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Pourquoi ce poète? Le Celan des philosophes
Thouard Denis
SEUIL
19,00 €
Épuisé
EAN :9782021319040
Poète juif né en Roumanie, Paul Celan a choisi d'écrire en allemand pour porter la contradiction jusque dans la langue et remettre en question une culture qui avait été complice de l'extermination. Il a suscité un véritable engouement chez les philosophes, en Allemagne et en France, qui voyaient en lui le représentant de la grande tradition lyrique. Denis Thouard révèle à quel point est paradoxal le fait que l'inspiration philosophique légitimant l'intérêt des philosophes pour les poètes, et singulièrement pour ce poète, ait été si souvent puisée dans la pensée de Heidegger : Celan apparaît comme un auteur dont l'obscurité témoignerait de la profondeur de l'engagement poétique, le seul susceptible de résister à l'arraisonnement de la technique. En effet, l'incompatibilité historique et politique du philosophe et du poète fut en général ignorée au profit de la construction d'une synthèse poético-philosophique dont l'ambiguïté est riche d'enseignements sur ce moment de la pensée. Denis Thouard nous permet de comprendre les conditions de cet attrait, les modalités de la rencontre entre ce poète et les philosophes, de souligner les malentendus persistants et de réfléchir plus généralement à la question du rapport entre les philosophes et les poètes. Ce livre constitue un pari ambitieux : traitant d'un poète réputé difficile, il aborde son oeuvre du point de vue de la philosophie plutôt que des études littéraires. C'est donc un ouvrage de philosophe à part entière, mais centré sur le rapport entre la philosophie et son dehors.
Dans la pratique philologique, la critique, qui établit l'authenticité du texte et l'herméneutique, qui dégage le sens, sont deux opérations solidaires. Ce modèle s'est vu élevé à la réflexion, dès la fin du XVIIIe siècle en Allemagne, par les auteurs de la génération romantique, Friedrich Schlegel, Schleiermacher et Ast. Le projet de réunir "?philologie et philosophie ?" résume leur tentative, originale par rapport aux philosophies post-kantiennes. Car ce auteurs cherchent à penser l'antinomie entre la critique et l'herméneutique, la mise à distance dans le jugement et l'expérience d'une appartenance première. Suivant des perspectives distinctes, ils ont conçu une théorie philosophique de l'interprétation, depuis le cadre d'une encyclopédie philologique. Mais cette théorie ne s'est pas préparée à l'écart de tout exercice. Depuis la pratique philologique jusqu'à l'invention d'un nouvel art de la critique littéraire propre au premier romantisme d'Iéna, il s'agit toujours de l'autoréfléxion d'un pratique interprétative, de l'effort fourni pour énoncer les fondements et la portée. Le choix des textes retenues vise à mettre en évidence cette double perspective, en reconstituant ainsi l'arc allant du jugement critique singulier (sur la Lucinde ou le Philoctète) à la recomposition du sens de grands ensembles textuels (Boccace ou Lessing) et menant à la proposition d'une théorie cohérente. Entre le jugement critique et la relation herméneutique partant de la reconnaissance de l'histoire du sens, c'est le projet d'une encyclopédie des sciences de l'esprit qui cherche ici ses fondements théoriques.
On ne peut qu'hésiter à qualifier d'élégie une suite de vers qui n'ont plus de rapport déterminé avec l'origine d'un genre sans doute funèbre. Et cependant il ria pas paru qu'on pût dire plus elliptiquement la note de fond qui accompagne ces considérations. On ne peut guère considérer une longue portion de temps humain sans y repérer la masse des espoirs ensevelis, le plus souvent dans une violence insensée. La tonalité sans doute endeuillée des premiers textes va au-devant d'une rencontre avec l'inconnu. La neige est malmenée, blessée violemment, meurtrie. La salissure est l'écriture. La place ouvre cette béance. Le ton se mue en rage, colère et désespoir, dans la pièce centrale, mais sait céder, celle-ci retombée, aux moments — furtifs, sans doute, mais qu'importe ? — où s'entrouvre une gaîté. Ou est-ce une joie ? Puis vient l'allégement d'un retour, après tant de noirceur, d'une neige nouvelle, omniprésente. L'Elégie est accompagnée de six notes, qui font partie du poème.
Il existe, en français, un ouvrage de référence sur la pensée anthropologique de Humboldt (Jean Quillien, 1991, réédité en 2015) mais rien de tel sur sa pensée du langage. Ce livre souhaite donc combler cette lacune tout en remettant à leur place certaines idées fausses. Il se révèle, à ce titre, triplement provocateur. D'une part, cet ouvrage rappelle que Humboldt se situe entièrement dans le prolongement de la tradition généraliste des grammaires philosophiques qu'il ne renie jamais entièrement. Il relit au contraire cette tradition au moyen des conceptions de la philosophie allemande de Kant et Fichte. D'autre part, il souligne que Humboldt ne s'est pas contenté de formuler quelques idées générales sur le langage, mais a effectué un immense travail empirique sur près de 80 langues, rédigeant plus de 30 grammaires. Denis Thouard donne un aperçu de ce travail en évoquant l'édition des grammaires américaines effectuée ces dernières années à l'Académie de Berlin-Brandebourg, et développe le cas du basque, du chinois et de l'égyptien. C'est l'occasion de découvrir un linguiste véritable. Enfin, il permet de remettre en lumière le rôle essentiel et le plus souvent ignoré qu'a joué pour la pensée de Humboldt sa réflexion sur la traduction en analysant son travail de traducteur de l'Agamemnon d'Eschyle dans son contexte culturel. Une réflexion sur la question de la diversité des langues dans l'Europe actuelle, le renouveau des études sur l'origine des langues et les mésusages des idées de Humboldt accompagnent une présentation sélective et approfondie des points essentiels de sa pensée.
Résumé : " Ce livre n'est pas un manuel d'éthique destiné aux candidats bacheliers. Il ne parle ni des auteurs importants ni des grands courants historiques de la théorie morale. Et je n'ai pas cherché à mettre l'impératif catégorique à la portée de tous les publics. Ce n'est pas non plus un catalogue de réponses moralisatrices aux problèmes que nous rencontrons tous les jours dans le journal ou dans la rue, de l'avortement à l'objection de conscience en passant par les préservatifs. L'éthique n'a jamais permis de trancher un débat, même si son rôle est de les ouvrir tous. Ce livre ne prétend pas être autre chose qu'un livre personnel et subjectif, comme les rapports existant entre un père et son fils ; et par là-même universel, comme la relation père-fils, la plus ordinaire. Il a été pensé et écrit pour être lu par des adolescents : il n'apprendra sans doute pas grand-chose à leurs maîtres. Son objectif n'est pas de fabriquer des esprits bien-pensants (et encore moins mal tournés), mais de stimuler une pensée libre ".