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L'église des philosophes de Nicolas de Cuse à Gabriel Marcel
Tilliette Xavier
CERF
36,00 €
Épuisé
EAN :9782204079662
Xavier Tilliette, outre qu'il soit le grand érudit déjà signalé de Schelling, de l'idéalisme allemand, d'autres grands philosophes auxquels il a dédié d'importantes monographies (Jules Lequier, Maurice Merleau-Ponty, Karl Jaspers), est l'auteur par excellence de la christologie philosophique, ce grand thème qu'il a su intelligemment proposer et imposer à l'attention des philosophes et des théologiens. A l'Idea Christi nous voyons maintenant dans ce livre correspondre l'idée d'Eglise ou l'Eglise en idée; à la christologie philosophique fait donc pendant une ecclésiologie philosophique. Du reste, cela peut sembler naturel, vu le lien historique ainsi que scripturaire entre le Christ et l'Eglise. Mais, ici, on parle d'ecclésiologie philosophique, comme auparavant de christologie philosophique, il s'agit donc de beaucoup plus qu'une analogie ou une vague affinité. Le fait est qu'une intuition féconde se montre apte à germer dans des milieux divers, si connexes qu'ils soient, étant donné le joint structurel qui unit le Christ et l'Eglise. Les auteurs examinés et l'arc temporel sont singulièrement accordés à ceux de la christologie philosophique: de Nicolas de Cuse à Schleiermacher, en passant par Leibniz, Kant, Fichte, Schelling, Hegel, puis Kierkegaard, Rosmini, Moehler, Newman à la fin du XIXe siècle, pour aboutir à Soloviev, Blondel, Maritain, Guardini, Fessard et Bruaire.
Résumé : Pendant les premiers siècles de l'Eglise, la croyance eucharistique est restée une possession immuable et réaliste. Au Moyen Age, Bérenger de Tours le premier a mis en doute la présence réelle, la réalité de la présence du Christ - son âme, son corps, sa divinité - dans les hosties consacrées. D'où la réplique des théologiens dogmatiques sous la forme d'une physique accentuant le réalisme de la présence eucharistique souvent en termes excessifs. Descartes a mis fin à la physique eucharistique et l'a remplacée par une véritable philosophie eucharistique qui montre l'adaptation de son système et de sa " théologie blanche " à la présence réelle et au sort miraculeux des espèces. Désormais, les philosophies eucharistiques se préoccupent surtout du sort des espèces. Elles sont l'enjeu et le fil rouge des théories eucharistiques, dont la plus célèbre, la plus fouillée, est celle de Leibniz, en correspondance avec Bossuet, puis en discussion serrée avec le jésuite Des Bosses. De la controverse a surgi l'idée de lien substantiel, que Blondel devait reprendre deux siècles plus tard. Il faut considérer comme des intermèdes les querelles protestantes, qui ne font guère avancer l'énigme et la solution ; de même, du côté catholique, la tentative théosophique de Franz Baader ne scrute pas le fond de la question, conversion du pain et du vin en corps et sang, transfert et non adduction - permanence des espèces. Toutefois, le XVIIe siècle, malgré la rigueur janséniste, mais sous la pression de Pascal, de l'Ecole française et de la dévotion au Sacré-C?ur voit s'infléchir la théologie sacramentelle et engendre la dévotion au saint sacrement de l'autel. C'est ensuite la belle et émouvante spiritualité christique du XIXe siècle qui retentit sur la théologie de l'eucharistie et permet à Maurice Blondel, lecteur du P. Faber et de Mgr Gay, d'ébaucher une philosophie eucharistique qui est comme le canevas et le modèle de sa " métaphysique de la charité ". Les temps étaient mûrs pour l'essor des Missarum solemnia et de la communion fréquente, une inflexion divine du saint sacrifice et de la communion promulguée par saint Pie X.
Résumé : La présence, latente et quelquefois voyante, du Christ dans les philosophies modernes, les grandes et les moindres, est restée littéralement inaperçue des historiens, occultée par les critiques, du moins jusqu'à il y a une trentaine d'années. Mais surtout un préjugé tenace s'attache au " Christ des philosophes " : la philosophie étant réductrice par essence, son Christ serait forcément rationalisé, sécularisé, comme en général les autres contenus de la foi. C'est cette double hypothèse, du silence et de la méfiance, que s'efforce de lever le présent livre, fruit de nombreuses lectures et préparé par des études plus analytiques. L'ouvrage n'est pas une série de monographies. Il vise un " Christ de la philosophie ", dont la physionomie s'ébauche à travers la diversité des portraits situés. Le schème directeur est l'hypothèse ou le problème d'une christologie qui puisse se présenter comme philosophique. De sorte que l'accent est mis partout sur l'épithète, afin que soient déterminées les caractéristiques existentielles et rationnelles d'un Christ et d'une christologie nécessairement émaciés par rapport à la richesse du dogme et de la théologie. La recherche procède en spirale, du moins philosophique au plus philosophique, jusqu'à ce que s'établisse, dans la philosophie chrétienne de Maurice Blondel, un équilibre, une stabilité, qui est le fait du panchristisme. C'est à quoi est consacrée la première partie, Heuristique, formée de six chapitres. La seconde partie (quatre chapitres) intitulée Topique examine, comme une application de l'hypothèse, quatre lieux majeurs, philosophico-théologiques, où s'exerce la christologie philosophique. Elle confirme par l'exemple les résultats positifs, quoique toujours menacés d'ambiguïté, de la recherche théorique. La Conclusion résume les différentes approches qui balisent le chemin ardu et périlleux de la théologie (ici la christologie) à la philosophie ; elle suggère même l'intégration d'une discipline christologique à l'encyclopédie des sciences philosophiques.
