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Quinze études sur Nerval et le romantisme. En hommage à Jacques Bony
Thélot Jérôme ; Mizuno Hisashi ; Pichois Claude ;
KIME
26,40 €
Épuisé
EAN :9782841743711
Les trois premières parties, entièrement consacrées à Nerval, disent, en charriant une somme considérable d'indications neuves, que le rapport de ce poète à lui-même ne se comprend que par l'élucidation de ses relations avec les autres : avec les symboles qu'il a recueillis du Moyen Age, avec de grandes ?uvres de la Renaissance, avec son singulier XVIIIe siècle, et, parmi ses plus proches, avec Goethe et le problème de la traduction, avec Lamartine, Wagner, Chassériau. Ce n'est que sous le jour de ces dialogues simultanés que s'éclairent l'étrangeté de ce poète et son imagination extraordinaire. Parmi les manifestations de celle-ci sont étudiés ici, outre le fait du poème en son être propre, ses figurations de la revenance, sa politique, et aussi son érotique. De sorte que c'est un ouvrage à plusieurs entrées sur les palimpsestes de la mémoire nervalienne que les amis de Jacques Bony ont écrit ensemble. Et l'on comprend qu'il s'achève, dans sa quatrième et dernière partie, par de nouvelles études sur de grands contemporains du poète (sur Musset, Guérin, Baudelaire, Hugo), leur écart respectif contribuant à découper le visage singulier de Nerval.
Qu'il manque un traité à l'oeuvre de Jean-Jacques Rousseau (un traité qui eût compté parmi les plus importants de notre passé et de notre avenir) sur ce que la condition humaine a de plus nécessaire et parfois de plus douloureux, le vieillissement, l'adversité, Bernardin de Saint-Pierre son premier grand disciple l'a regretté avec raison. Mais que les principes, quant à eux, de ce traité absent soient pourtant retrouvables, par une exégèse amicale, dans ses différents écrits, c'est ce qui invite son lecteur à revisiter la cohérence et la portée de ceuxci, jusqu'à poser la question de savoir quel décisif motif aura retenu l'écrivain d'articuler explicitement cette réflexion dont il a posé les fondements, mais qu'il a laissée ouverte. Vieillesse, adversité, sont des épreuves trop universelles, des aventures trop sérieuses de l'existence réelle de chacun et de tous, pour qu'on ne demande pas à Rousseau, qui les a souffertes on ne peut plus intensément, quelle sagesse, "folle" ou non, il a su en extraire, et comment en recevoir par son truchement les possibilités propres, et comment après lui les douer de sens. Occupé de ces deux épreuves, ce petit livre est d'abord consacré aux principes et aux projets élaborés par la pensée du dernier Rousseau, pour autant qu'elles s'y trouvent éclairées d'un savoir radical.
Résumé : Que peut aujourd'hui la poésie, devant les fureurs de l'histoire, les souffrances des victimes, l'aridité métaphysique du temps présent, quand les sociétés, ayant perdu confiance en ses témoins, se sont détournées d'elle ? Quelle est la nécessité et quelle est la légitimité de la poésie, quand Baudelaire lui-même à la fin perdit la parole, attestant que perdre la parole est le fait moderne par excellence ?Mais Baudelaire posant cette question somme son lecteur d'y répondre en personne : de la reprendre où ses poèmes la laissent et de vouloir, avec lui, qu'à la fin de la poésie dans l'aphasie, personnelle ou collective, réponde une autre fin dans l'amour. Car il y a de la violence dans le langage, ce que le poème qui la reconduit peut au moins savoir, faisant de la poésie une recherche de ses propres conditions, et il y a, plus précisément, un meurtre au fond des mots, que le poème qui en dérive peut aussi révéler, faisant de la poésie, autant qu'un drame sacrificiel, un acte de compassion pour la victime des mots. Ce livre où sont lus Le Spleen de Paris, Pauvre Belgique !, deux poèmes de la Correspondance et Les Fleurs du mal est consacré à la passion de Baudelaire : à sa dénonciation, éthique excédant l'esthétique, de la violence intérieure à la poésie, pour rendre enfin possible, au-delà des poèmes, une parole délivrée.
Les cinq essais composant cet ouvrage cherchent la raison fondamentale en vertu de laquelle le processus photographique doit produire ce qu'il produit. Ils examinent les principes du photographique, ils décrivent ses a priori et ils exhibent les conditions premières auxquelles toute photo concrète doit sa possibilité. L'essence de la photographie - un écart de la lumière - est telle que ce qui se révèle nécessairement dans les photos qu'elle détermine, c'est le monde comme dehors. Or un contrecoup de cette révélation est la ressaisie de l'individu par lui-même comme l'absent de ce monde, et comme d'une autre essence que cette lumière. C'est pourquoi toute photo est énigme.
Faye Emmanuel ; Lassègue Jean ; Rastier François ;
Bien au-delà de la seule philosophie, le débat à Davos en 1929 entre Cassirer et Heidegger a marqué l'histoire des idées. Il a même donné naissance à des récits passablement légendaires qui négligeaient le contexte historique précis. Un nouveau regard s'impose, à la lumière des oeuvres publiées depuis lors. Les vingt-cinq tomes de l'édition allemande de référence de Cassirer ne sont disponibles que depuis 2007. S'y s'ajoutent les dix-sept tomes du Nachlass depuis 2017. Des 102 volumes de la Gesamtausgabe de Heidegger, édition de référence mais sans garantie scientifique, moins d'une dizaine reste programmée, mais d'ores et déjà la publication des cinq premiers volumes des Cahiers noirs a permis d'engager une relecture critique de l'ensemble. C'est donc à présent seulement que l'on peut véritablement évaluer les projets contrastés des deux auteurs. Leurs enjeux intéressent notamment le statut de la rationalité et des sciences, en particulier celles de la culture, aussi bien que le statut de la technique parmi les formes symboliques. Et tout autant, l'opposition entre la démocratie et la théologie politique ; entre la légitimité du cosmopolitisme et l'ontologie identitaire ; enfin, entre la possibilité même d'une éthique ou son rejet de principe. Tous ces thèmes contradictoires exigent aujourd'hui une révision critique, non seulement rétrospective, mais aussi ancrée dans le présent. Car au-delà même de la philosophie, des courants de pensée et des forces politiques en Europe et dans le monde poursuivent ces deux voies qui s'opposent aujourd'hui.
Dans le sillage de Flaubert sont nées, dans tous les domaines artistiques, des adaptations et des créations multiples, reflétant la réception contrastée de son oeuvre de par le monde : le cinéma, le théâtre, la musique, l'opéra, la bande dessinée, nous offrent aujourd'hui une très large palette d'intertextes attestant la vitalité d'une oeuvre constamment lue, relue, réécrite, traduite, retraduite, bref, constamment (ré)interprétée, en vertu d'intentions parfois contrastées, méritant une étude attentive, en vertu peut-être aussi de l'inquiétude fondamentale qui traverse l'oeuvre de Flaubert et dont ces postérités sont, chacune à leur manière, les échos entêtants. L'étude de ces "dérivés" flaubertiens révèle aussi bien les procédés d'actualisation de la filiation ainsi revendiquée, que les singulières métamorphoses induites par les lectures de Flaubert en d'autres langues et au sein d'autres cultures. Ce volume rassemble les travaux de chercheurs internationaux, qui, à l'étranger et en France, nous offrent un vaste panorama de ces créations.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.