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Manifester à Paris. 1880-2010
Tartakowsky Danielle
CHAMP VALLON
25,50 €
Épuisé
EAN :9782876735354
Paris n'est Paris qu'arrachant ses pavés" écrivait Aragon, érigeant ainsi la Rue du Paris des révolutions au rang de sujet politique. La manifestation de rue, distincte des mouvements de la Rue du premier XIXe siècle par lesquels bien des régimes se sont faits et défaits, est contemporaine de la ville haussmannienne, ou plutôt de son achèvement. A Paris, dès l'avènement de la IIIe République, la manifestation a tissé avec les rues palimpsestes des relations étroites, propres à créer des territoires, où se donnent à lire et à voir, pendant un très long siècle, des années 1880 à nos jours, les liens intriqués et noués entre l'histoire et la capitale, entre le cortège protestataire et sa mémoire, entre l'événement et sa représentation, soit autant "d'espaces-récits". Ces liens n'ont cessé d'être perpétués et constamment retravaillés, des décennies durant. A la croisée de l'histoire urbaine et de l'histoire politique, cet ouvrage, fondé principalement sur les archives et les recensions de la préfecture de police, pour certaines inédites, s'attache à la gestation de cette géographie manifestante, en même temps qu'aux bouleversements qui l'affectent depuis une quarantaine d'années et à leurs causes. Ses conclusions ébranlent bien des idées reçues. Notamment par la mise en évidence des multiples mutations des espaces de souveraineté populaire dont la "ville-scène" offre le spectacle. Manifesterait-on aujourd'hui davantage dans les prestigieuses artères et esplanades de l'ouest de la capitale qu'entre la Bastille et la Nation? Après des décennies de mutations urbanistiques, sociales, politiques et culturelles, la rue peut-elle encore, au XXIe siècle, demeurer "le terreau fécond du peuple de Paris"?
Le cimetière du Père-Lachaise, conçu en 1804 par Quatremère de Quincy, le maître d'?uvre du Panthéon, fut doté, comme celui-ci, de fonctions civiques. Les régimes qui se succèdent de 1804 à aujourd'hui n'en ont guère usé. Il en va différemment des oppositions muselées, puis, dès la Restauration et surtout après l'écrasement de la Commune, de certaines forces partisanes. " Grands " ou anonymes, les morts et martyrs de la Commune, du parti communiste, de la Résistance et de la déportation inhumés dans cette nécropole l'ont dotée d'une sacralité particulière : le Père-Lachaise s'est ainsi progressivement imposé comme le foyer de rites alternatifs à ceux dispensés par l'Eglise. Ce sont les relations inédites tissées en ses murs entre la mort, le sacré, l'Histoire, devenue viatique, et la politique, qui ont retenu l'auteur de ce livre. Comment, en ce lieu si singulier, la politique a-t-elle été amenée à renouveler son regard sur la mort ?
Quatrième de couverture Au lendemain du 14 juillet 1935, la gauche française rassemblée contre le fascisme s'unit «pour le pain, la paix, la liberté». En mai 1936, sa victoire électorale s'accompagne d'une explosion sociale sans précédent. Le gouvernement Blum prend des mesures qui modifient irréversiblement le monde du travail : les quarante heures, les congés payés... Par-delà ces acquis, le Front populaire, c'est aussi et surtout un souffle neuf : la dignité reconquise, la vie qui change, l'espoir d'un avenir meilleur enfin réalisé. Malgré les contradictions qui emporteront le gouvernement, un mythe est né.Danielle Tartakowsky évoque l'esprit de 1936 qui catalysa les forces de gauche et infléchit le cours de leur histoire.
Résumé : L'histoire de la clandestinité intrigue, tant sont nombreuses les zones d'ombre, parfois artificiellement entretenues, et les pages méconnues, tandis qu'une poignée de clandestins a su polariser la curiosité du public et des historiens. Mais cette histoire est-elle seulement possible ? Chaque chapitre de ce livre, à sa manière, répond par l'affirmative, en retraçant la trajectoire d'un groupe politique, d'un mouvement structuré, avec une fortune variable, dans la dissimulation et par la pratique de l'illégalité. Contrairement à une impression première, les sources les plus diverses permettent d'en brosser une histoire incarnée, une histoire de l'intérieur, sans négliger pour autant le domaine des fantasmes que la lutte clandestine suscite immanquablement. Il s'agit là d'une conviction partagée par les auteurs, la compréhension de la clandestinité en politique se doit d'articuler, d'une part, les représentations propres aux mondes clandestins, qui, malgré leur diversité, peuvent être rassemblées dans l'expérience de cette lutte radicale et secrète, avec, d'autre part, les images de la lutte clandestine qui circulent à l'extérieur des groupes, que ce soit celles diffusées par le pouvoir ou les médias ou bien celles qui se développent au sein de la société et des différents mouvements sociaux. A travers l'exploration de la clandestinité comme modalité d'action politique, cet ouvrage expérimente une comparaison entre différents mouvements politiques dont les spécialistes dialoguent d'ordinaire trop peu ? anarchismes, résistances, mouvements révolutionnaires ou anticoloniaux ? en montrant l'existence de problématiques communes malgré les différents contextes. Il ambitionne également de fournir des clés pour comprendre la persistance de la menace clandestine, toujours actuelle, mais qui plonge ses racines dans une histoire longue et multiforme.
