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Le Mouvement ouvrier
Touraine Alain
FAYARD
35,90 €
Épuisé
EAN :9782213013619
Pourquoi les luttes ouvrières ont-elles été au centre de notre vie sociale pendant plus d'un siècle ; pour quelles raisons et dans quelles conditions ont-elles produit le mouvement social de la société industrielle ? Et, ce rôle central, le syndicalisme l'occupe-t-il encore ; ou bien, s'il faut parler de déclin du mouvement ouvrier, quelles sont les nouvelles fonctions de l'action syndicale ? Ce livre, fondé sur une intervention sociologique menée pendant deux ans avec des groupes de militants syndicalistes, apporte des réponses précises à ces deux interrogations. A ceux qui refusent l'idée d'un conflit central et évitent de parler de classes et de lutte de classes, il répond par une analyse précise de la conscience et de l'action de classe ouvrières. A la vieille tentation française de subordonner les mouvements sociaux aux partis et aux idéologies politiques, il oppose la réalité d'un mouvement proprement ouvrier, qui n'est ni la base ni l'instrument d'une force politique. A ceux qui remplacent des réalités historiques par l'image intemporelle d'une classe ouvrière sacralisée, il oppose l'étude des formes de passage du mouvement ouvrier aux politiques syndicales. La simplicité de son titre l'indique : ce livre, plus qu'aucun autre, présente l'ensemble des pratiques syndicales du point de vue de leur signification la plus élevée : la formation, le développement, puis la crise du mouvement ouvrier. Il ne parle pas seulement du passé et du présent, mais impose cette question décisive : dans la société post-industrielle qui se forme sous nos yeux, existe-t-il, peut-il exister un mouvement social capable d'occuper la place centrale que tenait le mouvement ouvrier dans la société industrielle ?
Avec ce livre s'achève un cycle d'analyses du monde contemporain qu'Alain Touraine a initié il y a quinze ans avec Critique de la modernité. L'ensemble de son travail a consisté depuis lors à montrer comment nous avions basculé d'un monde dans un autre, comment, laissant derrière nous une société produite par ses agents économiques, nous étions entrés dans un univers à dominante culturelle où les acteurs de la production et de la reproduction sociale sont avant tout animés par le souci de soi, prompts à avancer des revendications à dominante identitaire (religieuses, ethniques, sexuelles). Et qui ne voit aujourd'hui que celles-ci occupent précisément l'essentiel de nos débats de société depuis quelques années ? Restait à penser le passage d'un univers à l'autre, d'un paradigme à l'autre comme le dit Touraine, et ce livre est consacré à identifier la catégorie sociale qui a tenu le rôle d'accoucheur de ce monde nouveau. Or, cette catégorie, c'est celle des femmes.
Résumé : Après deux siècles d'un culte de la société qui a soumis les acteurs sociaux à la loi de la Raison, de l'Histoire ou de la Puissance, n'est-il pas temps de remettre en question notre représentation de la vie sociale ? A une conception centrée sur les notions d'évolution, d'institution et de participation, de substituer une image mettant en avant les idées d'autoproduction, de mouvement social et de sujet ? Ce changement dans la pensée correspond au passage, que nous vivons aujourd'hui, de la société industrielle, organisée comme une entreprise ou comme une armée, et qui cherche avant tout à dominer la nature, à un nouveau type d'organisation sociale capable d'agir plus directement sur les conduites et les relations sociales, notamment par la production d'informations, de langages, d'images. La vie sociale ne peut plus, désormais, être comprise comme manifestation d'une essence ? ou d'exigences fonctionnelles ? mais comme constante invention, à travers des conflits et des négociations, des règles de la vie collective. Après dix ans de recherches concrètes sur différents mouvements sociaux, Alain Touraine reprend ici la réflexion fondamentale qu'ouvraient des livres tels que Sociologie de l'action, Production de la société, Pour la sociologie.
Les mutations économiques menacent les avantages et les garanties qu'avaient obtenus les salariés des pays industriels. Quel modèle social, quelle action politique opposer à la montée du chômage et de la précarité, au recul de la protection sociale ? La Grande-Bretagne a choisi le libéralisme brutal, mais l'Allemagne a maintenu son économie sociale de marché ; ses entreprises et ses syndicats continuent à négocier. Et la France ? Depuis plus de vingt ans, elle tient deux discours opposés : pro-européenne, elle accepte la libération de son économie ; attachée au rôle intégrateur de l'Etat national, elle refuse, à intervalles de plus en plus rapprochés, une évolution qu'elle ne sait ni prévoir ni négocier. Notre pays, en 1995, a connu sa plus grave crise sociale depuis un quart de siècle. Comme les autres avant elle, celle-ci restera-t-elle sans lendemain, la route suivie depuis des années conduira-t-elle sans changement à la monnaie unique ou... à la prochaine crise ? La France ne trouvera-t-elle pas le moyen de sortir de la contradiction entre l'indispensable ouverture de son économie et la nécessaire défense de ses citoyens contre l'inégalité et l'exclusion ? A. T.
