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Georg Simmel. Une orientation
Thouard Denis
CIRCE
18,00 €
Épuisé
EAN :9782842424824
Georg Simmel a composé une oeuvre apparemment facile d'accès dans laquelle il se confronte avec les transformations de la société de son temps, anticipant bien des aspects de la nôtre. La modernité tend à remplacer les identités par des relations, la stabilité par le mouvement, supprimer les distances et les délais. Tout semble se défaire et tout s'accélère. Comment, dès lors s'orienter ? Dans un univers pensé comme ensemble de relations en constant réajustement, il faut savoir nager - et lire. En sept accès différents à des objets révélateurs de son diagnostic comme la ville, l'art, le temps ou la guerre, ce livre s'efforce d'accompagner le lecteur à saisir, au-delà de l'évidente séduction de ces textes, les enjeux d'une réflexion plus complexe qu'on ne l'imagine. Au cours de ces essais, l'oeuvre de Simmel est mise en rapport avec des contemporains proches, comme Walter Benjamin, Sigmund Freud ou Paul Valéry. Le lecteur est invité à découvrir une pensée exposée plus avant dans ses grands livres comme la Philosophie de l'argent (1900), la Sociologie (1908) ou les Méditations sur la vie (1918).
Résumé : Si la philosophie vise bien une vérité, elle ne peut être indifférente à sa communication. Le vrai doit être dit pour tous, car il vaut pour tous. Telle est la conviction des siècles démocratiques, héritiers des idéaux des Lumières. Mais comment être assuré qu'il sera compris ? Les études ici réunies, consacrées aux Lumières et à l'ensemble romantique et idéaliste allemand, présentent plusieurs tentatives et reviennent sur leurs apories. Dans la lignée d'un rationalisme triomphant, les Lumières ont cherché à " populariser " la philosophie, privilégiant la clarté du discours. Mais cette pédagogie rencontre une double limite, qui tient à la simplification des contenus et à l'impossibilité d'éviter tout malentendu. En réaction aux illusions d'une communication accomplie sous le signe de la raison universelle, des stratégies alternatives ont vu le jour. De Kant à Fichte, de Hegel à Schlegel, Schelling ou Schleiermacher, les formes les plus diverses ont pu être essayées, trahissant la tension entre l'individualité de la forme et l'universalité de la prétention au vrai. On analysera ici le poème didactique, le fragment, le dialogue et le récit à partir de cas exemplaires où la philosophie s'approprie des genres hétérogènes comme le poème de Lucrèce, la maxime des moralistes français, le dialogue platonicien ou l'épopée homérique. Entre le désir de science et la tentation de la littérature, la philosophie a exploré, des Lumières au romantisme, de multiples voies pour assurer sa communication. Réfléchissant sur les apories d'une pédagogie de la clarté autant que d'une réduction de la philosophie à l'écriture, l'ouvrage plaide pour un pluralisme des formes qui engage l'activité du lecteur.
Il existe, en français, un ouvrage de référence sur la pensée anthropologique de Humboldt (Jean Quillien, 1991, réédité en 2015) mais rien de tel sur sa pensée du langage. Ce livre souhaite donc combler cette lacune tout en remettant à leur place certaines idées fausses. Il se révèle, à ce titre, triplement provocateur. D'une part, cet ouvrage rappelle que Humboldt se situe entièrement dans le prolongement de la tradition généraliste des grammaires philosophiques qu'il ne renie jamais entièrement. Il relit au contraire cette tradition au moyen des conceptions de la philosophie allemande de Kant et Fichte. D'autre part, il souligne que Humboldt ne s'est pas contenté de formuler quelques idées générales sur le langage, mais a effectué un immense travail empirique sur près de 80 langues, rédigeant plus de 30 grammaires. Denis Thouard donne un aperçu de ce travail en évoquant l'édition des grammaires américaines effectuée ces dernières années à l'Académie de Berlin-Brandebourg, et développe le cas du basque, du chinois et de l'égyptien. C'est l'occasion de découvrir un linguiste véritable. Enfin, il permet de remettre en lumière le rôle essentiel et le plus souvent ignoré qu'a joué pour la pensée de Humboldt sa réflexion sur la traduction en analysant son travail de traducteur de l'Agamemnon d'Eschyle dans son contexte culturel. Une réflexion sur la question de la diversité des langues dans l'Europe actuelle, le renouveau des études sur l'origine des langues et les mésusages des idées de Humboldt accompagnent une présentation sélective et approfondie des points essentiels de sa pensée.
