur à la France comme la remise de sa légion d'honneur par François Mitterand. Dans cet entretien, Baldwin continue de mettre des mots sur la façon dont l'Amérique met au banc de la société la communauté noire et de défendre, malgré tout, la nécessité d'adopter un comportement de solidarité entre tous. Il insiste sur le pouvoir que cha- cun possède pour changer le cours des choses. Pouvait-on rêver meilleur texte pour accompagner Ici recommence l'Amérique, conseils de James Baldwin - à suivre d'urgence d'Eddie S. Glaude Jr, qui, sans surprise, se réfère aussi à Quincy Troupe dans son livre.
Résumé : Si, comme le disait Kelsen, l'objet de la science du droit est le droit parce qu'elle décrit les normes en vigueur, la théorie générale du droit doit se donner un objet différent parce qu'elle ne décrit pas des normes mais les caractères communs à plusieurs systèmes juridiques. Or, ces caractères, la hiérarchie des normes, le rôle de la volonté, la séparation du droit et de la morale, n'ont d'existence objective que dans le discours juridique qui les produit à titre de justification. L'objet de la théorie générale du droit est donc le droit, compris comme une forme particulière de discours visant à justifier les décisions, c'est-à-dire comme une forme d'exercice du pouvoir politique. Une théorie du droit ainsi conçue comme une métathéorie se distingue nettement de la théorie générale du droit traditionnelle et évite certaines de ses apories, notamment celle de l'obligation. En effet, si l'on postule que le droit est obligatoire. il ne peut être étudié selon le principe de causalité et la théorie se réduit à une recherche des fondements de l'obligation. On peut faire l'histoire de son contenu, mais non de la forme juridique elle-même. Mais si l'on accepte de se limiter à cette constatation que, en vertu de certains discours, certains comportements sont tenus pour obligatoires, les discours juridiques peuvent être traités comme des faits. La théorie peut alors rechercher les causes endogènes de leur apparition et de leurs transformations. Une telle théorie ne prétend pas traiter de la nature du droit, ni même du concept de droit, mais seulement des diverses manières dont les hommes décident et donnent à leurs décisions des justifications qu'ils nomment " juridiques Elle ne cherche pas à établir si la constitution est toujours réellement supérieure à la loi, ni si l'Etat est vraiment soumis au droit ou vraiment souverain. ni même si l'on peut établir une cohérence entre ces idées. mais seulement dans quels cas, dans quelles circonstances et pour quelles raisons. les acteurs invoquent - ou plutôt produisent - la hiérarchie des normes, la souveraineté ou l'Etat de droit. En d'autres termes, elle traite les discours et par conséquent le droit lui-même comme des ensembles de faits soumis à la nécessité.
Cet ouvrage entend réfuter les thèses de l'impossibilité de la tragédie dans l'Espagne du Siècle d'or, de son extinction après une série d'expérimentations à la fin du XVIe siècle, ou encore de la singularité du théâtre espagnol comme expression d'un génie national rétif au tragique. En plaçant le théâtre espagnol dans son contexte européen, les études ici rassemblées permettent aussi d'interroger à nouveaux frais tout un pan de l'histoire du théâtre occidental antérieur au néoclassicisme à la française, passablement tardif, auquel on continue de rapporter trop vite toute la tragédie moderne. Marginalisés a posteriori par une pensée critique qui privilégiait la règle, le précepte et la classification, un autre théâtre et une autre tragédie ont bien été possibles en Europe: tragédie de l'excès, du mauvais goût, de la violence; tragédie, surtout, marquée du sceau de l'impureté et de l'hybridité génériques, que l'on retrouve, dans des proportions variables et avec des ingrédients divers, dans les textes de théâtre ici évoqués, qu'il s'agisse des premières expérimentations italiennes, des essais en portugais (Castro), du théâtre de l'échafaud ou de celui que l'on appelle baroque en France, ou, enfin, de la variante tragique de la Comedia nueva