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Ordre biologique, ordre technologique
Tinland Franck
CHAMP VALLON
23,50 €
Épuisé
EAN :9782876731875
Sous ce titre est regroupé un ensemble de recherches concernant les " Interfaces entre le Vivant et le Technique ". Le terme d'interfaces est entendu en un sens assez large pour englober les divers aspects sous lesquels peuvent être abordés les processus et les formes dont les rapports complexes se situent au carrefour de questions à la fois anciennes et profondément renouvelées. Ainsi les interfaces entre ordre biologique et ordre technologique ont été envisagées sous l'angle des tentatives de modélisation prenant appui sur l'un pour comprendre l'autre ou dépasser leur opposition ; des interactions entre ce qui relève de l'évolution des formes vivantes et des milieux naturels d'une part, du développement des moyens techniques et capacités d'intervention humaine d'autre part ; enfin des régulations internes ou externes, spontanées ou subordonnées à des références éthiques, à des projets de sociétés ou à des perspectives politiques. La question posée par la confrontation globale des deux ordres - ce qui relève de la " vie ", ce qui relève de la " technique " - est donc abordée à la fois dans ses dimensions épistémologiques et dans ses dimensions normatives, resituées sur l'horizon philosophique d'interrogations aussi anciennes que l'histoire de notre pensée et des oppositions à partir desquelles elle se déploie. Mais cette question prise en sa plus large extension trouve dans des domaines plus précis des résonances toutes particulières. Ainsi, à cette réflexion sur l'ensemble associant et opposant ce qui provient des morphogenèses biologiques et ce qui prend son essor dans l'Art humain, s'ajoutent des analyses portant plus précisément sur la confrontation (modélisation, interactions, interventions, régulations...) entre " Cerveau et Ordinateur ".
Vincent Gilbert ; Tinland Franck ; Ellul Jacques ;
L'homme, " maître et possesseur de la nature : cette célèbre affirmation, narcissiquement gratifiante, a longtemps alimenté l'idée que les techniques étaient un ensemble de moyens de transformation du monde et de la condition humaine tout à la fois dociles et efficaces. Ces représentations ont probablement fait leur temps, concurrencées par la figure de l'apprenti sorcier. Le doute, sinon l'inquiétude grandit : et si les techniques étaient en passe de se rendre indépendantes de toute volonté et de toute finalité tant collectives qu'individuelles ? Et si les techniques faisaient système, donnant corps à une sorte de poussée exponentielle de puissance qui asservit individus, groupes et sociétés ? La distinction classique entre nature et artifice ne serait-elle pas devenue caduque, en même temps que la distinction entre histoire et nécessité ? En faisant " système ", les techniques s'imposent comme un ensemble irrésistible de normes interdépendantes ; elles exigent de nous une nouvelle forme d'abnégation, un ascétisme post-religieux au moins aussi rigoureux que l'ancien, qui va de pair avec une disciplinarisation des corps et des esprits. Mais s'il y a système, et si le monde se met à ressembler à une secte immense, organisation de dénigrement et de destruction du désir et de l'utopie, comment la critique est-elle encore possible ? Qu'est-ce qui peut empêcher un processus de totalisation - sous les auspices de la technique - de devenir totalitaire ? La critique ne peut être qu'éthique et politique : elle procède du souci de l'autre et du sens de la justice, l'un et l'autre attachés à l'intotalisable, au singulier. Mais pour combien de temps encore ?
Que nous éprouvions aujourd'hui le besoin de régresser aux multiples discours tenus par les Lumières sur l'histoire, cela résulte très naturellement de ce que nous avons cessé de nous percevoir comme inscrits dans le temps de l'Histoire : celle-ci ne faisant plus écran, ceux-là retrouvent titi relief longtemps devenu indiscernable. Les études ici rassemblées démêlent, de Leibniz à Condorcet, l'enchevêtrement des trois grandes strates qui se dessinent alors : la genèse abstraite de l'obéissance politique, la civilisation comme processus ordinaire qu'accomplit en son temps chaque nation si les circonstances le lui permettent et, enfin, la pluralité des histoires empiriques dont le traitement fait l'objet de démarches très diverses. Prendre la mesure de cette complexité, c'est commencer d'en finir avec la représentation très convenue d'une histoire de nos croyances en l'Histoire qui s'élaborèrent en réalité toujours dans l'ambivalence et le conflit.
Reprenant une expression célèbre de Térence, l'empereur Tibère aurait comparé l'exercice du pouvoir au fait de tenir un loup par les oreilles : sous la menace permanente du complot ou de l'usurpation, celui qui avait su parvenir au pouvoir devait savoir, pour s'y maintenir, déployer en permanence les qualités et les techniques les plus diverses sous peine de succomber. En cas de contestation, il n'y avait pas d'autre alternative que la victoire ou la mort, que ce soit pour l'empereur en titre ou pour celui qui entreprenait de prendre sa place. C'est cette histoire que ce livre se propose de raconter et d'analyser afin d'en mettre en valeur les ressorts secrets ? les fameux arcana imperii ? mais aussi le langage officiel fait de gestes, de pratiques et de mots d'ordre destinés à assurer la paix et la longévité d'un règne, ou à justifier la révolte. Depuis Auguste jusqu'aux Sévères, durant les trois siècles étudiés ici, complots et éliminations jalonnent l'histoire impériale. Une analyse précise permet de mettre en lumière les logiques qui les sous-tendent. Au gré des variations du consensus dont bénéficie l'empereur, des styles de gouvernement se dégagent, mais aussi des profils de concurrents, hommes et femmes ? car ces dernières jouent un rôle clé et payent un lourd tribut à la stabilité du pouvoir. Dans un régime sans constitution, qui prétend, au début, poursuivre inchangée sa forme républicaine, un langage du pouvoir et de sa contestation se crée et s'installe dans les pratiques. Il constitue, règne après règne, comme une nouvelle tradition. Sources littéraires variées en grec ou en latin, inscriptions ou graffitis, programmes monumentaux ou frappes monétaires, c'est avec une richesse inouïe que l'Antiquité nous a légué son témoignage sur les pratiques impériales, nous permettant d'en lire l'histoire avec une précision qui ne laisse de nous surprendre et de nous parler aussi de notre monde contemporain.
