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Venant à Stance
Torreilles Pierre
GALLIMARD
14,25 €
Épuisé
EAN :9782070721504
A la parution de Denudare, Angelo Rinaldi écrivait : "Etait-ce encore possible ? Un poète résolument contemporain adossé aux plus savantes recherches de langage, et pourtant d'accès immédiat accrochant directement la sensibilité du lecteur ? Pierre Torreilles tient ce pari qui semblait relever de l'absurde, et se dégage de tous les pièges présents à chaque phrase, avec une sincérité brûlante". Pari tenu et maintenu, sans faille ni concession. L'an dernier prix Max Jacob. Voici, dernier paru, Venant à stance, ouvrant sur une citation de Rilke : "Partout, la temporalité s'abîme dans la profondeur de l'être". Lorsque la pensée en chemin s'accorde au rythme du langage, elle prend au sérieux le temps dans la forme de la parole... et, lecture-écriture la voix laisse advenir le poème. Harmonique. En cela favorable à l'écoute. Sans cesse répété s'élève le thème, puis semblable au ressac dévoile et voile alors la transparence de l'oubli.
L'essentiel de sa démarche pourrait se résumer par cette phrase extraite d'un de ses textes : " Les hommes n'ont entre eux que les mots de leur langue, ce cri sur leur tissu de solitude... Choses et dieux, inquiets de réciprocité, dans le feu frontalier se plaisent à nommer ", ou encore par cette citation de Nietzsche : " ... dans le temps infini et dans l'espace infini il n'y a pas de fins : ce qui est là est là éternellement, sous quelque forme que ce soit. Quel monde métaphysique il doit y avoir, il est impossible de le prévoir. Sans aucun appui de cette sorte il faut que l'humanité puisse se tenir debout - tâche immense des artistes. ".
L'appareillage des mots et des poèmes fait de Denudare le lieu de l'éclosion tragique d'un théâtre. Théâtre de la langue, espace du discours ? Héraclite le désignait, c'était le fondement du théâtre d'Eschyle. Tel un espace inaugural, leur dénuement s'ouvre à la voix de l'homme seul, et le poème ainsi s'élève lentement, devient nombreux, se dénude soudain et dépouille ses voix ; puis redescend, tel un essaim, vers le silence, mot à mot, les gradins du théâtre. Le choeur qui s'était formé se retire". Pierre Torreilles.
Pour moi, le poème s'éprouve en sa nature propre, parole une conjuguant le cortège des signes qui l'énonce. Repose, dans ce qui le met en chemin, la réponse, verbale et non pas nominale, de sa fulguration. L'acte poétique n'a rien d'une activité purement littéraire. Depuis Hölderlin, Mallarmé, Rimbaud, Char, Saint-John Perse et plus terriblement depuis la "catastrophe" qui ébranla P. Celan dans sa langue, la poétique a renoué avec son origine. Là "tous les reliquaires de mots s'ouvrent. . ". Ce qui doit advenir doit apprendre à parler". Pierre Torreilles.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Le Traité du Narcisse - Le Voyage d'Urien - La Tentative amoureuse - Paludes - Les Nourritures terrestres - Les Nouvelles nourritures - Le Prométhée mal enchaîné - El Hadj ou Le Traité du faux prophète - L'Immoraliste - Le Retour de l'enfant prodigue - La Porte étroite - Isabelle - Les Caves du Vatican - La Symphonie pastorale - Les Faux-monnayeurs - L'École des femmes - Robert - Geneviève ou La confidence inachevée - Thésée. Introduction de Maurice Nadeau. Notices et bibliographie par Yvonne Davet et Jean-Jacques Thierry.