En janvier 1589, alors que la France subit sa huitième guerre de Religion entre catholiques et protestants, Jacques de La Guesle, procureur général au parlement de Paris, dénonce les effets désastreux de la division religieuse aux représentants des trois états réunis au château de Blois. Elle n'a apporté que désordres, confusions, démolitions d'églises. Pour le haut magistrat, la dissension religieuse est un glaive à deux tranchants qui pénètre jusque dans la moelle des os. Les années de la fin du règne de Henri II voient s'accélérer la rupture reli- gieuse entre catholiques et protestants. En témoignent les arrêts criminels rendus par le parlement de Paris, cour souveraine qui rend la justice au nom du roi. Ils sont un observatoire privilégié, sorte de caisse de résonance de leur époque. Ils offrent la possibilité de suivre presque au jour le jour les violences et les affrontements toujours plus intenses entre catholiques et réformés. L'enquête débute en 1555, pour s'achever sur la paix d'Amboise en mars 1563, soit les huit années qui précèdent la première guerre de Religion et qui l'englobent aussi. Se distinguent trois phases différentes : une politique de répression menée par Henri II jusqu'à sa mort accidentelle en 1559, la recherche de conciliation menée en 1560 et 1561, puis l'éclatement de la guerre en mars 1562 et ses effets. L'activité criminelle de la plus haute cour de justice du royaume montre qu'en matière de religion la politique royale est souvent hésitante, parfois volontariste, et qu'elle finit par se heurter à l'opposition des sujets, laquelle entraîne l'inapplication des lois et le développement de la violence. Quant à la justice du roi, son légalisme pétri de modération tente de conjurer une réalité qui ne veut pas s'encombrer de scrupules juridiques. Cette étude révèle à quel point la Réforme protestante a ébranlé la France ainsi que la monarchie. Elle aide à nous convaincre de l'importance du danger que constitue la résurgence de la violence au nom de la religion.
Volontiers qualifiées de "favorites", de "presque reines" et même parfois de "sultanes", les maîtresses des rois de France sont parmi les femmes les plus célèbres de l'Ancien Régime. Si, depuis le début du XIXe siècle, nombre de biographies et de romans historiques leur furent consacrés, elles rencontrent un accueil plus mitigé auprès des chercheurs. Flavie Leroux vise dans cet ouvrage à dépasser l'anecdote et la "petite histoire", pour proposer une perspective plus large rendre compte du rôle central que les maîtresses ont pu tenir dans la construction de leur propre parcours, dans le devenir de certaines familles et dans le fonctionnement institutionnel de la monarchie. L'enjeu est d'étudier le phénomène de la faveur au féminin en général à l'aide de sources largement inédites. A cet effet, est considérée une période charnière dans l'histoire de France : les règnes de Henri IV (1589-1610) et de Louis XIV (1643-1715), qui marquent l'avènement et l'expansion de la monarchie dite absolue. On retrouvera des figures fameuses, telles Gabrielle d'Estrées, Mme de Montespan ou Mme de Maintenon, mais aussi des maîtresses moins connues, comme Jacqueline de Bueil, Charlotte des Essarts ou encore Marie-Angélique de Fontanges. L'étude ne s'arrête cependant pas aux femmes qui entretiennent une liaison avec le roi. Leurs enfants, leurs parents, les individus et les communautés qu'elles protègent sont également au coeur de la réflexion. Au-delà du portrait factuel, politique, tapageur ou moral, la maîtresse et les siens sont considérés dans leur réalité sociale. Filles, soeurs, tantes, mères, parfois épouses ou veuves, mais aussi dames nobles, femmes d'affaires et protectrices : autant de visages qui montrent la capacité d'action de ces femmes et leur influence dans le devenir de leurs proches, tout en éclairant le fonctionnement du pouvoir royal.
Résumé : Dans le monde entier, citoyens, militants et experts cherchent aujourd'hui à repenser nos sociétés et leur rapport à la nature à l'aune d'un usage et d'un gouvernement en commun des environnements et des ressources. Forêts et pâturages, terres et marais, lacs et rivières, pêcheries, systèmes d'irrigation : partout on redécouvre, expérimente, promeut leur gestion collective, avec l'espoir d'un avenir plus soutenable et plus démocratique. Ce monde des communs est à inventer, mais il hérite aussi d'une longue histoire que ce volume voudrait éclairer. Quelle place ceux-ci ont-ils occupée, en France et dans son Empire, sur la longue durée depuis le XVIIe siècle ? Comment les communs ont-ils évolué en lien avec les mutations de l'Etat et des marchés ? Quelles ont été leurs trajectoires dans le contexte des territoires colonisés par la France ? Et comment restituer toute la complexité des formes de gouvernement collectif des environnements, au-delà d'une conception parfois trop idéalisée des communs ? Une équipe d'historiens présente ici leurs résultats d'enquête sur tout ce pan encore trop méconnu de l'histoire sociale, écologique et politique de nos sociétés.