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Les femmes de ses fils
Trollope Joanna ; Hel-Guedj Johan-Frédérik
DES DEUX TERRES
26,80 €
Épuisé
EAN :9782848931401
Depuis le banc du premier rang, aucun obstacle ne barrait la vue d'Anthony sur le dos de la jeune femme qui, dans quelques instants, allait devenir sa troisième belle-fille. L'allée de l'église était très large, avec un espace tapissé au pied des marches plates du choeur, où quatre petites demoiselles d'honneur écoutaient le discours, s'étaient laissées choir au milieu du nid de soie rose de leurs jupes, de sorte que rien ne s'interposait entre Anthony et le couple des futurs époux.Anthony trouvait à la mariée, drapée de satin ivoire près du corps, l'allure séduisante d'une sirène échouée à terre. Sa robe était moulante - très moulante -, des aisselles aux genoux, avant de s'évaser en plis flous, augmentée d'une petite traîne fluide négligemment étalée derrière elle, jusqu'en bas des marches du choeur. Le regard d'Anthony glissa lentement du sommet de la tête voilée de gaze, des cheveux clairs et coupés ras, parsemés de fleurs, jusqu'aux pieds invisibles, avant de remonter se poser sur les courbes de la taille et des hanches, d'une incontestable générosité. La silhouette est superbe, songea-t-il, même si pareille pensée était assez malvenue, pour un quasi-beau-père. Superbe.Il ravala sa salive, et son regard vint se poser sur son fils, avec plus d'austérité. Luke irradiait cette fierté masculine brute et possessive qui instillait une petite note de tension au milieu de la cérémonie du mariage, et il s'était à demi tourné vers sa future moitié. Cinq minutes auparavant, on avait assisté à un moment touchant, quand la mère de Charlotte, qui était veuve, avait tendu la main vers le voile de sa fille pour le relever, et elles s'étaient toutes deux regardées quelques secondes, avec une expression de connivence d'une telle intensité qu'elle en excluait toutes les autres personnes présentes autour d'elles. Anthony baissa les yeux sur Rachel, à ses côtés, en se demandant, comme souvent depuis ces décennies de vie commune, si le calme de son épouse ne masquait pas une langueur instinctive qu'elle n'exprimerait jamais, et alors qu'elle cédait son troisième fils à une autre femme, comment se manifesterait, au cours des mois et des années à venir, sa réaction primitive, inévitable, comme des bouffées de vapeur brûlante s'échappant par les fissures de la croûte terrestre. - Ça va? fit-il à voix basse.Rachel ne s'en rendit pas compte. Il ne savait même pas si elle regardait vraiment Charlotte, ou si elle restait concentrée sur Luke, admirant sa carrure, l'éclat de sa peau et se demandant, en son for intérieur, si Charlotte avait conscience, vraiment conscience de la chance extravagante qui était la sienne. Au lieu d'un chapeau conventionnel, Rachel s'était piqué dans les cheveux une sorte de déflagration de plumes vertes, toutes regroupées d'un côté, et, aux yeux d'Anthony, le frémissement de ces plumes, telles des libellules montées sur fil de fer, constituait la seule indication qu'au fond d'elle-même, Rachel n'était pas aussi imperturbable qu'elle en donnait l'apparence. Bon, se dit-il, incapable de s'attirer sa complicité, si elle est tant absorbée par Luke, je vais me remettre à contempler le derrière de Charlotte. Je ne serai pas le seul. Tous les messieurs de l'église qui jouissent de la même vue m'imiteront. Prétendre le contraire, ce serait jouer les bégueules.Le prêtre, un homme jovial, avec son étole brodée de motifs d'une modernité agressive, prononçait une petite homélie inspirée d'un vers de Robert Browning, reprise dans le livre de messe.Avec moi je t'invite à vieillir,Le meilleur reste à venir.
Susie Moran est une femme de caractère. Elle dirige sa propre entreprise de céramique, qu'elle a fondée quand elle avait une vingtaine d'années. Depuis toujours, chaque décision lui appartient, et elle n'envisage pas qu'il en soit autrement. Chez les Moran, travail et famille ne connaissent pas de frontière. Ses trois filles et l'un de ses gendres ont tout naturellement rejoint l'entreprise familiale. Le retour du vieux père de Susie, après des années d'absence, pousse finalement chacun à s'affirmer, et l'équilibre au sein de la famille part en lambeaux. Le temps est venu pour une redistribution des rôles, à parts égales.
Résumé : Deux soeurs ne peuvent être plus différentes l'une de l'autre. Elinor, étudiante en architecture, est discrète, modeste et trop raisonnable. Marianne est impulsive, passionnée et rêve de devenir artiste. Quand la famille est contrainte de quitter Norland Park, leur bien-aimée maison, c'est un monde qui vole en éclats et leurs valeurs qui sont mises à l'épreuve. Elinor doit-elle rester stoïque quand l'homme qu'elle aime s'abandonne dans les bras d'une autre ? Et la foi de Marianne en l'amour sera-t-elle remise en cause par sa rencontre avec le célibataire le plus séduisant de la région ? Au fil de leurs aventures, les deux jeunes femmes deviennent adultes. Et dans un monde où la vie privée est exposée sur Internet, l'amour a bien du mal à triompher des conventions et du scandale...
