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Herméneutiques contemporaines
Thouard Denis
HERMANN
39,70 €
Épuisé
EAN :9791037003966
L'herméneutique n'est pas le nom d'une philosophie, mais d'un souci de la compréhension. En montrant, à travers plusieurs positions contemporaines, comment ce souci peut être articulé différemment, ce livre entend contribuer à complexifier l'herméneutique. L'herméneutique est essentielle aux sciences humaines, à la constitution de leur objet comme à leur réflexion. Elle s'attache aux traces, aux signes, à la lecture du monde : avec Carlo Ginzburg par la méthode de l'indice ; pour Josef Simon, en déployant une philosophie du signe ; suivant Hans Blumenberg, en lisant le monde. La compréhension du monde est une subjectivité. Elle se constitue dans le sentiment de soi pour Paul Ricoeur. Elle part en quête des "sources du moi" avec Charles Taylor. Elle est saisie dans le rapport à soi ténu de l'humour par Dieter Henrich. Pour finir, le livre revient, à propos des "Cahiers noirs" de Martin Heidegger, sur l'héritage politique d'une certaine herméneutique et la nécessité d'opérer des distinctions critiques.
Aristote, oublié depuis deux siècles, devient au XIXe siècle un contemporain. Soutenue par un remarquable travail éditorial évoqué par les noms de Brandis, Bekker ou Bonitz, cette réévaluation engage les différents champs de la philosophie. On se tourne vers Aristote pour réhabiliter la question métaphysique, mais aussi pour interroger les instruments de la pensée, les concepts et les catégories, ou penser le rapport de la philosophie aux sciences positives. Le style d'Aristote, recherchant un mode de connaissance adapté à chaque objet, avec son exigence de sobriété, trouve un écho chez tous ceux qui désirent faire de la philosophie une science rigoureuse. Selon les contextes, la lecture de ses écrits a nourri des traditions philosophiques bien différenciées, de la phénoménologie à la logique, de la métaphysique au regain de la philosophie pratique. Ce livre dresse un état des lieux de la surprenante actualité d'Aristote au XIXe siècle en suivant les interprétations contrastées de ses principales ?uvres. A travers ses trois sections : 1. La critique de l'idéalisme ; 2. Le retour de la métaphysique ; 3. La logique de la science, il souligne le rôle essentiel de Trendelenburg, Ravaisson et Brentano tout en présentant plusieurs acteurs de cette passion péripatéticienne (de Feuerbach, Droysen, Dilthey à Comte, Peirce ou Lukasiewicz). Avec des textes inédits de Brentano, une bibliographie des éditions d'Aristote et des études au XIXe siècle, il constitue un ouvrage de référence.
On ne peut qu'hésiter à qualifier d'élégie une suite de vers qui n'ont plus de rapport déterminé avec l'origine d'un genre sans doute funèbre. Et cependant il ria pas paru qu'on pût dire plus elliptiquement la note de fond qui accompagne ces considérations. On ne peut guère considérer une longue portion de temps humain sans y repérer la masse des espoirs ensevelis, le plus souvent dans une violence insensée. La tonalité sans doute endeuillée des premiers textes va au-devant d'une rencontre avec l'inconnu. La neige est malmenée, blessée violemment, meurtrie. La salissure est l'écriture. La place ouvre cette béance. Le ton se mue en rage, colère et désespoir, dans la pièce centrale, mais sait céder, celle-ci retombée, aux moments — furtifs, sans doute, mais qu'importe ? — où s'entrouvre une gaîté. Ou est-ce une joie ? Puis vient l'allégement d'un retour, après tant de noirceur, d'une neige nouvelle, omniprésente. L'Elégie est accompagnée de six notes, qui font partie du poème.