Dans quel régime vivons-nous depuis le printemps 2017 ? La question est légitime tant l'interprétation que fait le nouveau président des institutions de la Ve République vise à renforcer le pouvoir exécutif et le système de l'état d'urgence quasi permanent. En se plaçant au-dessus des partis, Emmanuel Macron abuse d'une formule éprouvée depuis 1790 puis 1793, et lors de chaque crise politique française grave, en 1795, 1799, 1815, 1851, 1940, 1958 et finalement en 2017-2019. Le pouvoir exécutif, en la personne d'un sauveur, tente de supplanter le pouvoir législatif que l'on décrédibilise en exagérant son inefficacité ou son éloignement du peuple, au risque de fragiliser la démocratie représentative. En adoptant la modération, celle du juste milieu, qui est censée réparer les excès des députés, un centre politique, semblable et différent selon les générations, s'invente lors de chaque crise. La saison des tourne-veste répète les mêmes recettes depuis deux cent trente ans, de 1789 à 2019. La vie politique française, malgré ce qu'en dit toute une tradition historiographique, n'est pas bloquée par une lutte handicapante entre droite et gauche, mais par un poison : celui d'un extrême centre, flexible, prétendu modéré mais implacable qui vide de sa substance démocratique la République en la faisant irrémédiablement basculer vers la république autoritaire. Le macronisme n'est pas une Révolution : c'est une vieille histoire.
En janvier 1589, alors que la France subit sa huitième guerre de Religion entre catholiques et protestants, Jacques de La Guesle, procureur général au parlement de Paris, dénonce les effets désastreux de la division religieuse aux représentants des trois états réunis au château de Blois. Elle n'a apporté que désordres, confusions, démolitions d'églises. Pour le haut magistrat, la dissension religieuse est un glaive à deux tranchants qui pénètre jusque dans la moelle des os. Les années de la fin du règne de Henri II voient s'accélérer la rupture reli- gieuse entre catholiques et protestants. En témoignent les arrêts criminels rendus par le parlement de Paris, cour souveraine qui rend la justice au nom du roi. Ils sont un observatoire privilégié, sorte de caisse de résonance de leur époque. Ils offrent la possibilité de suivre presque au jour le jour les violences et les affrontements toujours plus intenses entre catholiques et réformés. L'enquête débute en 1555, pour s'achever sur la paix d'Amboise en mars 1563, soit les huit années qui précèdent la première guerre de Religion et qui l'englobent aussi. Se distinguent trois phases différentes : une politique de répression menée par Henri II jusqu'à sa mort accidentelle en 1559, la recherche de conciliation menée en 1560 et 1561, puis l'éclatement de la guerre en mars 1562 et ses effets. L'activité criminelle de la plus haute cour de justice du royaume montre qu'en matière de religion la politique royale est souvent hésitante, parfois volontariste, et qu'elle finit par se heurter à l'opposition des sujets, laquelle entraîne l'inapplication des lois et le développement de la violence. Quant à la justice du roi, son légalisme pétri de modération tente de conjurer une réalité qui ne veut pas s'encombrer de scrupules juridiques. Cette étude révèle à quel point la Réforme protestante a ébranlé la France ainsi que la monarchie. Elle aide à nous convaincre de l'importance du danger que constitue la résurgence de la violence au nom de la religion.
Résumé : L'histoire de la clandestinité intrigue, tant sont nombreuses les zones d'ombre, parfois artificiellement entretenues, et les pages méconnues, tandis qu'une poignée de clandestins a su polariser la curiosité du public et des historiens. Mais cette histoire est-elle seulement possible ? Chaque chapitre de ce livre, à sa manière, répond par l'affirmative, en retraçant la trajectoire d'un groupe politique, d'un mouvement structuré, avec une fortune variable, dans la dissimulation et par la pratique de l'illégalité. Contrairement à une impression première, les sources les plus diverses permettent d'en brosser une histoire incarnée, une histoire de l'intérieur, sans négliger pour autant le domaine des fantasmes que la lutte clandestine suscite immanquablement. Il s'agit là d'une conviction partagée par les auteurs, la compréhension de la clandestinité en politique se doit d'articuler, d'une part, les représentations propres aux mondes clandestins, qui, malgré leur diversité, peuvent être rassemblées dans l'expérience de cette lutte radicale et secrète, avec, d'autre part, les images de la lutte clandestine qui circulent à l'extérieur des groupes, que ce soit celles diffusées par le pouvoir ou les médias ou bien celles qui se développent au sein de la société et des différents mouvements sociaux. A travers l'exploration de la clandestinité comme modalité d'action politique, cet ouvrage expérimente une comparaison entre différents mouvements politiques dont les spécialistes dialoguent d'ordinaire trop peu ? anarchismes, résistances, mouvements révolutionnaires ou anticoloniaux ? en montrant l'existence de problématiques communes malgré les différents contextes. Il ambitionne également de fournir des clés pour comprendre la persistance de la menace clandestine, toujours actuelle, mais qui plonge ses racines dans une histoire longue et multiforme.