Résumé : Contre un économisme brutal qui menace d'en finir avec les sciences sociales, c'est de l'idée de modernité qu'Alain Touraine nous invite à repartir pour penser notre époque. Il s'agit d'abord de reconstruire une conception de l'action sociale fondée sur l'être historique de l'homme issu de la modernité, l'homme capable, par l'expérience et l'exercice de la volonté, de transformer son environnement social et la condition humaine elle-même. Il s'agit ensuite de concentrer l'attention sur la société nouvelle qui prend, sous nos yeux, la place de la vieille société industrielle. Or, là où certains n'aperçoivent qu'une chute de notre vieux monde dans la postmodernité, Alain Touraine met au contraire en évidence son entrée dans l'hypermodernité, avancée qui recèle, certes, de terribles périls attachés aux nouvelles formes de domination, mais qui est porteuse aussi de nouveaux mouvements sociaux affirmant plus directement que par le passé les droits des Sujets humains. Il donne, ce faisant, la mesure de l'importance des mouvements de libération des femmes et désigne la question de l'accueil ou du rejet des populations issues de cultures différentes comme l'enjeu principal des politiques nationales. Fondamentalement, et à rebours du fatalisme économique de ceux qui gouvernent la planète, Alain Touraine entreprend d'associer réélaboration des objets centraux de l'analyse sociologique et connaissance du monde pour redonner vie aux mouvements de libération.
En 2014, la victoire électorale des nationalistes hindous, remportée en grande part grâce au populisme de leur leader, Narendra Modi, a fait basculer l'Inde dans la démocratie ethnique. Les tenants du sécularisme, des militants politiques aux universitaires en passant par les organisations non gouvernementales, ont été mis au pas. Cibles traditionnelles des nationalistes hindous, les membres des minorités religieuses - les chrétiens et les musulmans en particulier - ont été relégués au rang de citoyens de seconde zone. Non seulement leur mise à l'écart au sein des institutions indiennes - y compris les assemblées élues - est sans précédent, mais ils sont victimes de violences et d'une police culturelle visant tant leurs pratiques religieuses que leurs activités économiques. Cette transformation de la scène politique indienne s'explique par le pouvoir que le mouvement nationaliste hindou, fondé dans les années 1920, a acquis au fil du temps - au plan électoral comme sur le terrain, à travers l'infiltration systématique de l'appareil d'Etat et un dense réseau de militants actifs sur les réseaux sociaux. En retraçant la montée en puissance de Narendra Modi dans son Etat du Gujarat dès les années 2000, puis à l'échelle du pays, Christophe Jaffrelot livre une analyse saisissante de l'essor du national-populisme au sein de la plus grande démocratie du monde.
Résumé : Il s'appelle Sainte-Marie-du-Mont, village posé au bord de la Manche, à la base de la presqu'île du Cotentin. C'est le personnage de ce livre. La plage est commode. En l'an 900, le Viking Vieul Aux Epaules y jeta ses drakkars. Dix siècles plus tard, l'Américain Eisenhower lança sur elle ses barges ; depuis, on la nomme Utah Beach. Juché sur la colline, le bourg essuie depuis toujours les tempêtes magistrales : guerre de Cent Ans, guerres de religion, révolutions, occupations... Il n'est pratiquement pas d'événement majeur qui n'ait laissé sa trace sur ce coin de bocage enclavé dans ses haies, de sorte que la chronique communale ne cesse de renvoyer à l'histoire de France. Mais aujourd'hui comme hier, les gens d'ici vivent à leur pas, car l'Histoire est peu de chose, au bout du compte, auprès des histoires qui tissent la trame des jours ordinaires.
Josy Eisenberg est rabbin et anime "A bible ouverte" et "La source de vie" sur France 2. Il a notamment publié Le Judaïsme pour les nuls (First, 2009). Adin Steinsaltz, rabbin et mathématicien, a reçu le prix Israël pour son commentaire des deux Talmuds.
La maladie a-t-elle un sens? Voilà une question qui nous concerne tous. Pourtant la médecine ne se la pose plus. Elle soigne en effet le corps sans se soucier de l'intégralité de la personne humaine. Et, privilégiant la compréhension des détails, elle oublie les liens qui unissent les patients au monde dans lequel ils vivent. Tombons-nous malades comme par fatalité, ou bien la maladie est-elle le moyen pour notre corps de trouver, face à des situations perturbantes, un nouvel équilibre? Nos pathologies naissent-elles de causes extérieures à nous ou, au contraire, sont-elles le symptôme d'un malaise plus profond? Thierry Janssen se confronte à ces questions avec une audace remarquable. S'appuyant sur les découvertes scientifiques les plus récentes, il retrace l'histoire de la médecine psychosomatique - véritable donneuse de sens dont il analyse les apports mais aussi les dérives. Et, comparant les théories modernes avec les croyances de peuples traditionnels comme les Aborigènes, les Douala ou les Navajo, il nous montre que, face à la souffrance, nous avons le choix d'explorer plusieurs sens. "Sens biologique" défini par la science, ou "sens symbolique" exprimé par les malades? À travers le témoignage de nombreux patients, nous découvrons, en plus, le "sens collectif" de nos maux. Celui-ci fait appel à notre responsabilité afin de prévenir les pathologies au lieu de les guérir. Ainsi, tout au long de ce livre, Thierry Janssen nous invite à renouer avec des principes de bonne santé qui sont de précieux outils au service de la vie. Et sa réflexion, aussi brillante que passionnante, annonce une autre manière de penser la médecine. Biographie de l'auteur Chirurgien devenu psychothérapeute, Thierry Janssen enseigne les principes d "une" médecine humaniste et responsable "aux professionnels de la santé, dans divers hôpitaux et facultés de médecine. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont La Solution intérieure: vers une nouvelle médecine du corps et de l'esprit, publié en 2006 chez Fayard et considéré comme une référence incontournable."