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OEUVRES COMPLETES. TII. POESIE (I).
TRISTAN L'HERMITE
CHAMPION
89,00 €
Épuisé
EAN :9782745306067
Tristan L'Hermite a connu la célébrité au XVIIe siècle surtout grâce à son théâtre : à partir de 1637, on l'appelle souvent l'"auteur de La Mariane". C'est pourtant d'abord par sa poésie lyrique qu'il s'est fait connaître, et c'est incontestablement grâce à cette dernière que vers la fin du XIXe siècle, Tristan est sorti de l'ombre et a recommencé à séduire ; beaucoup ont appris à s'intéresser à lui après avoir entendu "Le Promenoir des deux Amants" mis en musique par Claude Debussy à l'orée du XXe siècle. La curiosité des érudits et des amateurs de poésie, relayée un peu plus tard par l'enthousiasme suscité par l'introduction de la notion de baroque dans le champ de la critique littéraire, a fait le reste. On s'est repris à citer le lyrique Tristan dans les anthologies, on a recommencé à éditer certains de ses recueils ; bref, on a pris la mesure de sa place, éminente, dans l'histoire de cette poésie, qui se situe, malgré le bouleversement des cadres politiques, sociaux, religieux, dans le droit fil de la production européenne à la fin de la Renaissance, et au moment où l'Europe cherche, douloureusement parfois, à s'inscrire dans la modernité. Une poésie dont la société mondaine va aussi peu à peu se détacher au profit d'autres formes d'expression : le parcours du poète lyrique, que retracent les volumes II et III de ces Ouvres complètes, permet d'assister aux derniers feux d'une poétique et d'une poésie, encore très brillantes en 1630, mais de plus en plus contestées et menacées vers 1650. Pour la première fois, l'oeuvre lyrique de Tristan est présentée dans son intégralité, et dans l'ordre de succession chronologique des principaux recueils.
En 1638 avec Les Amours, en 1641 avec La Lyre (matière principale du tome II des Ouvres complètes), Tristan avait démontré la richesse et la diversité de son inspiration lyrique. Le présent volume (tome III) constitue un prolongement d'une ampleur exceptionnelle. On sait aujourd'hui que dès le milieu des années 1630, le poète avait songé à réunir d'une part ses vers d'inspiration héroïque, et d'autre part, plus inattendu chez un poète réputé, peut-être exagérément, pour son libertinage, sa production religieuse. Les Vers héroïques (1648) rassemblent, pour les lecteurs d'un temps qui s'éloigne de plus en plus d'un tel lyrisme, des compositions parfois de grande ampleur et appartenant à des époques très variées (entre 1625 et 1648). Les pièces de circonstance, rassemblées ici sous le titre de "Vers épars", reflètent un peu le même parcours, avec une prolongation jusqu'à la date de la mort du poète (1655). L'Office de sa Sainte Vierge, et les Hymnes de toutes les Fêtes solennelles représentent une inspiration qui peut sembler nouvelle, et qui s'inscrit, en fait, dans tout un courant de poésie à usage liturgique ou destiné à soutenir la dévotion privée. Pièces où le poète s'efface souvent derrière les formules d'une prière collective et les manifestations d'une piété caractéristique du XVIIe siècle français. Ce tome III, à lui tout seul, représente le lyrisme tristanien dans sa continuité et sa diversité.
Tristan L'Hermite, que ses tragédies ont rendu célèbre au XVIIe siècle, est l'un des premiers dramaturges à restaurer le genre, avec le succès de La Mariane en 1636. Ses cinq tragédies, sur des sujets historiques, puisent aux trois grandes sources d'inspiration de la tragédie française. L'inspiration romaine est représentée par La Mort de Sénèque, évocation d'une conspiration avortée contre Néron, où se détache la figure émouvante du philosophe stoïcien; et par La Mort de Chrispe, drame de l'épouse de Constantin, éprise de son beau-fils et provoquant sa mort, nouvelle Phèdre plus jalouse qu'incestueuse. A l'inspiration biblique se rattache La Mariane, où l'intérêt se porte moins sur la pathétique jeune femme que sur son époux, Hérode, tyran cruel et jaloux, mais épris de celle dont la mort le plongera dans la folie. L'inspiration orientale nous vaudra Panthée, pièce méconnue, où l'intérêt se partage entre le destin tragique de l'héroïne, qui cause la perte d'un époux aimé en le ralliant à Cyrus, et l'amour sans espoir d'Araspe, qui se suicide en apprenant sa mort; et Osman, sujet moderne, qui représente la fin héroïque du sultan, victime des janissaires révoltés, animés par la fille du muphti, qui se venge ainsi de ses dédains, mais ne lui survit pas. Ces cinq tragédies illustrent des thèmes chers à Tristan: l'impuissance de l'homme face à un destin aveugle, le pessimisme tempéré parfois par une espérance chrétienne (Mariane, Sénèque, Constantin); et la solitude de l'individu tragiquement incompris par les autres (Hérode, Araspe, Fauste, la fille du muphti).
Roman autobiographique (1643) du grand poète baroque Tristan L'Hermite, Le Page disgracié retrace la vie d'un page à la cour d'Henri IV, sa fuite en Angleterre, mille autres aventures. Un style fin, poétique et tendre fait de ce récit un livre, unique en son temps et l'une des grandes dates - méconnues - du roman au XVIIe siècle. Le Page disgracié a tout pour séduire un lecteur d'aujourd'hui. Ecrit sous forme d'autobiographie, en chapitre courts, il divertit par la variété de ses épisodes, le mélange de ses registres, l'élégance de son style, l'abondance des personnages qu'il met en scène, la finesse du regard que l'auteur porte sur eux. C'est aussi un roman moderne, parce que c'est un roman de formation, et que l'auteur, qui raconte sa vie trente ans plus tard, est rempli d'une mélancolie atténuée par l'humour.