Dans la pratique philologique, la critique, qui établit l'authenticité du texte et l'herméneutique, qui dégage le sens, sont deux opérations solidaires. Ce modèle s'est vu élevé à la réflexion, dès la fin du XVIIIe siècle en Allemagne, par les auteurs de la génération romantique, Friedrich Schlegel, Schleiermacher et Ast. Le projet de réunir "?philologie et philosophie ?" résume leur tentative, originale par rapport aux philosophies post-kantiennes. Car ce auteurs cherchent à penser l'antinomie entre la critique et l'herméneutique, la mise à distance dans le jugement et l'expérience d'une appartenance première. Suivant des perspectives distinctes, ils ont conçu une théorie philosophique de l'interprétation, depuis le cadre d'une encyclopédie philologique. Mais cette théorie ne s'est pas préparée à l'écart de tout exercice. Depuis la pratique philologique jusqu'à l'invention d'un nouvel art de la critique littéraire propre au premier romantisme d'Iéna, il s'agit toujours de l'autoréfléxion d'un pratique interprétative, de l'effort fourni pour énoncer les fondements et la portée. Le choix des textes retenues vise à mettre en évidence cette double perspective, en reconstituant ainsi l'arc allant du jugement critique singulier (sur la Lucinde ou le Philoctète) à la recomposition du sens de grands ensembles textuels (Boccace ou Lessing) et menant à la proposition d'une théorie cohérente. Entre le jugement critique et la relation herméneutique partant de la reconnaissance de l'histoire du sens, c'est le projet d'une encyclopédie des sciences de l'esprit qui cherche ici ses fondements théoriques.
Résumé : Si la philosophie vise bien une vérité, elle ne peut être indifférente à sa communication. Le vrai doit être dit pour tous, car il vaut pour tous. Telle est la conviction des siècles démocratiques, héritiers des idéaux des Lumières. Mais comment être assuré qu'il sera compris ? Les études ici réunies, consacrées aux Lumières et à l'ensemble romantique et idéaliste allemand, présentent plusieurs tentatives et reviennent sur leurs apories. Dans la lignée d'un rationalisme triomphant, les Lumières ont cherché à " populariser " la philosophie, privilégiant la clarté du discours. Mais cette pédagogie rencontre une double limite, qui tient à la simplification des contenus et à l'impossibilité d'éviter tout malentendu. En réaction aux illusions d'une communication accomplie sous le signe de la raison universelle, des stratégies alternatives ont vu le jour. De Kant à Fichte, de Hegel à Schlegel, Schelling ou Schleiermacher, les formes les plus diverses ont pu être essayées, trahissant la tension entre l'individualité de la forme et l'universalité de la prétention au vrai. On analysera ici le poème didactique, le fragment, le dialogue et le récit à partir de cas exemplaires où la philosophie s'approprie des genres hétérogènes comme le poème de Lucrèce, la maxime des moralistes français, le dialogue platonicien ou l'épopée homérique. Entre le désir de science et la tentation de la littérature, la philosophie a exploré, des Lumières au romantisme, de multiples voies pour assurer sa communication. Réfléchissant sur les apories d'une pédagogie de la clarté autant que d'une réduction de la philosophie à l'écriture, l'ouvrage plaide pour un pluralisme des formes qui engage l'activité du lecteur.
Malgré des avancées politiques et juridiques en faveur de l'égalité, la progression et la rétention des femmes dans les secteurs traditionnellement masculins demeurent inégales. Comment expliquer les écarts de progression de carrière des femmes dans ces milieux ? Dans les trajectoires de carrière, quels sont les enjeux qui peuvent expliquer la progression ou non des femmes ? Quelles sont les pratiques organisationnelles porteuses de changement ? Ce livre présente les résultats d'une recherche multidisciplinaire réalisée sur le terrain auprès d'organisations de divers secteurs. Dépassant l'étude des trajectoires individuelles, cette recherche permet de découvrir les dimensions contextuelles et culturelles des organisations qui influencent les parcours de carrière des femmes et la rétention en emploi. Loin de présenter une recette miracle ou un modèle unique pour corriger les situations inégalitaires au travail, la démarche proposée repose sur un processus dynamique et transformatif visant à répertorier au sein des organisations et de leur écosystème les éléments favorables à une meilleure inclusion des femmes dans différentes professions.
