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Oncle Vania - Les Trois Soeurs
Tchékhov Anton ; Adamov Arthur ; Cadot Michel
FLAMMARION
7,40 €
Épuisé
EAN :9782080148988
En quoi consiste le bonheur ? Est-il à notre portée ? Dans Oncle Vania (1897), les personnages s'interrogent. Aux élans d'espoir et de joie succèdent l'abattement et la détresse. Le dégoût d'être laid, vieux, malade. L'ennui d'habiter en province, où jamais rien ne se passe ; de travailler comme un forcené, sans reconnaissance aucune. La douleur d'aimer sans retour. La fadeur de ne pas aimer. Ailleurs, à une autre époque, dans d'autres circonstances, peut-être, ils auraient pu être heureux... Bien sûr, il y a la révolte, la tentation du meurtre, celle du suicide. Mais en vain. La vie est là, amère et crue : on s'y enlise. "Vous dites que la vie est belle. Oui, mais si ce n'était qu'une apparence ! Pour nous, les trois soeurs, la vie n'a pas encore été belle, elle nous a étouffées, comme une mauvaise herbe", affirme Irina dans Les Trois Soeurs (1901). Son rêve le plus cher, partir à Moscou, restera inaccompli. Que nul ne vienne chercher, dans ces pièces de Tchekhov, un héros classique, ou un geste grandiose ; car ainsi que l'affirmait le dramaturge : "Dans la vie, les hommes ne se tuent pas, ne se pendent pas, ne se font pas des déclarations d'amour à tout bout de champ. Ils ne disent pas à tout instant des choses pathétiques. Ils mangent, ils boivent, ils se traînent et disent des bêtises. Et voilà, c'est cela qu'il faut montrer sur scène".
Voici des nouvelles sur le «royaume des femmes». Ainsi, la Dame au petit chien promène son ennui et son chien sur la digue d'une station de la mer Noire. Un homme solitaire la remarque, l'aime, mais ne peut triompher plus tard de toutes les barrières qui se dressent sur le chemin de leur bonheur.Tchékhov souffrait d'une impossibilité d'aimer. Mais l'amour lui inspire émotion ou ironie («Si vous craignez la solitude, ne vous mariez pas»), et une grande variété de tableaux : «Une nouvelle qui n'a pas de femmes, écrit-il, c'est une machine sans vapeur.» L'héroïne par excellence est pour lui la femme incomprise, qui rêve d'une autre vie, inaccessible.
Peu de pièces auront été autant jouées que La Cerisaie, depuis sa création en 1904. Et supporté des éclairages, des commentaires aussi contradictoires. Pièce-testament (Tchekhov meurt l'année même de la parution de la pièce), oeuvre charnière, La Cerisaie referme doucement une porte sur un monde agonisant, tandis qu'une autre s'entrouvre, par où pénètre, comme par effraction, l'aube d'une ère nouvelle. Aube ou crépuscule ? Tchekhov ne tranche rien. Il décrit le neuf et l'ancien, le passé comme l'avenir, avec les mêmes couleurs indécises, fluctuantes. Ses personnages ont l'allure de fantômes, d'ombres blanches, de marionnettes aux fils brisés. Leurs dialogues décousus, hésitants, laissent surgir des plages de silence, un vide soudain mis à nu où résonnent d'étranges échos. On ne peut ici s'accrocher à rien. Même la mort paraît incertaine, quand "la vie a filé, et on dirait qu'elle n'a pas commencé". Ainsi posée en suspens, la voix de Tchekhov, son murmure, ne cesse de nous interroger, avec une douce insistance. --Scarbo
Résumé : "Il faut représenter la vie non pas telle qu'elle est, mais telle qu'on la voit en rêve". C'est ce que proclame un des personnages de La Mouette. Et Tchékhov avoue que sa nouvelle pièce transgresse les lois du théâtre : "C'est une comédie : trois rôles de femmes, six rôles d'hommes, quatre actes, un paysage (vue sur un lac), beaucoup de conversations littéraires, peu d'action, cent kilos d'amour". Pourtant, quand on parle de l'oeuvre théâtrale de Tchékhov, on pense tout de suite à La Mouette. Et l'oiseau, ses ailes déployées, reste l'emblème du Théâtre d'Art de Moscou.
Un soir, il neigea. En rentrant du travail je trouvai Mlle Maria dans ma chambre. "Pourquoi ne venez-vous pas à la maison ? Puisque vous ne vouliez plus venir chez moi, c'est moi qui suis venue chez vous." Elle fondit en larmes : "La vie m'est pénible, très pénible, et je n'ai personne d'autre que vous au monde ! Ne m'abandonnez pas !" Tandis qu'elle cherchait un mouchoir pour essuyer ses larmes elle esquissa un sourire ; nous restâmes un moment silencieux, puis je la serrai dans mes bras et je l'embrassai en m'égratignant la joue jusqu'au sang contre l'épingle piquée dans son chapeau. Et nous nous mîmes à parler comme si notre intimité datait de très, très longtemps...