espagnole pratiquée par des auteurs comme Virués, Lope de Vega ou Calderón.Christophe Couderc est Professeur de littérature et civilisation de l'Espagne du Siècle d'or à l'Université de Paris Ouest Nanterre La Défense, où il a fondé le Groupe de Recherche sur l'Espagne de l'Age classique (GREAC, EA 369 «Études Romanes»). Il est l'auteur de nombreuses études et de plusieurs ouvrages sur le théâtre espagnol: Galanesy damas en la Comedia Nueva (2006), Le théâtre espagnol du Siècle d'Or (1580-1680) (2007), Le théâtre tragique en Espagne au Siècle d'Or. Cristóbalde Virués, Lope de Vega, Calderón (2012).Hélène Tropé est Maître de Conférences Habilitée à l'Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3, membre du «Centre de Recherche sur l'Espagne des XVIe et XVIIe siècles» (CRES-LECEMO) et du TC/12 Consolider consacré à l'étude du Patrimoine théâtral espagnol classique. Elle collabore également au projet international Les Idées du théâtre (édition en ligne des paratextes). Postérieurement à la publication de sa thèse intitulée Folie et société â Valence aux XVe-XVIIe siècles, elle a fait paraître une édition critique de Los locos de Valencia, de Lope de Vega, et La formation des orphelins à Valence (XVe-XVIIe siècles). Elle a aussi édité des ouvrages collectifs: La représentation du favori dans l'Espagne de Philippe III et de Philippe IV et, en codirection. Écrire des Vies (Espagne, France, Italie XVIe-XVIIIe siècles).Fondateur: Augustin REDONDODirecteur: Pierre CIVIL
Les traits par lesquels on caractérise l'Etat, spécialement l'Etat constitutionnel moderne, la souveraineté, la personnalité, la représentation ou la séparation des pouvoirs, ne sont pas des qualités objectives qu'on pourrait décrire à l'aide de théories, car ce sont des théories. Elles n'informent pas sur l'Etat, mais le constituent. Non seulement elles fournissent la justification des décisions fondamentales concernant l'organisation de l'Etat, mais elles produisent les concepts sans lesquels les décisions fondamentales de l'Etat ne pourraient même pas être énoncées.Aussi ne peuvent-elles se comprendre que dans leur rapport au discours Juridique et au droit. Les concepts de la "théorie de l'Etat" sont d'abord et avant tout des concepts juridiques, dont l'apparition et le développement résultent des transformations du droit, c'est-à-dire en définitive de l'Etat lui-même.C'est pourquoi la théorie générale de l'Etat ne peut être que la théorie de ces théories et non celle d'un objet empirique extérieur. Elle doit se construire comme métathéorie juridique. Une théorie juridique de l'Etat ainsi conçue doit être distinguée de quelques disciplines voisines. Il s'agit d'abord de la théorie générale de l'Etat, telle qu'on la concevait en Allemagne au XIXe siècle, métaphysique et normative, confondue avec son objet, qui entendait prolonger la philosophie politique classique pour contribuer au perfectionnement et au progrès de l'Etat. Elle est aussi distincte d'une science politique descriptive, d'inspiration sociologique, dont l'objet n'est pas l'Etat, mais le pouvoir politique, appréhendé indépendamment de la forme juridique dans laquelle il s'exerce. Mais elle ne saurait davantage se confondre avec une Histoire des idées, qui ne percevrait pas le rapport des théories aux pratiques juridiques. La tâche de la théorie juridique de l'Etat n'est pas de pénétrer une quelconque nature de l'Etat ni de produire des justifications, mais de rechercher la relation entre ce système de principes et de concepts et la structure générale du système juridique. Il s'agit pour la théorie juridique de l'Etat, au lieu d'analyser l'Etat au moyen des théories de l'Etat, de comprendre les théories de l'Etat, c'est-à-dire l'Etat, par le droit.Les études réunies dans ce volume portent à la fois sur la méthodologie de la science du droit et sur quelques-unes de ces "théories" de l'Etat, parmi les plus importantes: définition de l'Etat, séparation des pouvoirs, sources du droit, constitutionnalisme, fonctions de l'Etat, théorie de l'interprétation.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.