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L'histoire de Bruno Matei
Teodorovici Lucian Dan ; Hinckel Laure
GAIA
22,00 €
Épuisé
EAN :9782847202991
La neige de la mi-mars, vue du pont, semblait unie et blanche, comme si elle couvrait encore tout, les rues, les allées boueuses, tapissant une ville dont les constructions paraissaient de loin si différentes de cet autre bâtiment gris où il avait accumulé quelques mois, presque un an, de souvenirs - il n'en avait découvert l'aspect extérieur qu'au moment où il en était sorti, et avec quel étonnement. Il en était resté interdit un bon moment, avec Vasilacke inerte et ballant sur son bras droit.Vasilacke se balançait maintenant sous le tablier du pont.A présent, comme ce jour-là - sidéré par la vue qui s'offrait à lui, l'esprit ailleurs, incapable de formuler une phrase, une idée. Soudain, une main sur son épaule. Un regard en arrière, et Vasilacke se mit à faire des mouvements chaotiques sous le pont, puis à remonter de quelques centimètres, plusieurs, peut-être même d'un demi-mètre. Le milicien se pencha sur la balustrade, regarda en direction de la marionnette tremblante puis se tourna de nouveau vers le brun:- Je vous ai demandé ce que vous faites là.Il savait qu'il devait lui répondre. Ce n'était pas le froid, c'était la peur qui le faisait trembler. Il savait qu'il fallait dire quelque chose, avant que son mutisme prolongé n'énerve l'autre. Mais les pensées du moment présent, toutes les pensées, refusaient de se transformer en mots.Il se pencha vers la balustrade et fit un geste, en guise d'explication, vers Vasilacke. Silence. Le milicien regarda lui aussi sous le pont puis dévisagea de nouveau le brun. Lequel, après quelques instants gênants, ouvrit la bouche. Enfin. Il l'ouvrit néanmoins pour dire quelque chose qu'il n'aurait pas dû dire.- Je suis sorti avec lui pour me promener.- Vous promener, pouffa le milicien. Vous êtes dingue...? Avec un pantin, se promener?- On est dimanche, compléta immédiatement le brun, comme si cela devait tout expliquer.Il sortait tous les dimanches avec Vasilacke, voilà ce qu'il aurait voulu dire. Les autres ne le dérangeaient pas, ces passants qui le croyaient fou, il s'était habitué. Le paradis n'était pas parfait, mais si on en connaissait les règles de vie, il ne posait pas de réels problèmes. Il avait appris à ne pas prêter attention ni à ceux qui ricanaient, qui riaient, ni aux enfants qui parfois lui adressaient des quolibets ou même faisaient de lui la cible de divers projectiles. Avec les miliciens, cependant, la partie était plus difficile.Quelques mois plus tôt, deux d'entre eux l'avaient arrêté juste devant le théâtre de marionnettes d'État, là où il montrait Vasilacke aux enfants qui sortaient de la salle de spectacle. Le dimanche, il était de repos, seuls les acteurs travaillaient. Il craignait encore de s'aventurer en ville, alors il venait pendant son jour de repos devant le théâtre, dans la cour de l'église catholique, attendre les petits spectateurs. Puis il leur montrait Vasilacke. De plus en plus d'enfants lui avaient reproché que sa marionnette ne bougeait ni ne parlait comme les autres, celles qu'ils venaient justement de voir sur scène, alors le brun avait renoncé à son habitude. Mais ce dimanche-là, il n'avait pas encore eu le temps de se sentir inutile et mortifié, ni de pleurer dans son deux pièces en dévidant sa pelote amère face à un Vasilacke qui l'écoutait mutique et inexpressif, posé sur le lit contre un oreiller. À ce moment-là, le brun espérait encore conquérir les enfants. À l'apparition des premières revendications, quand ils avaient commencé à faire remarquer qu'une vraie marionnette remue toute seule sans que personne ne la tienne par les pieds pour les bouger, il n'avait pas su quoi répondre et il s'était immobilisé dans sa position penchée, (...)
Bienvenue aux Délices du Gel (3 comédiens et 3 comédiennes) réunit six personnages marqués par la guerre, qui essaient de reprendre pied et de croire en l'avenir : Lizika, vendeuse de produits surgelés ; Sebastian, psychiatre inquiétant et pitoyable; Klara, sa femme à la libido perdue; Bongo, ex-soldat hanté par ses tueries ; Johnny, à la sexualité incertaine; et, cloué sur sa croix, Jésus, qui prodigue ses conseils. Des liens complexes se nouent et mettent les personnages dans des situations grotesques, tragicomiques. Respire ! (2 comédiens et 1 comédienne) est une variation en vingt-quatre scènes où le personnage principal, invisible et omniprésent, est la mort. Elle propose une analyse nouvelle d'un monde envahi par l'insécurité intérieure, dans lequel les rites ancestraux inventés par l'homme face à la mort ne fonctionnent plus.