Comme tous les matins, Ramchand est en retard. Il se hâte dans les rues étroites d'Amritsar, qui le mènent au magasin de saris, au c?ur de la vieille ville. Là, au milieu des cotonnades du Bangladesh et des soieries de Bénarès, Ramchand et les autres employés passent leurs journées à rouler et à dérouler des kilomètres d'étoffe à l'intention des femmes aisées de la ville. Une course offre un jour à Ramchand l'occasion de sortir de la routine. Il découvre alors un autre univers, et se prend à rêver d'une vie meilleure. Armé de deux vieilles grammaires anglaises, il tente de raviver l'espoirnourri dans son enfance. Mais ses efforts, en lui ouvrant de nouvelles perspectives, le confrontent à la cruauté et à l'injustice dont dépend son existence même. Le Vendeur de saris dépeint un monde où espoir et violence sont inextricablement mêlés.
Attention, ceci n?est pas un roman. Patricia Cornwell, la célèbre créatrice de l?expert légiste Kay Scarpetta, s?attaque ici à une des plus grandes énigmes criminelles de l?histoire, à savoir : qui était Jack l?Éventreur ? Pour elle, aucun doute n?est permis : le tueur de prostituées n?était autre que le peintre anglais Walter Sickert. L?étude de ses ?uvres ? dont certaines sont effectivement assez morbides ? plaiderait en faveur de cette explication. En une trentaine de chapitres, l?auteur tente d?expliquer pourquoi de multiples coïncidences, recoupements et "analyses" ne laissent, selon elle, pas d?ambiguïté sur l?identité du Ripper. Le talent d?écriture et de construction est intact, l?enquête beaucoup plus sujette à caution. Le principal intérêt de ce pavé est de replanter le décor, de revenir en détail sur cette histoire si mythique dans l?histoire du crime, de redessiner les portraits des prostituées massacrées dans l?East End de Londres en 1888. Il est vrai que la théorie de l?artiste-assassin est éminemment séduisante, mais ce livre est loin de clore définitivement le dossier puisqu?il n?apporte pas de preuve irréfutable. Aux États-Unis et en Angleterre ? où c?est un immense succès ? la théorie de Patricia Cornwell a déjà déclenché une belle polémique. On lui reproche surtout d?éluder un peu trop rapidement la demi-douzaine d?autres pistes "sérieuses'. Pour les passionnés, on complètera agréablement cette lecture avec le DVD du film From Hell (avec Johnny Depp), dont les bonus recèlent un dossier bien documenté sur tous les suspects. --Bruno Ménard"
Après une enfance heureuse au Caire, chez ses grands-parents paternels, Colette suit sa mère en 1946 à Paris pour ses études. Mais le Paris d’après-guerre lui semble morne. Elle ne s’étend guère avec son frère, ni avec sa grand-mère. Les fréquentes absences de sa mère accentuent son sentiment de solitude, et elle se réfugie auprès de la cuisinière, qui lui fait découvrir les marchés parisiens et l’initie aux délices de la gastronomie française. Petit à petit, « l’Égyptienne », comme on l’a nommée, devient « la Parisienne ». Colette Rossant évoque ses souvenirs où se mêlent des goûts, des odeurs et des textures merveilleuses, se dessinant à travers eux le portrait d’une « passeuse » ouverte sur le monde.
Le passé n'est jamais mort. Il n'est même pas passé." (William Faulkner)Voici trente ans que Billie James n'a pas remis les pieds dans le Mississippi. Un sacré tempérament, quelques dollars en poche et son chien Rufus au bout de sa laisse, elle débarque à Greendale et s'installe dans une bicoque décrépite où vécut autrefois son père. Ce dernier, poète noir de renom, est mort de manière accidentelle alors que Billie n'avait que quatre ans. La petite fille était présente au moment du drame, mais n'en a conservé aucun souvenir.Alors que les voisins font preuve d'un comportement étrange, que des rumeurs circulent, laissant soupçonner une tout autre vérité quant à la mort du père de Billie, celle-ci mène son enquête, aidée par son oncle et un drôle d'olibrius universitaire. Ensemble, ils vont exhumer de lourds secrets, dévoilant peu à peu l'histoire de ses origines mais aussi, en toile de fond, celle d'un pays marqué par les blessures toujours à vif de la ségrégation.Campé dans le décor à la fois somptueux et inquiétant du Sud profond, le premier roman de Chanelle Benz fourbit les armes du polar pour nous raconter ce qu'a été - et ce qu'est encore - l'Amérique tourmentée par les spectres les plus sombres de son Histoire.Traduit de l'anglais par David FauquembergChanelle Benz, britannique et antiguaise d'origine, vit et enseigne aujourd'hui à Memphis, dans le Tennessee. Elle est diplômée de l'université de Syracuse, où elle a eu pour mentor l'écrivain George Saunders, qui a salué en elle " une nouvelle voix sidérante de la fiction américaine ", et a également étudié l'art dramatique à l'université de Boston. Après un virtuose premier recueil de nouvelles, Dans la grande violence de la joie (Seuil, 2018), elle signe avec Rien dans la nuit que des fantômes son premier roman.
