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Charles Péguy. Une humanité française
Teyssier Arnaud
PERRIN
21,50 €
Épuisé
EAN :9782262023218
Qui, mieux que Charles Péguy (1873-1914), a incarné la vertu républicaine par la modestie de ses origines, sa rectitude morale, ses engagements intellectuels et politiques? Et pourtant, quelle existence singulière et fulgurante que celle de ce normalien qui revendiquait hautement ses origines paysannes et devint l une des plus grandes figures littéraires et politiques de la France contemporaine... Il fonde en 1900 les Cahiers de la quinzaine, écrit une uvre immense, publie quelques-uns des écrivains les moins conformistes de son temps: Romain Rolland, André Suarès, Daniel Halévy... Son engagement vigoureux dans l affaire Dreyfus, ses combats politiques successifs contre les manipulations de l état-major, contre l antisémitisme, puis contre la république radicale, son amitié puis sa rupture brutale avec Jaurès dessinent un personnage contradictoire et mystérieux. Rompant avec le socialisme de ses débuts pour se convertir à un catholicisme original et ardent, il évolue vers un patriotisme mystique incarné par Jeanne d Arc, figure centrale de son uvre poétique. Vivant dans la pauvreté et loin des honneurs, il ne cesse d irriter ses contemporains par son intransigeance, sa dénonciation de l hypocrisie du monde intellectuel et sa critique du monde moderne, dont il souligne la vanité et la médiocrité agissante. Quant la guerre éclate, ses doutes se dissipent. Il meurt au combat d une balle en plein front le 5 septembre 1914. Sous la plume d Arnaud Teyssier, on croise les figures majeures de notre imaginaire politique et on décèle, grâce à l intelligence lumineuse de Péguy et sa profonde humanité, quelques traits très actuels de notre impuissance démocratique. Biographie: Né en 1958, ancien élève de l Ecole normale supérieure et de l ENA, Arnaud Teyssier est historien et haut fonctionnaire. Spécialiste d histoire politique, il a publié, en 2004, chez Perrin, Lyautey (prix du Nouveau Cercle de l Union).
Présentation de l'éditeur De Richelieu, demeure trop souvent l'image d'un politique froid et déterminé, animé depuis son plus jeune âge par une ambition sans limites et conduit par les seuls impératifs de la raison d'Etat. S'il est désormais admis qu'il fut à ses débuts un évêque appliqué, " l'homme rouge " est décrit surtout comme un politicien sinueux et un maître de l'intrigue, perçu à l'aune de nos critères d'aujourd'hui. En réexaminant ses années de jeunesse, en relisant avec une attention nouvelle ses abondants écrits politiques et religieux, en réinterprétant l'imposante production de ses documents d'Etat, l'auteur propose un Richelieu étonnant qui tranche sur la tradition : un grand politique certes, mais habité par une vision constamment religieuse du monde. Il redessine ainsi une aventure d'homme d'Etat qui reste sans équivalent dans l'histoire de la France et de l'Europe : celle d'un ministre qui, en des temps tragiques, raisonne constamment en prêtre et lutte pied à pied contre la faiblesse des hommes – celle du roi, celle des Grands, celle des corps constitués. Tel est le vrai secret de " cette puissance morale qui a fait de lui un des hommes les plus extraordinaires qui aient existé " (Les trois mousquetaires).
Napoléon, qui forgea des institutions administratives puissantes et durables, l'a lui-même reconnu : il fut un politique, avant d'être un militaire. Empereur à 35 ans, ce propagandiste de génie organisa un pouvoir personnel absolu, reposant sur l'ordre et sur la gloire. Ayant porté, par ses victoires, la France aux dimensions de l'Europe, il dut, plus qu'un régime, construire un système. Il trouva des adversaires résolus, bien que d'inégal danger, chez les émigrés et leurs réseaux, ou chez les intellectuels, de Chateaubriand à Madame de Staël. Il fut la cible de complots, dut compter avec les intrigues de ceux qui le servaient, chefs militaires ou ministres, et qui, tels Fouché ou Talleyrand, étaient prêts à l'abandonner ou à le trahir. Il lui fallut composer avec la force retrouvée de l'Eglise, ainsi qu'avec la puissance sociale nouvelle des notables. Il dut enfin, dans la solitude du pouvoir, affronter non seulement l'irritation croissante des populations étrangères vassalisées, mais aussi la plus sourde des oppositions : la lassitude de son propre peuple. Revenu de l'île d'Elbe, il affecta, trop tard, de se faire libéral. Le mythe qu'il édifia à Sainte-Hélène devait être son ultime acte politique. L'ère impériale a marqué une étape décisive dans la construction politique de la France contemporaine et la formation de l'esprit collectif des Français. Napoléon fut-il le premier dictateur moderne qui pérennisa à sa manière l'acquis de la Révolution ? Ou poursuivit-il un autre but, restaurer un ordre monarchique qui ne pouvait plus être celui des Bourbons, mais qui devait rompre résolument avec les désordres révolutionnaires ? Plutôt qu'un continuateur ou un héritier de 1789, ne fut-il pas l'initiateur d'une profonde révolution conservatrice, celle que la monarchie n'avait pas su imposer ? Depuis la Révolution, la France n'a cessé de chercher à recréer un pouvoir qui dure. En ce sens, l'épopée conquérante de l'Empire fut aussi notre première grande aventure politique, porteuse de leçons, et source d'inépuisable nostalgie.