Onze histoires sidérantes. De naturel. De talent. De toupet. Et de poésie du quotidien. Ces trois écrivains roumains (Lucian Dan Teodorovici, Dan Lungu, Florin Lazarescu), par on ne sait quel miracle d'économie de moyens, parviennent à donner des situations et des personnages - même et surtout lorsqu'ils sont d'une grande simplicité, voire emprunts de trivialité - une impression d'évidence. S'en dégage un objet poétique, une sphère à contempler dans sa perfection formelle. La tension interne qui régit chacun de ces textes contribue à en renforcer le caractère parfaitement rond. De la poésie sans falbalas. Des histoires bien racontées. Ce talent de conteur, ils le possèdent en commun : tous trois ont quelque part dans leur enfance un aïeul qui les tenait en haleine des heures entières...
Onze chapitres comme autant d'escales sur les rives de l'intimité masculine : les gros bras et la première rouste, l'amour du bout des lèvres, la tentation du mensonge, la paternité sublime et bouleversante, le doute... Des questions plus que des réponses, esquissées avec humour et délicatesse au travers de portraits d'hommes virils (parfois), beaux (si vous voulez), et fragiles (à coup sûr).
Depuis plus de trente ans, Mads Madsen était un fumeur de pipe invétéré. La perte de l'objet précieux n'était rien moins qu'une catastrophe. Impensable pour lui, comme l'aurait fait William-le-Noir, de se rouler une cigarette avec du papier journal ou de se fabriquer un ersatz de pipe avec de l'argile ou du bois échoué sur la plage. William s'abstenait de toute provocation quand il fumait sa propre pipe. Il plaignait même sincèrement Mads Madsen en le voyant mâchonner nerveusement un crayon. Il lui aurait volontiers prêté sa pipe, mais il n'oubliait pas les mots de Mads Madsen lorsqu'il avait défendu son monopole sur les jumelles. "Ce qu'on possède, mon cher William, on le possède. Et on ne le prête pas, même à son meilleur ami, si on veut rester amis." William s'en tint à cette doctrine. Jamais il n'aurait voulu mettre en péril leur amitié.
Quatre voix qui témoignent de l'horreur. Une victime et trois bourreaux. Quatre archanges, messagers de leurs destins à jamais liés. Esdras est un clochard qui fait le singe sur un banc public à Nice. Le Duc est en taule, réduit à un tronc, quelque part dans le nord de l'Europe. Le Fils est mort, assassiné dans un train qui fuyait Zagreb. Et puis il y a Senka, la jeune fille de 13 ans, la fille-fantôme, "l'Ombre", comme le signifie aussi ce prénom serbo-croate. Une ombre qui hante ses bourreaux. Car Senka est morte, violée et assassinée, avec toute la barbarie dont l'Homme est capable, dans un pays en guerre. Senka qui "n'est plus rien. Sinon un beau murmure sur les lèvres de son assassin". Senka, condamnée à vivre dans l'immensité poussiéreuse de l'Eternité, descend parfois sur terre et s'assoit sur les genoux de ses bourreaux: "Allez mon vieux; pense à moi. Ne m'oublie pas. Si tu m'oublies, je n'existe plus".
Les petits et grands tracas de Jóhann Pétursson, enfant des quartiers populaires de Reykjavík dans les années 60. Le jour où il donne un coup de marteau sur la tête d'Óli, il ne tarde pas à regretter son geste. Mais ce n'est pas sa faute si Óli a placé sa tête sur le chemin du marteau. C'est la faute de son père qui n'a pas rangé le marteau, la faute du marchand de marteau, la faute du fabricant... D'une écriture simple, incongrue et débordante, Einar Már Guðmundsson nous place au coeur de l'univers du jeune Jóhann où l'imagination anime chaque détail. Notre héros saupoudre avec gourmandise son récit de digressions et mêle à ses rêves éveillés des anecdotes racontées avec une jubilation naïve.
