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Distance de fuite
Tellermann Esther
FLAMMARION
14,00 €
Épuisé
EAN :9782080667564
Dès l'origine, avant même que les mots viennent buter contre le blanc de la page, contre son silence, il y a chez Esther Tellermann comme le constat d'une aporie. Comment l'appréhender, comment le dire, ce manque qui préexiste à l'avancée de l'oeil et de la conscience, alors que le monde est là, déjà, depuis toujours, dans la distance? Quelque chose peut-être s'est perdu en deçà de la perception - et ne reste que cet effort pour faire coïncider dans la syntaxe des signes l'absence du dedans et l'extériorité des spectacles. Demeure aussi la douleur. A la géométrie impeccable du monde, à la richesse trop évidente des couleurs, des senteurs, des sucs, répondre par quelques notations furtives, quelques itinéraires vers le "point central" qui se dérobe, dans la hâte et la lucidité de l'instant: je parle vite ou je ne parle pas.
Résumé : Chaque recueil d'Esther Tellermann est une étape, un chapitre isolé d'un récit plus ample, énigmatique, embrasé et voilé tour à tour - puis rendu à ses propres cendres. Encre plus rouge prolonge bien sûr cette narration obstinée, inaugurée voici bientôt vingt ans. Mais au-delà d'une évidente continuité, ce nouveau volume marque une inflexion sensible dans son déroulement : on y percevra l'intonation sinon réconciliée, du moins plus apaisée d'une voix toujours attentive au chant des morts enfoui sous la parole des vivants. Dans la troisième partie, notamment, la méditation s'avère d'une limpidité tendue, souveraine, tournée vers quels dieux absents ? - ou fugacement présents dans la béance de ces pages, comme autant d'éclairs, de fractures, de visions... Poème inscrit sur une terre inconcrète et sans nom.
Résumé : On a pu dire que le projet poétique d'Esther Tellermann s'identifiait à celui d'un récit énigmatique, dont chaque séquence déterrerait un nouveau chapitre, une tablette invisible ou enfouie. De psaumes chiffrés en ciels bardés de jaune -jours égrenant leurs dits à la recherche d'un nom d'homme- les quatre parties qui composent l'ouvrage ne dérogent évidemment pas à cette règle, oscillant entre le mystère du mythe et la violence du présent. Mais l'on s'aperçoit, à voir l'auteur s'avancer plus décisivement de livre en livre vers la contrée tangible qui la hante - cette terre des morts et des vivants dont la parole resurgit au détour de ses strophes - que c'est un portrait aussi qu'elle dessine, un paysage intérieur dont le chant porte l'ombre exacte. Et qui donne à sa poésie cette couleur singulière, d'argile mélangée de sable, rehaussée çà et là d'un éclat d'or. Ou d'écarlate.
L'oeuvre d'Esther Tellermann est la relation d'une quête indéfiniment reprise - puisque sans terme, sans origine - vers une incertaine mais essentielle unité. Chacun de ses recueils n'est au fond qu'une étape, un chapitre isolé de ce récit énigmatique tour à tour esquissé, effacé, assuré de sa source et rendu à ses propres cendres, après l'embrasement des lieux et des formules. Pangéia s'inscrit bien sûr dans la continuité de cette démarche: on a donc moins affaire ici à des poèmes isolés qu'à des "fragments", organisés en suites (ou séquences), dont le matériau est sans cesse émondé, retravaillé, afin de faire jouer l'ombre et la lumière conjointes des signes, sur la page intérieure où se profile, fugacement, un seul texte invisible - dans la perpétuelle nuit du monde, le jour fragile de la parole inscrite.
Résumé : J'ai préféré l'Infante une nuque épandue que cambre l'odalisque. J'ai préféré l'humble et le bol l'ascèse du profil et le silence où le vif écorche la menace. J'ai préféré l'Infante elle a déserté le jardin superposé le vert au vert dans l'ampleur des épisodes.
L'ABCdaire de Matisse nous transporte dans l'univers d'un des peintres majeurs du XXe siècle. Il nous plonge dans l?oeuvre d'un artiste, pour qui la peinture est avant tout un plaisir visuel et mental. A travers trois grandes thématiques, on découvre sa famille (Émile, Amélie, Anna Matisse) et ses amis (Pierre Bonnard, Picasso, Moreau) on explore le contexte socio-culturel qui permit son épanouissement (fauvisme, impressionnisme, les salons, ses voyages); enfin, on ouvre les portes du langage plastique et des grandes thématiques qui parcourent son oeuvre Enfin, on nous apprend à regarder la beauté des couleurs de ses oeuvres, la pureté du trait et l'élégance de la ligne à travers les techniques et les thèmes récurrents du peintre (la musique, l'atelier rouge, la danse). Inventeur d?un langage pictural, Matisse se sert des couleurs pour traduire, non la matière des choses, mais l'émotion qu'elles suscitent C'est pourquoi ses oeuvres nous parlent et restent toujours aussi vivantes.