Résumé : Homme d'Etat tempétueux, exigeant et solitaire, Philippe Séguin (1943-2010) fait aujourd'hui figure de visionnaire. Il comprit très tôt les ressorts profonds de notre crise démocratique, due à une dérive des institutions de la Ve République ainsi qu'à la soumission de la classe politique face aux défis cruciaux de l'Europe et de la mondialisation. A 20 ans, le jeune Français venu de Tunisie rallie de Gaulle et adhère à l'idée d'une France indépendante et tournée vers l'action. Député des Vosges à 35 ans, maire d'Epinal pendant quatorze ans, ministre remuant des Affaires sociales sous la cohabitation, président hors normes de l'Assemblée nationale, enfin candidat sacrifié à la mairie de Paris, son indépendance d'esprit le laisse toujours en marge de son parti, le RPR, de la politique classique et de ses compromis. Dès 1992, conduisant la bataille contre le traité de Maastricht, il fut l'homme capable de dire non. Grâce à des archives et des témoignages inédits, Arnaud Teyssier fait revivre cette personnalité inclassable en son époque, afin de mieux éclairer les incertitudes de la nôtre.
Le 7 mai 1995, avec l'élection de Jacques Chirac à la présidence de la République, s'est ouvert le dernier septennat de notre histoire républicaine. Celui-ci s'est achevé le 5 mai 2002 par une réélection hors des normes, pour cinq ans. Le passage a plus qu'une dimension symbolique. Pendant ces sept années, des évolutions majeures se sont produites, puisant leurs sources au plus profond de notre histoire politique nationale. Insensiblement, sans vraiment s'en apercevoir, la France a changé de régime. D'éminents observateurs l'ont certes pressenti, puisque, ici ou là, déjà, l'on évoque volontiers une VIe République qui aurait jeté ses premières fondations. Mais lesquelles ? A-t-on pour autant, réellement, substitué un régime à un autre ? Le dernier septennat est un nouveau témoignage de cette incapacité de la France à créer un pouvoir qui dure. Au fond, à travers les moments paroxystiques de son histoire, elle a connu une révolution inachevée, qui s'est traduite, pour elle, par de multiples crises pseudo-révolutionnaires. Le dernier septennat a traversé, en l'espace de quelques années, trois de ces fausses révolutions : un essai de révolution conservatrice qui a échoué faute d'un programme vraiment mûri : le gouvernement Juppé (1995-1997) ; un coup d'Etat inconscient - la dissolution (1997) suivie d'une nouvelle cohabitation, plus longue et castratrice, qui a cassé définitivement le pouvoir présidentiel dans sa version gaullienne : ce livre apporte des éclairages précis sur la mécanique de cet événement majeur ; une révolution passive, par défaut : le gouvernement par une majorité " plurielle " qui laisse le système existant se décomposer au milieu d'un monde en complète mutation, sans prendre d'initiative réelle (1997-2002). Pourtant, les conditions d'une renaissance peuvent être identifiées, qui exigent une réforme profonde de l'Etat et de la société. Car il est urgent de reconquérir durablement des libertés politiques qui supposent l'autorité pleine et entière d'une démocratie assumée c'est-à-dire dotée d'un vrai gouvernement, et non de son apparence.
Loin, comme ses prédécesseurs, de décrire la bataille telle qu'elle est jugée d'en haut, à la manière de l'état-major, John Keegan la restitue par le bas, telle qu'elle est vécue par les soldats. Cette nouvelle approche de l'histoire militaire, qui va au-delà des récits factuels, révèle toute la dimension humaine du combat. Pour illustrer son propos, Keegan raconte et décortique trois batailles charnières: Azincourt (1415), Waterloo (1815) et La Somme (1916). Un livre fondateur devenu un classique servi par une nouvelle traduction.
