Sortir la géostratégie de sa "camisole militaire" pour l'inscrire dans une logique de ruse et de séduction, tout en soulignant l'instrumentalisation de la démocratie dans les logiques de puissance, tel est l'objectif de cet ouvrage. En analysant le comportement des forces conservatrices - locales et étrangères-, les auteurs soulignent la permanence, la multi-théâtralisation et le caractère coordonné des atteintes à la démocratie. L'appropriation opportuniste du recul de la démocratie constitue alors une des causes majeures du retard et de la marginalisation plurielle et multiforme de l'Afrique subsaharienne. Cela se vérifie davantage dans la gestion des ressources naturelles considérée comme le siège de comportements préjudiciables à l'affirmation économique et géopolitique des producteurs. L'institutionnalisation des principes et des pratiques démocratiques, l'arrimage à la compétition de puissance sont autant de recettes qui permettraient à l'Afrique subsaharienne de conjurer les divers maux qui entravent sa marche vers le développement et la puissance.
La question ethnique est la problématique épicentrale de la gouvernance du Cameroun, une sérieuse entrave à la gestion équitable des personnes et des biens et une grosse aberration au regard des grands défis qui l'interpellent. Ses retombées sur son développement sont incalculables autant que ses acteurs sont cachés. L'auteur de ce livre sort de la réserve politicienne et pudique, très ancrée dans les mentalités au Cameroun, pour relancer, à sa manière, un vieux débat sur un fléau panafricain toujours d'actualité : l'ostracisme, qui culmine au Cameroun dans la question bamiléké. Sournois, généralement, le rejet dont souffre cette ethnie dans la société camerounaise a éclaté à maintes occasions pour marquer de ses crises aux effets parfois douloureux et tragiques l'histoire du pays. Dans ce livre accablant, qui reste, malgré tout, mesuré dans le ton, tous les protagonistes de ce drame précambrien sont mis à nu : les Béti, les Foulbé, les Sawa, le Cameroun tout entier, la France et les autres puissances, les Bamiléké eux-mêmes... Tous, sans restriction, sont courageusement épinglés.
L'histoire du Cameroun le singularise — certainement — par rapport à beaucoup de pays en Afrique et même au reste du monde. D'abord, c'est un pays qui a lui-même appelé à sa propre colonisation. Ensuite, il a été colonisé par trois puissances coloniales (l'Allemagne, puis l'Angleterre et la France), sans pourtant n'avoir jamais été officiellement une colonie. Enfin, sa décolonisation a été la plus atypique de toute l'histoire des décolonisations à travers le monde : ceux des Camerounais qui s'étaient ouvertement opposés à l'indépendance du Cameroun ont finalement hérité le pouvoir de la France en 1960 ; et ceux des Camerounais qui réclamaient cette indépendance ont été éliminés politiquement, militairement et même physiquement. L'autre fait extraordinaire de l'histoire politique du Cameroun est l'ampleur des luttes anticolonialistes dans ce pays. Les luttes contre la domination coloniale ont en fait débuté avant même que le territoire camerounais actuel ne fût constitué. Et c'est l'ensemble de toutes ces luttes qu'il convient d'appeler "nationalisme camerounais". Cet ouvrage retrace l'histoire de ces luttes anticolonialistes, mais sous l'angle de la sociologie historique et de la sociohistoire, afin de dégager leur sociogenèse, leur rationalité et leur rôle dans l'évolution politique du Cameroun, 60 ans après son indépendance. Il permet donc aussi de comprendre les origines de la crise anglophone qui mine ce pays depuis quatre ans maintenant.
Ce roman, à tonalité pathétique, est avant tout une réaction aux frivolités ambiantes, un hymne au bon langage et à l'amour, lequel amour plonge ses racines dans une terre africaine mais s'élève vers l'universelle pulsion du coeur humain. C'est l'émouvante histoire de deux adolescents qui découvrent ce sentiment et s'aiment d'un amour fou ! Hélas, coup de théâtre ! A la surprise générale, dans des circonstances troubles, la brunette quitte le jeune homme et, non loin, trébuche et tombe dans les bras du dernier des amants. A côté de cette aventure sentimentale, le récit est aussi un art du langage, qui s'efforce de redonner à la langue française, aujourd'hui menacée de toutes parts, sa pureté d'antan. Les phrases sont généralement courtes et simples et les mots accessibles. Et, lorsque, par méprise, il y en a un qui s'échappe et sort du champ usuel, l'éclairage du contexte le rattrape presque aussitôt... Un roman pur, un roman simple, écrit d'une plume alerte et sobre...
Ce livre se veut une agréable plongée dans l'univers fabuleux, riche et extraordinaire de l'histoire et des traditions d'un peuple africain. L'auteur conte l'Afrique noire dans ses us et coutumes, dans ce qu'elle avait de merveilleux, d'original et de magique et débouche sur l'épineuse question de savoir ce qu'il faut faire pour que le continent avance, tire le maximum de ses nombreux atouts et de son passé de gloire.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.