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L'énigme révolutionnaire
Tarragoni Federico
AMSTERDAM
14,00 €
Épuisé
EAN :9782350961187
Si l'on en croit de nombreuses analyses médiatiques, scientifiques ou profanes des révolutions en cours, du monde arabe à l'espace postsoviétique, de la Grèce à l'Espagne, en passant par l'Amérique latine, la révolution est terminée. Pire : si elle est terminée, c'est en fait qu'elle n'a jamais eu lieu. Ceux qui y ont cru, ceux qui continuent d'y croire, sont des dupes, victimes d'une propagande d'Etat. Ce livre se propose au contraire de penser l'objet "révolution en cours", de construire son concept au ras de l'expérience, en rupture avec les approches sociologiques surplombantes. D'où un double parti pris : penser la révolution à partir des subjectivités qui s'y façonnent, dans un brouillage des identités sociales ? c'est précisément ce brouillage qui explique l'incompréhension de la sociologie face à ce qui se joue dans des processus révolutionnaires ; ensuite, penser la révolution à partir non d'un exemple, mais d'un cas ? celui du Venezuela contemporain ? susceptible d'éclairer d'autres "révolutions en cours" et de rendre intelligibles les rapports à soi, au politique et au temps qui s'élaborent dans ce type de processus. En tentant de repenser la place et le statut du concept de révolution, il s'agit donc de percer à jour "l'énigme révolutionnaire".
Quelles sont les tensions et les contradictions qui bousculent les contours établis de la citoyenneté démocratique ? Telle est ici la question. Pour répondre, le livre examine les luttes façonnant l'histoire de la citoyenneté démocratique et, surtout, les paradoxes et dilemmes que ces histoires nous ont laissés en héritage. Il étudie les formes contemporaines de la "citoyenneté critique" où la contestation va de pair avec des aspirations très fortes au changement, soulevant la question de leur radicalité, de leur rapport à la démocratie et au "populisme". Il analyse la place donnée à l'action par les mobilisations sociales dans différents contextes nationaux, ainsi que le lien entre démocratisation et citoyenneté "par le bas". Il contribue ainsi à appréhender la citoyenneté par ses marges en montrant comment elle s'y actualise, et en instruisant la question d'une démocratie "hors d'elle" où agir en "citoyen du monde" implique de prendre au sérieux l'inévitable part de conflictualité de la citoyenneté démocratique.
Nous nous trouvons à un carrefour. Plus nous banaliserons les états d'urgence démocratiques, plus nous assimilerons la liberté à la consommation, plus nous trouverons confortable l'état de léthargie civique engendré par la gestion gouvernementale des risques sociaux (sanitaires, financiers, sécuritaires, climatiques...), plus l'émancipation s'effacera. " F. TarragoniAujourd'hui comme avant, l'émancipation suscite chez certains la méfiance. Le réflexe est bien connu : que ce soit dans le domaine du politique, de la famille, de la sexualité ou du travail, les processus d'émancipation conduisent, depuis l'avènement des sociétés modernes, à rompre avec un ordre, avec une tradition pourvoyeuse de sécurités et de confort, et à les remplacer par un saut dans l'incertain). Mais, notre actualité se singularise sur un point : à ce discours anti-émancipation s'en conjugue désormais un autre, qui vise au contraire à s'emparer du mot pour le détourner de son sens originaire. C'est ainsi que l'émancipation est devenue l'un des maîtres-mots des programmes de réformes néolibérales, que l'on trouve derrière l'éloge des émancipés de la start-up Nation, la nécessité pour chacun de " se prendre en main ", de devenir l'entrepreneur de sa vie, de se responsabiliser face à ses échecs et d'assumer les risques de ses choix. Le danger existe donc que l'émancipation devienne le maître-mot du retournement de la démocratie contre elle-même, la clef-de-voûte de la novlangue exprimant la volonté de gouverner sans le peuple.Dans cet essai brillant, le sociologue Federico Tarragoni, après être revenu aux origines latines du mot (l'emancipatio du mineur et de l'esclave) et à ses évolutions sémantiques (émanciper/s'émanciper) au cours des XVIIIe et XIXe siècles en particulier, tente d'arracher l'émancipation à l'oubli et au dévoiement, afin que le mot demeure la quintessence de l'humanité, qu'il continue à désigner ses aspirations vers un monde meilleur.Table des matières : 1. Contre l'émancipation ?2. La réécriture néolibérale de l'émancipation3. Émancipation des tutelles, affranchissement de l'esclavage4. Les luttes des esclaves modernes : ouvriers et femmes au XIXe siècle5. Reconnaissance et émancipation : les luttes du XXe siècle6. Émancipation et domination7. Que reste-t-il de l'émancipation dans des sociétés liberticides ?