Résumé : Début 1916, Joffre planifie une offensive générale des Alliés, simultanément sur la Somme, le front russe, les Balkans et l'Italie. Mais les Allemands attaquent les premiers, à Verdun, le 21 février : 1,5 million d'obus s'abattent en une seule journée sur 12 kilomètres de front français ! Une puissance de feu jamais vue jusque-là. Le début de l'enfer... Sur la scène internationale, 1916 est marquée par la révolte arabe contre les Turcs, menée par Lawrence d'Arabie ; la Russie qui jette ses dernières forces dans la bataille avec l'offensive Broussilov et qui se désagrège de l'intérieur : la question n'est plus de savoir s'il va y avoir une révolution, mais quand elle aura lieu et sous quelle forme ; ou encore l'épuisement de l'Allemagne qui, asphyxiée par le blocus britannique, lance la guerre sous-marine à outrance. 1916, enfin, c'est aussi et surtout une vie politique française particulièrement tendue : le mouvement pacifiste s'organise, les socialistes se divisent, l'Union sacrée se meurt, la Chambre et le Sénat se réunissent en comité secret pour se débarrasser de Joffre et d'Aristide Briand, etc. Avec le talent narratif qu'on lui connaît, Jean-Yves Le Naour nous fait entrer dans les coulisses du conflit, alternant les points de vue du pouvoir et du peuple, et même ceux des Anglais et des Allemands grâce au dépouillement des archives diplomatiques. Il fait ainsi tomber nombre de préjugés et d'idées reçues, dont le mythe de Pétain-vainqueur de Verdun : sa mise en avant a en fait répondu à un plan politique cherchant à diminuer Joffre ! Un récit vivant, poignant, qui mêle avec brio faits, sentiments et réalités de la guerre.
A la lumière des recherches les plus récentes, 1914 offre une synthèse des évènements qui ont précédé et suivi l'entrée en guerre de l'Europe. Dans une approche très concrète,nourrie d'archives, Jean-Yves Le Naour y restitue la façon dont cette année a été vécue par les contemporains, loin des antichambres ministérielles ou princières. Il montre la France plongée en situation de tension extrême, sensible à la moindre rumeur: les plaques de publicité Maggi ou du bouillon Kub auraient servi d'indications à l?armée allemande en marche, les Russes auraient débarqué au Havre, des espions allemands distribuent des bonbons empoisonnés, les soldats allemands coupent les mains des enfants durant l?invasion, etc.? Mais ce volume revisite évidemment les grands événements de 1914 comme l?attentat de Sarajevo, l?assassinat de Jean Jaurès et la bataille de la Marne. Il fait place à des évènements ignorés habituellement de l?historiographie: l?hésitation du gouvernement qui, partant pour Bordeaux, a failli décréter Paris « ville libre », sans défense, afin d?éviter sa destruction dans des combats; l?incroyable réception de la célèbre voyante, Mme Fraya, en pleine nuit du 1er août devant une assemblée de ministres angoissés qui s?en remettent à l?irrationnel pour se rassurer! Ou pourquoi Joffre a laissé les Allemands passer par la Belgique (contrairement à la version officielle, on savait que les Allemands passeraient par là!). L'auteur revient sur la fameuse « Union sacrée » qui ne restera qu'un rêve: les querelles se poursuivent, à fleurets mouchetés.... A chaque page, le récit est vivant et le lecteur peut éprouver ce climat si particulier, attisé par les premières morts, les errements des contemporains, leurs espoirs, leurs troubles et leurs angoisses. Poignant.
La guerre de sécession (1861-1865) fut la plus coûteuse en vies humaines et en pertes matériellesde toute l'Histoire des Etats-Unis. Ce furent quatre années de batailles sauvages, avec 2 800 000combattants, qui firent quelque 628 000 morts et des centaines de milliers de blessés, sur une population de 35 millions d'habitants. Elle fut aussi l'une des guerres les plus intenses et les plus compliquées de tous les temps, atteignant un degré de brutalité mécanique préfigurant les horreurs de la Première guerre mondiale, cinquante ans plus tard, avec des batailles très brèves et meurtrières, les camps de prisonniers, les premières tranchées... De nouveaux moyens de combat (cuirassé, sous-marin, fusil à répétition, télégraphe, voies ferrées) furent utilisés. Pourtant, nous dit l'auteur « Si la Première guerre mondiale était inutile et cruelle, la guerre de sécession fut tout aussi meurtrière, mais elle ne fut pas inutile »: de là naquit l'Amérique moderne. Avec cette nouvelle histoire à la fois très documentée et très claire, Keegan nous livre aussi une vision passionnante de l'Amérique au milieu du XIXe siècle. Il remet à juste titre en question beaucoup d'idées reçues telles que: Etats du Sud peuplés de propriétaires d'esclaves, vision hollywoodienne de la vie des Sudistes (riches planteurs et non masse de blancs pauvres et sans esclaves), guerre longuement préparée,soldats bien entraînés... Il nous explique aussi l'impact de cette longue guerre sur la situation économique, la psychologie et l'évolution des comportements, en particulier pour les femmes dont le rôle très important modifia le statut et la perception qu'elles avaient d'elles-mêmes, dans le Sud comme dans le Nord.