Avant de s'engager dans l'armée iranienne pour combattre l'ennemi irakien, Amir Yamini était un playboy, qui passait le plus clair de son temps à séduire les femmes et exaspérer sa très pieuse famille. Cinq ans plus tard, sa mère et sa soeur le retrouvent, amputé de son bras gauche, dans un hôpital psychiatrique pour soldats traumatisés. Quasi amnésique, Amir est hanté par la vision d'une mystérieuse femme sans visage, au front orné d'un croissant de lune. De retour à Téhéran, le fils prodigue est tour à tour salué comme un martyr de la Révolution islamique et confiné dans sa chambre comme un fou dangereux. Avec la complicité de sa soeur, il s'évade en escaladant le mur de leur jardin et repart sur le champ de bataille à la recherche de celle qu'il surnomme "Front de lune" , accompagné dans ce périple au fil de la mémoire par deux scribes perchés sur ses épaules - l'ange de la vertu et l'ange du péché - qui consignent depuis toujours son histoire. Avec cette épopée amoureuse, guerrière et poétique d'une inventivité exubérante, porteuse d'un regard subtil sur la société iranienne contemporaine et empreinte d'une sensualité tout droit héritée de la grande tradition des contes persans, le grand romancier iranien Shahriar Mandanipour signe une oeuvre forte, envoûtante et pleine d'humanité.
Herzog est le roman d?un homme en plein effondrement. Le contexte historique est celui de l?époque où écrit Bellow: le mur de Berlin, la décolonisation, l?exploration de l?espace? Moses Herzog, lui, s?enfonce dans la mélancolie, fait le tour de ses malheurs en quête d?un sens qui lui serait dérobé. Hanté par ses désordres privés, il ne l?est pas moins par la duplicité de la vie publique et par un sentiment d?universelle défaite morale. Ce n?est pas seulement la question de son seul destin qu?Herzog veut résoudre, il voudrait tirer les hommes de leur coma.Sa colère contre Mady, sa seconde épouse partie avec son meilleur ami, un bellâtre rouquin, minable poète à jambe de bois, entrave son généreux projet. Mais Herzog ne se laisse pas démonter: pour faire connaître au monde le contenu de ses accusations fortement argumentées, il écrit. D?abord à ses amis, à ses épouses, au pape, à Eisenhower, aux psychiatres, au « Monsignor » qui a converti Mady au christianisme, à Sono sa maîtresse japonaise. Puis, à mesure que son état de souffrance s?aggrave, il s?adresse aussi aux morts: à sa mère dont il a négligé la tombe, à Spinoza avec lequel il se querelle, à Nietzsche auquel il tient à dire son fait, et finalement à Dieu. Le rythme des lettres, de plus en plus comiques à mesure que Herzog se dégrade, scande tout le roman. Mais les personnages deviennent aussi de plus en plus comiques et délabrés?La virtuosité avec laquelle sont traités les flux et reflux de la conscience, la manière dont ils convergent puis se défont au gré des circonstances, emporte le lecteur: c?est au prix de ce combat de gladiateur que, dans le sillage d?Herzog, nous apprenons ce que signifie d?accéder pleinement à l?humanité.La Planète de Mr Sammler: Mr Sammler est un universitaire, un Juif polonais spécialiste de poésie anglaise. Il est un survivant de l?extermination, resté vivant sous un tas de cadavres. Il s'est caché dans la forêt, il a tué, il a perdu un oeil. C?est son neveu qui a réussi à le faire venir à New York.Tout commence dans un autobus à Broadway où, pour le malheur de Mr Sammler, son unique oeil valide aperçoit ce qu?il ne devrait pas voir: un pickpocket noir en train de commettre un vol. Cet oeil fait comme s?il n?avait rien vu. Mais le Noir a vu qu?il voyait. La tension dramatique est déjà là. Nous supposons que ce qui va suivre sera horrible, et c?est horrible. Mr Sammler, qui a alors plus de 70 ans, n?imagine pourtant pas qu?après ce qu?il a vécu, il aurait droit à un peu de paix. Il sait que la coupe de la folie du monde est toujours sur le point de déborder. C?est par sa force intérieure qui lui a permis de survivre que Mr Sammler retient le monde, la première et dernière de ses convictions étant que la culture peut apporter une rémission, faute de rédemption. Mr Sammler n?a pas renoncé après la fosse commune, il ne renoncera pas davantage à New York, même si la folie est partout. En tête, sa fille, authentique cas psychiatrique, et son gendre israélien: Mr Sammler devra interposer son corps de vieillard mutilé pour les empêcher d?achever le voleur. Et son généreux neveu a fait fortune en pratiquant des avortements illégaux. Ainsi va l?Amérique, terre de tous les espoirs? D?instant en instant, Mr Sammler doit accomplir sa reconstruction mentale pour trouver la force de continuer à vivre.