L'objectif ici poursuivi est de reproblématiser la pensée de Spinoza en la prenant, non de front et dans son envergure manifeste, mais en quelque sorte par la bande, grâce au biais que fournit un point crucial, l'alternative entre sagesse et ignorance, où se croisent sans se confondre un certain nombre d'enjeux fondamentaux qui concernent l'ontologie, l'éthique et la politique. Cela conduit à s'intéresser à des notions comme celles de "don" et d'"ingenium", que Spinoza emploie sans les thématiser mais qui jouent un rôle non négligeable dans le déroulement de sa réflexion. Réfléchir sur l'usage de ces notions permet de projeter sur la doctrine de Spinoza une lumière transversale, qui en fait ressortir certains aspects à première vue inattendus. Sont ainsi mis en relief des enjeux de pensée et des problèmes qu'un abord plus structuré et plus englobant, unifiant et synthétique de la philosophie élaborée par Spinoza tendrait à minorer ou à rejeter, alors que, s'ils n'y détiennent effectivement qu'une position latérale, ils y font saillie, ils surprennent, ils interpellent : par là ils stimulent la réflexion, ce qui justifie qu'on s'emploie à fixer sur eux l'attention.
La Révolution française a été taraudée par une question : comment transmettre l'événement inouï aux générations qui ne l'auront pas vécu ? Les révolutionnaires ont alors cherché à inventer des institutions civiles qui permettraient d'entretenir le souvenir, mais surtout une tenue, une manière révolutionnaire d'être au monde. Cette question, ces institutions, les lieux et les pratiques qu'elles ont fait surgir, sont autant de laboratoires sociaux sensibles pour comprendre comment l'événement depuis 1789 a été régulièrement réinvesti mais aussi dénié, renié, travesti, désinvesti, au point de devenir une sorte de "trésor perdu" pour des héritiers sans testament. La Restauration, les années 1830-1848, le Second Empire, la Commune de Paris, la Troisième République, le début du XXe siècle socialiste, les années sombres, ont métabolisé cette séquence brève dans de grandes discontinuités. Et les affrontements mortifères ont perduré de la Seconde Guerre mondiale à aujourd'hui. Loin d'une signalétique ambiguë faite de bonnets phrygiens, de bastilles à prendre et autres constituantes, ce livre invite à ne rien imiter mais aussi à ne rien négliger d'une histoire qui n'a pas été seulement libérale, d'une transmission qui n'a pas été seulement historiographique. Il invite, plus simplement, à retrouver la Révolution comme référence émancipatrice.
La réédition de L'état, Le Pouvoir, Le Socialisme, "classique" de la théorie politique dont la première édition remonte à 1978, s'inscrit dans les débats concernant les crises simultanées de l'Union européenne, du néolibéralisme et du capitalisme en général. Lire cet ouvrage aujourd'hui permet de comprendre que ces crises plongent leurs racines dans la structure des sociétés occidentales de l'après-guerre. Plus la crise économique s'approfondit, et plus le système devient autoritaire au plan politique. C'est ce que Poulantzas appelle l'"étatisme autoritaire", que l'on constate à présent au niveau européen, où des décisions affectant des millions de personnes sont prises hors de tout contrôle populaire. La seule alternative possible à ce système est le "socialisme démocratique", à savoir un socialisme qui dépasse le capitalisme sans pour autant sacrifier les libertés publiques. Avec Michel Foucault, Gilles Deleuze, et Louis Althusser, auteurs dont il discute les thèses dans cet ouvrage, Nicos Poulantzas compte parmi les penseurs des années 1960-1970 dont le rayonnement international est aujourd'hui le plus important. Alors que l'édition de théories critiques françaises et étrangères a connu une grande vitalité depuis les années 2000, il était plus que temps de faire redécouvrir cet auteur majeur.
Le procès de Nuremberg (1945-1946) est devenu un symbole, celui d'un grand événement de justice internationale qui a permis d'affirmer que l'idéologie nazie ne devait pas rester impunie et relevait d'une nouvelle incrimination : le crime contre l'humanité. Cet ouvrage, qui place la focale sur la France, vient combler un important vide historiographique. La contribution française rappelle en effet que la justice internationale résulte d'un long travail de tractations politico-juridiques entre les Alliés, commencé dès 1941, et dans lequel les Français de Londres ont joué un rôle central. A Nuremberg, la délégation française dissone avec la logique américaine du procès. Elle s'inscrit dans une tradition humaniste remontant aux Lumières, critique certains choix juridiques et fait venir des résistants à la barre, quand les Anglo-Saxons ne jurent -ou presque- que par les documents écrits. Ainsi, Marie-Claude Vaillant-Couturier impressionne en évoquant les camps de concentration et la destruction des Juifs. Le procès de Nuremberg a été en partie emporté par la guerre froide et la décolonisation. Mais la contribution française reste une invitation à réfléchir sur la nécessité d'engagements clairs de la part de protagonistes décidés, si l'on veut faire advenir une justice internationale fondatrice d'humanité.