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Le Droit Fil. Souvenirs de Haute Couture
Torrente-Mett Rose
FLAMMARION
20,20 €
Épuisé
EAN :9782080687272
Quelle vie incroyable que la mienne! Fille d'un petit tailleur juif arrivé de Russie à pied et sans le sou, j'ai été l'une des dernières femmes à entrer dans le cercle très fermé de la Haute Couture parisienne. Pendant quarante ans, j'ai habillé les stars internationales et les femmes politiques, promenant mes collections de New York à Tokyo en passant par Beyrouth et Moscou. Moi, qui voulais embellir toutes les femmes, voir leurs yeux briller de plaisir pendant que ceux des hommes s'allument de désir sur leur passage, je vais tout vous raconter. Car, il n'est pas si frivole qu'on veut bien le dire, le plaisir qu'éprouve une femme qui se sent belle, ni celui que ressent l'homme qui l'admire. C'est l'élan même de la vie, sublimé par l'élégance. Quelques secondes d'harmonie, sauvées du chaos, volées à la violence du monde. Suivez-moi donc dans les coulisses des défilés et découvrez les dessous de la mode, l'exaltation de la création, la gloire des podiums et les coups d'épingle du destin...
Filomeno en est certain: si on ne l'avait affublé d'un prénom aussi désuet et ridicule, il ne serait jamais devenu ce jeune homme dérangé dont l'auteur nous livre ici les "Mémoires"... Enfant en Galice, étudiant à Madrid, journaliste à Paris, apprenti banquier en Angleterre, installé au Portugal après la guerre, Filomeno a connu des poètes, des anarchistes, de vrais Anglais, des Espagnols interlopes, des Galiciens madrés... et des femmes, toutes aimées et désirées, sur lesquelles ce roman offre une magnifique déclinaison de regards. Du règne d'Alphonse XIII au soulèvement franquiste, Filomeno, malgré moi! est à la fois "confession d'un enfant du siècle" et roman d'un apprentissage manqué. Dans cette fiction jubilatoire déguisée en autobiographie, Gonzalo Torrente Ballester donne une version très personnelle de l'antihéros en pantin tragi-comique, dont l'existence, d'indécision en incertitude, et de faux pas en erreur, est, à l'évidence, depuis toujours piégée par le destin.
Impénitent bâtisseur de fiction, Gonzalo Torrente Ballester présente ici, "en temps réel", le frénétique journal de travail d'un écrivain dont il met en scène le combat contre les résistances du matériau romanesque. Architecte d'une ville aux fondations improbables, agent secret en butte à la perversité de ses propres personnages, historien confondu par les complots du temps (que fomentent quelques anarchistes et autres prophètes), joyeux paranoïaque et amant blessé par des amours imaginaires, telles sont les variations de ce portrait du romancier en héros, bouffon et martyr. Pris d'une irrésistible émulation, chaque personnage de ces Fragments d'apocalypse apporte en effet à son créateur son tribut d'intrigues contradictoires et l'encombrante moisson de ces "mots qui font et défont toute chose" au point de mettre le romancier en présence du plus gênant des protagonistes : son "double" prédateur qui prétend non seulement le terrasser dans le tournoi de la fiction mais détourner de lui le plus aimable produit de ses rêves, la belle Lénoutchka... En présentant ici le roman comme un champ de forces abritant les très redoutables conspirations de l'imaginaire, Torrente Ballester rappelle la nature exacte des exigences et de l'engagement que requiert l'exercice de la "liberté" dans la création littéraire.
Résumé : Inventant sous nos yeux le plus véridique des contes, Torrente Ballester entre en scène et, avec l'aplomb d'un témoin sûr de son fait, nous décrit l'attrait fatal qu'une sirène, depuis les temps les plus reculés, exerce sur les beaux jeunes gens de la famille des Marino. Puis, par des lacets où l'obsession, l'interdit et le désir composent le plus subtil des pièges, il montre comment la malédiction, au beau milieu du XXe siècle, en vint à se réaliser une dernière fois. "L'imaginaire ? C'est tout simplement une partie de la réalité ! " lança un jour Torrente Ballester à un groupe d'universitaires venus débattre de son oeuvre. On ne saurait mieux dire en quelle estime l'écrivain espagnol tient la mystification. Tel un condensé de son art, en moins de cent vingt pages le conte de la Sirène est certainement la plus belle miniature qu'exécuta jamais ce virtuose du faux et du vrai !