Réflexion sur la méthode de l'interprétation des oeuvres, l'herméneutique critique s'attache à restituer dans son contexte historique la visée des auteurs. Pour elle, les oeuvres ne sont pas des représentants d'une entité préexistante, que ce soit une tradition, un esprit national, une ontologie ou une révélation, mais des actes d'innovation. En instaurant une distance par rapport à un contexte, une oeuvre se constitue dans sa puissance de dire. Elle est porteuse d'une subjectivité, d'un jugement marquant cette distance. L'herméneutique critique prend en compte cette distance introduite par l'oeuvre, qui est aussi une puissance de rupture. L'herméneutique critique a été exemplairement développée par le comparatiste Peter Szondi et le philologue Jean Bollack. En introduisant leur rapport au poète Paul Celan, qui leur était proche, l'ouvrage reconstitue un contexte intellectuel original et peu connu en France entre l'héritage de la Théorie critique sensible chez Szondi, la poésie de Celan et le renouvellement de la philologie conduit par Bollack. La réflexion théorique est ainsi replacée dans un contexte international caractérisé, dans les années 60 et après, par le besoin de réintroduire la dimension de l'histoire dans les formes abstraites de l'expression et de l'analyse.
Cervantes du ghetto, Maître Mendele a légué à la postérité un Don Quichotte qui est parfois son propre Sancho et un Sancho trop doué d'humour et de poésie, trop empreint de pitié pour dissiper la vision d'une armée de chevaliers par une grossière mise au point concernant des moulins à vent.
Une rue de Londres vers 1750, un café, une librairie et, à l'étage, l'appartement d'un riche négociant... Le jeune Jacob, adepte de la philosophie des Lumières est le précepteur de milord Wambert et de madame de Brindè. Or Milord tombe amoureux de Madame, mais Madame aime en secret Jacob qui ne veut aimer que la paix de l'âme et du coeur afin de rester un homme d'étude. Ajoutons deux artisans qui se disent philosophes, mais savent user surtout de la calomnie, une épouse spirituelle amoureuse du jeu, un chevalier servant qui pratique la satire : toutes ces forces s'allient à la passion déçue du jeune lord pour mettre en péril la vie même de Jacob. Le tout sous le regard d'employés, de marins et de serviteurs qui mènent leur vie sans se mêler de celle des maîtres. Quelles autres forces sont invitées à sauver le jeune philosophe en qui s'incarne, en 1754, un Goldoni lui-même en butte à Venise à des factions rivales ou contraires ?...
Anna Akhmatova (1889-1966) eut très tôt conscience d'avoir donné la voix aux femmes dans la poésie russe en leur " apprenant à parler de l'amour ". Dès ses deux premiers recueils Le Soir et Le Rosaire, parus en 1912 et 1914, elle devient une star avant la lettre, étant imitée par les jeunes femmes dans sa façon de s'habiller et de se coiffer, suscitant surtout une multitude de vocations poétiques et d'épigones durant des décennies, en dépit même de l'ostracisme officiel, de l'interdiction de publier qui la frappera en 1926-1939, puis de 1946 à 1958. Aujourd'hui encore, les jeunes mariées se voient offrir un livre de celle qui pour les russophones restera à jamais le chant même de l'amour. La nouveauté radicale d'Akhmatova, qui représentait aux côtés de Goumiliov et Mandelstam le mouvement acméiste appelé à rompre avec le flou métaphysique et formel du symbolisme, résidait moins dans la " déferlante amoureuse " de sa poésie que dans une poétique inédite. Ayant " puisé dans la prose russe du dix-neuvième siècle sa sensibilité morale, la vérité des motivations psychologiques ", elle fait de chaque poème un fragment de nouvelle ou de roman, une page arrachée à un journal intime, retraçant toutes les phases et situations de l'aventure amoureuse. " L'héroine lyrique, comme le notait dès 1923 le grand critique russe Boris Eichenbaum, est un oxymore incarné, tressant l'émouvant et le sublime au terrestre et à l'effrayant, la simplicité à la complexité, la sincérité à la malice et la coquetterie, la bonté à la colère, l'humilité monastique à la passion et la jalousie ".