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Déjà la nuit. Claude Monet
Touratier Jean-Marie
GALILEE
21,00 €
Épuisé
EAN :9782718606989
Les dernières années de la vie de Claude Monet furent à la fois magnifiques - c'est le temps des nymphéas - et terribles : la mort de son épouse puis de son fils, tandis que, lentement, il devient aveugle. Monet, aveugle ! Ce récit, dans la nuit qui s'avance, raconte ce qui unit Monet à Blanche, sa belle-fille tant aimée " Ainsi, en Monet, peintre illustre, vieillard qu'on aime et qu'on honore, qu'on vient de loin aimer et honorer, il y a la part de Blanche. Une minuscule part invisible, inconnue, ignorée de tous, presque d'elle-même quelquefois. Cette part, aussi enfouie soit-elle, ce fétu, est l'un de ces atomes à l'?uvre dans cet ?uvre, derrière, au fond, au plus profond, muet, obscur, mais sans lequel la peinture ne saurait être ce qu'elle est, ce combat dans l'ultime lumière, contre la nuit qui vient. Et qui dévore. "
Je veux mourir à Ravensbrück ! ", dit Martha, l'héroïne de cette histoire. " On ne meurt plus à Ravensbrück. Il faut apprendre à vivre avec le malheur. - J'ai essayé. C'est impossible. " Aucun mot dans aucune langue ne pourra dire la souffrance de ceux que la haine et l'horreur ont exilés d'eux-mêmes, de leur vie et de leur mort. Il y dans le c?ur des hommes du XXe siècle une vérité que nul ne peut savoir s'il n'y a pas disparu, et dont nul ne peut se souvenir s'il n'y a pas perdu sa mémoire. Qui parle ici si ceux qui sont l'Histoire, l'Histoire absolue, ne peuvent pas dire l'histoire ? Qui parle sinon celle qui se tait ?
Que puis-je faire d'autre aujourd'hui, pour camper ici, dans ce Collège d'études mondiales en création, la question si générale de l'altérité - peut-être la plus générale de la philosophie - que d'indiquer en commençant d'où - par où - je l'aborde? Donc, pour éviter des vues trop vagues et les banalités qui déjà nous menacent, de vous inviter à entrer dans la singularité - modeste - de mon chantier? Que puis-je faire d'autre, autrement dit, pour débuter ce périlleux exercice de la "Leçon", que de me justifier dans ma nature hybride: de philosophe et de sinologue? J'ai dit souvent, quitte à provoquer un haussement d'épaule chez mon interlocuteur, que, jeune helléniste à la rue d'Ulm, j'ai commencé d'apprendre le chinois pour mieux lire le grec... Nous disons si volontiers, en effet, que nous sommes "héritiers des Grecs". Mais, justement, la familiarité n'est pas la connaissance. Ce qui est "bien connu", disait Hegel, n'est, de ce fait, pas connu, weil es bekannt ist, nicht erkannt. Il faut, dirons-nous, de l'autre pour y accéder. Mais pourquoi le chinois? Pourquoi la Chine? Je n'avais, par famille et par formation, vraiment rien à voir avec la Chine. Mais justement...
Il y a une clé qui ne sèche jamais. Il s'agit de la clé qui déverrouillerait l'origine. La clé de la chambre interdite. On ne sait si elle est tachée de sperme ou de sang. On hésite toujours.
Il ne s'agit pas d'ajouter quelque chose à Derrida. Pas non plus de suppléer à des manques chez lui. Rien du double sens de ce mot — supplément — dont il a fait une de ses signatures conceptuelles. De manière générale, on ne complète ni on ne remplace jamais rien dans l'oeuvre d'un auteur : elle vaut telle qu'elle existe. Je pense plutôt à un troisième sens du mot, à ce sens littéraire ou journalistique selon lequel on joint une publication à une autre pour offrir un autre registre ou un autre aspect (un supplément illustré, sonore, ou bien encore le Supplément au voyage de Bougainville...). Ces textes écrits au gré des circonstances — colloques, ouvrages collectifs — et au fil de vingt-cinq années ne sont ni des études, ni des commentaires, ni des interprétations de la pensée de Derrida. Ce sont, pour le dire ainsi, des réponses à sa présence — telle qu'elle est venue et qu'à nouveau elle nous vient, supplément d'elle-même.