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Le sens du progrès. Une approche historique et philosophique
Taguieff Pierre-André
FLAMMARION
24,99 €
Épuisé
EAN :9782082103428
Dès ses premières conceptualisations, aux XVIIe et XVIIIe siècles, l'idée de progrès implique l'abolition des limites jusque-là imposées au savoir et au pouvoir de l'homme : l'humanité est indéfiniment perfectible, l'avenir ouvert et constellé de promesses. Maître de la nature, sujet souverain, l'homme dispose du réel qu'il imagine malléable et manipulable à l'infini. Pour la première fois, l'espérance est donnée à l'homme par l'homme. C'est au cours du XXe siècle que les croyances progressistes vont être ébranlées par la découverte d'une barbarie scientificisée et technicisée. La crise environnementale, le constat des " dégâts du progrès " renforceront à leur tour la vision catastrophiste d'un progrès " meurtrier ". La puissance dangereuse mais bénéfique de Prométhée s'est transformée en pouvoir de destruction. La mise en cause radicale du progrès est ainsi devenue, depuis quelques décennies, un lieu commun du discours des élites intellectuelles et des mouvements contestataires. Le camp des ennemis du Progrès est aujourd'hui au moins aussi puissant que celui de ses amis. Situation culturelle inédite et dilemme paralysant : retour impossible à l'optimisme progressiste ou fuite nihiliste dans la désespérance. La promesse d'une amélioration de la condition humaine demeure cependant un horizon de sens pour l'humanité au seuil du troisième millénaire. C'est pourquoi il importe de repenser le progrès. De distinguer, dans l'héritage progressiste, ce qui est mort - la thèse nécessitariste du progrès " automatique " - de ce qui est vivant- la conception mélioriste du progrès comme exigence morale et raison d'agir. Une telle entreprise suppose de retracer quatre siècles d'histoire conceptuelle et politique de l'idée de progrès et d'en analyser les principales théorisations, de sa première esquisse par Bacon, au début du XVIIe siècle, à son élaboration par Pascal, Leibniz et Fontenelle, jusqu'à sa formulation canonique par Turgot, Condorcet et Saint-Simon, prélude à son triomphe idéologique au XIXe siècle. Mais il s'agit aussi d'évaluer ses effets et de clarifier les raisons des débats contemporains entre néo- et antiprogressistes. Un exercice de pensée qui se propose précisément de rompre avec les évidences reçues. Car si le progrès a un avenir, c'est à la condition d'être " défatalisé " et " désutopisé ". Cet ouvrage constitue l'aboutissement d'une réflexion sur le progrès, conduite par l'auteur depuis plusieurs années.
Résumé : Par " théories du complot ", on désigne des explications, parfois naïves, qui s'opposent aux thèses officiellement soutenues et qui mettent en scène un groupe ou plusieurs groupes agissant en secret pour réaliser un projet de domination ou d'exploitation. Les conspirateurs imaginés sont accusés d'être à l'origine de tous nos maux.Le moteur de ces raisonnements ? L'insatisfaction. C'est de cette insatisfaction porteuse de suspicion que dérive le discours complotiste contemporain, qui met l'accent sur le doute : " On a le droit de se poser des questions ! "Pierre-André Taguieff fait ici l'hypothèse que le complotisme répond à une demande de sens et de cohérence : pour ses zélateurs, l'ennemi invisible et diabolique explique tous les malheurs des hommes et, en même temps, réenchante le monde, même si c'est pour le peupler de démons. Comment, dès lors, dissiper de telles illusions, qui fonctionnent comme de véritables nourritures psychiques ?
Dans ce livre savant et moqueur, Pierre-André Taguieff passe au scalpel l'idéal moderne par excellence, celui d'émancipation, qui exalte, mobilise et aveugle depuis longtemps les Modernes. Le temps est venu de soumettre à un examen critique sans complaisance cette notion qui fait partie du prêt-à-penser dont se sont emparés les utopistes et les démagogues de toutes obédiences. Comment expliquer que cette notion banale ait pu devenir un thème philosophique et politique majeur depuis la fin du XVIIIe siècle, sous la forme du projet universaliste de l'émancipation du genre humain comme sous celle de l'autonomie croissante de l'individu ? Taguieff analyse la formation philosophique de l'idée d'émancipation, explore ses usages politiques et dissèque ce qu'il appelle "l'émancipationnisme ", produit de la corruption idéologique de cette idée-force. Car l'émancipation comme projet global appelle une critique fondamentale : ce qui est rejeté subrepticement, voire diabolisé, ce sont les attachements, les fidélités, les enracinements, les mémoires particulières, donc la transmission. Il s'agit d'un programme de refonte anthropologique, visant à créer l'" homme nouveau ", chimère d'une société mondiale d'individus également émancipés. La généalogie d'une idée floue, pour penser librement le monde de demain.
Pierre-André Taguieff est directeur de recherche au CNRS (CEVIPOF, Centre de recherches politiques de Sciences Po, Paris). Il a notamment publié, aux Puf, La Nouvelle Propagande antijuive.
Résumé : Pierre-André Taguieff entend faire la généalogie et la typologie de ce qu'on appelle couramment et abusivement l'antisémitisme. Abusivement, car, tributaire d'une vision racialiste, ce terme est insuffisant à rendre compte de toutes les haines antijuives. C'est pourquoi l'auteur propose quant à lui d'articuler sa réflexion au moyen d'un concept non connoté : la judéophobie. De la judéophobie antique, qui s'oppose à la religion juive et à la judaïcité, jusqu'à celle qui se structure aujourd'hui autour de l'antisionisme radical, en passant par l'antijudaïsme chrétien, la judéophobie antireligieuse des Lumières, celle, anticapitaliste et révolutionnaire, du socialisme des origines, et l'antisémitisme à proprement parler, racial et nationaliste, ce "Que sais-je ?" dresse un panorama complet et efficace, solidement argumenté et documenté, d'une notion malheureusement plus que jamais d'actualité.
Au début du XXe siècle avec la naissance d'un mouvement va bouleverser les représentations de l'espace dans l'art: le cubisme. Cette école d'art, florissante de 1810 à 1930, se propose de représenter les objets décomposés en éléments géométriques simples (rappelant le cube) sans restituer leur perspective. La réalité devient une illusion et les artistes jouent à recomposer cette identité afin de susciter une image nouvelle. Ainsi on redécouvre l'univers des cubistes par les lieux de prédilection des artistes (le Bateau-Lavoir). On explore aussi les Arts comme le cinéma ou la poésie qui suivirent le mouvement sans modération. On confronte les péripéties des peintres et des sculpteurs (Braques, Delaunay, Gleizes, Metzinger, Picasso, etc.) afin de comprendre leurs oeuvres. Enfin, le cubisme se dévoile à travers ses spécificités comme le trompe l'oeil et le collage. Les oeuvres importantes se décomposent et révèlent la maturité de leurs auteurs pris dans un élan de liberté artistique. Un ouvrage pour dire: « Ce qui différencie le cubisme de l'ancienne peinture, c'est qu'il n'est pas un art d'imitation mais un art de conception qui tend à s'élever jusqu'à la création. » (Appollinaire)