Vous adorez les balades en forêt, vous habitez un petit appartement citadin dépourvu de cheminée, ou bien vous avez un poêle et faites chaque année votre bois pour l'hiver : Ouvrez ce livre ! Ce manuel ne quittera bientôt plus votre poche. Cet incroyable best-seller international est une mine d'informations sur les différentes essences, les méthodes pour couper, fendre et faire sécher son bois. Sans oublier les outils et les poêles, du plus rustique au plus contemporain. L'art de la pile de bois n'aura plus de secret pour vous, qu'elle soit simple et fonctionnelle ou digne d'une installation ultra-contemporaine ! Le bois, matière noble et ancestrale, au coeur des questions écologiques et environnementales nous rappelle qu'un autre mode de vie est possible : simple et auto-suffisant, en prise directe avec la nature. Seul un bûcheron zélé et talentueux romancier côtoyant les forêts les plus septentrionales d'Europe pouvait nous donner une telle leçon de vie.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Poésie lyrique - Poèmes narratifs - Prose - Essais autobiographiques - Le Docteur Jivago. Traduit du russe par Michel Aucouturier, Hélène Chatelain, Jean Durin, Gilles Gache, Benjamin Goriely, Hélène Henry, Jean-Claude Lanne, Anne Laurent, Françoise Lesourd, Martine Loridon, Ève Malleret, André Markowicz, Louis Martinez, Catherine Perrel, Valérie Posener, Jacqueline de Proyart, Andrée Robel, Satho Tchimichkian, Vardan Tchimichkian, Alain Thevenard, Laure Spindler-Troubetzkoy et Hélène Zamoyska. Édition de Michel Aucouturier.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Faust - Excursion dans les Grands-Bois - Assia - Nid de gentilhomme - À la veille - Premier amour - Père et fils - Apparitions - Assez - Le Chien - Fumée.
Zamiatine Evguéni ; Cauvet-Duhamel B ; Semprun Jor
«...On nous attacha sur des tables pour nous faire subir la Grande Opération. Le lendemain, je me rendis chez le Bienfaiteur et lui racontai tout ce que je savais sur les ennemis du bonheur. Je ne comprends pas pourquoi cela m'avait paru si difficile auparavant. Ce ne peut être qu'à cause de ma maladie, à cause de mon âme.» Ainsi parle D-503, un homme des siècles futurs. Il vit dans une société qui impose fermement l'Harmonie sous la direction du Guide. Or D-503 qui participe activement à l'expansion de cette organisation à l'échelle interplanétaire en arrive à l'autocritique, à la dénonciation , au rééquilibrage psychique. C'est en 1920 que le Soviétique Eugène Zamiatine a conçu cette politique-fiction. Il y aborde, pour la première fois, les mécanismes de l'Utopie au niveau existentiel. Jusque-là, tous les organisateurs de sociétés futures, sous la bannière de Platon et de saint Thomas More, se contentaient d'une description monomaniaque de leurs structures. Zamiatine introduit l'homme vivant dans ces souricières. La porte poussée, Aldous Huxley et George Orwell vont s'engouffrer dans le corridor. Quel extraordinaire prophète que ce Zamiatine, écrivain, mathématicien et ingénieur. Il y a soixante ans, la dissidence n'était pas encore une maladie mentale traitée à l'halopéridol. Le règne du père génial de tous les peuples, Staline, et de ses épigones n'avait pas commencé. Et les pieux des camps de rééducation n'étaient pas encore systématiquement plantés. Pourtant, le ver était dans le fruit, et même à cette époque pas encore totalement occultée, l'ouvrage ne fut pas publié. L'oracle Zamiatine scrutant les brumes de l'Histoire de demain pousse un hurlement solitaire. Lui-même, en nos temps de surdité, condamné au silence et à l'exil, étouffé par l'angoisse, mourra à Paris, en 1937, à l'âge de 53 ans.» Yvon Hecht.Notes Biographiques : Eugène Zamiatine est né en 1884 à Lebedyan dans la province de Tambov. En sa qualité d'architecte naval il se rend en Angleterre pour la première fois en 1916 et y séjourne jusqu'en 1917. La même année il quitte le Parti bien qu'il fût dans sa jeunesse un bolchevik convaincu. Entre 1908 et 1913 il publie deux nouvelles, mais son prochain livre est interdit par la censure en 1914. Nous autres, écrit en 1920, ne sera jamais publié en U.R.S.S. et à la suite d'incessantes persécutions il écrit en 1931, désespéré, une lettre ouverte à Staline. Ce dernier, après l'intervention de Gorki, lui permet de quitter le pays. Zamiatine, accompagné de sa femme, se rend à Paris où il vit jusqu'à sa mort en 1937.