La dépression est-elle une vraie maladie, que seuls les psys et les docteurs savent diagnostiquer ? Peut-elle être traitée avec des médicaments efficaces ? Ou bien est-ce une sorte de "maladie imaginaire" dont ceux qui en souffrent sont des tire-au-flanc qui s'écoutent trop ? Les médicaments antidépresseurs marchent-ils, ou bien sont-ils une sorte de drogue légale qui rapporte beaucoup d'argent ? En somme, qu'est-ce réellement que la dépression, ce phénomène si répandu et pourtant si mal connu ? Dans ce petit livre ingénieux, Maël Lemoine nous aide à distinguer, à rebours des idées reçues, ce qu'est, et n'est pas, la dépression, quels sont les faits scientifiquement établis, loin du discours des philosophies feel good qui vendent un bonheur kitsch et irréaliste. Cette Petite philosophie de la dépression, qui prend au sérieux la réalité des phénomènes dépressifs, propose ainsi en creux une réflexion sur le véritable bonheur.
Cénat Jude Mary ; Cyrulnik Boris ; Dérivois Daniel
Même si, avec plus de 200 000 morts et des dizaines de milliers de blessés, le séisme du 12 janvier 2010 a déjà suscité nombre de réflexions sur l'histoire et la population haïtiennes, on a rarement l'occasion de lire des témoignages aussi poignants ainsi qu'une fine analyse des traumatismes et de la résilience des survivants. Tout le monde s'en souvient : isolés, sans abri, sans nourriture, débordés par la dévastation et dans l'attente des secours, les insulaires ont vécu parmi les morts et avec les morts pendant de nombreuses semaines. Ces témoignages de survivants nous font précisément entrer dans cet enfer, dans le récit d'une souffrance insupportable, mais qui refuse toute attitude condescendante. Par-delà blessures et amputations, le dialogue avec l'auteur laisse lentement apparaître les voies salutaires de la résilience, une sortie proprement humaine vers la vie, comme une renaissance que donne en partage le peuple haïtien à l'humanité entière. Cela nous donne un ouvrage touchant, rigoureux et engagé. Un ouvrage édifiant.
Mobiles, interactifs, capables de communiquer, les robots peuvent-ils pour autant "penser" ou prendre des décisions à la place des humains ? Faut-il les considérer comme des agents moraux ayant une "autonomie" ou leur donner un statut juridique particulier ? Qui est alors responsable de leurs actions - le concepteur informaticien, le fabricant industriel, l'usager consommateur ? Pour quelles finalités tous ces robots sont-ils conçus ? Depuis peu, le public a découvert comment des robots pouvaient remplacer l'être humain dans un nombre croissant d'activités économiques, sociales et politiques. Les robots-drones sont utilisés dans les conflits armés ou encore dans des contextes non armés pour la surveillance ou l'assassinat ciblé. Des robots aux formes androïdes ont fait leur apparition dans le domaine de la santé et du bien-être. Dans les hôpitaux, des robots opèrent sous la direction du chirurgien, d'autres robots aux formes animales deviennent des "compagnons" pour les personnes âgées. Dans des écoles, des robots sont utilisés par des enseignants pour l'apprentissage des langues ou des matières scientifiques. Dans des maisons, des robots de service aspirent la poussière des tapis tandis que des jouets-robots s'occupent des enfants. Dans le domaine de l'agriculture, des robots traient les vaches et nettoient l'étable. Dans les usines, les robots accélèrent la productivité et l'efficacité de la production industrielle. Tous ces robots qui remplacent les êtres humains dans des tâches devenues "robotisables" font-ils de notre société "une société robotisée" ? Tant par la réflexion théorique qu'à l'aide d'exemples précis, cet ouvrage multidisciplinaire examine comment les robots modifient la qualité de nos relations humaines, en quoi ils transforment certaines valeurs fondamentales comme la liberté et l'égalité, ou encore de quelle façon ils entraînent des changements sociaux et culturels, par exemple dans nos relations aux animaux ou à l'environnement.