Un des plus illustres représentants de l'idéalisme allemand. Une philosophie pionnière nourrie des oeuvres de Kant, Fichte, Spinoza, Giordano Bruno. Le grand penseur de l'identité, qui a bouleversé l'univers des concepts en affirmant que la nature et l'esprit dérivent de l'absolu, que l'idéal et la conscience s'enracinent dans le réel, que l'objectif et le subjectif se confondent. Une figure emblématique du romantisme, attaquée par Hegel, contestée par Kierkegaard, et qui influencera en profondeur la métaphysique de Martin Heidegger. Friedrich von Schelling (1775-1854) a laissé une oeuvre magistrale, toujours liée au cours mouvementé de son existence et qui mêle philosophie, esthétique, politique, religion. La somme magistrale de Xavier Tilliette rend justice à ce penseur de génie qui fut, dans la sphère de la philosophie, un témoin privilégié de la Révolution, de l'Empire et de la Restauration.
Schelling, désigné trop hâtivement comme "Protée de l'Idéalisme", est longtemps resté méconnu, sinon inconnu. Surtout en France il a subi la loi de l'oubli. Le succès antérieur de Hegel s'est prorogé au delà du purgatoire habituel. Mais il a fallu sortir le rival des lieux communs des interprètes pour évaluer toute sa stature. Selon un mot de Walter Erhardt, Schelling est encore à découvrir. L'essai de Xavier Tilliette s'applique à suivre le développement, mot clef d'une philosophie qui a le temps pour partenaire, qui attend des lecteurs de plus en plus nombreux, et qui les attire par son verbe autant que par les énigmes qui ont fait de ce penseur le sphinx de la philosophie moderne.
Résumé : Abus sexuels, concentration de la parole et du pouvoir, exclusion des femmes : comment ces faits ont-ils été rendus possibles au sein d'une institution née pour incarner la parole de Jésus ? Avec toute la vigueur de la colère et d'un attachement authentique au message évangélique, Loïc de Kerimel va à la racine du mal : l'Eglise ne produit pas privilèges et abus comme n'importe quelle institution de pouvoir le fait ; elle est fondée sur l'affirmation d'une différence essentielle entre une caste sacerdotale, sacrée, et le peuple des fidèles. Alors que Jésus dénonce le monopole des prêtres et de la hiérarchie lévitique du Temple dans l'accès au salut, l'Eglise chrétienne naissante se dote d'une organisation similaire. Alors même que le judaïsme naissant se convertit à une spiritualité sans prêtres ni sacrifices, l'Eglise donne au repas du Seigneur, l'eucharistie, une tournure sacrificielle. Or, c'est précisément autour du monopole sacerdotal, et masculin, de cette célébration que le cléricalisme a fait système et s'est installé dans l'histoire. Tenu à l'écart des réformes, il a généré les abus de pouvoir qui gangrènent l'Eglise aujourd'hui. Un livre passionnant et nécessaire. Loïc de Kerimel est agrégé de philosophie. Il a un rôle actif dans l'Amitié judéo-chrétienne de France et au sein de la Conférence catholique des Baptisé-e-s francophones
Résumé : Cette synthèse, remarquable et accessible, sur les débuts du christianisme nous conduit des années de prédication de Jésus en Galilée et en Judée, de sa mort ignominieuse, et de la diffusion complexe et diverse de son souvenir et de son héritage dans l'Empire romain, jusqu'à la constitution d'une "mémoire officielle" et institutionnelle qui donnera un corpus canonique d'écritures. Pour quelles raisons la mort infamante de Jésus n'a-t-elle pas mis fin à ce mouvement à l'intérieur du judaïsme de l'époque ni arrêté la diffusion de son message aux frontières d'Israël ? Comment, à partir du second siècle, s'est constitué un système doctrinal et spirituel qui a pu s'imposer à l'Empire romain ? Enrico Norelli montre la diversité étonnante des modèles de foi qui aura permis la naissance et surtout le développement de la doctrine chrétienne. Il explique pourquoi certains de ces modèles se sont imposés au détriment d'autres. Il aborde de nombreuses questions relatives à cette construction : la lecture de la Bible, la constitution de l'Eglise, Marcion, le judéo-christianisme, l'influence et le rôle de Paul, la constitution d'un canon écrit à la confluence de mémoires plurielles...
Deux fois millénaire, le christianisme implique un cinquième de l'humanité. Ce volume en offre d'abord un survol historique ("Le Christianisme raconté"), de Jésus à Jean-Paul II, en passant par l'apogée du Moyen Âge et Vatican II. Suit l'abécédaire proprement dit (70 notices). On s'y repère par des carrés de couleurs indiquant s'il s'agit de doctrine (Apocalypse, Docteurs de l'Église, Péché...), de rituel (Musique sacrée, Reliques, Saints...), ou d'histoire (Hérésies, Judaïsme, Oecuménisme...). Des renvois par astérisques incitent aussi aux chemins de traverse. Les 100 illustrations, presque toutes en couleurs, font ressentir l'impact considérable du christianisme sur la culture occidentale. Chronologie, bibliographie sélective et index des noms viennent s'y ajouter. Très maniable, concis, suggestif, d'une présentation agréable sur papier glacé, ce livre présente les qualités de la collection ABCdaire. Ancien rédacteur en chef du quotidien La Croix, Jean Potin a écrit maints ouvrages sur l'Écriture Sainte. Pierre Chavot a collaboré à de nombreux travaux sur le christianisme. Colette-Rebecca Estin
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.